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jeudi, 14 novembre 2019

Rendez-vous théâtre avec l'oeil éclairé d'Agnès notre critique du 14ème

Adieu Monsieur Haffmann

4 molières en 2018 rien que cela pour cette pièce écrite et mise en scène par Jean-Philippe Daguerre!…

A la vue de ce spectacle, l'on peut dire que ces récompenses sont bien méritées. Tout est judicieux, que ce soit côté écriture, mise en scène ou interprétation…

L'histoire est celle de Joseph Haffmann juif bijoutier qui en plein nazisme propose à son employé de s'occuper de son magasin s'il consent à le cacher jusqu'à ce qu'une époque plus favorable survienne…

Un arrangement des plus singuliers va se mettre en place entre eux. Que résultera t-il de cet accord, c'est un des enjeux de la pièce.

Le jeu des comédiens authentique, sobre, harmonieux et sonnant juste, nous happe jusqu'à la dernière minute. La mise en scène accompagnée d'un éclairage fait pour la circonstance et d'une musique assez douce est bien rythmée.  Avec parfois de brefs moments de jeu habilement ponctués par des noirs. L'absurdité de la situation qui règne en ces temps de persécution et d'étoile jaune bien décrite dans ce texte ressort ici avec panache, et l'humour qui en découle est fin est astucieux. Vraiment poignant…

 

Agnès Figueras-Lenattier

Plus d'infos :

Théâtre rive Gauche rue de la Gaité

Métro : Edgar Quinet, Montparnasse

dimanche, 10 novembre 2019

LA FED CUP

La finale 2019 de la Fed Cup entre la France et l'Australie, a reflété d'une part l'extrême envie de dévorer littéralement son adversaire et de la blesser totalement dans son orgueil ((Ashleigh Barty qui met 6/0 6/0 à la pauvre Caroline Garcia), et d'autre part un magnifique combat tactique et mental entre les deux n°1 de chaque pays (Barty et Mladenovic), digne de ce que peut réellement apporter un match de tennis comme sensations inouïes et rebondissements shakespeariens. Le troisième simple entre Pauline Parmentier et Ajla Tomljanovic à l'évolution plus classique et plus équilibrée a vu la victoire de l'australienne dont le jeu était simplement un peu plus constant. Quant au double décisif disputé par Pauline Garcia et Kristina Mladenovic, contre Barty et Stosur, un vrai hola, puisque la France gagne pour la troisième fois la Fed Cup…

A l'occasion de cet événement très joyeux, est née l'idée d'un débat philosophique et tennistique entre Khristina Mladenovic et la philosophe et politologue Hannah Arendt. Cette joute imaginaire réunissant deux belles disciplines a fait surgir un texte dont voici la teneur :

Débat philosophique : sport de l'esprit éclectique et infini! . De même que l'on fait son jogging le matin pour sculpter son corps, et acquérir une excellente condition physique destinée à combattre avec force sur un court de tennis, de même en philosophie pour muscler son cerveau et lui donner des formes harmonieuses.

Nietzsche a déclaré que le sport était une gymnastique de la volonté et cette maxime est également valable pour la philosophie. Comme la joueuse de tennis fait ses gammes à l'entraînement pour améliorer ses points faibles et consolider ses points forts, celle qui participe aux débats progresse vers la vérité à petits pas au moyen d'exercices spirituels. Quoi de plus roboratif pour la santé du cerveau que de se confronter aux idées des autres, que d'essayer par diverses méthodes de développer ses propres arguments le plus judicieusement possible. Comme sur un court de tennis, on a des adversaires, on juge leur raisonnement, et l'on élabore une tactique la plus judicieuse possible pour les contrer dans une atmosphère conviviale et raffinée même si l'affrontement est parfois teinté d'agressivité.

