Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

dimanche, 25 septembre 2022

Van Gogh

Deux frères pour une vie

Un beau travail réalisé par Ghislain Geiger et Julien Séchaud, à la fois auteurs, metteurs en scène et interprètes. C’est à l’occasion d’une visite en 2019 du Van Gogh Muséum à Amsterdam que l’idée de ce spectacle leur est venue. Notamment lorsqu’ils ont découvert la correspondance entre Van Gogh et son frère qui les a beaucoup touchés. Travailler sur plus de 650 lettres n’a pas duêtre de tout repos mais le résultat en tout cas est convaincant…

C’est en musique que le spectacle commence avec un Théo moustachu et marchant à l’aide d’une canne. Il parle assez paisiblement à Vincent jusqu’au moment où celui-ci évoque son amour déçu pour sa cousine. C’est vraiment à ce moment là que le spectacle prend vraiment une allure théâtrale et devient intéressant.  La différence de vie et de tempérament entre les deux frères s’accentue, et l’on assiste à un duo qui prend toute sa force sur le plateau. Tout le côté paradoxal et complexe de Vincent surnommé « Le fou roux » est bien traduit.

L’épisode entre Van Gogh n’est bien évidemment pas oublié ni non plus la découverte du Docteur Gachet. Ni l’allusion au tableau « La vigne rouge » seul tableau de Vincent que Théo est arrivé à vendre.

Pour ceux qui aiment et connaissent un peu la vie de Van Gogh c’est un petit rappel concernant les épisodes de sa vie. Pour les plus novices c’est plus instructif.

Un très bon moment de théâtre avec un bon choix de musique, un décor de circonstance, et une mise en scène qui passe bien…

Agnès Figueras-Lenattier

 

Plus d’infos :

Le Guichet Montparnasse 15 rue du Maine 75014 Paris

Métro : Edgar Quinet

 

 

vendredi, 23 septembre 2022

TENNIS

 

 

DEVINETTE

Une marmotte joueuse de tennis

Devinez qui de cette référence en use

Elle n’aime pas les Adonis

Et préfère largement les muses

 

Une biche joueuse de tennis aussi

A voulu lui demander ses secrets

Mais la marmotte a détalé

Préférant rester sur son chassis

 

Biche et marmotte au filet

Le duo aurait pu être de choc

Mais la marmotte bien plus affûtée

A refusé à la biche ce troc

 

La biche qui est journaliste

Lui a dit qu’en tant que pigiste

le tennis pour elle n’était qu’un jeu

Et qu’il ne fallait pas se prendre pour Dieu

 

La biche, petit ver de terre

En face d’une star mondiale

S’est ramassée par terre

Et en est devenue toute pâle.

 

Mais qui est cette marmotte

Dont le revers à une main

Fait l’admiration de ses potes

Mais qui évoque peu son chemin

 

Gagnante de plusieurs grands chelems

La marmotte est son animal totem

La France est sa chère patrie

Mère de deux enfants, sans mari

 

Qui est cette femme très douée

C’est assez facile à deviner

Mais je laisse le mystère planer

Afin que chacun trouve la vérité

 

Agnès Figueras-Lenattier

 

mercredi, 21 septembre 2022

TENNIS SPECTACLE

Louange à Federer et son beau revers

Digne d’une chatoyante éternité

Nadal et son grand lift disert

Djokovic et son punch enrubanné

 

Que dire des belles jambes de Graf

De la beauté racée de Sabatini

De Séréna qui en guise d'épitaphe

Réduit ses adversaires en bouillie

 

Tous et toutes ont des allures de carabins

Venus verser leurs tendres calins

sportifs en embrassant le public

De leurs sérénades magiques

 

Avec eux, le tennis résonne vers le ciel

Comme le sport roi de la planète

Qui apaise et prône la fête

Durant laquelle on échappe au fiel…

 

Que le tennis nous régale à jamais !...

