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mercredi, 19 janvier 2022

Brigitte Simon

Brigitte Simon est une ex joueuse de tennis professionnelle entre les années 1970 et 80. Elle a été n°1, 36ème mondiale et a atteint la demi-finale de Roland Garros. Actuellement elle coache des sportifs et donne des conseils sur le plan nutritif... 

 

Tout d’abord pour commencer cette interview, quel cursus scolaire as-tu suivi ?

J’ai passé mon bac en candidat libre.

 

Ce qui implique un certain courage !

Du courage et de la chance. En fait, j’ai arrêté en janvier l’année du bac car le proviseur de mon lycée ne voulait pas me laisser partir 1 mois ½ en Afrique du Sud. Une grève a eu lieu au sein du lycée pour me soutenir et finalement j’ai pu partir. Mais quand je suis revenue, je n’avais plus l’humeur à me retrouver à travailler entre quatre murs et j’ai passé mon bac sans dossier, sans rien.

 

 

As-tu participé aux cours de gymnastique à l’école ?

Quand j’étais à Dijon, j’en ai été dispensée avec un faux certificat médical prétendant que j’étais inapte à la gymnastique pour m’entraîner au tennis à la place.

 

Que penses-tu de la place du sport dans nos écoles et lycées français ?

En primaire par exemple c’est une catastrophe. En France, on n’a pas une culture du sport  très développée ; c’était vrai à notre époque et c’est toujours vrai actuellement.  Je verrais bien comme dans certains pays les études le matin et le sport l’après-midi.

 

 

Quelles étaient les matières que tu aimais à l’école ?
Je n’étais pas du tout maths, physique, chimie. J’aimais bien le français, l’histoire. Et la philosophie, ce qui ne veut pas dire pour autant que j’avais de bonnes notes…

 

Quels philosophes à l’époque t’ont marqué ?

C’était surtout une découverte, et l’on parcourait juste les grands philosophes sans vraiment approfondir. Cette année en terminale a éveillé ma curiosité et après mon goût.  Je suis surtout une autodidacte et par la suite j’ai lu pas mal de livres de philosophes. A l’heure actuelle, j’aime bien Luc Ferry, Frédéric Lenoir dont j’ai lu tous les livres. Michel Onfray j’apprécie aussi, mais je le trouve difficile à lire.

 

Tu aimes beaucoup Jean D’Ormesson !

J’ai lu quelques-uns de ses livres mais pas tout, loin s’en faut. Ce que j’appréciais chez lui c’était sa manière d’aborder les choses lorsqu’il était interviewé ou qu’il intervenait en vidéo. C’était un régal de finesse, d’intelligence, d’analyse et d’appréciation de la vie, et de la nature humaine. En plus, il avait de l’humour. Il avait tout pour lui.

 

Son style était un peu précieux, non ?

C’est vrai, c’était un aristocrate né avec une cuillère dans la bouche. C’est d’ailleurs sa femme qui avait de l’argent.  Mais c’est sa philosophie de vie qui était intéressante. Ce qu’il disait, ce qu’il pensait. Toujours avec légèreté, sans polémique, sans agressivité. Les mots étaient souvent très justes, je l’adorais.

 

 

Tu aimes aussi les polars !

Oui pas uniquement et un peu moins maintenant. Mais avec un bon polar on passe toujours un bon moment. Agatha Christie ? Oui, je l’ai beaucoup lue. J’aime bien aussi Douglas Kennedy, Laurent Gounelle, Mathieu Ricard. Tous ces gens là, ça me parle…

 

 

Tu aimes les citations. En voici une de Diderot: «  On avale à pleine gorgée le mensonge qui nous flatte et l’on boit goutte à goutte la vérité qui nous est amère. «  Es-tu plutôt pour dire la vérité ou éviter de blesser ?

C’est une très belle citation en tout cas. Toute vérité n’est pas bonne à dire mais j’ai beaucoup de mal avec cette phrase. Quand j’étais jeune j’étais vraiment cash et en vieillissant je le suis un peu moins. Mais selon moi le déni n’est pas très bon. Il faut être un peu diplomate mais la vérité a toujours intérêt à sortir et comme le dit Di∂erot à petite goutte pour que ce soit moins violent. Il y a aussi des gens incapables d’entendre la vérité et ce n’est pas la peine de les blesser inutilement. Mais quand  tu atteins un bonne complicité avec quelqu’un, la vérité peut faire progresser. A force de cacher la vérité, on se complait dans un système peu productif et au sein duquel on se renferme…

 

Connais-tu Deepak Chopra ?

Je suis ses méditations auxquelles j’ai vraiment commencé à m’intéresser vers l’âge de 55 ans… Et depuis j’en fais tous les jours plus ou moins longtemps dans mon lit. Ce n’est pas une discipline cartésienne et il existe des jours où c’est plus ou moins facile.

 

Et le yoga ?

J’ai essayé plusieurs fois mais cela ne me correspond pas. Je n’y arrive pas, je m’embête et j’ai définitivement rayé le yoga de mon vocabulaire… J’utilise aussi beaucoup la cohérence cardiaque au niveau de la respiration.

 

Penses-tu que si tu avais découvert toutes ces méthodes lors de ta vie de joueuse cela t’aurait aidé ?

Ah oui car cela te permet de te mettre dans ta bulle. La respiration c’est la base de tout

Et quand on fait du sport, c’est encore plus important pour calmer son stress, ses émotions. En outre, toutes ces techniques sont relativement simples, pas besoin d’avoir fait polytechnique pour y arriver. Cela ne résout pas tout mais pour le tennis, sport individuel, on a besoin de gommer un peu toutes ces choses parasites qui peuvent intervenir même à l’entraînement.  Je fais un peu de coaching mental avec des sportifs et quand je leur parle de la respiration, ils me rient au nez en se disant si elle n’a que ça à nous proposer ça ne va pas aller. Or, ils se rendent compte que la respiration représente la base de tout. Pour faire le vide mental, pour se focaliser, se concentrer. C’est un outil formidable et que l’on peut utiliser n’importe quand.  Christophe André en parle très bien dans ses livres.  Si j’avais eu recours à ces méthodes, j’aurais gagné Roland Garros ( rires… ).

 

 

De manière générale, tu t’intéresses aux médecines douces !

Oui étant dans la prévention santé. Depuis une dizaine d’années, la nutrition fait partie de mes centres d’intérêt. J’ai vu à titre personnel des thérapeutes travaillant dans ce domaine et également au niveau préventif. Comment éviter des maladies ? En se complémentant et en adoptant une bonne hygiène de vie même si la mienne n’est pas parfaite. J’ai également eu recours à la réflexologie…

 

Et l’homéopathie ?
Je n’y crois pas trop. J’en ai pris lors d’une opération. De l’arnica pour ne pas gonfler, mais de manière ponctuelle.

 

L’hypnose ?

J’en ai fait mais ça n’a aucun impact sur moi… En revanche, j’ai fait de l’EMDR qui m’a fait beaucoup de bien. Egalement de L’E.F.T de l’acupuncture par les doigts que tu fais toi-même avec un rituel en formulant une phrase qui te parle. Et qui correspond à ce que tu veux régler toi-même.Ca fonctionne bien pour l’anxiété, le stress. Mais au départ ça parait tellement cul cul qu’on a du mal à y croire. Il faut vraiment pratiquer pour ressentir les bienfaits. Et puis ça dépend des individus, chacun doit trouver ce qui lui convient.

 

Que penses-tu de la vieillesse ?
Vieillir apporte une sagesse non acquise auparavant. Mais c’est un sujet très ambigu pour moi car j’ai perdu ma mère lorsqu’elle avait 55 ans. Et quand tu perds ta mère assez jeune, tu n’as plus de points de repères. Et plus j’avançais en âge, plus je me rapprochais de l’âge de la mort de ma mère. Lorsque j’ai eu 45 ans ça allait mais à 50 ans, j’ai eu un problème et ce fut difficile à assumer. Mais c’était plus par rapport à ma mère que par rapport à mon cas personnel. Ensuite, j’ai eu 55,60 et maintenant je n’y pense plus.  De toute façon, vieillir on n’y échappe pas et l’important c’est d’être en bonne santé pour faire du sport à son rythme, bouger, ne pas être handicapé.

 

 

Quand on est très sportif, voir son corps être de moins en moins performant n’est pas facile à accepter !

Il existe des gens atteints de handicaps très tôt. Bien sûr que cela fait peur car n’importe quel souci peut survenir. C’est vrai que pour nous qui avons fait beaucoup de sport c’est encore plus difficile. J’ai un ami qui a 75 ans qui est en train de mourir. Il a été sportif toute sa vie et c’est à présent une personne très diminuée qui attend la mort dans son lit. Quelle cruauté !...Quant à la peur de vieillir, elle est liée aussi à la peur de mourir. Plus on avance, plus on se rapproche de l’échéance, ce qui ne fait pas plaisir.

 

 

Maintenant que tu as arrêté ta carrière t’estimes-tu accroc au sport ?

Non, car je n’ai pas un tempérament à être une «addict ». En revanche,faire du sport est vital  pour mon équilibre et j’ai besoin d’en faire 3,4 fois par semaine. Si je n’en fais pas, ce n’est pas un drame, mais je ne suis pas vraiment bien dans ma peau. Mais après ma carrière, je ne voulais plus souffrir physiquement, ni avoir des douleurs physiques. Donc c’est vraiment de l’entretien. Je cours un peu, joue au golf, au tennis de temps en temps avec mes enfants.  Le plaisir de bouger, de me dépenser pour garder la forme. Il y a quelques années j’avais l’idée de faire un marathon. J’en ai toujours rêvé et je n’ai jamais concrétisé. Pourtant j’avais le temps de m’entraîner. Mais mentalement, je ne parviens plus à souffrir , je ne peux plus dépasser un certain seuil. C’est mental et comme je n’ai pas envie de travailler mentalement là-dessus, j’ai finalement renoncé. C’est le regret de ma vie.

 

 

Comment te situes-tu par rapport aux animaux ?

J’aime bien les chiens, et j’en ai eu pendant 15 ans. Les chats j’en avais peur, mais comme mon fils m’a ramené ses deux chats, j’ai une meilleure relation avec eux. Je n’aime pas les animaux sauvages, et faire un safari par exemple ne me tente pas du tout. Je n’aurais aucune émotion. Le bien-être animal me parle, mais malgré tout émotionnellement je suis un peu bloquée.

 

Aimes-tu le cinéma ?

Oui, mais pas du tout la science-fiction. J’aime les comédies romantiques, et je pleure facilement. Richard Gere est un comédien que j’aime bien. On a tous été fans de « Pretty Women » . Et puis il a des engagements humanitaires intéressants.

 

 

Quels sont les humoristes qui te font rire ?
La plupart sont morts. Bedos, Devos. J’aime bien Murielle Robin, Anne Roumanoff et Patrick Timsit. Blanche Gardin ? Sans plus…

 

 

T’intéresses-tu à la politique ?

Oui ; mais il n’y a guère de prétendants que j’apprécie. Notre époque est d’une rare indigence à ce niveau là. Pour moi, le droit de vote est quelque chose d’important, mais pour les prochaines présidentielles je ne sais même pas si je vais me déplacer. Je ne sais pas pour qui voter… Que l’on soit de droite, de gauche ou du milieu, on nage en pleine impéritie…Ce n’est pas la politique qui mène le monde, mais les lobbies, la grande finance et les autres ne sont que des pantins. Il existe une vidéo comprenant une parodie sur le sujet avec la chanson de Christophe « Les marionnettes.

 

 

Crois-tu au hasard ?

Pas vraiment. Selon moi, quand on rencontre les gens ou quand il nous arrive quelque chose, ce n’est pas du hasard. Ca devait arriver. A nous de réfléchir et de se demander pourquoi telle chose est arrivée ou pas d’ailleurs. Il existe des signes avec de bons et de mauvais événements. Un peu comme une défaite ou une victoire dans un sport. C’est cela qui nous fait évoluer et nous permet peut-être de changer de direction. Si on ne réfléchit ni au bon ni au mauvais, cela veut dire que l’on ne sait pas où l’on va.

 

 

Le surnaturel est-il un domaine qui t »intéresse ?

Je m’intéresse à la vie après la mort. Est-ce que je crois à la réincarnation ? J’aimerais bien. Et si cela existe, trois vies me tenteraient : joueuse de golf, comédienne ou écrivain…

 

On va finir par un sujet actuel. Es-tu vaccinée ?

Oui.

 

Par conviction ou parce que ça permet d’être libre ?