Parfois, les propos qu'ils soient tennistiques ou philosophiques sont si divers que la pensée ne sait plus très bien où elle en est. On se force alors à tout analyser, à tout décortiquer, et après avoir baigné dans cette pluralité des idées, on en tire une jouissance, celle de la synthèse. Déployer son grand coup droit, faire un lob lifté pour laisser sur place le joueur à la volée, prendre des notes, s'amuser, se révolter, se surpasser ou rêver que des philosophes célèbres sont présents dans la salle font partie des armes utilisées pour savourer le plus possible ces affrontements. Comme à l'approche d'un match de tennis important, l'esprit est en goguette et se réjouit de la griserie qu'il va connaître. Qui a dit que l'on se lassait de tout sauf de comprendre? N'est-ce pas Sainte-Beuve! C'est la raison pour laquelle un débat philosophique n'est jamais ennuyeux, même s'il est parfois inégal, son objectif étant de faire comprendre un peu mieux tout ce qui nous entoure. Détenir les secrets pour accéder aux chemins menant à une meilleure compréhension générale, tel est ce que l'homme détient de plus cher dans sa vie, et sans cette capacité, il n'aurait plus qu'à mourir d'ennui. Un match de tennis quant à lui, nous permet de mieux analyser notre " soi" et de connaître plus profondément nos réactions physiques et psychiques dans diverses situations. Les fortes émotions après une victoire, la déception dure à digérer après une défaite surtout après avoir eu des balles de match, la peur de gagner, la gestion du stress, la domination de ses nerfs, le manque de confiance en soi pouvant faire perdre ses moyens, le fait d'affronter ses bêtes noires, si l'on a des problèmes d'ordre personnel, la capacité à les oublier et à passer au dessus, et bien d'autres sensations encore. Le " connais-toi toi-même" de Socrate se mêle ici intensément aux coups droits gagnants, aux aces, et aux jeux de jambes les plus affûtés possible…

Le débat philosophique est un moyen de combattre un grand fléau, le conditionnement qu'il vienne des médias ou d'un cadre plus personnel. Cette ouverture spirituelle qui règne lors de ces réunions permet comme lors d'un combat sportif, la remise en question permanente de soi-même, et donne toujours à la pensée un outil supplémentaire pour progresser.

Vive cette initiation, et gloire au plaisir intense qui règne lors d'un duel tennistique ou intellectuel surtout lorsqu' il procure des émotions telles que celles que l'on a vécues aujourd'hui avec l'équipe de France féminine qu'il faut vraiment féliciter d'autant plus que les filles jouaient en Australie!...

Agnès Figueras-Lenattier

11:25 Publié dans Sport | Lien permanent | Commentaires (0)

jeudi, 07 novembre 2019

Sport et cancer du sein

Voici une interview de Caroline Cuvier oncologue à l'hôpital Saint-Louis. Cet entretien montre que le sport devient de plus en important dans les traitements de certaines maladies. Là, en l'occurrence, il s'agit du cancer du sein. Laissons donc s'exprimer cette femme spécialiste de ce domaine. Etudiante à Poitiers, nommée à l'internat de Paris, elle a tout de suite été totalement absorbée par la sénologie. Elle n'a jamais quitté Saint-Louis depuis 1986 où elle est praticien hospitalier à temps plein. Membre du bureau du Comité de tennis de Paris, elle est présidente du Tennis Club 12 Bercy, et fait partie de plusieurs commissions : Commission tennis féminin, Commission médicale précaire, Commissions sociétale.

 

 

Au sein de l'hôpital Saint-Louis il y a plusieurs ateliers liés à l'activité physique : l'escrime, la marche nordique, le tennis et le yoga.

On a mis en place ces ateliers en septembre, octobre 2012 s'adressant aux patientes qui dans les 6 mois ont eu un diagnostic de cancer du sein localisé et qui ont donc de grandes chances de guérir. On a aussi un cours de gymnastique, de renforcement musculaire destiné aux patientes atteintes d' une maladie plus étendue avec métastases et qui ont des possibilités plus limitées. C'est assez délicat de leur faire faire du sport car il existe des risques osseux. Et puis, elles sont vraiment fatiguées ou ont des anomalies biologiques externes. On a moins de données sur l'efficacité du sport pour ces femmes là, et c'est plus compliqué à obtenir. Mais on a quelques petits renseignements stipulant que le sport serait susceptible d'allonger leur survie, en tout cas d'améliorer leur qualité de vie. Quoi qu'il en soit, ce cours de renforcement musculaire a un succès fou et le fait de se retrouver entre elles leur permet de reprendre confiance en leur corps et de regagner un peu de muscle. Le bénéfice est également psychologique, cela leur donne la pêche et elles s'accrochent…

 

Pourquoi ces sports là?