 

Agnès Figueras-Lenattier

mardi, 06 septembre 2022

AFTS+

messieurs 60 en OR.JPG
(Association Française du Tennis Seniors plus)

Photos d'une équipe de joueurs membres de l'AFTS+. ( Jacques Hervet, Philippe Jolliot, Alain Moracchini, Alain Coffe) et de la joueuse Caroline Glazsmann ex n°13 française membre de l'AFTS+ et trois fois championne du monde en double mixte avec Bruno Renoult également membre de l'AFTS+

 

20190622_CF_PBR_0433.jpg

 

 

 

 

Extrait de l'interview de Gilles Moretton

«  Je suis particulièrement fier de soutenir L’AFTS+ qui depuis près de 80 ans, s’est donné comme objectif de faire vivre ce que l’on appelait à l’époque les vétérans en organisant depuis 1990, les Challenges Caren, Camus et Beust-Contet. La politique de la FFT va dans ce sens, et nous souhaitons aider davantage cette Association qui permet comme le disait Jean Borotra que le tennis soit le sport de toute une vie. » C’en en ces termes élogieux que s’exprime ainsi Gilles Moretton actuel Président de la Fédération Française de Tennis…

Cette Association fondée en 1944 s’est d’abord appelée AVT, puis AFVT et a pris le nom d'AFTS+   en 2008 à la demande de la Fédération Française de tennis. Se voulant totalement indépendante, elle avait pour but à l’origine de réunir des seniors en toute convivialité et en toute solidarité et qui pouvaient pratiquer ensemble le tennis.  C’étaient surtout à l’époque des notaires, avocats, docteurs en pharmacie, donc des professions libérales qui constituaient l’essentiel des membres, ces derniers aimant surtout partager de bons repas et faire des parties acharnées de 421 après s’être dépensés sur le court. . Le tennis n’était alors qu’un prétexte pour se réunir.  Et comme souvent à cette époque  encore peu flatteuse pour le sexe féminin, pas question que soient admises les femmes. Soi-disant elles pouvaient perturber ces Messieurs… Ce n’est que sous l’impulsion de Colette Beust et des diverses nations ayant déjà franchi le pas que la situation évolua…

Quoi qu’il en soit, cette Association dont les 500 adhérents environ ont entre 30 et 90 ans, la plus âgée étant Hélène Salvetat 100 ans, a maintenant un rôle de plus en plus important au sein du monde du tennis seniors+ avec l’organisation de différents Challenges. Le joueur de tennis André Contet s’en est occupé à un certain moment et a réussi à les faire homologuer. Comme les challenges Caren (pour les hommes), Camus (pour les dames) avec maintenant des finales à Arcachon et dont les clubs de tennis sont friands. Plus les épreuves de doubles Beust -Contet englobant doubles mixte, dames et messieurs par équipe. Sans compter deux tournois annuels à l’étranger homologués FFT qui ont beaucoup de succès. Hammamet en Tunisie et Gandia en Espagne avec un magnifique hôtel au bord de l’eau et de nombreux terrains de tennis en terre battue.

Ces deux tournois sont aussi l’occasion pour les joueurs de participer à un tournoi de pétanque, de pratiquer le beach-volley et de se réunir lors d’une soirée de gala… C’est une aubaine pour nos séniors car il existe peu de tournois en France leur étant destinés. « En plus ajoute Claudine Penoel la secrétaire de l'Association,  l’inscription aux  tournois ITF est chère et il existe quelques obligations édictés par la fédération internationale à respecter par les présidents de club. Cela permet à des clubs de toute taille et à des équipes de toute force de participer à d’autres compétitions que celles auxquelles tous ne pouvaient avoir droit…

AFTS+ a également comme but d’aider des jeunes qui ne peuvent pas financièrement jouer au tennis. « Nous démarchons les clubs, explique Claudine Penoel, et ceux qui acceptent de jouer le jeu choisissent un ou deux enfants que nous aidons soit financièrement, soit en leur apportant du matériel (raquettes, tee-shirts.. )

Dernièrement, le président Patrick Follveider et son équipe ont décidé d’avoir recours à des délégués régionaux chargés de faire la promotion de l’association et une plaquette destinée à mieux faire connaître l'AFTS+ est à la disposition des lecteurs du site Internet (www. AFTSplus.fr). C’est ainsi que des actions ont été entreprises à Clermont-Ferrand et qu’un tournoi à Grenoble va avoir lieu en 2023. « Très peu de clubs sont adhérents, car ils s’inscrivent en compétition des Challenges sans être obligés de payer l’adhésion à l'AFTS. Ils payent simplement une redevance pour les disputer. Souvent ils connaissent les challenges Caren, Camus, mais ne savent pas que c’est nous qui les organisons explique Claudine Penoel.