Surtout pas par conviction…

 

Agnès Figueras-Lenattier

 

 

 

vendredi, 14 janvier 2022

CD François Staal

François  Staal, auteur, compositeur a sorti en décembre son 7ème album intitulé " L'humaine beauté".  Ce CD comprend une dizaine de textes racontant des paysages avec la reprise de deux grands de la chanson : Léo Ferre  " Avec le temps" et Alainf Bashung " La nuit, je mens" et deux duos avec Charlélie couture et Nina Morato. Un joli poème de Baudelaire " L'invitation au voyage " est également au programme. Le titre est prometteur et l'on n'est pas déçu... A.FL

18:47 Publié dans concert | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cd, reprises et duos

dimanche, 26 décembre 2021

Vers le changement

Je tiens à signaler haut et fort avant de rédiger ce papier sur le COVID que le docteur Raoult et la généticienne Alexandra Caude Henrion ont refusé de répondre à mes questions. Pour moi, ce sont deux dégonflés!.. Finalement, tant mieux car cela me permet de mettre en valeur le docteur R' Bibo mon généraliste qui m'a été d'un grand secours quand je n'allais pas bien et qui pour moi représente bien l'image d'un médecin : désintéressé (il m'a reçu de nombreux fois sans me faire payer quand j'étais mal et a pris le temps de lire tous mes mails et il y en avait beaucoup  ) et sachant s'adapter à celui ou celle qu'il a en face. Merci à vous docteur R'Bibo. 

Je vais commencer par une citation de La Boétie découverte grâce à Alexandre Jardin. Elle illustre bien mon texte et terminerai par une autre citation qui l' illustre doublement . Voici celle de la Boétie : 

" Il est incroyable de voir comme le peuple, dès qu'il est assujetti, tombé soudain dans un si profond oubli de sa liberté qu'il lui est impossible de se réveiller pour la reconquérir : il sert si bien et si volontiers, qu'on dirait à le voir qu'il n'a ps seulement perdu sa liberté, mais bien gagné sa servitude.... "

 

Quoi qu'il en soit dans la mesure de mes petits moyens , car j'ignore combien de lecteurs a ce site, j'essaye d'une autre manière que celles déjà évoquées comme les manifestations qui visiblement ne servent à rien, c'est même le contraire de faire évoluer les choses pour que nous essayions de mieux vivre le COVID. D'après l'interview que j'ai faite de mon généraliste le docteur R'Bibo, ce qui prend du temps, je préviens déjà que le masque n'a rien de plus que l'écharpe en laine et que le masque n'est qu'une histoire de gros sous. En revanche comme je l'ai toujours pensé, il est indispensable de se protéger la bouche et aussi le nez car c'est par les voies nasales que se propage le virus. Et que les réunions en intérieur ou quelques-uns portent le masque, d'autres pas c'est n'importe quoi... En plus, se protéger permet aussi de lutter contre les autres maux de l'hiver. Trop de gel sur les mains peut créer des crevasses où se faufile le virus. à cause d'une peau extrêmement sèche.. Le fait de porter des gants ne sert à rien car s'ils sont infectés, cela revient au même. D'autant plus que certains en portent toute la journée.  Pour être infecté, il faut toucher tout de suite après une personne positive un vêtement, un légume, un objet,  ou autre chose. Mais le virus disparaît très vite. Attention aussi à ne pas se toucher les yeux qui peut nous infecter.  " Je rappelle déclare le docteur R'Bibo, que la personne qui a découvert le coronavirus est un ophtalmologiste qui est d'ailleurs décédé. Il l'a découvert car il y avait des gens qui avaient des conjonctivites peu habituelles... " Contrairement à ce que dit Jean Castex, il existe d'autres solutions que le vaccin. Comme de prendre régulièrement de la vitamine D, du zinc. Cela renforce les défenses immunitaires... Le docteur R'Bibo ne croit pas à cette solution : c'est un pis aller; ça ne marche et c'est surtout pour rassurer les gens et dire que l'on fait quelque chose. Mais c'est vrai que je n'ai aucune preuve scientifique de l'inefficacité, je ne peux pas dire le contraire...  C'est juste mon sentiment. " C'est comme votre scepticisme face à l'homéopathie lui fais-je remarquer"... oui dit-il en rigolant... 

Et puis toujours d'après mon généraliste quand deux personnes l'une en face de l'autre portent le masque  à une distance de 2 mètres, elles sont protégées à 95%. A priori donc c'est mieux que la vaccin qui en plus donne beaucoup d'effets secondaires.  D'après ma cousine qui suit tout cela avec beaucoup d'assiduité, il existe des paralysies semi-faciales avec des femmes qui ne peuvent plus fermer un oeil, des paralysies des jambes, des crises d'épilepsie, des saignements. Des zonas aussi. Il subsiste aussi des doutes sur la fertilité que pourrait engendrer le vaccin. C'est une amie pharmacienne qui me l'a dit. J'ai entendu parler aussi de fausses couches.  Reste à savoir aussi si le vaccin empêche réellement les cas graves et si les vaccinés sont davantage protégés que les non vaccinés. Je n'ai pas de preuves n'ayant pas les chiffres exacts mais je doute réellement de cette affirmation. Les auto-tests? " Cela peut être bien s'il est bien utilisé affirme R'Bibo , c'est à dire si la personne introduit bien le coton tige très profondément dans les fosses nasales. Mais c'est très difficile à faire soi-même car on a tendance à freiner son geste, à retirer sa main. Donc, il est moins fiable quand il est fait par soi-même."

Il faut signaler ce qui est très important que dans 99% des cas, le virus peut s'assimiler à une forte grippe. Trois médicaments sont employés pour les soins : le Doliprane et dans certains cas quand l'inflammation est importante de la cortisone.  Ca évite parfois les complications respiratoires. Et une troisième solution consiste pour les personnes à risque d'embolie, à utiliser les anti-coagulants. " Ca peut être très utile car le Corona peut déclencher des phlébites et de graves embolies pulmonaires souvent des micro embolies multiples".. Un ami médecin cancérologue donne pour sa part 2 bouteilles de vitamine D en début de traitement et une à la fin ce qu'approuve R'Bibo... Il est souhaitable si l'on est sportif de continuer le sport; cela aide à lutter contre la fatigue quitte à en faire très tôt le matin ou le soir tard quand personne ne traîne dans les rues. J'ai une amie artiste qui m'a dit être  infectée pour la deuxième fois  après un test en pharmacie. Or elle ne se sentait pas vraiment malade ce qui ne veut rien dire puisqu'à priori, on peut ne rien avoir comme symptômes, et pour plus de sûreté, elle a fait un deuxième test en laboratoire; elle est négative...Incroyable et  qui croire? Normalement,, le laboratoire est censé être plus fiable...  Mais il y a de quoi être déroutée et à sa place je le serais... La première fois, atteinte par le COVID, elle  n'a pas fait de sport. Or elle en fait tous les jours et elle n'en pouvait plus tellement elle avait envie de bouger du moins les premiers jours. Après, elle s'est habituée à l'inaction mais je suis persuadée que si elle avait bougé, elle s'en serait sortie plus vite. Et là elle m'avait  dit que cette fois-ci, elle en ferait le matin tôt et elle avait bien raison... 

L'hospitalisation? Il faut le faire quand il existe des difficultés respiratoires. Souvent les premiers jours, les personnes ont les symptômes habituels ( fièvre, mal à la tête, courbatures) et à un moment donné, en quelques heures, elles vont vraiment étouffer. C'est impressionnant , elles cherchent leur air, s'affolent.  On surveille alors la saturation (pourcentage d'oxygène dans le sang) qui normalement est de 98 à 99%. Si elle passe en-dessous de 92 ou 94 selon les médecins, cela veut dire que l'oxygène ne parvient pas jusqu'au sang. On met les personnes sous oxygène, et si malgré cela c'est inefficace; on met les personnes dans le coma. On les incube pour faire passer l'oxygène dans les voies respiratoires. Quand ça commence à reprendre forme, on réveille tout doucement les personnes et si elles sont bien oxygénées, elles peuvent rentrer chez elles. Elles sont fatiguées, mais rien à voir avec les personnes qui sortent de réanimation qui sont carrément éreintées. Il y a une fonte musculaire, et les patients sont extrêmement faibles.. " Faire faire du sport pour remuscler ? Indispensable. D'après le docteur R'Bibo c'est ce qui est fait, mais je n'en suis pas sûre. D'autre part important aussi les mots employés et là encore je doute que tous les médecins les utilisent à bon escient. " Comme le dit R'Bibo " il faut donner du courage, être optimiste car comme toute maladie et surtout les graves le côté psychosomatique est très important"... On peut aussi avoir recours à des médecines douces comme la méditation ou autre pour apaiser... La nourriture joue également un rôle d'autant plus que généralement à l'hôpital, on ne peut pas dire que celle-ci soit très élaboré...

 

En tout cas, si tout le monde faisait un effort et respectait les mesures barrières, il y aurait de grandes chances de beaucoup mieux lutter contre la pandémie. Surtout que là encore dans 99% des cas, cela se termine comme une bonne grippe.  En réponse à l'argument d'Alexandra Caude Henrion affirmant que les asymptotiques n'existent pas, le docteur R'Bibo affirme qu'il peut sortir de ses dossiers des dizaines de personnes positives n'ayant eu aucun symptôme. Lui-même a été contaminé à l'hôpital et n'a eu aucun symptôme.... Il a pourtant soigné sa femme atteinte d'un important Corona. 

Vouloir vacciner les enfants spécialement ceux âgés de 5 à 12 ans est absolument honteux. D'ailleurs un enfant de 8 ans est mort d'une crise cardiaque après avoir été vacciné. Voici à ce sujet les réflexions du docteur R'Bibo : Je suis pour le vaccin pour les enfants atteints de comorbidités comme les malformations génétiques, la mucovisicidose, l'asthme, les maladies rares, les myopathies, les chaises roulantes. Certains enfants sont en réanimation. En revanche, pour les enfants sains de 5 à 11 ans, je ne le ferai pas. Je ne voudrais faire prendre de risques à des enfants dont l'organisme n'est pas le même que celui de l'adulte et l'enfant peut réagir plus violemment au vaccin.  La deuxième raison c'est que dans la majorité des cas cela se termine chez les petits par une gripette. Certes, les enfants sont des sources de contamination, ce qui implique que le virus va continuer à circuler, mais est-ce judicieux de faire prendre des risques à un enfant pour freiner l'évolution? Je pense que l'on ferait mieux de vacciner les gens dans les pays sous-développés qui n'ont pas de vaccins car c'est de là que viennent les variants. Il faut arrêter d'être égoïste  et ne vouloir vacciner que nos compatriotes. Il faut vacciner plus largement les populations du tiers-monde sinon ça ne s'arrêtera jamais. J'entends que les Israéliens vont faire une 4ème dose; ça commence à bien faire. Qu'ils utilisent leur vaccin pour le Kenya, l'Ouganda. En France et dans les pays développés, on a atteint un niveau de vaccin presque suffisant et on n'a rien fait pour ces pays là. Ce n'est pas que les Africains vont mourir, c'est que le virus va revenir chaque année. " En plus, avec le développement de nouveaux variants les vaccins actuels seront de moins en moins efficaces Il faut savoir aussi que l'âge n'intervient pas dans le COVID : " L'âge explique le docteur R' Bibo a été mis en avant parce qu'on a vacciné les plus fragiles dans un premier temps. On a fait des séries, les plus de 65 ans, les plus de 50 mais en réalité l'âge n'a rien à voir là-dedans"... Le docteur R' Bibo m'affirme j'en doute là aussi même si je n'ai pas de preuve qu'il n'y a rien dans le test effectué par les voies nasales. Je pense aussi que plus le masque  est censé protéger davantage comme le FFP2, plus il doit contenir un produit encore plus toxique que le masque chirurgical. 

Selon le docteur R'Bibo des espoirs de traitement se profilent à l'horizon. Avec notamment et cela devrait davantage rassurer les anti-vas des vaccins basés sur la technologie du virus de la grippe à base de protéines. " Peut-être que l'on va se rendre compte que c'est plus efficace. Deuxième possibilité : Deux médicaments celui de Pfizer et celui du laboratoire Merk qui vient d'être autorisés aux Etats-Unis avec de bons résultats et qui vont être autorisés très certainement en Europe. Il faudra les prendre dès les premiers symptômes pour éliminer le virus et cela évitera sûrement les vaccinations. Le médicament du laboratoire Merck est un produit qui se rapproche du médicament pour soigner le sida. Ce qui corroborait la déclaration du docteur Montagné qui dit qu'il y a le virus du Sida dans le vaccin. " Ah n'importe quoi trépigne R'Bibo. S'il a dit ça il est devenu sénile.La principale expérience des laboratoires c'est le virus du sida qui a été soigné après l'horrible épidémie des années 80,85. Ils ont réussi à sauver beaucoup de gens qui grâce à la trithérapie peuvent vivre normalement. Et ils ont repris des médicaments anti-viraux qu'on utilise pour le sida. Ils se sont dits qu'en les modifiant un peu cela allait peut-être être efficace sur le virus du Corona. C'est formidable, on a vacciné en attendant ce moment là et il semble arriver "... En tout cas, vouloir faire un rappel au bout de 4 mois est une aberration car que l'on soit vacciné ou que l'on ait été contaminé les anti corps subsistent en moyenne 6 mois avec quelques variations selon les cas...

Avant de terminer, je tiens à noter que  j'ai lu que l'on ne connaît pas de stratégie vaccinale jusqu'à présent qui ait marché pour un Corona... " Oui c'est vrai, on tâtonne et jusqu'à présent, on continue à tâtonner" confirme R'Bibo... 