Je souhaitais des activités physiques un peu diverses et je ne voulais pas 4 sports d'équipe ou 4 sports de balle afin que les patientes puissent se diriger vers ce qui leur plaît le plus. Après, je me suis adaptée aux moyens du bord et aux équipements. Côté yoga, il y avait déjà eu avant un cours pour une autre pathologie. En plus, c'est une activité accessible à tout le monde. Pour l'escrime une expérience avait été tentée à Toulouse pour le cancer du sein. Ce sport me paraissait particulièrement intéressant pour la mobilité des deux bras puisque les patientes sont opérées au niveau du bras. C'est de l'escrime plutôt artistique, ce qui leur permet en plus de stimuler la mémoire car il faut apprendre des enchaînements liés aux combats. Elles n'ont pas de masque et je désirais proposer un sport de combat illustrant ce que l'on appelle " le combat contre la maladie". Concernant la marche nordique, ça permettait aux femmes de prendre l'air et la marche était censée ne rebuter personne et s'adapter à tous les âges et à tous les antécédents sportifs.

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Vous êtes la première à avoir mis en place en 2012 au sein de l'hôpital Saint-Louis un cours de tennis pour les femmes atteintes d'un cancer du sein. Comment l'idée vous est-elle venue?

Dans cet hôpital il y a un court de tennis et l'un des enseignants du Tennis club 12 Bercy que je préside m'avait dit que si un jour j'avais besoin d'un professeur à Saint-Louis, il était partant. J'ai donc créé cet atelier en me disant que ce serait une belle expérience et c'était vraiment nouveau dans le cadre du cancer du sein. Je me souviens d'ailleurs de la première fois où le cours a eu lieu. Je me demandais comment cela allait se passer, si c'était une bonne idée et j'y suis allée faire un tour. Vers la fin, j'ai aperçu une algérienne qui n'avait jamais fait de sport pleurer de joie tellement elle était contente de jouer au tennis. Quant au professeur lui aussi il pleurait très ému par la réaction de cette femme. C'est un moment inoubliable…

 

De quelle manière préconisez-vous ce sport?

On le conseille aux patientes, le plus tôt possible, dès le diagnostic de cancer effectué. Il a été démontré que plus on commence tôt l'activité physique, et si l'on continue pendant le traitement et après, c'est plus efficace pour diminuer la douleur et améliorer la qualité de vie. Or beaucoup de personnes même les sportifs diminuent leur activité physique une fois le diagnostic posé. Le sport permet d'amoindrir les effets secondaires en particulier de la chimio et élimine la fatigue ressentie pendant le traitement et qui persiste après. Il y a moins de toxicité digestive, et cela joue sur le psychisme. L'activité physique diminue l'anxiété, améliore le sommeil, diminue les bouffées de chaleur. Les douleurs articulaires pouvant survenir à cause des traitements d'hormono-thérapie que l'on donne par exemple en prévention de la récidive sont également amoindries.

 

Comment se passe un cours?

C'est un peu différent des cours que l'on peut apercevoir généralement où les joueurs s'inscrivent en début d'année et poursuivent l'année entière avec un groupe du même niveau. Là, les patientes s'inscrivent après le diagnostic à n'importe quel moment de l'année. La plupart n'ont jamais joué ou possèdent un tout petit niveau. C'est un peu difficile pour le professeur car leur niveau et leur vie passée différent. Il y en a qui ont 60 ans et qui n'ont jamais fait de sport, d'autres sont plus sportives et ont 28 ans. On essaye de limiter le groupe à 8, et après cela se déroule à peu près comme un cours classique. Il faut savoir que ce ne sont pas des patientes métastatiques. Leurs organes fonctionnent donc normalement et elles n'ont pas de problèmes au niveau osseux ce qui leur permet de faire du sport sans risque.. Mais elles sont fatiguées, anxieuses, ont perdu leurs cheveux, et peuvent avoir des nausées. Certaines sont ménopausées à cause de la chimio, ont été opérées, ont un sein en moins. J'ai recommandé au professeur Polo Léité d'être vigilant, de toujours les observer. Certaines peuvent avoir des coups de blues, de fatigue, sont plus fragiles. . Une fois, une dame a vomi sur le court car elle sortait juste de sa chimio. On a acheté des raquettes légères, et elles jouent avec des balles intermédiaires. Souvent, Polo termine par des petits matches et elles adorent cela. Il est important de signaler que certaines mutuelles commencent à rembourser ces séances sous forme de forfait...