Les membres disposent également d’un annuaire des adhérents et reçoivent tous les 3 mois un journal attractif " Tennis Senior Plus"  (le premier numéro ayant été publié en octobre 1944 sous le nom » Le Vétéran…) et qui annonce les résultats et qui s’agrandit au fil des années avec de plus en plus de rubriques dont des portraits, des interviews… C’est Claudine Penoel très calée en informatique qui assure seule la préparation du journal…

Le futur ? Il est question que se mette en place un championnat de France 80 ans, un championnat du monde 30, 90 ans en 2023. La création d’un circuit de tournois AFTS+ avec des phases finales à Roland-Garros est également au programme. Bref de belles initiatives pour les seniors ceci d’autant plus que comme on l’a vu au début, Gilles Moretton est d’accord pour apporter sa contribution. Ce qui est nouveau dans l’histoire de cette association. Et tant mieux !...

Membre actif joueur joueuse faisant partie des équipes ASTS+ : Adhésion annuelle 85 euros

Tout autre membre : 45 euros avec une réduction de 10% pour les couples

Agnès Figueras-Lenattier

dimanche, 28 août 2022

Transpiration

Tennis je t’ai dans la peau

Sans mes aces je n’existe pas

Smash en mon oripeau

Service volée dont je subis l’appât

 

J’aime frapper la balle qui chancelle

Miss Coup droit était mon surnom

Quant à mon revers il m’appelle

A me faire grande dans mon giron

 

Mes jambes gambadent sur le court

Affublée d’une jolie tenue

Mes chaussures me font la cour

Et pas question de faire de bévue

 

Tennis je t’ai dans la peau

Avec toi je me marie

Grâce à toi j’ai bien chaud

Et toujours j'écouterai ta rhapsodie...

 

Agnès Figueras-Lenattier

Rendez-vous théâtre avec l'oeil éclairé d'Agnès

L’écume des jours

 

Le livre quelque peu étrange et fantaisiste de Boris Vian fourmille d’idées et c’est dans cet esprit là que Claudie Russo-Pelosi a dirigé ses comédiens ( la compagnie des joues rouges ) et fait évoluer sa mise en scène.

Dans un décor respectueux du fil de l’histoire, les personnages de la pièce, Colin, Chloé, Chick, Alise, Nicolas et Isis s’ébaudissent sur scène, laissant chacun libre cours à leur imagination. Danses, chants, jeux de mains et riches dialogues s’entremêlent dans une folle énergie. On sent la fougue de la jeunesse, au sein d’un bel éclairage  et d’une pénombre veloutée qui selon les moments met en exergue les couleurs variées des vêtements. Sur la droite un piano cocktail fournit à volonté des boissons dès que les touches se mettent à jouer des airs de jazz ou autres…

L’histoire bien qu’assez dramatique prend forme sous nos yeux de manière à la fois triste et joyeuse et les rouages de la vie constitués de haut et de bas se font l’écho d’une folle passion amoureuse. Ca swingue tout en laissant planer profondeur et réflexions sur la vie…

Boris Vian a dit de l’histoire : » Elle est totalement vraie puisque je l’ai imaginée d’un bout à l’autre ». Quand le livre est sorti en mars 1947, ce fut un échec malgré notamment le soutien de Jean-Paul Sartre. Or il faut voir à quel point ce livre est maintenant encensé et cela montre que quels que soient les obstacles, le talent finit toujours par éclater… Tout au long des siècles les exemples à l’infini en sont la preuve…
Agnès Figueras-Lenattier

Plus d’infos :

Théâtre du Lucernaire 53 rue Notre-Dame-des-Champs

Métro : Vavin, Notre-Dame-des-Champs

00:28 Publié dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0)

lundi, 15 août 2022

PETER BOGDANOVICH 3 CD ( Daisy Miller, Texasville, The Great Buster= une célébration)

Edition Carlotta Films

Parmi ce coffret où sont édités trois films du critique , réalisateur et acteur américain Peter Bogdanovich, «  The Great Buster « = une célébration, hommage au grand comédien et cinéaste Buster Keaton «  L’homme qui ne rit jamais » à l’époque du muet .  Peter Bogdanovich dont le film le plus connu « La dernière séance » a obtenu deux oscars réalise un documentaire qui grâce à une vingtaine de témoignages (amis, réalisateurs, artistes ) et de nombreux extraits de films  démontre en quelque sorte la « folie  géniale et la totale singularité « de Buster Keaton amoureux des inventions mécaniques. Se donnant toujours à fond devant la caméra, tout au long de sa carrière, il n’a pas hésité à prendre des risques pour accentuer son côté burlesque aussi bien dans sa vie de comédien que de réalisateur. Et c’est vrai d’après ce que Bogadanovich montre comme extraits que c’est très drôle, pleins de gags, de folles cascades  et de trucages inédits. Parmi ses films les plus connus « Le mécano de la générale » un des films favoris d’Orson Wells sur la guerre de Sécession. Dans « Cadet d’eau douce » son dernier film muet on assiste à une scène d’anthologie mettant en scène un extraordinaire ouragan. « Le dernier round » en même temps un des plus drôles et des moins connus de ses films, lle montre lors de son premier entraînement sur le ring… Quant à «  Sportif par amour » , il contient également des scènes extrêmement amusantes..