Et je vais conclure par le jugement du docteur R' Bibo sur l'attitude des médias : " Les médias mettent de l'huile sur le feu. Leur attitude n'est pas éthique. Je suis assez outré par ce que font les journalistes . Ils en rajoutent, dramatisent la situation là où il ne faudrait peut-être pas dramatiser mais simplement  rendre les gens responsables et non pas les affoler comme ils le font actuellement. ce n'est d'ailleurs pas vrai uniquement en France; c'est valable dans le mondee entier en tout cas dans un monde dit évolué. Profiter ainsi de la situation n'est pas très joli... "

Quant à la situation des non vaccinés, je propose que tous les non vaccinés bravent l'interdiction et aillent tous dans les cafés en faisant preuve d'audace. Aucun bar man ne pourra contrôler la situation et le pass sanitaire qui va devenir le pass vaccinal, et c'est une façon à mon avis plus efficace que la manifestation. Quant à tout ceux qui sont réticents mais qui sont obligés de se faire vacciner pour s'occuper de leurs parents, il faudrait une dérogation pour ne pas tomber dans la non assistance à personne en danger...

" Cela me fait penser à la citation du mathématicien, philosophe  Bertrand Russel qui résume bien la situation : " La peur collective stimule l'instinct du troupeau et tend à produire de la férocité envers ceux qui ne sont pas considérés comme des membres du troupeau"... 

Agnès Figueras-Lenattier

16:19 Publié dans Insolite | Lien permanent | Commentaires (0)

jeudi, 23 décembre 2021

Rêveries à de meilleurs jours

En début d'après-midi j'ai explosé, j'en avais besoin et j'ai balancé mes bouquins dans mon appartement et j'ai pleuré aussi. De belles réactions naturelles, saines et qui font du bien et que ne comprennent pas les psychiatres de manière générale. J'aurais eu une belle injection pour tout ça et après tout en moi aurait été bloqué. Avec l'aldol à forte dose, j'étais incapable de pleurer, de ressentir quoi que ce soit et quand un homme me touchait aucune réaction, la frigidité la plus totale. Comment peut-on s'en sortir ainsi. Je me souviens à la mort de mon père, j'étais tellement anesthésiée par les médicaments que je n'ai rien ressenti du tout.  On n'existe plus, on ne fait plus que végéter et l'on est un peu comme le fils Vincent qui n'avait plus aucune réaction non plus. Une larve déliquescente, bonne à jeter à la poubelle. Pour oublier un peu l'horreur des hôpitaux psychiatriques, je pense à David Servan Schreiber avec qui je partageais beaucoup de choses en commun. Il avait je crois monté un centre aux Etats-Unis avec que des médecines douces et c'est cela qu'il m'aurait fallu, plus parler et faire du sport. L'idéal. Je pense à la lettre que je lui avais envoyé lorsque j'étais en Hp pour lui faire part de ma détresse et qu'il m'avait répondu en me souhaitant bon courage. C'est la seule chose positive que je peux retenir de tout ça, et cela restera à gravé dans ma mémoire et rien que pour cela je continuerai à me battre bec et ongles. Je pense aussi à la pionnière du sport en HP, le docteur Agostini. J'imagine si j'étais tombée sur elle, ce que ça aurait donné. Je me plais à imaginer que j'en serais ressorti guérie.. Mais après dans la réalité, on ne sait pas. Comme on est en France elle m'aurait sûrement donné un traitement car peut-on imaginer des soins sans médicaments en hôpital psychiatrique. Impensable, tout le monde lui aurait sans doute ri au nez. Mais peut-être uarias-je réussi avec beaucoup de sport et de la parlotte à ne plus end prendre. Qui sait? Et je ne pense pas qu'elle m'aurait donné en tout cas 5 ampoules d'aldol. Mais peut-être, je l'idéalise. Mais j'aime rêver, ça fait partie de ma nature. Si un jour elle accepte, j'aimerais bien en parler avec elle. Je vais d'ailleurs lui envoyer ce texte... 

Je vois que Christophe André propose de multiples sortes de méditation. Peut-être y en aurait-il une qui me conviendrait. Mais pour l'instant, la méditation telle qu'elle m'apparaît n'est pas faite pour moi. Trop statique... Peut-être un jour aurais-je l'occasion d'en parler avec lui mais rien ne presse pour l'instant. Chaque chose en son temps... En plus, si ça fait la même chose qu'avec L'hypnothérapeute et psychiatre Claude Virot c'est à dire 90 euros la séance non remboursée pas pour moi... Je ne sais pas s'il consulte à Saint-Anne mais ce serait très bien pour moi car cela me forcerait à retourner dans un endroit que je déteste profondément mais avec une autre vision de la vie et en allant voir un psychiatre qui à priori devrait mieux me convenir que tous ceux que j'ai pu voir là-bas. Mais dire que ce sera facile, non.. Mais c'est une expérience intéressante à tenter si Christophe André consulte là-bas ce que j'ignore... 

Agnès Figueras-Lenattier

mercredi, 15 décembre 2021

Acharnement

Aujourd’hui, je voulais dire que je suis la proie de plagiats de tous les côtés et que plus ça va, plus la presse s’acharne sur moi. Mais de toute façon on ne me démontera pas et comme disait Camus «  On me combat donc je suis ». Même si c’est dur à vivre, en fait c’est très flatteur et si les journalistes n’ont pas mieux à faire que de copier, qu’ils continuent. Je m’en fous…

Je voudrais aussi savoir ce que devient la joueuse de tennis Martine Bureau qui voulait être réalisatrice et je ne comprends pas pourquoi elle ne sort pas son film et ne remporte pas «  La palme d’or »… Et je vais ajouter qu'elle n'a pas intérêt à me plagier sinon ce sera un procès qu'elle remportera bien évidemment puisqu'elle a la presse pour elle. Facile comme attitude. On pique les idées et on se sert de la presse. Je lui souhaite beaucoup de succès car elle a du talent mais en aucun cas avec ces moyens là. J'en ressortirais perdante mais avec un bel amour-propre qui m'a toujours caractérisée et avec une parfaite équité...

En tout cas, j'espère qu'on n'en arrivera pas là. Même si nous ne sommes plus amis, ce serait vraiment ridicule d'en arriver à de la haine. D'autant plus que je ne suis pas du tout procédurière et que ce genre de choses me mine. Voilà c'est dit, et inhala.

J'ai dit que j'espérais ne pas avoir de problèmes avec cette ancienne amie mais ce n'est pas pour autant que je souhaite redevenir amie avec elle. Si un jour je la croise on verra, ok je lui adresserai peut-être la parole mais c'est tout. Nous n'avons pas la même conception de l'amitié et c'est une personne trop dure pour moi. Elle le sait d'ailleurs, c'est souvent ce qu'on lui reproche... Ce qu'elle m'a fait, je n'aurais jamais pu le faire, ce qui prouve que nous ne pouvons plus être amies. Mais ce n'est pas grave, j'ai une autre vie maintenant avec mes amis et tout ça c'est loin maintenant. Je voudrais qu'on me foute la paix avec tout ça. Et qu'on arrête de me foutre la pression à longueur de temps. Je voudrais pouvoir vivre tranquille...

Le plagiat à mon égard continue avec ce matin vendredi 17 décembre un enregistrement du docteur Tal Shaller totalement inspiré de mon expérience. Pour l'instant, je ne suis pas du tout prête à en parler. Je signale aussi que j'ai écrit un essai et qu'il a été totalement plagié aussi. Notamment sur les techniques que l'on pourrait employer en hôpital psychiatrique pour diminuer les médicaments et ne pas faire des patients des véritables zombies. La plupart de mes idées sont novatrices et j'aimerais bien être reconnue en tant que tel et pouvoir m'exprimer dans les journaux. mais pour l'instant tout m'est refusé. Je ne sais pas combien de temps ça va durer. 
Je voulais aussi ajouter que j'avais l'intention pour essayer de comprendre quelque chose au COVID d'interviewer le docteur Raoult. Il a refusé. Ensuite, je me suis adressée à Alexandra Cause Henrion qui également refusé. Et je pense que ça va être la même chose avec le docteur Willem. Apparemment, je fais peur comme mon père à qui on proposait souvent des duels sur la 5 mais personne n'osait l'affronter.  Quoi qu'il en soit, la vérité sera difficile à obtenir. Mais je vais en parler à mon généraliste le docteur R'BIBO et voir s'il accepte de répondre à mes questions. 

Agnès Figueras-Lenattier

vendredi, 10 décembre 2021

Arnaud Clément

A l’heure où se sont déroulé de grands changements au sein de la fédération de tennis, voici une interview d’Arnaud Clément le candidat le plus probable à la tête du tournoi de Bercy.

 

Quand on examine votre carrière on voit que vous avez fait beaucoup de matches marathon. A quoi est-ce du selon vous ?

C’est un petit peu mon système de jeu. A l’époque, j’avais un physique, une endurance qui faisait partie de mes armes et j’essayais d’emmener mes adversaires dans mon système de jeu le plus longtemps possible pour les fatiguer. C’est sans doute la raison. Cela dit, j’en ai sûrement perdu plus que je n’en ai gagné.

 

Justement, vous dites que vous en avez sans doute perdu plus que gagné?

Quelle était pour vous la défaite la plus dure ?  Ce genre de matches ou le fait de mal jouer ?

Les défaites apres des matches très longs, très accrochés, en passant tout près de la victoire c’est en général plus dur à encaisser. Surtout lors de matches importants. Mais on joue toutes les semaines avec de belles victoires, des défaites qui font un peu mal et une remise en question permanente. On ne s’arrête pas sur un match et lorsqu’on prend du recul et que l’on fait le bilan, il existe des matches éprouvants moralement et au contraire des victoires qui ont apporté une grande joie.

 

D’après ce que l’on peut lire dans la presse, il semblerait que vous étiez assez désagréable avec les ramasseurs de balles !

Non. Je n’étais pas très démonstratif et j’étais assez dur avec l’entourage par moment sur le bord du terrain. Car j’étais très exigent avec moi-même que ce soit à l’entraînement ou en match. Mais pas au point d’être odieux quand même.

 

 

Comment  se traduisait comment cette exigence ?

Un excès d’agressivité contre moi et avec les autres. Avec le recul j’en suis parfaitement conscient. Il  m’arrivait de faire preuve de certains excès avec mon entraîneur, et avec mon entourage très proche. Mais je ne pense pas qu’ils m’en veuillent, car nous sommes toujours très liés.

 

Et Nolween en a-t-elle subi les conséquences ?

Je ne crois pas mais on ne parle pas trop de notre couple…

 

 

Le coup qui vous satisfaisait le plus quand vous le réussissiez ?

J’aime bien mon revers le long de la ligne. Après c’est un sport d’adaptation tactique donc les coups que l’on aime réussir, ce qui fait le plus plaisir c’est le coup qu’il fallait réussir à ce moment là. Le coup juste qui peut changer   même si on a tous des coups que l’on préfère à d’autres.

 

Vous ne preniez pas beaucoup de risques je crois !

Effectivement ce n’était pas ma caractéristique principale même si on essaye d’avoir un maximum de régularité. Mais parfois il faut savoir prendre une certaine dose de risques et je pense que j’étais capable de le faire. Mais je n’étais pas un attaquant à tout va et j’étais quand même dans un système de jeu basé sur la régularité.

 

Vous avez joué en double aussi !

Oui et j’y ai pris beaucoup de plaisir. Comme c’est un sport individuel par excellence cela représentait un moment de partage. J’avais un lien avec mes partenaires, minimum bons copains, vois vraiment proches. Nous passions de bons moments ensemble, et c’était réellement un grand plaisir de gagner des matches, des titres. J’ai eu la chance de le faire avec pas mal de joueurs français, et ce sont de très bons souvenirs. Lors de l’ancien format de Coupe Davis, j’ai beaucoup joué en double en défendant les couleurs de l’équipe de France. Mon classement en simple avait un peu baissé, et j’étais moins performant. Et grâce au double, j’ai pu conserver ma place en équipe de France. C’était génial…

 

Les fautes d’arbitrage c’était pour vous plutôt stimulant ou perturbant !

Je ne pense pas être sorti complètement d’un match à cause d’une erreur d’arbitrage mais cela peut arriver chez certains joueurs.  C’est vrai que parfois il peut y avoir ce sentiment d’injustice qu’il faut digérer très rapidement mais aujourd’hui il y a l’arbitrage électronique qui ne  laisse pas place aux discussions. Je trouve d’ailleurs que c’est un peu trop développé aujourd’hui..

 

Vous pensez que le tennis est assez révélateur du caractère !

Je pense qu’il y a quand même un côté assez révélateur. Mais on peut voir des gens qui sont très calmes, très doux, en dehors du terrain et qui se transforment lors d’un match.. On a l’impression qu’ils deviennent quelqu’un d’autre. Il y a un petit peu de tout. C’est difficile de porter un jugement là-dessus. On se dit il est sur le court exactement comme il est dans la vie. Mais je pense que quand on est très calme et qu’on a un petit peu ce côté folie sur le terrain c’est que quelque part même dans la vie de tous les jours même si ce n’est pas très net, on a je pense forcément une petite folie  en soi aussi.