 

Au début comment Polo a t-il fait puisqu'à l'époque, il n'y avait pas de formation?

Je lui ai expliqué le fonctionnement du cancer du sein tout en mentionnant bien que ce ne sont pas des patientes métastatiques. Il m'a dit que c'était rassurant que cela se passe à Saint-Louis, pas loin. Pour lui surtout au début, et aussi pour les patientes, c'était important que ce soit en milieu hospitalier protégé. Je lui ai conseillé de faire un cours le plus normal possible en essayant de convaincre ces femmes que le sport, en particulier le tennis, c'était sympa. Je l'ai un peu formé au début, et après il a suivi les formations officielles qui existent maintenant avec la Federation française de tennis.

 

Quels sont les avantages du tennis?

La dépense énergétique est correcte et puis il existe le côté ludique et convivial qui est fantastique. L'échange avec les autres est très bénéfique. Les patientes sont en dehors de chez elle, encadrées par un prof et c'est mieux que de faire seule son vélo chez soi. Entre malades elles échangent et se soutiennent. Quand il m'arrive d'assister à un cours je les entends rigoler. Polo me l'a dit tout de suite : " Je ressens une solidarité qui n'existe pas dans les autres cours. A la fin, elles aiment bien s'affronter avec des points. " J'ai gagné, je suis la plus forte"… C'est le sport de la vraie vie, elles le pratiquent comme tout le monde. Beaucoup d'entre elles d'ailleurs continuent à jouer après, et parfois s'inscrivent dans le club que je préside. Certaines ont des problèmes financiers, et nous leur proposons un tarif privilégié. Il m'arrive de jouer avec elles, et l'une est devenue une amie…

 

 

Au niveau de la récidive pourquoi le sport la prévient-il?

Le mécanisme essentiel c'est que cela diminue le taux d'insuline qui n'est pas bon du tout au niveau apparition des cancers. Cela joue aussi sur les pics de glycémie, l'inflammation diminue, ainsi que les taux d'œstrogène pouvant être impliqués dans la genèse des cancers.

 

 

Le fait de se servir d'une raquette a t-il une incidence?
Cela participe à la rééducation du bras opéré, si le bras qui tient la raquette est le même qui celui qui a subi la chirurgie. Au début, il y a des adhérences, les patientes sont un peu limitées à cause de la cicatrice qui tire. Elles disent que leur paroi est plus souple, qu'il y a moins d'adhérences …

 

Le sport est également préventif dans le cancer du sein! Et la dose est-elle importante?
Oui, plus on fait de sport, moins on a de risques de faire un cancer du sein. Il existe ce que l'on appelle un effet dose réponse. Ce qui est recommandé c'est au moins 1 heure et demi par semaine d'activité physique d'intensité modérée ce qui équivaut à une marche assez rapide. Cela diminue le risque d'environ 15%, et comme il y a beaucoup de cancers du sein, au total ç'est pas mal… Cela dit, on peut avoir une activité physique et être sédentaire. Vous pouvez jouer au tennis 4 fois par semaine, si tout le reste de la journée vous ne bougez pas de votre fauteuil, vous êtes sédentaire quand même ce qui augmente le risque de cancer du sein.. Il est recommandé de bouger toutes les deux heures, par exemple de monter trois escaliers…

 

Vous occupez-vous d'autres sports à l'extérieur de l'établissement?

