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lundi, 03 septembre 2018

Rendez-vous théâtre avec l'oeil éclairé d'Agnès notre critique du XIVè

Intramuros

 Alexis Michalik, comédien pour le théâtre, le cinéma, la télévision, metteur en scène, auteur de pièces de théâtre dont " Edmond" qui a remporté 5 oscars en 2017, a écrit cette histoire suite à une conversation ayant trait à l'art avec des prisonniers.

Cela se passe dans une maison centrale pour détenus condamnés à de longues peines ou étant jugés comme ayant peu de chance de se réinsérer socialement. Un professeur de théâtre va tenter l'expérience de donner des cours de théâtre à ces prisonniers. 110 détenus séjournent au sein de cet établissement mais seuls deux d'entre eux , Kevin un jeune de banlieue, et Ange un cinquantenaire peu bavard, vont se présenter. Ce professeur nommé Richard aidé par son ex femme également comédienne et une jeune assistante sociale va malgré tout s'investir.

Au début, c'est un peu difficile pour Richard et ses acolytes, qui ont du mal car les deux protagonistes n'ont pas l'air de vouloir jouer le jeu, surtout Ange récalcitrant aux exercices proposés. Puis petit à petit, d'autres formes d'apprentissages plus adaptées vont finalement motiver Kevin et Ange qui vont alors se prêter au jeu. Le passé des personnages va ressurgir, avec des explications sur les raisons de leur emprisonnement, et une introspection intérieure. Une sorte de mise à nu va s'effectuer aboutissant sur un drame contenant parfois des répliques amusantes et laissant planer de nombreux rebondissements et surprises. C'est un spectacle prenant, et qui montre que le théâtre est destiné à trouver des émotions. Aussi bien, côté comédiens que côté spectateurs. Avec un décor totalement réduit à rien, qui fait doublement apprécier l'interprétation et la mise en scène. Bref, c'est à voir…

Agnès Figueras-Lenattier

 

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Théâtre de la Pépinière 7rue Louis Le Grand

Métro : Opéra, Bus 68,95, 27,21

11:24 Publié dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0)

lundi, 27 août 2018

Rendez-vous théâtre avec l'oeil éclairé d'Agnès notre critique du XIVè

Mademoiselle Molière

 Gérard Savoisien l'auteur de cette pièce nous régale avec sa verve des plus savoureuses. Il évoque la relation sur le déclin entre Molière et sa femme la grande comédienne Madeleine Béjart. Ce couple a partagé vingt ans de vie commune, et Madeleine s'est toujours donné à fond pour cet illustre homme de théâtre. Or voilà qu'il est en train de tomber amoureux d'Armande la fille de Madeleine. Un amour qui le fera d'ailleurs souffrir au plus haut point.

Tout est une petite merveille dans ce spectacle. Non seulement l'écriture brillante et les réparties se voulant cruelles, mais aussi l'interprétation d'Anne Bouvier et de Christophe de Mareuil, et la mise en scène d'Arnaud Denis qui a su diriger les deux comédiens avec brio. On est totalement plongé dans l'univers de ces deux personnalités déchirées par la situation. Leur naturel allié à l'image qu'ils donnent de leur caractère passionné et de leur profonde blessure fait vraiment plaisir à voir. Ils sont vrais, authentiques et lorsque le théâtre est ainsi représenté, on passe vraiment des moments délicieux…

Agnès Figueras-Lenattier

 

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Théâtre du Lucernaire

53 rue Notre-Dame-Des-Champs

Métro : Vavin, Notre-Dame-Des-Champs

jeudi, 09 août 2018

Artistes en Normandie

 

 

Artistes en Normandie

Somogy Editions d'Art

 C'est le paysage normand de 1830 à nos jours qui est ici mis en exergue dans ce livre-catalogue. Il est question de l'exposition temporaire " Artistes en Normandie" (jusqu'au 6 septembre 2018 à Deauville) ) comprenant des oeuvres de peintres tels que Delacroix, Monet, Renoir, Corot, Dufy, Cartier-Bresson etc.. . Celles-ci proviennent de la collection du Musée des Fransiscaines de Deauville qui ouvrira ses portes en 2020 et de la collection " Peindre en Normandie". . Dans cet ouvrage, des personnalités du monde culturel font le tour de l'histoire de l'art du paysage en peinture. Ils racontent comment le paysage considéré au départ comme un genre mineur par l'Académie de peinture a pris une place importante en 1816 avec la création du Grand Prix de Rome du paysage historique. Celui-ci sera décerné tous les 4 ans jusqu'en 1863.

