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jeudi, 11 juillet 2019

Rendez-vous théâtre avec l'oeil éclairé d'Agnès notre critique du XIVè

Casanova, le pardon

Beau texte, magnifique interprétation, mise en scène à la belle mécanique, c'est ainsi que peut se résumer ce spectacle mis en scène par Jean-Louis Tribes.

L'auteur Christian Rome a su se glisser subtilement dans la peau d'une femme actrice, Zanetti Farussi, la mère du célèbre Giacomo Girolamo Casanova. Il en parle avec beaucoup de profondeur, d'authenticité comme l'aurait fait une femme d'expérience. Quant à Casanova, pour le décrire, il s'est basé sur ses mémoires, et lui fait adopter un langage lyrique, poétique, qui parle avec raffinement de la race féminine. On reconnaît bien l'homme libertin, fougueux, impétueux, jouisseur et séducteur à plein temps.

L'histoire raconte une confrontation très animée entre la mère et le fils où s'entremêlent amour, haine et mises au point teintées d'une grande franchise et parfois de violence psychologique en frappant là où ça fait mal. Cela se passe à Dresde pendant l'hiver 1770 chez Zanetti, alors que son mari, un comte est en train d'agoniser. Elle se prépare à jouer dans une pièce de Goldoni et ne cesse de faire l'apologie du théâtre et de l'art qui selon elle sauve de tous les maux… Malgré ses 65 ans, toujours très attirante, elle s'accroche fermement à son rôle et ne veut en aucun qu'on lui dérobe…

Tous deux se font des reproches, et en même temps se dire des vérités leur permet de se rapprocher et de mieux se connaître. Casanova reproche par exemple à sa mère son éducation, et elle, lui parle de sa morale dévoyée.
C'est un beau duo, très bien joué, où la forte personnalité des deux personnages est bien mise en valeur. Les sentiments sont intenses, variés et l'on est réellement dans un vrai moment théâtral. A ne pas louper…
Agnès Figueras-lenattier

Plus d'infos :

Théâtre du Lucernaire 53 rue Notre-Dame-Des-Champs

Métro : Vavin, Notre-Dame-Des-Champs

samedi, 06 juillet 2019

Un matin comme les autres (DVD)

par Henri King

Editions BQHL

Ce très beau film raconte la passion amoureuse entre Scott Fitzgerald et la journaliste américaine Sheila Graham. Elle le rencontre lors d'un reportage et tombe tout de suite sous le charme ce qui l'amènera à rompre ses fiançailles. Leur histoire se déroule alors que l'écrivain est encore marié à Zelda Seyre devenue schizophrène et séjournant au sein d'une maison de repos. Après s'être fabriquée un personnage, Sheila finira par lui avouer la vérité. 

Scott exerce la profession de scénariste qu'il déteste et va se mettre à boire. On le voit en train d'écrire son roman "Le dernier nabab" qu'il n'achèvera pas, décédant brusquement d'une crise cardiaque.
Sheila et Scott partagent une maison et la chroniqueuse fera tout pour aider Scott à se sortir de son addiction à l'alcool. Ce ne sera pas un rôle facile, mais elle se dévouera corps et âme pour lui, et après avoir fait un break se laissera reconquérir à nouveau. Scott pour sa part concoctera à Sheila un programme éducatif avec entres autres la lecture de nombreux livres à la clé et lui permettra de prendre confiance en elle et d'évoluer intellectuellement et professionnellement.

Ce film qui évoque leur relation d'une durée de trois ans et demie relate bien ce grand amour qui les a unis. Le réalisateur Henri King venu du théâtre et qui aime peindre les hommes illustres, dirige les deux acteurs de qualité Deborah Kerr et Gregory Peck avec brio, ce qui donne une excellente interprétation. Ce n'est pas l'avis de Jean Tulard critique bien connu des cinéphiles qui dans son" Guide des films" parle d'une interprétation frisant le ridicule. Comme quoi toutes les opinions sont présentes dans la nature…

Les deux personnages sont criants de vérité, et leur amour est touchant et puissant. Romantisme, entraide, force des sentiments allant parfois jusqu'à une certaine violence font partie de la technique de réalisation, et l'on voit bien les tourments que l'écrivain apporte à sa compagne et la manière dont elle se débat pour l'aider.

Un témoignage fort avec deux personnalités attachantes, intéressantes, et au caractère bien trempé. Un très bon moment de cinéma…

Agnès Figueras-Lenattier