Bien évidemment pour tourner toutes ces scènes où il fait preuve d’une agilité incroyable et d’un extrême contrôle de son corps avec des chutes incroyables, inutile de dire que les blessures sont de la partie. Notamment une fracture de la nuque dans « Sherlock Junior » dont il ne découvrira la gravité que bien longtemps après…

Très doux, gardant tout à l’intérieur, il ne résistera pas à la tentation de l’alcool, passera par des périodes de dépression notamment lors de son expérience avec MGM qui le détruira totalement, et sera interné avec une camisole de force. Il finira par guérir de l’alcoolisme et les dernières années de sa vie, ne boira plus qu’une bière chaque soir. Et il se remettra intensément au travail, tournant jusqu’ à la fin et pratiquement mourant dans « The Scribe » … En 1960, il reçoit un oscar d’honneur et sera largement honoré lors du Festival de Venise…

Belle initiative de Peter Bogdanovich de mieux faire connaître ce «  pantin du corps »  et cet artiste décédé début 1966 qui mérite vraiment que l’on s’attarde profondément sur lui…

Agnès Figueras-Lenattier

07:27 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : buster keaton, hommage

vendredi, 22 juillet 2022

Christophe Cazuc

profil avec les deux romans.jpgChristophe Cazuc la cinquantaine, titulaire d’un doctorat de sociologie, a multiplié les missions : consultant RH, préparateur mental, conférencier en optimisation du potentiel… Classé à 2/6 pendant de longues années, il a également coaché de nombreux joueurs de tennis professionnels avec environ 200 tournois dans son escarcelle.  Il a publié en auto-édition une trilogie sur les secrets de la performance tirée de son expérience personnelle. Le premier tome évoque l’histoire d’Alexandre 18 ans qui rêve de devenir un champion. Il croisera sur sa route Pierre un coach quelque peu atypique qui va l’aider à trouver en lui de grandes capacités mentales.  Le tome II est une fiction sur le tournoi de Roland Garros 2021 et lors du troisième tome on voit Alexandre sur le circuit pendant 10 ans avec notamment le tournoi de Winbledon.

 

 

Tu as écrit une trilogie sur les coulisses du circuit professionnel tennistique. Comment est né ce projet ? Ecris-tu depuis tout jeune ?

Avant 2018, je n’avais jamais eu en tête de publier un livre, mais j’écris depuis mon enfance. De la poésie, mes états d’âme notamment par rapport au tennis qui en fait naître beaucoup. Puis, j’ai fait un mémoire de maîtrise de DEA et un doctorat de sociologie qui comporte plus de 400 pages. J’ai également rédigé des articles scientifiques afin d’obtenir la qualification de « maître de conférence ». Mais c’était dans un cadre formel et académique impliquant des obligations qui me laissaient peu de liberté.  Un sociologue est toujours obligé de justifier le moindre de ses propos et c’est la raison pour laquelle dans le tome 1, on trouve beaucoup de notes en bas de page, les lecteurs ne sachant pas forcément ce qu’est l’ATP, l’ITF. C’est une déformation d’enseignant chercheur. En fait, l’idée de ce livre est venue à la suite d’une conversation avec Manu Planque l’entraîneur de Lucas Pouille entres autres. Ne trouvant pas de joueur à coacher, je me suis dit que j’allais en coacher un par le biais de la littérature. Plein d’idées et de thématiques envahissaient mon esprit. Et mon but était de partager ma méthode de travail avec les lecteurs étant donné que quand on s’adonne à du coaching mental, cela engendre de l’exclusivité. Je voulais que les gens puissent s’en inspirer, se l’approprier, prendre ou jeter selon leurs souhaits.  J’avais aussi pour défi d’encourager les jeunes à lire, ce qui est de moins en moins fréquent actuellement.  Ils lisent sur leur téléphone, ce qui n’incarne pas l’image que j’ai de la lecture. Or, je sais que les plus jeunes qui lisent mon livre ont 12 ans, ce qui est déjà une belle récompense.

 

 

Quelle était ton point de départ concernant cette trilogie ?