Une fois que les patientes reprennent leur travail, j'ai essayé de les aider à trouver un sport en ville. Je me suis arrangée avec la ville de Paris et maintenant nous avons plusieurs créneaux. Depuis 3 ans, nous avons des places réservées avec des enseignants pour de l'aviron au bassin de la Villette. Depuis peu, nous avons des places pour un cours de badminton, un cours de gym adapté et du karaté pour les plus de 60 ans. En 2018, on est allées 3 jours à Venise avec 9 patientes à la Vogalonga une randonnée de bateaux à aviron. Nous avons fait 39 km de courses plus 8 km pour ranger le bateau après dans la lagune. Ce fut un moment fantastique pour elles et pour moi. Cela a vraiment créé des liens et changé nos relations. Nous les médecins, en dehors de nos consultations on n'est pas forcément à l'aise lorsque l'on rencontre les patients dans un autre contexte. Et le fait de les côtoyer autrement, d'observer leurs émotions, d'entendre leur témoignage ajoute au bonheur de faire ce métier qui est déjà extraordinaire en lui-même. L'une d'entre elles m'a carrément dit qu'elle n'était plus la même…

Agnès Figueras-Lenattier

 

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dimanche, 03 novembre 2019

"Les 7 vies de Colette"

Editions Flammarion

La lecture de ce livre est littéralement délicieuse! Entre un style épuré, fluide, gracieux de Frédéric Maget et la femme écrivain dont il est question ici, une Colette étonnamment éclectique, pleine d'esprit et d'anticonformisme, l'on a de quoi se régaler. L'auteur président de la Société des amis de Colette et directeur de la maison Colette connaît visiblement parfaitement son sujet. Il épluche la carrière de cet auteur avec authenticité, forte richesse dans les détails, les anecdotes, les citations, et le milieu qu'elle fréquente. Les très belles photos où l'on voit l'artiste dans diverses situations (au théâtre, avec ses animaux, avec sa fille, ses proches... ) ne font qu'ajouter au charme de la description et de l'image très détaillée que fait Frederic Maget de cette grande figure de la littérature du XXè siècle. Vraiment savoureux.

Agnès Figueras-lenattier

10:45 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : colette, portrait, saveur

jeudi, 17 octobre 2019

Jazz Box Radio International

Tous les mois Agnès Figueras-Lenattier ex sportive de haut niveau (tennis) anime une émission intitulé " Jazz Ace" sur la radio Web " Jazz Box Radio International" qui passe le jeudi et le dimanche à 14h. Elle interroge soit un grand joueur de tennis, soit un musicien, fait un parallèle entre ces deux disciplines. Avec entre les questions, des morceaux de jazz choisis spécialement pour l'occasion par le directeur de la radio Jacques Thévenet. Celui-ci possède une grande culture dans ce domaine et présente d'ailleurs une émission sur cette radio web dédiée au jazz "Jazz box" diffusée tous les jours à 17h. Cette même émission est diffusée sur la bande FM à Radio Aligre depuis Paris tous les samedis à 17h. Et c'est suite à cette aventure sur Radio Aligre que Jacques Thévenet passionné dès sa tendre enfance de radio et de jazz a décidé de prolonger l'aventure en créant cette radio web qui existe depuis 2015. Abyale très connue dans les années 90 dans le disco-funk et d'autres animateurs (trices) de talent y collaborent également….

www.jazzbox-radio.fr

vendredi, 11 octobre 2019

Exposition à l'hôpital Saint-Anne :

Rien à voir

"Quand la création échappe au symptôme"

 

En ce moment et jusqu'au 22 décembre a lieu au Musée d'Art et d'Histoire de l'hôpital Saint-Anne (MAHHSA) une exposition réunissant les tableaux de 13 artistes des années 1960-70 intitulée " Rien à voir quand la création échappe au symptôme". La majorité des œuvres présentées ont été réalisées au sein des ateliers occupationnels et thérapeutiques de l'hôpital et la plupart n'ont encore jamais été exposées.

Cette exposition dont le titre est significatif prolonge le parcours des expositions ayant eu lieu depuis 2017. Il s'agit de contrecarrer la théorie des psychiatres des années 60 qui voyaient à travers ces œuvres des signes expliquant la " pathologie" de l'artiste. Or là, il s'agit justement de se débarrasser de cette interprétation, pour développer une vision plus neutre, faisant appel à ses propres émotions et à ses repères artistiques. Effectivement lorsque l'on regarde ces tableaux avec un œil vierge, l'on peut développer une approche totalement différente qui n'a plus "rien à voir" avec la maladie psychique…

Pour l'occasion est sorti un catalogue en vente notamment à la librairie du Musée sous la direction du docteur Anne-Marie Dubois conservateur du Musée d'Art et d'Histoire de l'hôpital Saint-Anne. Avec la participation de Margaux Pisteur chargée de collection et de Dominique Baliko photographe. Cet ouvrage englobe les œuvres exposées et quelques autres en plus avec un portrait de chaque peintre et une explication de sa technique.