 

Quel est votre avis sur l’attitude des joueurs ? Que les joueurs se comportent plutôt comme Mac Enroe ou plutôt de manière calme comme Nadal

Nadal reste quand même très démonstratif mais c’est vrai qu’il n’a pas du tout ce côté provocateur comme Mac Enroe pouvait avoir. Pour que ce soit sympa, je pense qu’il faut un peu de tout. C’est bien  justement d’avoir des oppositions. Autant des oppositions de style de jeu qu’au niveau des caractères.  Comme la rivalité entre Mac Enroe et Borg. Mac Enroe qui parlait, remuait un peu dans tous les sens et un Borg qui ne disait pas un mot.

Plutôt que deux joueurs qui ne disent rien ou deux joueurs qui vont dans tous les sens c’est sympa d’avoir cette variété de caractère quand les joueurs s’affrontent…

 

Vous jouiez mieux quand vous meniez ou quand vous étiez mené ?
Il réfléchit. Cela dépendait. C’est vrai qu’il y a des joueurs qui jouent mieux quand ils sont derrière au score, je pense que pour moi c’était assez équilibré. Même si j’avais tendance à mieux jouer quand je menais.

 

Dans la vie c’est pareil, vous aimiez avoir le contrôle des événements !

Forcément comme je pense la majorité des gens. Maîtriser les choses, anticiper, être assez prévoyant. J’aime un peu moins être surpris…

 

Vous êtes très ami avec Sébastien Grosjean. Quels souvenirs gardez vous de vos confrontations car c’est un peu particulier de jouer un ami !

Je n’ai aucun bon souvenir et pourtant on s’est joué de nombreuses fois. Une fois c’était lui, une fois c’était moi. Nos matches étaient rarement bon. En plus, quand on s’entraîne tout le temps ensemble c’est toujours un peu délicat de jouer son meilleur tennis que ce soit de son côté ou du mien.  On sait toujours un peu à l’avance ce que l’autre va faire, ce qui crée une espèce de neutralisation. J’essayais en tout cas de faire quand même abstraction de l’adversaire mais c’était difficile par moment d’oublier que c’était un pote de l’autre côté du filet.

 

Vous avez été finaliste de l’Open d’Australie et lors de cette finale vous avez pensé à ce que vous alliez dire une fois le match fini et ça vous a un peu stressé !

A l’époque et je ne peux pas dire que ça a beaucoup changé mais c’était encore plus vrai autrefois, je parlais sacrément mal anglais et faire un discours devant tant de spectateurs m’avait beaucoup stressé. J’avais préparé un discours la veille, que j’avais mis sur papier et j’avais sorti les deux feuilles A4 au milieu du central. A ma demande, c’est un journaliste de « l’Equipe » qui le matin même de la finale m’avait fait la traduction français anglais. Mais au final tout s’est plutôt bien passé, et ça avait surtout amusé les gens.

 

Stressé mais pas au point de vous gêner dans le déroulement du match ?

Non j’avais déjà à cette époque là un peu d’expérience et suffisamment de contrôle pour ne pas que ça me prenne trop d’énergie.

 

 

Comment s’est passée cette finale ?
Assez rapidement pour mon adversaire André Agassi qui m’avait vraiment surclassé. Il était beaucoup plus fort que moi ce jour là et aucun moment je n’ai eu le sentiment que j’avais les armes pour le battre. Je ne peux pas dire non plus que je suis passé à côté du match. Il m’a dominé dans mon système de jeu du fond du court, c’était trop rapide, trop précis. On aurait dit un rouleau compresseur sur le terrain et il fallait sans doute avoir des armes un peu différentes pour le battre.  Je n’en avais pas ce jour là, je manquais un peu de puissance sûrement et d’un grand coup. Et Agassi jouant à son meilleur niveau, c’était simplement trop fort pour moi. Mais cette quinzaine est sans doute un des plus beaux souvenirs de ma carrière.

 

Vous avez un revers à deux mains. Le revers à une main semble revenir un peu sur le circuit. Est-ce une bonne chose selon vous ?

Il y a quelques revers à une main de très grande qualité et c’est vrai que ceux qui en possèdent un, il est en général assez exceptionnel. Peut-on faire plus de choses ? Disons des choses qui ne se ressemblent.  On peut avoir différents gabarits, différents styles de jeu, différentes techniques et jouer au plus haut niveau.

 

A l’heure actuelle jouez-vous toujours beaucoup ?

Je joue régulièrement avec des copains et je fais par exemple les matches par équipe avec mon club. J’aime bien jouer toujours. C’est vrai qu’il y a des joueurs lorsqu’ils arrêtent leur carrière qui mettent la raquette définitivement dans le placard.

 

Vous faites du sport tous les jours ?
Régulièrement ; mon corps me le demande. Je suis sûrement un peu drogué au sport et je me sens bien quand je fais du sport car j’ai la chance de ne pas avoir trop de bobos. C’est une pratique un peu moins intensive, un peu moins violente avec notamment beaucoup de vélo et des efforts plus doux…

 

Le fait d’en faire moins ne se répercute pas sur votre poids !

Je fais attention de toute manière et en faisant régulièrement du sport, on peut faire un peu plus d’excès. Mais ça va de ce côté-là, je ne m’en sors pas trop mal…

 

En tant que spectateur qu’appréciez-vous dans ce sport ?

Je regarde le tennis depuis que je suis professionnel. Avant quand j’étais jeune, je regardais assez peu donc je ne peux pas porter de jugement par rapport à cette période là. Aujourd’hui on aime bien les joueurs qui s’expriment peut-être un petit peu plus et qui montrent un peu plus de choses. Il y en a sans doute moins qu’à une certaine époque.

 

Y a-t-il un coup que vous aimez voir  plus particulièrement ?

Rien de spécial. Non ce sont des moments de matche clé  de tension qui retiennent davantage notre attention.  On va avoir la curiosité de se demander ce que le joueur va tenter à ce moment là.

 

Il y a sûrement beaucoup de matches que vous auriez imaginé tourner autrement

Oui autant pour les autres que pour moi pendant ma carrière. Heureusement ça va dans les deux sens même si quand on joue un match on est très concentré. Dans l’immédiat il y a des moments où ça tourne mal et des moments où ça tourne bien. Avec des renversements de situations qui peuvent être très rapides. Ce qui est passionnant dans notre sport, c’est que l’on ne sait pas combien de temps va durer un match. Et c’est bien de le regarder jusqu’au bout car il peut toujours y avoir quelque chose qui se passe côté mental, côté gestion du stress. Même pour les meilleurs finir une partie c’est toujours un moment dans un match. C’est un sport très riche et la situation  peut tourner en permanence dans tous les sens même au moment où on s’y attend le moins.

 

Gilles Simon s’est rebellé contre le fait que les arbitres n’avaient plus grand-chose à faire !

Oui et je pense que ce sont les conséquences du COVID. A été développé un arbitrage complètement électronique avec l’absence totale de juges de ligne et des annonces faites par des machines. Je n’aime pas du tout non plus. Je trouve que ça enlève le côté un peu humain à un match de tennis. Cela fait aussi partie du bagage du joueur professionnel de savoir gérer ces moments là quand il pense que s’est produite une injustice ou que l’adversaire a eu de la chance.

 

John Mac Enroe a déclaré que ce serait bien d’enlever l’échauffement et de passer directement au match. Quel est votre avis ?
Ca a été fait assez récemment. De toute manière, quand les joueurs arrivent sur le terrain, ils sont déjà échauffés, et ont déjà chaud. On essaye de gagner un petit peu de temps entre les points pour qu’il y ait un peu moins de temps mort. Pourquoi pas ? Mais de toute façon ça ne changera pas grand-chose.

 

Et le coaching pendant les matches ?

Il y a toujours des conseils qui sont normalement interdits avec des avertissements. Je suis pour que ce système actuel de sanctions reste en place. Il existe un peu les deux courants mais pour moi le tennis est un sport d’adaptation et c’est la qualité du joueur de savoir s’adapter à une tactique, à une position de jeu sans aide extérieure. Cela fait partie des forces d’un joueur de tennis.

 

Regardez-vous le tennis féminin ?

Ca dépend des matches, des périodes. Ces temps derniers le tennis masculin avait pris le dessus avec les confrontations entre Djokovic, Nadal et Federer. A une époque le tennis féminin dominait. Peut-être que l’on y reviendra, que ce sera un peu plus équilibré. Il y a deux ans, j’avais pris beaucoup de plaisir avec la victoire de Swiatek à Roland Garros. Les deux derniers US Open étaient vraiment très intéressants avec deux nouvelles venues en finale.  Il y a beaucoup de très bons matches mais c’est vrai qu’en ce moment il manque un peu ce côté rivalité avec à chaque fois des finales différentes.  Les gros rendez-vous avec les quarts et les demi ont tenu leurs promesses chez les garçons et pas chez les filles.

 

Votre joueuse préférée ?
J’ai une grande admiration et un respect énorme pour Séréna Wiliiams qui est pour moi la plus grande joueuse de l’histoire du tennis féminin. J’ai aussi aimé la période Amélie Mauresmo. Je ne dis pas cela parce que c’est notre championne française mais la variété de son jeu, ses revers coupés, ses montées au filet me donnaient beaucoup de satisfaction.

 

Il ne faut pas oublier Bartoli et Pierce !

Amélie Mauresmo a été n°1 mondiale et c’est notre championne française. Mais c’est vrai que Pierce avec deux grands chlems et Bartoli avec une finale en Grand Chlem et une victoire ont eu des carrières assez fantastiques. J’ai un grand respect pour elles. On dit que depuis quelques années le tennis français ne se porte pas très bien, que l’on n’a pas gagné de grands Chlems depuisNoah. A chaque fois, je fais partie des joueurs qui disent à ceux qui ne parlent que du tennis masculin que l’on a trois grandes championnes et qu’il ne faut pas les oublier. Ce qui est le cas un peu trop souvent.

 

Quelle est votre réaction lorsque je vous parle de ce qu’a dit Pat Cash à propos du tennis féminin : « Le tennis féminin c’est deux sets pourris qui durent une demi-heure » ?

Faut voir le contexte, la période même si ce genre de propos n’est pas acceptable. Je suis d’ailleurs surpris qu’il ait pu tenir de tels propos… Certains jours, il peut arriver que l’on tienne des propos un peu dégradants sur le tennis féminin. Ce n’est pas forcément mon cas même si à certains moments le tennis féminin m’intéresse un peu moins.… Mais j’ai beaucoup de respect pour toutes les athlètes féminines, je parle du tennis mais également dans les autres sports. Il ne faut pas s’arrêter à la simple comparaison physique car sur ce plan là ,les femmes ne pourront jamais rivaliser avec les hommes. Faut simplement regarder avec un œil différent et voir ce qui est beau, et ce qu’il y a d’intéressant dans le jeu des femmes

 

Qu’est-ce que vous pensez du cas Djokovic et de son refus du vaccin ?

Faut voir. Je ne suis pas persuadé qu’il n’ira pas à l’Open d’Australie. Ce serait surprenant.  Après, certains ont des convictions très fortes sur des sujets précis. Ils ne sont pas majoritaires mais sont convaincus qu’ils ont raison.  Si c’est le choix de Djojkovic en tout cas il sera allé jusqu’au bout de sa logique. Mais comme la plupart des gens, je ne partage pas son avis sur le sujet. C’est ainsi et on va bien voir ce qu’il va décider  de faire..

 

Et L’affaire Peng Shuai ?
J’aimerais que l’ATP s’aligne sur la décision de la WTA par solidarité envers cette joueuse. Faut toujours être prudent, car on n’a pas forcément assez de détails mais je fais partie de ceux qui ont relayé sur les réseaux sociaux ce soutien à cette joueuse qui semble en tout cas ne pas pouvoir s’exprimer librement.

 

Qu’est-ce qui s’est passé lorsque Gilles Moretton a été élu et que vous avez  du démissionner de vos fonctions à la fédération ?

Depuis 5 ans maintenant, le Ministère des Sports a demandé aux fédérations de se doter d’un comité d’éthique indépendant. Et quand Gilles Moretton a été élu, j’étais avec lui sur la campagne et je faisais partie de l’équipe. Mes activités professionnelles se passent dans le milieu du tennis et j’ai demandé à ce comité si mes mandats à la fédération étaient compatibles avec mes activités professionnelles. Il a été jugé que ce n’étais pas tout à fait le cas, donc j’ai pris la décision de démissionner mais de garder quand même une activité professionnelle à la fédération. J’aurais aimé prolonger au côté de Gilles mais ça n’a pas été possible. Je continue à exercer ce bénévolat comme vice-président de la ligue provençale Côte d’Azur… Et j’aimerais quand j’aurai un peu plus de temps m’engager davantage.

 

 

Avez-vous déjà coaché un joueur ?

Je n’ai pas beaucoup d’expérience dans le domaine.  Ca m’a toujours attiré mais la vie d’un coach est un peu celle d’un joueur de tennis. Un rythme qui ne fait plus partie de mes priorités.