On apprend que c'est en Italie que les artistes ont expérimenté le paysage, puis ensuite en forêt de Fontainebleau et en Normandie. La naissance au milieu du XIX ème siècle du chevalet pliant et la génération des tubes de couleur contribueront à l'expansion de la représentation de la nature. Comment par exemple ne pas être sensible aux ciels d'Eugène Boudin surnommé par Corot " le séraphin des ciels" ou aux séries d'Etretat et de Belle-Île de Monet. Les paysages de la Normandie inspireront de nombreux artistes notamment Delacroix, Courbet, Dufy qui y trouveront bonheur et épanouissement. Delacroix qui a séjourné dans cette région une quinzaine de fois entre 1813 et 1860 déclare : " La mer, je la revois toujours comme une amie, ou plutôt comme une maîtresse. Quand j'y suis, je ne peux men détacher"..

Parmi les œuvres présentes dans ce livre d'art : " La plage de Deauville" de Courbet, "Falaises à Dieppe" d'Eugène Delacroix, " Villerville, les Graves, coup de Soleil" de Charles Daubigny… De la couleur, du tourment, de l'esthétique raffinée se dégagent de toutes ces peintures présentes et ce mélange fait vraiment plaisir aux yeux.. Comme disait Oscar Wilde " la beauté est dans les yeux de celui qui regarde". Et c'est vraiment le cas ici…

Agnès Figueras-Lenattier

dimanche, 22 juillet 2018

Rendez-vous théâtre avec l'oeil éclairé d'Agnès notre critique du XIVè

Comédiens

 C'est d'après l'opéra de Ruggero Leoncavallo Paillasse (1892) qu' a été créée cette pièce . Trois comédiens venus de Province ayant rencontré un gros succès avec un vaudeville intitulé " Au diable Vauvert", sont venus à Paris pour le jouer et espèrent obtenir le même triomphe.

Pierre (Fabien Richard) et Coco (Marion Préité) mariés depuis 12 ans attendent Guy (Cyril Romoli) affublé d'un tic qui a eu juste quatre jours pour apprendre son texte. Arrivé sur place, ce dernier est affolé par la petitesse de la salle. Pierre nerveux comme tout est un metteur en scène qui va devoir faire face à la situation. En plus de son stress du à la préparation de ce vaudeville, il va découvrir qu'il est un mari trompé. C'est alors que sa jalousie explose. Et au cours de cette dernière répétition la tension va augmenter, augmenter…

Finalement, Pierre n'étant pas présent au début de la représentation, Coco et Guy sont contraints d' improviser. Une nouvelle pièce pleine de fantaisie va naître sur scène. Avec un rythme montant en puissance, accompagné d'une excellente interprétation. De plus, les trois personnages ne font pas qu'interpréter. Ils chantent, dansent, et un piano, une guitare complètent le tout.
Bref, même si l'on peut éventuellement reprocher un côté un petit peu loufoque par moment , c'est un spectacle attrayant, dynamique, bien conçu et idéal pour enjoliver des vacances…

Agnès Figueras-Lenattier

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Theâtre de la Huchette 23 rue de la Huchette

Métro : Saint-Michel

 

 

dimanche, 17 juin 2018

L'étonnant pouvoir de la musique

 

Marie-Noël Vidal

Editions du Palio

 Il est évident à la lecture de ce livre divisé en différents chapitres que Marie-Noël Vidal connaît bien son sujet. Elle parle de la musique avec passion et grande précision. Mais parfois de manière si technique que les néophytes peuvent trouver l'ouvrage un peu compliqué. Mais l'ensemble est intéressant, bien écrit, au moyen d'un langage imagé et riche d'enseignement.

De nombreuses citations de personnages illustres, et des références à la mythologie sont nombreuses. L'auteur se pose beaucoup de questions sur la quintessence de la musique, sur ses influences. Ainsi est-elle par exemple intriguée par le fait qu'une même musique puisse bouleverser les uns et laisser les autres de marbre… Elle évoque aussi l'avenir de la musique face à l'industrie, parle des études réalisées en fonction des siècles, des bienfaits de la musique côté médecine. " Pour soigner les pathologies, les prévenir, on échange musicalement avec l'organisme" explique t-elle…

La technique de la musique, la manière de se servir d'un instrument est également analysée : " Suivant la façon que nous avons de pincer, d'effleurer, de gratter une corde de guitare, elle sonne différemment" déclare t-elle.

Une jolie définition de la musique parmi tant d'autres est à citer : " La musique qui coule dans les mots, l'intonation, est un projet magique à double finalité : mouvoir, émouvoir. Ecouter, c'est courir le risque d'être ensorcelé pris au piège du songe et du mensonge."

Des phrases de ce style, on en trouve pléthore, ce qui donne à ce livre plein de charme et montre l'universalité de la musique et son pouvoir dans tous les domaines. . L'on en sort plus érudit, et encore plus convaincu de l'étonnant pouvoir de la musique.

Agnès Figueras-Lenattier

 

 

vendredi, 01 juin 2018

Anna Les lumières de l'asile

Anna petite fille différente des autres, abandonnée là par son père et oubliée pendant des années, essaye de survivre du mieux qu'elle peut. Se voulant tantôt observatrice, tantôt auditrice ou lectrice, elle doit sublimer ce qui l'entoure pour pouvoir supporter son sort et l'accepter...