Il explique l'histoire de l'art provenant des personnes ayant traversé un épisode d'ordre psychiatrique avec 3 appellations au cours du temps: art des fous, art brut et art psychopathologique.

C'est à partir de 1950 que les échanges entre psychiatres sur le sujet se sont multipliés avec le premier congrès mondial de psychiatrie à Saint-Anne. En même temps, toujours à Saint-Anne s'est tenue une première exposition internationale d'art psychopathologique  rassemblant des œuvres provenant d'hôpitaux psychiatriques et de collections privées du monde entier. Ce sera le début de la collection Saint-Anne qui regroupe à présent près de 1800 œuvres. Grâce à un long travail, le MAHHSA est maintenant reconnu comme le premier musée hospitalier de France…

Agnès Figueras-Lenattier

lundi, 07 octobre 2019

Avec André Gide DVD

 

Doriane Films

Pierre Brauberger producteur, distributeur, cinéphile invétéré et Marc Allégret cinéaste avaient l'habitude de déjeuner ensemble chaque dimanche. A cette occasion, dans les derniers mois de 1950 une idée a germé en eux : réaliser un documentaire -hommage à Gide alors très âgé et qui ne voulait être filmé que quand il le sentait. Il mourra d'ailleurs le 21 février 1951 durant le tournage. Le film est alors monté très rapidement dans une version courte de 62 minutes. Puis, remaniement du scénario et version définitive le 21 février 1952 dans les locaux du cinéma Vendôme à Paris.

A présent, le voici en DVD restauré et numérisé par les Films du Panthéon en collaboration avec les films du Jeudi et avec le soutien du CNC. Réalisé par Marc Allégret qui a également écrit le scénario avec Dominique Drouin, le narrateur est Jean Desailly. C'est un témoignage unique sur l'écrivain qui parle de son œuvre et en lit beaucoup de passages au moyen d'une très bonne diction. Visiblement d'après ce que l'on peut constater à travers ce film, c'est qu'André Gide était conscient de son talent. Cela se sent dans la manière dont il lit sa production littéraire. Avec une certaine fierté et emphase. Marc Allégret qui a très bien connu André Gide parle de lui comme quelqu'un qui vivait de façon intense et se passionnait pour tout. C'est effectivement ce qui ressort dans ce film où sa grande curiosité se devine aisément avec notamment son attirance intellectuelle pour tous les milieux. Aimant bouger, une de ses règles de vie est illustrée par cette phrase du poète Keats qu'il aime particulièrement : " Le mouvement imprudent est préférable à la prudente immobilité"…

On le voit avec sa fille, deux de ses petits enfants, qu'il prend plaisir à observer. Observer, oui il aime observer et ceci en toute occasion. Par exemple le comportement de son adversaire lors d'une partie d'échecs… La musique tient une grande place dans sa vie. Ecoutons le parler de Chopin à une jeune musicienne lorsqu'il s'était transformé pour l'occasion en professeur de piano : " J'ai passé avec Chopin plus d'heures que je n'en ai passées avec personne d'autre, avec aucun auteur"…

Très ami avec Paul Valéry, il aura l'occasion de rencontrer Oscar Wilde qui lui fera la réflexion suivante : " Je n'aime pas vos lèvres, elles sont droites comme celles de quelqu'un qui n'a jamais menti"… Roger Martin du Gard est également un de ses grands amis.

Très peu de choses sur ses aventures sentimentales sont relatées à part son amour déçu pour sa cousine. Rien ne filtre par exemple de son homosexualité. Cela manque un peu mais n'enlève rien à l'authenticité de la réalisation.