 

 

 

Vous vous occupez aussi de deux tournois, un tournoi challenger à Aix en Provence et plus récemment à Brest. Quelles sont vos souhaits pour ces deux tournois ?

Ce sont deux tournois qui tournent déjà très bien. Même si nous ne sommes pas sur la création de tournois, le but d’un directeur de tournoi c’est justement d’observer les choses que l’on peut améliorer en permanence pour le public, les joueurs, les partenaires… Qu’est-ce que l’on peut faire de mieux l’année suivante…

Agnès Figueras-Lenattier

22:39 Publié dans Interviews | Lien permanent | Commentaires (0)

dimanche, 05 décembre 2021

rendez-vous théâtre avec l'oeil avisé d'Agnès Figueras-Lenattier

Ce soir, je ne vais pas critiquer la pièce "lettres à Anne"qui parle de la correspondance entre Anne Pingeot et François Mitterand mais ma révolte est ce soir à son apogée. En effet, au Théâtre du Rond Point, à l'entrée on demande bien soigneusement le Pass et l'on nous recommande de ne surtout pas quitter le masque. Or en plein milieu du spectacle, l'acteur sans masque se balade dans les rangs et postillone à n'en plus finir. J'ai d'ailleurs reçu ses postillons et  me suis protégée du mieux que j'ai pu. J'ai failli lui dire d'arrêter mais je n'ai pas osé n'aimant pas les scandales. Mais ce n'est pas l'envie qui me manquait... Quoi qu'il en soit c'est du grand n'importe quoi et géré de manière totalement illogique. Pourquoi par exemple doit-on avoir un pass sanitaire pour le TGV et pas pour le TER. Quelle est la différence à l'intérieur de ces deux trains? Y en a t-il un où l'air est contaminé et pas l'autre? Bizarre tout ça... Et il y a bien d'autres incohérences de ce style...En plus d'après ce que l'on montre à la télé Monsieur Macron et ses collègues politiques ne se gênent pas pour ne pas porter le masque. Et je suis offusquée par la manière dont les journalistes sont complaisants...

Je ne vais pas me faire que des amis dans la presse mais de toute façon elle ne m'a jamais aimée. Donc au point où j'en suis, je n'ai rien à perdre...

Agnès Figueras-Lenattier

mardi, 16 novembre 2021

Isabelle Demongeot

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Isabelle Demongeot est une ancienne joueuse de tennis professionnelle. Elle a été n°1 française mais a subi un véritable traumatisme puisqu’elle a été violée pendant plusieurs années par son entraîneur Régis de Camaret. Lundi 22 novembre va être diffusée sur TF1 une fiction tirée de son histoire et de son livre « service volé «  écrit il y a déjà plusieurs années… C’est l’occasion de s’entretenir avec elle.

Mais avant écoutons Patrice Hagelauer ancien coach de Noah lors de sa victoire à Roland Garros parler d'elle :

" J'ai admiré la joueuse et à aucun moment sur le circuit on la sentait dans une situation aussi dramatique que celle qu'elle a pu vivre. Elle formait une petite équipe à l'époque un peu à part avec Nathalie Tauziat et leur entraîneur Régis de Camaret. Ce dernier essayait de mettre des barrières avec la fédération prétextant que personne ne savait enseigner correctement. C'était probablement une manière pour lui de rester à l'écart sans que personne ne vienne voir un peu ce qui se tramait. On allait les voir de temps en temps car les résultats étaient excellents mais les contacts étaient assez distants. On n'a jamais pu vraiment percer ce qui se passait derrière et lorsqu'on a appris la vérité on était tous effondrés. 

Le jeu d'Isabelle était pur, très complet; elle savait tout faire. C'était à la fois élégant et efficace, avec un sacré tempérament. Quand on la voyait jouer, on se disait " Le tennis c'est facile". 

C'est une personne rare et riche , très intelligente qui a envie et besoin d'enseigner et de transmettre ses connaissances et son expérience. Discuter avec elle a quelque chose d'exceptionnel car elle ne parle pas souvent ni de ce qui lui est arrivée ni de ce qu'elle voudrait ou pourrait faire pour le tennis. La fédération aurait tout intérêt à la prendre en considération.."

Deuxième avis celui de Florence de La Courtie ex n° 1 française et entraîneur reconnu : "C'est un coach extraordinaire. Mes petits fils dès que ça ne va pas vont la voir  alors qu'ils ne jouent pas si mal que ça. L'un est à O et l'autre à 2.6. Ils adorent être entraînés par elle. A chaque fois, elle est très dure sur le terrain mais elle leur donne la pêche  et ils sont vraiment heureux de travailler avec elle. Et tous les entraineurs n'ont pas ces qualités là!...

J'espère que ça va aller pour elle car c'est une fille qui a énormément de qualités et qui a beaucoup souffert. C'est vraiment regrettable qu'à l'époque la Fédération n'ait pas trouvé une solution avant que les problèmes n'éclatent. Car il y a quand même eu 20 filles qui ont témoigné contre Régis de Camaret.  Ce qui est dommage c'est qu' Isabelle soit  davantage connue pour ce qu'elle a vécu que pour son palmarès tennistique..."

 

                                                  Interview

Un film sur le drame que tu as vécu va être diffusé sur TF1 lundi 22 novembre. Que ressens-tu ?

Tout s’est un peu précipité et le film est sorti un peu plus tôt que prévu. Mais je m’y suis préparée et c’est la fin d’un processus après l’écriture de mon livre. J’ai trouvé que c’était intéressant de prendre un petit peu de recul par rapport à toute cette histoire en déléguant à une actrice Julie de Bona qui joue merveilleusement ce rôle. Et j’ai envie de dire que c’est quelque chose qui ne m’appartient plus.

 

Concernant le déroulement du film, as-tu laissé complètement libre cours à l’équipe ou es-tu intervenue quelque peu ?

Cela fait 3 ans que l’on est sur le projet et c’est Jérôme Foulon le producteur qui est venu à moi et qui m’a dit qu’il avait envie de tourner quelque chose. Et je dois dire que l’on a fait un bon travail ensemble. Il a écouté, fait quelques interviews de différentes personnes, est retourné sur les lieux. Pour moi, forcément c’est une forme de reconnaissance avec une chaîne de télé qui propose de montrer ce qui m’est malheureusement arrivée. C’est un projet dans lequel je me suis beaucoup investie. Cela se passe dans mon village, la partie que j’adore qui est le côté de La Ponche avec de très belles images du côté sauvage. On a tourné évidemment quelques scènes dans mon petit club et je précise que c’est une fiction adaptée de mon livre intitulé «  Service volé ».   Je ne suis pas allée tous les jours sur le tournage et n’ai pas assisté à toutes les prises de vue car l’actrice redoutait de devoir affronter mon regard quand elle jouait les scènes. Ce n’était pas simple pour elle. J’ai respecté totalement sa demande mais je ne pouvais pas tenir et il fallait que  je rencontre les acteurs et actrices , tout ce petit monde qui a d’ailleurs été extraordinaire  avec moi. Cela m’a permis de vivre des choses inconnues jusqu’alors et qui font du bien comme mon père qui prend la parole , qui dit être fière de moi à la fois comme une femme qui porte un message et qui dénonce des agissements et également comme joueuse de tennis.  J’ai ressenti de belles émotions et je me dis que c’est arrivé au bon moment et que c’était chouette.

 

Et maintenant que deviens-tu ?

Ma passion pour le tennis m’accompagne toujours. J’ai envie d’exprimer beaucoup de choses sur l’enseignement puisque cela fait des années que je suis dedans. Après mon expérience au centre d’entraînement avec Amélie Mauresmo et plusieurs autres joueurs et la création de mon association «  Tennis en liberté » dans les quartiers sensibles, j’ai souhaité toucher à l’aspect loisir et j’avoue que je m’y adonne  régulièrement à Ramatuelle un très bel endroit. J’ai beaucoup réfléchi à cet aspect d’accueillir un joueur de tennis qui a envie, peu importe son niveau, de ressentir des choses, d’évoluer, d’apprendre. C’est primordial qu’on le respecte de A à Z. Et qu’il puisse repartir avec quelques notions supplémentaires. J’y ai mis toute mon énergie comme si c’était une Amélie Mauresmo ou un joueur ayant envie de devenir pro.  Ayant exercé au sein d’un centre d’entraînement aves des joueurs et joueuses de haut niveau et d’un autre côté ayant goûté au tennis loisir, j’avoue mieux m’y retrouver dans le tennis loisir….

 

Pourquoi ?

Car une forme de reconnaissance s’installe. Déjà il règne beaucoup moins de pression, et il existe un véritable échange. A l’époque des joueurs n’ayant pas les moyens de payer me demandaient de leur faire des prix… C'était très peu financé, or l’entrainement se déroulait jour et nuit. C’est un encadrement total et qui est parfois épuisant. Sans compter que du jour au lendemain le joueur ou la joueuse est capable de nous quitter en deux minutes ayant envie de changer d’encadrement et d’entraîneur. A l’époque, lorsque j’ai monté mon centre d’entraînement, j’avais dans l’idée de faire en sorte que les enseignements soient sur une forme de turn over et que ce ne soit pas toujours le même entraîneur qui entraîne la même joueuse ou le même joueur. Que l’on puisse arriver à échanger ensemble et que chacun apporte sa petite pierre à l’édifice, afin que le joueur se développe totalement. Mon combat est là aussi. Il ne se borne pas à parler uniquement des femmes victimes et isolées. L’entraîneur, l’enseignant doit essayer d’adopter un comportement plus juste et ne pas aller à l’encontre de ce que l’élève souhaite aussi. C’est un vrai échange, partenariat et aujourd’hui c’est essentiel dans l’apprentissage. C’est à plusieurs que l’on pourrait former de nouveaux champions et championnes. Je ne crois plus à l’isolement d’un enseignant ou d’un prof qui pense qu’il a la science infuse et qu’il va réussir..

J’avais un peu d’avance dans les années 99-2000 puisque c’est là qu’Amélie Mauresmo a éclaté au plus haut niveau mondial. Mais les enseignants ou les coaches de ma structure n’ont pas réussi à échanger et à le mettre en pratique. Ainsi un Christophe Fournerie qui était détaché pour s’occuper d’Amélie Mauresmo pendant quelques mois, lorsque je lui ai demandé de s’occuper de joueurs et joueuses de la structure, et que je lui ai annoncé que ce serait Sophie Collardey qui reprendrait, il n’a pas supporté. A présent, l’enseignant ne doit absolument pas devenir indispensable à son joueur à tel point que celui-ci soit totalement emprisonné et sous la coupe de cet entraîneur. Plein d’autres personnes pourraient lui donner de bons conseils.

 

C’est un vrai travail d’équipe que tu proposes ?

Oui, j’y crois vraiment et l’on peut d’ailleurs s’en rendre compte  lorsque l’on observe les joueurs et joueuses de haut niveau. Il existe toute une équipe autour. Nadal, Federer se sont entourés d’anciens joueurs expérimentés et dotés d’une certaine approche. Une victime isolée, c’est très mauvais, un entraineur isolé aussi.  Et c’est là où je trouve que notre fédération a le plus gros travail à effectuer. Il faut arrêter de mettre les clubs ou les coaches en concurrence et qu’un joueur de Saint-tropez puisse aussi aller s’entraîner dans d’autres clubs aux alentours. Et pourquoi pas bénéficier de coaches travaillant sur place. C’est dommage d’avoir un joueur tous les jours en face de soi et de ne pas ouvrir le discours vers d’autres enseignants. Ce n’est pas du tout dans l’air du temps, et il faut changer les mentalités.  Je pousse vraiment dans ce sens là en essayant de créer une dynamique entre clubs, et que l’on soit capable de vivre différentes expériences..

 

 

Tu as eu l’occasion de travailler avec Mauresmo lorsqu’elle était junior. Que penses-tu lui avoir apporté et qu’avez-vous travaillé ensemble ?

Je dirigeais la structure et ne voulais pas partir sur les tournois. J’avoue qu’à cette époque là je n’avais totalement repris la confiance en moi que j’ai acquise à l’heure actuelle pour peut-être la mener au plus haut niveau. En tout cas, j’avais peur d’y aller et j’avais envie d’une pause voyage et de ne plus préparer mon sac. En revanche, j’ai essayé de faire en sorte de lui procurer des entraîneurs disponibles et motivés pour ce challenge. Quand on l’a récupérée, elle était championne du monde juniors et en quelque temps elle s’est retrouvée en finale de l’Open d’Australie. Elle savait que j’étais présente, j’encadrais, je surveillais et j’avais un œil sur l’entraîneur qui s’occupait d’elle. J’étais un peu comme une médiatrice par moment, et elle savait que si ça n’allait pas, elle pouvait me parler. Mais c'était compliqué car on avait une joueuse très talentueuse, qui en même temps était en train de vivre une vie amoureuse avec une de mes meilleures amies.  J’aurais aimé comme elle a su le faire après la guider vers plus de travail et d’assiduité à l’entraînement. Mais finalement c’est peut-être en Australie qu’elle a joué son meilleur tennis car elle était libérée psychologiquement. Effectivement, elle avait déclaré son homosexualité et je crois que ce fut un moment très fort aussi. 