Il était entendu que si pour le premier, j’avais eu des retours désastreux, il n’y aurait pas eu de second volume car je ne suis pas masochiste et n’ai pas envie de faire perdre du temps aux lecteurs. J’ai volontairement voulu que ce soit un livre de poche à 10 euros. Non seulement je n’estime pas valoir 25 euros (ce livre est un peu une ode à l’imperfection… ) et ne voulais pas qu’il y ait une discrimination par rapport à l’argent. En outre, un livre de poche loge facilement dans un sac de tennis. Comme les réactions ont été très positives, j’ai commencé à écrire le second tome. Mais il m’a fallu un certain temps pour écrire la suite, pour trouver mon rythme, et une fois celui-ci trouvé, je me suis embarqué sur une autre idée pour le tome 2 et 3. Les personnages restent les mêmes mais le contexte et la durée sont différents. Pour le premier, on voyage sur trois continents différents, où j’ai moi-même été alors que dans le tome 2 c’est de la pure fiction et cela se passe au moment du tournoi de Roland Garros 2021.

 

Une thèse sur la construction d'une carrière

 

Et je m’étais fixé comme objectif qu’il sorte avant que l’événement n’ait lieu. J’ai fait le choix d’un large public assistant à l’événement, alors que le tournoi s’est déroulé en jauge limité.  Pour le troisième on repart sur 10 mois, deux jours après le tome 2 et l’on va jusqu’au mois d’avril 2022.  J’ai fait une thèse intitulée « La construction d’une carrière » et dans une carrière, il existe trois moments : l’apprentissage, l’exercice et la reconversion. Le premier est l’apprentissage. Alexandre est fin junior, début sénior, a 18 ans. Dans le deuxième trois ans plus tard, il a une wild card pour le tableau final de Roland Garros. On est sur des formats de matches potentiels en 5 sets avec l’événement de l’année pour tout joueur français. Comment va-t-il répondre aux exigences ?  Le tome 3 évoque un parcours beaucoup moins linéaire car on m’avait reproché un monde trop parfait, sans problème d’argent ou autre.  Si je voulais vraiment aller au terme, je ferais un tome 4 sur l’US Open mais qui n’interviendrait qu’en 2030. Il faut laisser Alexandre atteindre ses 30 ans pour que ce soit la fin de sa carrière et voir comment il va se reconvertir. Pour un sportif, en 15 ans son parcours peut être réglé sur ces trois moments là. Souvent, il devient entraîneur. 

 

 

On voit bien que tu as été coach car tu décris très bien les arcanes du tennis que tu analyses avec un scalpel !

Le mot que tu as employé est tout à fait adapté. Je veux que le lecteur puisse être dans les coulisses de ce monde qu’il connaît souvent juste par un résultat, un score à la télé, ou un match. Il est important de connaître les joies, les peines, les efforts, toutes les trames situées en amont pour se rendre compte de cette richesse qu’il peut y avoir dans le tennis de compétition à haut niveau . De temps en temps, on juge un joueur sur un match mauvais qu’il a disputé,, sans se rendre compte du travail accompli, et très souvent des sacrifices impliquant une dimension mentale très importante.  Finalement, tout est subjectif dans le tennis.  Bien jouer qu’est-ce ça veut dire ?  Beaucoup de jeunes, d’adolescents ont une vision beaucoup trop propre du tennis. Que des coups gagnants, du beau style. Or on a bien vu que ce n’était pas la réalité, avec en particulier l’arrivée de Brad Gilbert qui a coaché Agassi. Il lui a dit à un moment donné : « Tu n’es pas obligé de faire que des coups gagnants à chaque fois » et ce fut la première fois qu’Agassi gagnait Roland Garros. Il a été capable de jumeler une qualité de frappe exceptionnelle avec des coups de remise pour essayer de jouer plus intelligemment.

 

Tu as fait appel à quatre personnes comme conseillères notamment Brigitte Simon ex n°1 française. Que t’a-t-elle dit ?

Elle trouvait que dans le tome 1, j’étais trop lisse, trop réservé, trop pudique dans la psychologie des personnages et presque trop politiquement correct. . Je me suis débridé au fur et à mesure du tome 2 et 3 et elle m’a affirmé que j’avais bien progressé. Je n’ai pas cherché à plaire particulièrement dans le tome 1 car Pierre le coach atypique c’est moi à 90%. Quant à Alexandre, c’est une sorte de mixte de tous les jeunes que j’ai pu entraîner depuis plus de 20 ans au niveau du jeu, de la philosophie et surtout de la mentalité actuelle au sein des réseaux sociaux. J’ai aussi travaillé mon style avec un journaliste, la syntaxe et l’orthographe.