La langue de Gide est magnifique et le beau timbre de voix de Jean Desailly qui lui aussi dit de belles phrases ajoute au charme de ce film. André Gide est bien là en chair et en os…

 

Autre DVD sorti récemment et très intéressant également : " Jeanne Starévitch dans " La petite chanteuse" un film de Ladislas Starévicth (1882-1965)  assisté d'Irène Starévitch. Ladislas Starévicth est un réalisateur russe d'origine polonaise de films d'animation. Il représente une référence notamment pour Tim Burton, Thierry Gillian ou Wes Anderson...

Agnès Figueras-Lenattier

lundi, 23 septembre 2019

Rendez-vous théâtre avec l'oeil éclairé d'Agnès notre critique du 14ème

Nuit gravement au salut

 

Un duel explosif et truffé d'humour caractérise cette pièce qui a pour thème l'abus de pouvoir. Ecrite en 1995 par Henri-Frédéric Blanc, elle raconte un diner au départ professionnel entre Léa Belmont romancière et Victor Pontier seul éditeur prêt à la publier. Le contrat doit être rédigé au cours de ce repas, mais à condition que…

Au son d'une musique feutrée, et à l'aide d'un menu aux noms amusants (apocalypse au chocolat, supplice à la vanille ), les deux comédiens (Stéphanie Bassibey, Ludovic Laroche) de la compagnie " Le renard argenté Production" défendent chacun leur point de vue, au moyen de leur vision très différente de la vie. Lui est prétentieux, pas très scrupuleux, cultivant facilement l'humour noir, elle, jolie femme, idéaliste et visiblement intègre se rebelle devant ce chantage déployé par son interlocuteur. Mais son fils souffre d'une maladie de la moelle osseuse et elle a besoin d'argent pour l'opération très chère de son fils... 
Cèdera t-elle ou fera t-elle preuve de dignité et de courage. En tout cas, l'éditeur adopte un ton très convaincant, habile et fera tout pour la persuader de ne pas résister, jusqu'au coup de théâtre final. Tout cela agrémenté  du jeu sophistiqué du garçon de restaurant (Pierre-Michel Dudan) qui ne fait qu'accroître la drôlerie des répliques joliment construites et raffinées.

La question de la probité de l'artiste est ici étudiée avec finesse et subtilité et comme le dit Ludovic Laroche, qui signe également la mise en scène, cette pièce est un petit bijou acerbe et percutant…

Agnès Figueras-Lenattier

 

Plus d'infos

Théâtre du Lucernaire 53 rue Notre-Dame-des-Champs

Métro: Vavin, Notre-dame-des-Champs

 

mardi, 27 août 2019

Des rêves sans étoiles DVD

Mehrdad Oskouei réalisateur iranien a beaucoup souffert pendant sa jeunesse du fait notamment de l'incarcération de son père et de son grand-père . Désireux de faire des films depuis toujours, il a décidé de parler des malheurs de l'humanité. Ses sujets de prédilection sont les femmes et les enfants, et c'est une des premières personnes dans son pays à avoir pu tourner plusieurs films dans un centre d'éducation.  Relater en images l'espoir de mettre fin aux injustices est sa volonté première : " Je voulais montrer la vérité sur ce qu'était devenu une majorité silencieuse dans la société iranienne contemporaine." " La maison de ma mère" qui raconte le parcours épineux de deux femmes isolées, une mère centenaire et sa fille pêcheuse de 70 ans , est son premier film professionnel.

Ce DVD qui contient quatre films " La maison de ma mère", " De l'autre côté de la burqa", " Les derniers jours de l'hiver" et " Des rêves sans étoiles" est très explicite sur la dureté de vie de toutes ces personnes choisies par le cinéaste. Dans " De l'autre côté de la burqa", l'on voit des femmes au sud de l'Iran tellement à bout moralement qu'elles en arrivent à se suicider…

Quant aux témoignages des adolescents (tes), ils sont édifiants et montrent leur clairvoyance malgré leur jeune âge. Les garçons qui ont tous moins de 15 ans sont en manque affectif et parlent avec nostalgie de leur famille. L'un d'entre eux déclare " : " Si on me permet de voir ma mère, j'accepterai la perpétuité, et ma famille 5,6 fois la peine de mort. Je n'ai pas peur de la mort, mais de la vie." Un autre âgé de 10 ans : " J'ai assez souffert pour avoir besoin de me reposer ici. Le pire moment de ma vie c'est quand je commençais à goûter à l'amour de ma mère et qu'elle est partie, et le moment le plus heureux quand elle est revenue"…