C’’est un fait que j’ai joué surtout la carte avec Amélie de savoir comment elle allait pourvoir vivre avec cette particularité. Et ce n’était pas simple. On a d’ailleurs pu voir tout ce qui s’est passé en Australie. Elle avait un revers fantastique qui tuait littéralement ses adversaires sur place mais c’était dur de la motiver côté travail. On était encore sur son talent, ses acquis et le travail dépendait de sa bonne volonté. Je me suis battue un peu avec cette situation en lui disant que pour atteindre la plus haute marche, il s’agissait de s’investir davantage. Finalement, elle a décidé de quitter la structure et c’est ce qu’elle a fait après avec ses divers coaches. Que ce soit Alexia Dechaume ou Loïc Courteau. Ce fut une belle expérience, je ne regrette pas du tout mais il y avait de gros enjeux difficiles à gérer. C’ était une Amélie Mauresmo encore jeune et presque ado…

 

As-tu des idées vu le drame que tu as subi pour qu’il y ait moins d’agressions sexuelles ?

Mon idée repose surtout sur tout ce qui se rapporte à l’enseignement. Il faut que l’on arrive à faire pratiquer du beau tennis, de beaux gestes. Et l’on doit mettre les bouchées doubles lorsque l’on a affaire à de petites jeunes filles au sein de l’école de tennis et au mini-tennis. Pour moi c’est de là que ça part, c’est le starter. Nos meilleurs coaches doivent être dans cette palette là pour apporter le plus d’éléments possibles . Je dois dire que je me suis un peu embêtée par moment dans le tennis féminin avec un jeu trop stéréotypé et j’avoue être un peu nostalgique. Est-ce la faute des enseignants, des coaches, des joueuses ? On ne sait plus trop aujourd’hui qui est la meilleure au monde, ça change tout le temps et on n’a plus vraiment de repères.  Mon idée c’est de délivrer un peu de fun et de plaisir sur un court et je ne suis pas sûre que toutes ces joueuses soient dans cette dynamique là et ça me dérange. Il me semble que l’on a un gros travail à réaliser à ce niveau là. Au départ, le joueur doit effectuer un certain travail, c’est une évidence. Il doit être un peu besogneux pour acquérir toute une gamme de coups. Ce qui m’a fait plaisir en tout cas c’est qu’on vu revenir des coups comme le shop et l’amortie. Puis on a vu se développer davantage de joueurs dotés d’un revers à une main. On avait entendu à un moment donné certains joueurs qui disaient » Le revers à une main c’est fini, ce n’est plus à la mode, ça ne sert plus à rien, il ne faut plus enseigner que le revers à deux mains." Mais pour moi, le revers à une main reste le coup le plus magique et le plus beau du monde car il se joue totalement relâché. Et permet un jeu vers l’avant, vers la volée, vers le développement d’un jeu plus fin.

J’ai l’impression que tous ceux qui ont appris un jeu besogneux de fond de court, à faire des ronds, des lifts à outrance, aujourd’hui ont un peu décroché. Ils gagnaient peut-être quand ils étaient jeunes, mais plus après.  C’est un peu ce que j’ai subi avec ce monstre d’entraîneur. Il m’a empêchée de développer un tennis vers l’avant, or j’étais faite pour ça. Pour aller à la volée, pour avoir un chop de revers et pas un tennis de contre et de renvoi. Et c’est très important d’arriver à amener le joueur dans des zones où il se sent bien.


Que penses-tu des joueuses françaises d’aujourd’hui ?

C’est un peu compliqué en ce moment. Le Covid a aussi beaucoup terni le circuit. Des filles comme Mladenovic, Garcia sont en train de décliner un petit peu mais la concurrence est rude. Ont-elles fait les bons choix à un moment donné concernant leur entourage ? Caroline aurait pu ne pas avoir toujours comme accompagnateur son père et peut-être s’octroyer des coaches un peu plus renommés. Ou tenter une expérience avec des étrangers. Il n’existe pas que la technique française, il est bien d’aller piocher ailleurs. Actuellement, j’ai un jeune qui joue très bien, j’ai envie de lui dire » Va faire ton expérience en Espagne, va découvrir un peu tous les secteurs de jeux avec des terrains différents."  C’est cela qu’il faut absolument apporter. Nos jeunes joueuses comme Burel et autres sont intéressantes mais elles n’arrivent pas encore véritablement à percer. Pourquoi ? Je ne suis pas assez le tennis pour pouvoir véritablement répondre à cela, mais les derniers résultats de la Coupe Billie Jean King sont assez décevants. Il y a encore du boulot, un travail mental est nécessaire c’est une évidence. On n’a peut-être pas non plus assez la niaque qui consiste à passer des heures à peaufiner où à construire de nouveaux gestes. On n’est pas prêt à cela.

 

As-tu un rôle au sein de la fédération ?

Au nom de l’affaire Sarah Abitbol qui m’avait beaucoup touchée en 2020, j’avais fait un article dans l’Equipe où je disais espérer qu’un jour on tendrait la main à toutes ces victimes. Fin 2020, la fédération est enfin venue vers moi. Je suis prestataire de service et je réfléchis sur la thématique de la protection des mineurs mais pas uniquement. J’avais besoin aussi que l’on me respecte, que l’on me reconnaisse dans mes qualités d’enseignante. Et d’ancienne joueuse évidemment. Je joue encore aujourd’hui, je donne des leçons sur le terrain, frappe la balle et on m’a demandé comment relancer le tennis loisir. J’ai fait toute une étude là-dessus. Ainsi que sur le mur que j’ai demandé à remettre absolument au cœur de nos pratiques. A l’âge de 6,7,8,9 ans un enfant qui joue contre un autre enfant qui ne renvoie pas la balle est habité par une certaine frustration. Or s’il tape contre un mur, la balle revient toujours. J’ai développé toute une réflexion à ce sujet sur les sens et l’ouïe, le son de la balle et sa trajectoire contre un mur. Ce travail parle énormément aux enfants et les résultats sont concluants. La fédération a tout ceci en main aujourd’hui et j’espère que l’on va pouvoir développer  ensemble mes suggestions dans les prochains mois avec la nouvelle direction qui a envie d’évoluer. J’espère pouvoir continuer à leur côté pour faire en sorte d’approfondir et ça me plaît. J’aurais pu à l’époque en 90, arrêter ma carrière tennis et dire «  Il faut que je sorte de tout ça, que j’oublie toute cette période et couper avec le tennis. Et bien non. J’ai fait le choix de toujours y rester et je prends énormément de plaisir. C’est incroyable combien ce tennis m’anime encore en tout cas dans ma tête. C’est une remise en question comme quand j’étais joueuse. Je suis capable chaque soir de faire un bilan des joueurs que j’ai pu avoir en loisir et de me dire comment puis-je faire pour que ce soit encore mieux et faire passer des étapes à mes élèves.

 

C’est beau cette passion du tennis ! Tu joues encore pour toi-même ?

Je n’avais plus envie de faire de compétition, je ne voulais plus être restreinte à mettre la balle dans le cours, plus envie de compter les points. C’est quelque chose qui me permet de me défouler. J’ai pu faire une compétition pour les plus de 40 ans et suis partie en nouvelle Zélande où malheureusement on a subi un tremblement de terre. Mais la compétition pour moi ce n’est plus d’actualité. Récemment j’ai fait de la compétition dans une toute autre activité qui s’appelle le pickabull qui fait fureur aux Etats-Unis avec une balle en plastique. Une activité qui demande beaucoup moins financièrement en tout cas pour les clubs comparé à la mise en place d’un paddle . C’est une activité qui m’a beaucoup plu. J’ai fait les championnats de France et j’ai perdu en finale du double mixte. C’était très chouette et très convivial. Je joue encore très bien et par moment je me challenge.

Je vais raconter une petite expérience que j’ai vécue il n’y a pas longtemps avec un client. C’est un joueur américain en vacances à Saint Tropez qui m’a demandé de taper la balle. Il était dans le challenge, et avait envie de se préparer en vue d’un événement de double. Il m’a proposé de faire un match où il avait les couloirs de double et pas moi. Je ne sais pas si tu imagines mon cerveau qui pendant 40 ans n’allait pas chercher les balles dans le couloir et qui du jour au lendemain devait changer son fusil d’épaule. Il m’a fallu quelques jours pour que je conditionne et c’était un nouveau challenge. Côté enseignement, j’arrive toujours à me projeter sur un challenge personnel et c’était une belle expérience. On a bien rigolé ensemble après et je lui ai que ce qu’il me demandait m’avait obligé à retourner mon cerveau…

 

 

C’est une constante adaptation !

Oui c’est ça. J’ai envie de former des enseignants et leur dire « regardez », « écouter », « véhiculez une image positive. Il faut penser à l’énergie que l’on va déployer lorsque l’on donne un cours, sa voix et l’attention que l’on porte à l’élève. Je trouve qu’avec les enfants, trop d’enseignants s’en foutent. C’est dommage mais je ne veux pas parler de cette réalité. Je souhaite que l’on retourne dans les clubs à la base et il faut que l’on revalorise les coaches et qu’on leur redonne envie d’avoir envie.

 

 

Justement quels sont les erreurs que tu as pu constater chez les enseignants ?
Trop souvent c’est de la garderie avec trop d’enfants sur un court ; ce n’est pas possible. Il y a aussi trop de demandes des parents qui ne comprennent pas pourquoi leur enfant ne joue pas mieux. Il ne joue qu’une fois par semaine, donc… Nous lorsque nous étions enfants quand on jouait une première fois ,on rejouait à côté avec les copains ou contre un mur. Si l’enfant n’est pas demandé par l’enseignant à venir pour un cours, il ne revient pas de lui-même. Il y a toute une éducation à fournir avec un mode de vie qui a changé.  Je vois trop souvent les enseignants sur les portables, peu motivés pour faire progresser  l’enfant quelque soit son niveau. Il y a des enfants talentueux d’autres beaucoup moins ; il y en a qui sont en grande difficulté et ceux là il faut quand même s’en occuper. Donc l’enseignant qui est apathique  et qui ne bouge plus sur un court de tennis, pour moi c’est très néfaste pour notre sport.

 

Et la relation avec les parents. Comment un enseignant doit-il se comporter avec les parents ?

C’est un vaste sujet. Certains enseignants de clubs passent aussi beaucoup de temps à discuter avec les parents en dehors du court. C’est épuisant par moment et on nous demande aussi des résultats très rapides sans vraiment fournir des efforts à côté. J’ai enseigné il y a quelques années au Racing Club Lagardère et je dirigeais l’école de compétition. On demande beaucoup d’efforts aux coaches et je trouve que les générations d’aujourd’hui  ne sont pas prêtes à véritablement s’impliquer davantage. Je dirais que la séance service que j’ai demandée à beaucoup de  jeunes consistant à retravailler tout seul ce coup dans leur club, je  l’ai rarement vue reproduite. On ne peut pas faire de miracle. L’enseignement pour moi c’est de taper un maximum de balles pendant 1 heure. C’est notre objectif. L’objectif de l’école suédoise c’est je crois de taper au moins 200 balles dans l’heure, on en est loin en France. Rien qu’en regardant les sceaux de balles des enseignants où il y a à peine 20 balles dedans c’est significatif. Je ne voiis pas comment on peut s’en sortir pour obtenir plus de résultat. Même si on ne peut pas faire que des champions, si on renforce un peu notre base avec un certain nombre de joueurs qui jouent bien au tennis, qui ont une belle technique, c’est déjà satisfaisant . Un enseignant doit pouvoir amener son joueur au moins en seconde série. Avoir mis le cota d’un enseignant à 15/2 me paraît peu judicieux. Je n’ai rien contre ce niveau là mais je pense que quand on est enseignant, une bonne qualité de balle est nécessaire. Sinon, il ne peut pas donner du plaisir ni en prendre et inciter son joueur à en redemander.

On aurait d’ailleurs bien besoin de femmes et de mixité dans les clubs. Pour moi, une femme à 3/6 a toutes les possibilités de répondre à tous les niveaux de clientèle à entraîner.  Je suis passée comme directrice de l’école de tennis de Villiers Le Bel, à l’époque une activité très prisée, où je n’étais pas salariée à l’année. J’étais en libéral et si le joueur ne revient pas le lendemain, tu ne manges pas.. C’est aussi simple que ça. Les cours que tu donnes, les joueurs que tu approches, il faut leur donner envie de revenir.

 

On voit l’expérience de la sportive de haut niveau qui a travaillé dur !

Voilà oui, et je suis obligée de continuer à travailler dur. Mais mon corps fatigue, et je dois dire qu’à certains moments, je suis contente de pouvoir faire évoluer mon sport par le biais demes réflexions. Avec un peu moins de terrain quand même car parfois je fatigue. On vieillit ! 55 ans. Mais je prends un sacré plaisir à taper dans la balle et par moment c’est un pur bonheur.

 

Tu as une fille ?