 

Les trois couvertures ont été réalisées par Chryslène Caillaud avec trois titres reprenant le mot balle (Balle d’éveil, Balle ocre, Balle de break) !

Au départ, je voulais appeler ce premier tome « People don’t cry » une chanson du groupe The Cure que j’aime beaucoup. En effet, dans le tennis masculin, le fait que qu’un joueur pleure peut être considéré comme un manque de mental. Important aussi, tout ce qui peut être associé à de la misogynie comme le fait de dire que les filles n’ont pas un aussi bon mental que les garçons. On est tous confronté hommes, femmes à des moments de stress, d’inquiétude.  Mais comme j’étais parti sur un personnage masculin, finalement j’ai choisi le titre « Balle d’éveil ».  Cela me permettait de décliner pour les deux tomes suivants « Balle ocre » par rapport à la terre battue de Roland Garros. Enfin « Balle de break »  car d’une part, l'herbe de Wimbledon a son importance dans le récit et d’autre part c’est un peu une allusion « à la cassure qu’a entraînée  la gestion calamiteuse  du Covid de nos gouvernants au sein de la population française. Une blessure que nous mettrons du temps à cicatriser. Pour le premier, je voulais traduire ce moment où l’on peut se ressourcer, le changement de côté. En quelque sorte le temps s’arrête, et la pression peut redescendre incluant une canalisation de notre énervement, notre colère. C’est un moment très important en terme d’habitude car c’est véritablement la routine qui nous permet de reprendre pied quand on est en train de perdre les pédales pendant un match. . Pour le tome 2, on a beaucoup parlé des invisibles (caissières, infirmières, chauffeurs de bus...) au début de la crise covid en 2020. Ce sont des personnes qui travaillent dans l'ombre et le tome 2 leur rend hommage sur un événement comme RG (ramasseur, juge de ligne, cordeur, supporter...). Pour le tome 3, je voulais que l’on voit une balle, du gazon et des pieds.

 

 

Tu cites beaucoup de maximes en introduction des chapitres!

A travers le bouddhisme auquel je me suis formé, mon idée était de diriger le lecteur vers une sorte de philosophie axée sur des phrases que j’ai utilisées en terme de coaching. On peut réfléchir sur une seule phrase toute sa vie. Adepte du développement personnel ? Oui complètement. Pour moi c’est sacré et j’aurais aimé à 15 ans lire un livre comme celui-là. Le tennis m’a permis de me désenclaver géographiquement, j’ai voyagé dans 40 pays, de prendre confiance en moi malgré ma timidité et en même temps de m’éveiller.  Quand on est passionné et que l’on a la chance de pouvoir pousser longtemps son investigation, on entre en profondeur dans son moi ; c’est le principe socratique «  Connais-toi toi-même. A partir du moment où l’on se trouve confronté à des enjeux de plus en plus ambitieux, automatiquement, on cherche en soi des ressources de plus en plus importantes. C’est la sagesse que Pierre essaye de remettre à plat en permanence…

 

Le  tennis une philosophie ?

Tout à fait, c’était vraiment cela que je voulais montrer.  Je suis très content de ma petite carrière car le tennis  me permet de continuer à avancer et toute ma vie il me servira. J’ai pu pratiquer une activité qui fait passer émotionnellement par des états d’âme très contrastés avec de la joie d’un côté et de terribles peines de l’autre.  Encore plus accentués quand on est quelqu’un de très sensible et tant que les émotions sont là, on garde finalement une innocence. On m’a traité dernièrement d’idéaliste ou de rêveur. C’est le plus beau compliment que l’on puisse me faire.  J’ai bossé 7 jours sur 7 pour les 3 tomes et puisque les gens semblent avoir passé un bon moment en lisant mes livres, je me dis que mes efforts ne sont pas totalement vains. J’ai un style très simple avec des mots simples et n’ai pas de prétention littéraire. En tant que sociologue c’était la même chose, je suis pour un principe de vulgarisation. La littérature nous permet de nous plonger dans différents univers.. En plus du tennis, la littérature m’a permis de me développer intellectuellement au niveau de ma philosophie, de mes références et de la tolérance. Ceci à 8, 10 euros en livre de poche, ou par le biais d’un abonnement en bibliothèque. Je lis beaucoup et suis attiré par des espaces parallèles pour découvrir des personnalités. Je trouve que  le succès a tendance à lisser un peu les styles artistiques ou littéraires.  Un peu comme une standardisation à laquelle je suis opposé.

 

 

Alexandre se repère beaucoup en fonction du TAO !