Les filles pour leur part, semblent davantage satisfaites du fait d'être dans un centre; et témoignent avec un certain contentement. Mais leur parole n'en est pas moins aussi violente, et elles n'ont  pas l'air de regretter vraiment l'absence familiale. L'une a été victime de sa mère qui l'a brûlée avec un réchaud. Elle a des implants aux doigts car elle s'est immolée. Une autre a poignardé son père qui a abusé d'elle à 12 ans. Leurs agissements passés sont variés  :  meurtres, vols, drogues, prostitution…

En écoutant ces jeunes, l'on est un peu éberlué par leur maturité, et leur grande sensibilité pour la plupart. L'on pourrait penser que ce sont des enfants qui portent le mal en eux, or il n'en est rien et on leur attribue vite des circonstances atténuantes. C'est tout l'art du réalisateur d'avoir montré cela. C'est d'ailleurs ce qu'il avait dit aux filles : " J'aimerais montrer votre intelligence, votre créativité, votre gentillesse et votre beauté. Je pense que vous n'êtes pas différentes des autres filles…"

Mehrdad Oskuei a réussi son pari et pose des questions judicieuses et profondes ce qui permet aux enfants d'être en confiance et de se confier sans crainte et avec authenticité.

Du beau travail…

Agnès Figueras-Lenattier

 

vendredi, 16 août 2019

Rendez-vous au théâtre de la Contrescarpe

En ce moment, au théâtre de la Contrescarpe se jouent deux spectacles qui valent la peine d'être vus. Le 1er, thriller psychologique écrit par Lucas Andrieu et Emma Badoux raconte l'histoire d'Emilie Artois jolie femme de 23 ans convoquée par un jeune inspecteur. Elle est accusée d'avoir volé la carte bleue de son petit ami. Or, cet interrogatoire va prendre un virage quelque peu inattendu décontenançant l'inspecteur et mettant en scène une Emilie diabolique, prenant plaisir à manipuler son interlocuteur. Jouant de ses charmes, elle finira par le dominer et sortir victorieuse de la situation.

Ce duo est fort, et Elena El Ghaoui joue admirablement. L'air de rien, elle mène son discours avec intelligence et rouerie. A première vue, elle a plutôt l'air d'un petit ange, ce qui se révèlera être tout le contraire. Lucas Andrieu est un peu plus " tendre" dans son interprétation, mais s'en sort bien malgré tout, laissant planer avec un certain naturel ses doutes et interrogations. Tous deux nous captivent pendant une bonne heure, et le spectacle malgré l'horreur qu'il met en scène, finit par en être drôle grâce à un texte astucieux, une interprétation amusante et grâce également à une mise en scène mettant l'accent sur l'humour noir de la situation. N'hésitez pas à vous laisser tenter.

Le deuxième spectacle " What is love" réalisé par Anne Buffet est plus près de la réalité, mais n'en est pas moins digne d'intérêt. L'actrice qui a puisé dans sa propre expérience cherche à la fois à condamner l'amour et en même temps à le mettre en valeur. C'est cette contradiction qui fait le sel de ce one man show drôle et bien conçu. " J'ai été déçue explique Anne Buffet, j'ai souffert, j'ai beaucoup pleuré, mais non je ne vivrais pas sans. Et comme Edith Piaf le chante si bien" A chaque fois j'y crois, et j'y croirai toujours, ça sert à ça l'amour".

C'est le récit d'Eva podologue, que l'on écoute ici, où elle fait le tour de l'amour avec un scalpel et se questionne sur lui. Amusant par exemple de l'entendre évoquer les 5 dangers de l'amour, de décortiquer les 3 ans fatidiques qui ensuite débouchent sur un amour qui s'estompe.

Très à l'aise corporellement, cette actrice fait preuve de beaucoup de présence et finalement nous invite malgré sa critique de l'amour à en user et à en user… Laissez vous tenter une deuxième fois…
Agnès Figueras-Lenattier

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Théâtre de la Contrescarpe 5 rue Blainville

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