Oui, ma petite Cloé sans H. Elle a 7 ans, est mignonne comme tout et c’est le centre de ma vie aujourd’hui. Je suis malheureusement séparée de ma femme et je m’adapte ; elle aussi. Ma fille est en train de me découvrir et ça fait du bien. Par rapport à tout ce que j’ai pu traverser c’est le bonheur de ma vie et quand je suis avec elle, je suis avec elle.

 

Elle joue au tennis ?

Oui mais rarement sur un court car j’ai eu un gros problème de santé à l’oreille, et je n’ai pas pu taper dans une balle pendant deux ans.  Je l’ai fait jouer dans l’appartement, sur une pelouse. Je mettais les filets un peu n’importe où et avec lors du confinement je suis partie à Porquerolles avec elle. Et on a fait des trucs incroyables. Elle a tapé contre un mur à genoux, avec les deux mains, avec raquette à gauche, à droite, avec plusieurs balles, en jonglant, en sautant, en employant des jeux d’adresse. L’enseignement des petits était sans doute le secteur que je n’avais pas abordé, elle m’a poussée à y réfléchir.  Les enfants ont changé, ils ne veulent plus être compétiteurs à tout prix, ils veulent jouer. Elle voulait me montrer comment il fallait jouer et je l’ai laissée faire. Il faut que l’on change notre approche sur cette nouvelle génération qui fait tout plus que tout, qui ne souhaite pas de challenge de compétiteur one to one mais qui veut jouer en équipe. A nous sans doute de redonner sa place au jeu de double, à retrouver le plaisir de jouer en famille, de partager des choses à plusieurs. Il m’arrive de faire des confrontations où ils sont 4 contre 4 . Parfois aussi je me dis "Pourquoi ne fait-on pas que des lobs? Pourquoi n’apprend t-on pas le lob à 6,7 ans. J’ai déjà joué sur deux terrains côte à côte avec un filet plus haut sur l'un des deux pour travailler le lob au-dessus du grillage. J’ai remis le lance-balles au goût du jour qui amène de la gaité. Ce n’est pas le coach, ce n’est pas un lancer ; c’est une improvisation d’un lancer et c’est rigolo.

Pour en revenir à ma fllle, elle  a peut-être envie de devenir prof. Sa maman a un magasin de crocodiles et de chemises lacoste, elle veut aussi tenir ce magasin. On verra bien plus tard. C’est une sportive, elle est sagittaire. Elle a plein d’idées ; elle est merveilleuse….

Agnès Figueras-Lenattier

dimanche, 07 novembre 2021

Docteur Virot

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Psychiatre, le docteur Virot a tout de suite  débuté en pratiquant l’hypnose. . « Lors de mes études, expliqiue t-il, on me proposait en gros deux voies thérapeutiques : soit je devenais marchand de médicaments, soit je faisais de la psychanalyse. Ces deux voies ne me plaisaient guère, et ce n’est pas ainsi que je concevais mon métier. Concernant les médicaments, je pensais que les gens avaient d’autres ressources. Quant à la psychanalyse, cette discipline ne m’intéressait pas tellement car elle me semblait trop lente, trop floue.   Je voulais trouver quelque chose de pragmatique, d’efficace et c’est à ce moment là qu’est apparue la première formation d’ypnose ericksonienne en France à laquelle j’ai participé.   Lorsque l’on commence comme médecin, on a le droit car c’est très réglementé d’aller donner sa carte de visite à des confrères. Et sur ma carte j’ai mis Hypnose éricksonnienne ».  Ce qui a beaucoup inquiété mes professeurs qui m’ont dit « Il ne faut pas le dire, ni annoncer des choses comme ça, tu vas avoir des soucis ». En 1988, personne ne faisait de l’hypnose.  Mais je pense que cette initiative a fait partie de mes bonnes idées. Egalement de faire ma thèse sur l’hypnose car j’étais reconnu par la faculté. Dans un livre didactique et très complet intitulé « Hypnose, et auto-hypnose «  aux éditions Robert Laffont, il explique les diverses particularités de l’hypnose ainsi que son histoire.

 

 

Vous pratiquez l’hypnose ericksonnienne. Y en t-il d’autres ?

Pas vraiment si ce n’est l’hypnose classique, celle de Charcot. On l’enseigne toujours à l’Institut français d’hypnose. Mais quand est arrivée l’hypnose ericksonienne , c’est comme si on avait lancé des graines sur tout le pays de la France et elle s’est étendue partout. De même dans d’autres pays. Quant à l’hypnose classique, quelques personnes la pratiquent encore mais très peu. Englobant des suggestions plus directes, plus autoritaires, elle  peut être intéressante sur certaines personnes mais c’est très marginal.

 

Dans votre livre vous dites que l’hypnose à orientation médicale et thérapeutique est née à l’époque de la révolution française. Pourriez-vous préciser dans quelles circonstances ?

Alors que beaucoup de gens étaient à l’époque un peu occultistes, Mesmer médecin autrichien prétendait pouvoir soigner des gens à distance sans contact direct. Mais c’était en totale opposition avec toutes les logiques matérialistes. Il fallait soit toucher les gens, soit donner des médicaments, des aliments, ou faire des saignées ou des purges. Il a présenté sa méthode au sein des sociétés viennoises médicales mais il s’est fait traiter de tous les noms On a dit que ça n’avait pas de sens, que c’était impossible. Mesmer en réaction a commencé alors à prétendre qu’il existait quand même un support matériel : un fluide animal dans l’éther avec des espèces de petites particules qui se transmettent qu’il était capable de capter. C’était assez sulfureux et il s’est fait virer de Vienne. A ce moment là, il régnait une atmosphère frémissante à Paris et il existait des ferments importants sur le plan social, politique, religieux, philosophique. La tendance notamment chez les philosophes des lumières était une ouverture aux idées et aux expériences nouvelles dont le fait de transmettre le savoir et de le partager. Or à l’époque celui-ci était destiné aux riches. Toute une dynamique interne à la France qui permettait de proposer quelque chose de nouveau aussi dans la médecine.

 

Mesmer à Paris

 

Mesmer est donc venu à Paris avec ses pensées et ses hypothèses et il a été bien accueilli. Il a obtenu un large succès avec les malades et a donc retenu l’attention autour de lui. Deux enquêtes ont été réalisées diligentées par ce qu’on appellerait aujourd’hui le Ministère de la Santé sous l’autorité du roi. Ils ont cherché ce fameux fluide mais n’ont rien trouvé. Là encore on a parlé de foutaise, de charlatanisme. Il a été dénigré une fois de plus. Mais les scientifiques ont pu vérifier que beaucoup de gens étaient guéris et ont émis dans leur rapport officiel d’ailleurs consultable la théorie de l’imagination. Une porte ouverte sur un nouveau monde puisque jusqu’à présent l’imagination et les corollaires comme l’impalpable, le magique, le mystique se situaient dans le monde de la religion, de la croyance. Or tout d’un coup il pénètre dans le monde médical ce qui n’était pas prévu. Ce principe a été repris, développé et l’on a fini par penser que l’imagination constituait une dimension naturelle de tout être humain et qu’en l’activant, on pouvait aller mieux et même guérir.

 

Comment le concept de l’imagination a-t-il évolué ?

Ll’imagination va petit à petit devenir l’inconscient et de nombreuses théories sur l’inconscient vont être élaborées tout au long du XIXè siècle. Pour finir dans les mains de Freud avec sa théorisation un peu complexe. On a l’habitude de dire que l’hypnose naît en France à peu près en 1900. Un premier congrès mondial d’hypnose se déroule à Paris en 1889, un deuxième aussi en 1900. Dans toutes les écoles du monde ; on apprend que la France est le berceau de ce domaine. Puis à partir de 1900,  plus rien. On affirme qu’avoir recours à cette méthode n’est pas sérieux, pas nécessaire, pas prouvé. Et on en revient aux modèles purement matérialistes de la médecine. Le modèle neurologique, l’infectiologie reprennent le dessus, Pasteur passant par là. Entre temps Charcot a perdu la partie. Il s’est intéressésé à l’hypnose pendant une vingtaine d’années ce qui a donné de l’essor à cette branche. Il a voulu trouver une théorie neurologique de l’hypnose, trouver un support matériel mais en vain. Puis cette hypnose qui avait carrément disparu en Europe s’est un peu installé aux Etats-Unis notamment par le biais d’un médecin Clark Hull dont Erickson était l’élève. Aujourd’hui, on dit que l’hypnose est très créative, imaginative, personnalisée mais à l’époque elle était très standardisée et tout le monde était soigné de la même manière.

 

Erickson s'oppose à Clark Hull

 

C’était ainsi que travaillait Hull qui se basait sur les premiers enregistrements en train de se mettre en place et qui pensait que cela suffisait pour permettre aux patients d’aller bien.  C’est ce qu’on appelait l’hypnose directive, aujourd’hui appelée hypnose classique qui comprenait beaucoup de déchets et finalement ne convenait pas à grand monde.  Elle ne prenait pas en compte l’histoire de chaque personne, son histoire, ses valeurs, ses émotions, sa constitution interne. Cela n’a pas du tout plu à Erickson qui pensait au contraire que les ressources hypnotiques, l’imagination étant très personnelles, il fallait s’adapter à chacun. C’est de cette manière qu’il a emprunté un chemin original et très controversé mais il a fini en pleine gloire.

 

 

Vous disiez que lors de la première consultation, il ne faut pas faire d’hypnose !

Je compare toujours l’hypnose à de la chirurgie. J’ai failli être chirurgien, c’est peut-être la raison… Ainsi, avant de faire un acte majeur de soin, on fait d’abord une évaluation, une espèce de check up pour mieux connaître le patient, la raison de sa venue, qui il est. Vous imaginez aller à une consultation chez le chirurgien qui dès la première visite vous opère sur le coin de la table. Pas sûr que cela vous plairait. Pour l’hypnose, je pense que c’est le même principe.  Il y a aussi une autre dimension qui consiste à penser qu’il est intéressant  d’en faire mais  intéressant aussi de ne pas en faire.


Justement comment décidez-vous d’y avoir recours ou pas ?

En voyant les gens. J’ai vu un monsieur qui a une pathologie un peu spéclale,  la maladie des jambes sans repos. Quand il veut se reposer et particulièrement quand il veut dormir, son corps s’agite et en particulier ses jambes. Elles bougent tout le temps. Il a ce symptôme là depuis très longtemps. Quand il est venu, il m’a demandé de le revoir au bout de 15 jours et m’a demandé si l’on ferait de l’hypnose. « Je ne sais pas" lui ais-je répondu ce qui l’a surpris. « Si vous allez bien dans 15 jours ais-je ajouté, je ne vais pas en faire avec vous, donc je ne sais pas »… Une première rencontre comme j’ai fait avec cet homme, c’est très thérapeutique et des changements peuvent se produire car il a pris la décision de venir. Très régulièrement,  je vois lors d’une première séance, des patients souffrant de douleurs éparses, de troubles du sommeil, d’anxiété et qui reviennent en me disant «  C’est bizarre, ça va mieux ». Je leur explique alors que ce n’est pas la peine d’avoir recours à l’hypnose. S’ils continuent à aller suffisamment bien et que ça évolue favorablement, je ne les vois plus.

 

Vous êtes doué alors !

Non, ce n’est pas la question. Il existe beaucoup de techniques lors d’une première rencontre, et un grand travail à élaborer. C’est une séance très complexe, la plus complexe de toutes. Certaines personnes qui décident de prendre rendez-vous avec un médecin vont déjà mieux avant même de l’avoir vu. C’est placebo d’une part, et c’est aussi parce qu’ils se sont mis en route vers un processus évolutif. Mais parfois c’est vain et il y a quand même beaucoup de gens avec qui je fais de l’hypnose.

 

Uniquement de l’hypnose ou aussi de la psychothérapie ?
Oui j’en fais, bien sûr. D’ailleurs, certains patients quand ils viennent ne savent pas de quoi ils ont besoin. C’est toujours le thérapeute qui sait.  Souvent,  ce qui leur fait du bien c’est de parler avec quelqu’un, donc des séances de psychothérapie. Je peux faire des thérapies de groupe, des thérapies familiales et aussi des thérapies brèves.

 

Vous insistez beaucoup sur la respiration !

C’est un processus corporel très important. Il existe de nombreuses personnes à qui il suffit d’apprendre à respirer pour qu’ils aillent bien. C’est d’ailleurs étonnant comme il faut peu de choses parfois pour soulager. Je vais vous raconter une histoire récente. Une dame vient me voir qui a des douleurs dans le mollet, au- dessus de la jambe droite. J’ai utilisé la technique de thérapie brève en lui demandant de faire des choses un peu bizarres. Je lui ai suggéré de trouver chez elle une grande chaussette qu’elle mettrait tous les soirs sur sa jambe gauche, et tous les soirs de placer deux pièces de monnaie sous la chaussette à chaque fois à des endroits différents. Elle l’a fait pendant 15 jours . «Au début m’a-t-elle expliqué ça m’embêtait , mais n’empêche que depuis 10 jours, je ne souffre plus ». Je lui ai dit « Vous allez bien rentrez chez vous »

 

Vous faites très attention aux mots et aux émotions du patient !