Je me suis lancé dans le TAO Te King que je trouvais déroutant et en même temps inspirant pour un jeune. Le principe c’est de se rendre compte qu’il existe une relativité dans toute chose et que quelque part c’est intéressant de prendre en considération que la perfection n’existe pas. Qu’est-ce que la perfection ? Les perfectionnistes il y en a beaucoup et les gens qui aspirent à cela peuvent devenir dingues. C’est pour cette raison que génie et folie se côtoient souvent.  L’idée que Pierre veut enseigner à Alexandre c’est ce lâcher-prise. Il est d’usage de considérer que la perfection n’existe que dans la victoire. Or certaines victoires sont imparfaites et certaines défaites parfaites.  Il faut être capable de mûrir et se rendre compte qu’il existe d’autres choses en dehors du tennis et que ce qui est important c’est d’être impliqué à 100% dans l’instant présent. Après l’on peut faire plein de choses différentes dans une journée et si on les fait avec un grand investissement, on a forcément une satisfaction. Autre chose importante dont je parle la respiration qui symbolise la vie. Beaucoup de personnes ne savent pas respirer. Des joueurs comme Rublev, Gilles Simon qui sont des fils de fer contrebalancent leur manque de puissance par une bonne capacité à respirer.  Pour optimiser son potentiel, la respiration est essentielle.

 

Tu fais un lien entre les randonnées et la forme au tennis !

Je les ai faites tout seul en Nouvelle Zélande. C’était la 9ème fois que j’allais à Melbourne et tout le monde m’avait dit « La Nouvelle Zélande, c’est le plus beau pays du monde. J’ai vu des reportages ; c’est vrai.  J’ai découvert la rando en 2010 avec Nomade Aventure sur le haut Atlas marocain. Deux ascensions à 400m.  C’est quelque chose qui me plaît beaucoup car tu réfléchis quand tu marches. Plein d’éléments se mettent en place et J’avais le vertige . On est loin d’avoir peur de faire une double faute, de déplaire à ses parents. Quand tu montes sur des crêtes de montagne, c’est clair que le danger est un peu plus important. J’estime en plus en tant qu’intervenant, je me dois régulièrement de me mettre en position d’aller dans des zones d’inconfort. Ceci pour éviter d’être un théoricien et pour avoir conscience qu’à certains moments le stress et la peur existent. Il faut expérimenter ça soi-même de temps à autre et voir si ce que l’on propose comme piste de respiration, de visualisation, de routine fonctionne encore.  Sinon, tu es un escroc.  

En vieillissant je prends de plus en plus de risques pour éveiller ma vie quotidienne. « Cela me fait penser à la phrase «  Si tu as peur du tigre affronte-le »…  Je n’ai pas voulu en revanche prendra la responsabilité d’être parent et je n’engage que mon existence.  On n’a jamais fini de se découvrir avec des situations où l’on ne sait pas ce qui va se passer. Et puis les événements douloureux de la vie m’ont démontré que quoi que tu fasses dans la vie, elle se chargera toujours de mettre sur ton chemin des surprises pas toujours joyeuses et il faut avoir une trame.

 

 

A un moment donné, Alexandre casse sa raquette et est privé de compétition pendant quelques mois. Quel message as-tu voulu faire passer ?

Dans ma vie j’ai du casser 50 raquettes. J’avais un énorme conflit avec mon père alcoolique et je ne pouvais pas lui casser la figure.  J’ai souffert de l’image que j’ai pu donner, et les gens ne savaient pas pourquoi je me comportais ainsi… Je voulais dire dans ce livre « Evitons de juger les gens surtout dans les moments où ils ne sont pas au top et ne nous positionnons pas en donneurs de leçons. On ne naît pas agressif, on ne pète pas un cable par choix, c’est notre esprit qui est poussé à bout à certains moments, et j’en pâtis encore aujourd’hui à cause de gens qui m’ont catalogué. Quelque part, écrire est une façon de mettre les choses au clair. On peut être intelligent et en même temps avoir un comportement totalement stupide.  Je suis tellement perfectionniste, je déteste la médiocrité et c’est la raquette qui prenait. Il y avait à la fois la colère latente, et la colère du match et les deux cumulés sont difficiles à contrôler. Mes parents m’ont offert ma première raquette, elle a été cassée et après j’ai tout payé moi-même.

 

 

Peut-on réussir à l’heure actuelle dans le tennis sans coach ?

Sur un court de tennis on est tout seul.  Maintenant, ils vont tester le coaching mais certains coaches dont je fais partie ne sont pas intéressés par interférer pendant les matches. C’est cette capacité qu’a l’individu à trouver par lui-même les solutions qui prévaut, et qui lui donne confiance en lui-même. Sinon, il est toujours dans une sorte de soumission ou de dépendance dans sa réflexion à l’autre.  J’ai coaché jusqu’au tableau final de Grand Chlem, et je sais qu’à présent, je peux amener un joueur jusque là. Je peux anticiper énormément d’erreurs car je les ai vécues avec d’autres joueurs.  Je revendique ce principe d’émancipation qui est à l’opposé de ce qui se passe actuellement. J’aime le principe « do it yourself » et avec deux fils de fer et une boîte à chaussures on peut faire quelque chose.  Ca demande une créativité beaucoup plus importante qui  contribue à stimuler côté cérébral.

 

 

 

Le livre qui t’a le plus apporté sur le plan développement personnel ?

« Plaidoyer pour le bonheur » de Mathieu Ricard une introduction au bouddhisme que je trouve intéressante et sinon  « Le guerrier pacifique » de Dan Millman. Une sorte de guerrier pacifique à la sauce tennis, c’est ce que je fais pour garder cette cohérence entre ce que tu vis et ce que tu dis…  Il est essentiel de comprendre que l’on a aucune prise sur 80% des sources de stress provoquées, et qu’il est sage de se concentrer sur les 20% restants …  C’est là où l’on doit mettre notre énergie en œuvre…

 

 

Tes projets ?

La sociologie a constitué un choc culturel énorme, c’est ce que je suis en train de démontrer dans mon nouveau livre qui contient une partie autobiographique très importante. J’ai fait de l’anthropologie rurale, politique et cela m’a totalement éloigné de mon univers quotidien et m’a éveillé à la vie.  Ce fut une ouverture incroyable et en même temps, je continuais à faire des tournois le week-end dès que je pouvais. Je suis resté 30 ans en seconde série et cela constituait un équilibre.

Pour ce prochain livre, je voudrais vivre 4 semaines consécutives coupées de tout réseau. Serais-je déconnecté ou connecté à la nature ? J’ai commencé à écrire sur tout le rapport géographique pour raconter comment l’on peut se retrouver dans cette aventure. J’ai fait partie d’un groupe d’anthropologie corporelle que je surnomme philosophie corporelle car c’est la connexion avec la nature et l’observation du retour à l’état sauvage. Que va-t-il se passer ? J’ai fait plusieurs sortes de  coaching, dont celui en entreprise, le coaching mental sportif où je suis intervenu sur plus de 10 sports et le coaching individuel.   Avec le sportif c’est la préparation mentale qui prime, avec un particulier c’est du développement personnel, avec une entreprise c’est la gestion des ressources humaines. Ce qui me plaît c’est qu’à chaque fois une page blanche se met en place avec l’idée de faire émerger les ressources chez l’autre. Je prends des notes et la personne à un moment donné se retrouve en difficulté pour que j’apprenne à découvrir qui elle est. Je ne vais pas lui donner une solution, je vais faire en sorte qu’elle arrive à la trouver toute seule.  Que les questions soient suffisamment pertinentes pour que la personne verbalise à haute voix haute, qu’elle s’entende. Ensuite, à soi d’appuyer sur certains mots, mais jamais d’imposer quoi que ce soit. Trouver les portes de sortie et en même temps prendre ce temps- là interactif, pour ceux qui en ont besoin.

Pour contacter  Christophe Cazuc :  balledeveil@yahoo.com

Agnès Figueras-Lenattier

05:30 Publié dans Interviews | Lien permanent | Commentaires (0)

mardi, 12 juillet 2022

Festival international de musique de Dinard

affiche.jpgLa 33ème édition du festival international de musique de Dinard débutera le 13 juillet 2022 avec un concert de la jeune percussionniste Adélaïde Ferrière. Grand événement estival, ce festival fera découvrir aussi bien des personnalités de renommée internationale comme Michel Portal et Renaud Capuçon que de jeunes talents. Les lieux seront variés et les formats divers avec des temps d'échanges avec les artistes. Au programme un répertoire classique, romantique, jazz, et de nombreux instruments : en dehors du piano, violon, clarinette, percussions... Et puis un concours international de Dinard pour les pianistes amateurs créé en 2021 aura lieu le soir du 14 juillet suivi d'un récital d'Eric le Sage. Bref de quoi contenter un large public qui devrait se régaler pendant quelques jours...      A.F.L 

13:51 Publié dans concert | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : festival, musique, dinard