Oui, les mots sont très importants, c’est tout le cœur d’une première rencontre. C’est aussi le cœur de toutes les formations, apprendre à communiquer. On a deux dimensions de l’inconscient qui n’ont pas le même langage. Celle que l’on utilise avec une connotation  un peu négative. Des mots comme douleur, peur, tristesse qui fabriquent de la tristesse, de la peur ou de la douleur. Effectivement, plus vous parlez de douleur, plus vous avez mal.  Que fait-on dans les hôpitaux ? On ne parle que de douleur tout le temps, on l’évalue à longueur de journée. . On a une deuxième dimension de l’inconscient qui s’appelle la conscience virtuelle et qui prend tous les mots de manière littérale. Si elle entend le mot colère, douleur, elle fabrique tout ça. Quelle est celle qui prend le dessus sur l’autre ? Cela dépend de l’état émotionnel dans lequel on est. Si on va bien ça va mais quand on va voir un soignant c’est parce que l’on ne va pas bien, donc on se retrouve très vite dans une transe d’alerte, une transe négative. Et dans une transe, c’est la conscience virtuelle qui prend le dessus. L’on est alors beaucoup plus sensible à tous les mots que l’on utilise. Chaque mot, chaque geste va avoir une importance. Je fais très attention à mon langage, cela s’appelle la communication thérapeutique. Il faut apprendre à maîtriser le langage, et dans mon institut d’enseignement on y a beaucoup recours.  D’ailleurs, les gens s’y intéressent de plus en plus. En médecine on n’apprend pas à utiliser le langage verbal, l’intensité de sa voix, son rythme, ses gestes.

 

A-t-on observé le cerveau avant et après une séance ?

On l’a observé avant et pendant une séance. Beaucoup d’études sur le sujet extrêmement importantes ont été réalisées entre 1997 et 2000. Elles ont montré que le cerveau ne fonctionne pas pareillement lors d’une séance ou dans un état de conscience ordinaire. Les images montrent des zones du cerveau plus actives et d’autres moins actives. Cela a permis de valider le fait que l’hypnose a un impact mais les connaissances sur la conscience sont très parcellaires aujourd’hui.


Pourriez-vous décrire une séance ?

Beaucoup de gens pensent que toutes les séances se ressemblent mais il existe plein de formes d’hypnose différentes.  Quand je reçois un patient, j’ai un catalogue de 20 ou 25 techniques.  Mais voici la classique, celle que l’on enseigne : Je demande au patient d’imaginer mentalement un endroit où il se sent bien, comme par exemple être au bord de la plage. Je vais employer cette technique avec un patient qui m’affirme ne pas être bien, qui est anxieux, tendu, enfermé dans ce malaise. Il peut aussi me dire quelque chose qu’il aime faire, du vélo, du ski, de la cuisine. Il va aussi me décrire la météo, les gens avec qui il aimerait être. Je vais recueillir ses propos, on appelle cela recueillir un thème. Je vais l’aider à se dépasser mentalement, à emporter sa conscience ailleurs. Quand on arrive à imaginer suffisamment fort et pendant un certain temps, un effet régulateur se fait sentir sur tout le monde intérieur du patient.

 

Parfois vous employez des techniques mixtes. A la fois médicaments et hypnose ?

J’ai fait cela quand je me suis installé en 88. Je prescrivais des médicaments. Soit je ne faisais que cela, soit je ne prescrivais rien avec de la psychothérapie.. Il m’arrivait d’avoir des médicaments dans une main, et d’avoir recours à l’hypnose dans l’autre. Cela ne marchait pas terrible, donc j’ai arrêté les médicaments au bout de 10 ans. Par rapport aux dépressions, je considère qu’il y en a 90% qui s’améliorent pas rapport à un diagnostic précis.  Et dans ces 90% assez rapidement il n’y a plus plus besoin ni de psychiatres, ni de médicaments. Des échecs complets, je dirais 10%.

 

Et avec les patients qui prennent des médicaments notamment des neuroleptiques peut-on agir efficacement ?
On peut très bien travailler avec des patients psychotiques. Ca va les aider mais il faut être un expert de la psychose, au moins psychologue ou psychiatre . C’est un trouble de la conscience extrêmement complexe donc il faut avoir l’habitude de s’y investir.  Les neuroleptiques  sont faits pour figer la conscience alors que l’hypnose est faite pour faire bouger la conscience.  Ce sont des faits qui se contredisent . Comme les neuroleptiques vont bloquer essentiellement la conscience virtuelle, cela provoque un certain apaisement.. La conscience ne part pas dans tous les sens. Donc l’hypnose et ces médicaments là,, ne sont pas très amis… Maintenant, je vois des jeunes qui ont des troubles psychologiques récents. Avec eux, on va pouvoir éviter des aggravations de psychose. Avec aussi des psychiatres et des institutions qui veillent sur eux et qui contrôlent un peu leur état.  Mais il y a des psychoses multiples de niveau, 1,2, 7,8…On peut aider à peu près tout type de patient car il a en lui des capacités pour améliorer sa conscience, à trouver des solutions. A changer sa manière de voir la vie, de modifier ses sensations corporelles, ses émotions.  On peut faire beaucoup de choses avec beaucoup de gens.

 

 

Peut-on expliquer d’où proviennent ces échecs ?

La plupart viennent de l’incapacité du thérapeute, de ses limites à comprendre, à aider et à s’intégrer dans le schéma mental du patient. Cela demande beaucoup de souplesse, d’attention, d’expérience.  Pour les dépressions par exemple, il existe pratiquement autant de dépressions que de patients. Il y a les légères et les récentes et d’autres extrêmement violentes, anciennes et modérées, ou anciennes et très complexes. Des contextes de vie un peu tordus dans tous les sens, des expériences traumatiques, de décès, de violence. C’est mon parcours et il est corroboré par mes collèges. Au début quand on fait des soins on arrive à soigner des dépressions relatives et légères mais c’est plus compliqué pour les pathologies complexes. L’expérience est nécessaire pour s’intégrer, pour entrer en résonance et  synchronisation avec le patient. Il faut arriver soi-même à se modifier intérieurement avec chaque patient. C’est pour cette raison que la première rencontre est primordiale.  A l’époque, je faisais deux, trois séances avec les patients avant histoire d’être suffisamment accordé avec eux.

 

L’âge rentre t-il en ligne de  compte ?
Ce n’est pas tellement une question d’âge même si cela a quand même une importance.. Il va intervenir dans la capacité ou non d’établir une relation durable avec un interlocuteur. Quelqu’un de très âgé qui a des troubles de type alzheimer possède une  conscience  très fluctuante, fragmentaire, floue. Cela  peut devenir compliqué avec des troubles  de l’attention, de la mémoire. Je peux par exemple m’occuper de dépressions extrêmes mais pas de patients de type Alzheimer. Je n’ai pas cette expérience là.  Avec les enfants dont la conscience fonctionne différemment, il faut là aussi des capacités d’adaptation. Il faut apprendre encore et encore. Pour le nombre et l’espace entre les séances, pas de règles vraiment de règles. Là  aussi c’est adapté à chaque personne. Cela dit,. si je vois une personne une première fois, la fois d’après ne dépassera pas un mois car l’effet peut disparaître. .  Il faut savoir que des personnes aux cas très compliqués peuvent évoluer très vite alors qu’au contraire des patients aux troubles moins compliqués vont curieusement demander plus de travail.  Chacun d’entre nous à un moment donné dispose de ressources , de capacités qui peuvent se mettre en route. Même face à des troubles assez importants…  Les médecins classiques n’aiment pas du tout ce genre de discours, mais pourtant c’est ma vérité quotidienne depuis 30 ans.

 

Et l’’hypnose lors d’opérations ?

Quand j’ai découvert cette possibilité, cela m’a fasciné et ça me fascine encore. J’ai le souvenir de la première fois où je suis allé dans un bloc opératoire et qu’une patiente était opérée non anesthésiée de manière habituelle.  Cela  m’a impressionné et démontre qu’il existe de sacrées compétences dans la nature humaine pour faire face à des situations complexes. Mais ces compétences là ce n’est pas toujours facile de les utiliser seul, il faut être aidé.  C’est pour cela que les anesthésistes et le personnel se forment. Toute une technique relationnelle va être utilisée. Même l' hypnose n'est pas utilisée durant l’opération, une séance faite juste avant va permettre aux gens de s’endormir, et de rentrer en anesthésie générale de manière plus paisible, plus tranquille. Avec un réveil plus serein et plus confortable…

 

La profession n’est pas réglementée !

`C’est effectivement un gros souci car n’importe qui peut se proclamer hypnothérapeute. On a fait une étude qui a révélé que 90% des gens ne savent pas faire la différence entre un professionnel de santé et quelqu’un qui n’a pas de compétence autre que d’avoir fait une formation en hypnose. Les gens ont parfois des troubles simples, mais parfois cela  peut être beaucoup plus grave et si on n’a pas un volume de compétences suffisant, on n’a aucune chance. Soit les symptômes vont s’aggraver, soit les soins vont être retardés, soit ils vont conclure que l’hypnose n’est pas efficace.  Aujourd’hui c’est à tour de bras que les gens s’installent pour gagner leur vie avec l’hypnose.  La reconnaissance par l’OMS a été arrêtée à cause du Covid mais des processus sont en cours. On a mis en place un annuaire spécifique des professionnels de santé « L’hypnose santé « pour orienter les gens vers des professionnels qui ont des bagages vraiment solides…

Agnès Figueras-Lenattier

 

 

 

 

 

samedi, 06 novembre 2021

Chick Corea par Ludovic Florin

Chic-Corea.jpgEditions du Layeur

 

Un livre magnifique (le premier en langue française sur ce pianiste), tant sur le plan références que sur le plan artistique. Englobant l’intégralité des enregistrements de Chick Coréa,  il est joliment illustré de l’ensemble des pochettes des albums auxquels cet artiste a participés. L’auteur Ludovic Morin musicologue nous invite à découvrir des facettes ignorées de Chick Coréa pianiste, claviériste, percussioniste, leader et compositeur étatsunien, et nous donne des informations nous permettant de mieux connaître ses particularités, ce qui fait son talent et les gens avec il a travaillé. Notamment avec Miles Davis et la création de «  Return For Ever ». En 1968, après la haute réussite de « Now he sings », il intègre le groupe de cette légende du jazz… « Jamais auparavant, une formation n’avait fait entendre ce genre de musique : agrégation de funs et de free, d’explorations electroniques et de groove.  Une maîtrise et un lâcher prise absolus « assure Ludovic Florin. Pour ses participations aux albums en leader de Wayne Shortel, il se présente en tant que batteur et percussionniste. Ce grand musicien a travaillé avec Keith Jarrett, Bela Fleck, Herbie Hancock, Joe Farell , Joe Henderson., Roy Haynes, Miroslav Vitous. Son duo avec Gary Burton est un des,  si ce n’est le plus long pour un tel format de l’histoire du jaz

Mort le 10 février 2021 des suites d’un cancer foudroyant, la flûte occupe une place singulière dans son expression musicale.  En 1965, il travaille avec Herbie Mann, un flûtiste renommé. Il sera aussi employé comme trompettiste par Blue Mitchell. S’étant d’abord préoccupé de musiques latines et de jazz issus du bop, il effectue un virage en 1971 avec un retour au mélodisme et au tempo complet. Ses lectures de L.Ron Hubbard et son engagement sociologique l’aident  de trouver un sens dans son rapport à la musique.

Entre 71 et 76 , il crée plusieurs courtes pièces «  Children’s Songs » basées sur les qualités enfantines qu’il apprécie. Il se rapproche alors de nombreux compositeurs classiques.

Un exercice qu’il aime tout particulièrement : les portraits musicaux. « On place un siège à côté du piano et plusieurs volontaires se succèdent sur scène, ne sachant pas exactement ce qui va arriver. Je regarde la manière avec laquelle ils marchent, comment ils sont habillés. Je leur demande leur prénom et ensuite, j’essaie de dresser leur portrait en improvisant. « 

L’auteur qui donne des précisions sur ses projets musicaux, explique que sa qualité jubilatoire porté à  un niveau de contrôle supérieur incarne sa particularité. Et que sa philosophie de vie est fondée sur la joie et la communication.

Chick Coréa qui a découvert Mozart  à 42 ans, n’a cessé de développer les échanges à deux pianos. Il a toujours eu un faible pour les cuivres et les cordes.

A partir  de 1967, il s'évertuera à accentuer sa touche espagnole au point d’en faire un signe distinctif. « Un récent voyage en Europe a réactivé mon intérêt pour la musique de flamenco et m’a conduit vers une complète nouvelle prise de conscience de mon amour pour cette musique à parité avec les musiques d’Amérique Latine et d’Afrique. »

Une phrase de sa part me donne envie de terminer là-dessus : «   Nous les musiciens et les artistes sommes l’antidote aux maux du monde. Nous sommes les seuls capables de mettre fin à la guerre et à la cruauté parce que nous faisons chanter et danser les gens » En effet, quoi de plus apaisant pour les sens que de les régaler avec une musique que l’on aime et qui vous fait du bien à l’âme…

Agnès Figueras-Lenattier

 

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