Pascale Martineau qui a écrit le texte et qui l'interprète également est bouleversante, passant  avec maestria de la tristesse à la gaieté. Elle est si criante de vérité qu'on ne peut s'empêcher de l'admirer. UN spectacle à ne pas manquer... A.F.L

Jusqu'au 30 juin au théâtre le Guichet Montparnasse.

jeudi, 31 mai 2018

Rendez-vous théâtre avec l'oeil éclairé d'Agnès notre critique du XIVè

Légende d'une vie

 Etre le "fils de", tel est le thème de " Légende d'une vie" adapté et traduit par Caroline Rainette. Cette pièce fait partie des 8 pièces de théâtre qu'a écrites Stefan Zweig. Elles sont beaucoup moins connues que ses nouvelles et biographies et c'est un vrai plaisir de découvrir quelque chose de nouveau le concernant. Même si c'est une adaptation, on devine que l'auteur maîtrise aussi très bien ce style d'écriture.

Dans la première partie, Friedrich fils du grand poète Karl Amadeus Franck doit présenter au public sa première œuvre. Mais il n'est pas du tout serein, et se sent " tout petit" comparé à son père adulé de tous et considéré comme irréprochable. En tout cas, la femme de Karl Amadeus Franck et la biographe du poète nommée Clarisse ont tout fait pour que cette réputation d'homme remarquable lui colle à la peau. Au point de mourir effrontément.

Or dans un deuxième temps, tout en discutant avec Clarisse, Friedrich va se rendre compte que son père n'est pas celui que l'on croit. Ce qui va le soulager, et lui permettre de créer sa propre identité.
Comme d'habitude chez Stefan Zweig, l'analyse psychologique des personnages est savamment étudié : profondeur des sentiments et des caractères, description raffinée des forces et faiblesses, paradoxe des comportements. Mais élément rare chez ce romancier, l'histoire ne se termine pas par un échec…

Les deux comédiens ( Caroline Rainette et Lennie Coindeaux) dotés d'une voix agréable, possèdent de la force dans leur interprétation, articulent bien, et cela donne un spectacle de  bonne qualité par lequel on se laisse facilement happer. Stefan Zweig est bien représenté, et c'est un moment savoureux. Les admirateurs de l'écrivain seront particulièrement satisfaits…

Agnès Figueras-Lenattier

Théâtre du Lucernaire 53 rue Notre-Dame-des-Champs

Métro : Notre-Dame-des-Champs, Vavin

18:47 Publié dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : père, fils, découverte

samedi, 12 mai 2018

Rendez-vous théâtre avec l'oeil éclairé d'Agnès notre critique du XIVè

Mon Lou

 Lorsqu'il aperçut Louise de Coligny à Nice, Guillaume Apollinaire fut immédiatement séduit. Mais il commença par subir une rebuffade, et croyant l'affaire compromise, il s'engagea le 6 décembre 1914 dans les troupes françaises à Nîmes. Or Louise de Coligny qu'il surnommait " Lou" le rejoint, et s'amorce alors pendant une semaine une véritable passion amoureuse…

De cette relation sont nés des écrits ( "Lettre à Lou", et " Poèmes à Lou"), et c'est cette correspondance qui est ici mise en scène avec originalité par Christian Pageault. La comédienne Moana Ferre interprète à tour de rôle le poète et Lou. Et c'est poignant dans le paradoxe car l'interprétation dégage à la fois de la pudeur et en même temps une grande sensualité allié à un texte érotique et plein de lyrisme.

Relisant avec empressement les lettres de son amant, Lou semble prendre un plaisir extatique à cette lecture. Le visage comme illuminé, elle nous dévoile quelques-uns des sobriquets dont l'écrivain l'affuble : " Jasmin de grâce", " tubéreuse de Nice". Ensuite, micro en main, puis peignant, elle lui répond avec grâce.

Après une période d'amour fou, d'idéalisation, c'est la description de l'atmosphère des tranchées et l'affadissement des sentiments. Pour accompagner cette baisse, un écran qui relate l'ambiance de la guerre, et accentue le côté plus distant du jeu de l'actrice. La musique de Sati ajoute du charme au spectacle, et Moana Ferre possède un vrai talent de comédienne. " C'était selon ses dires le personnage de Lou qui l'intéressait tout particulièrement, et elle a réussi son pari. En effet, cette femme qui a été infirmière sur le front, qui portait des pantalons et a eu plein d'amants, revit avec brio sur scène. On est happé…

Agnès Figueras-Lenattier

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Théâtre du Lucernaire 53 rue Notre-Dame-des-Champs

Métro : Rue Notre-Dame-des-Champs, Vavin

14:55 Publié dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0)

mardi, 01 mai 2018

Rendez-vous théâtre avec l'oeil éclairé d'Agnès notre critique du XIVè

Leandre clown "Rien à dire"

 Clown catalan, Léandre Ribera, réputé internationalement s'inspire notamment du cinéma muet et du mime. Au cours de son spectacle; on trouve de tout : poésie, humour, burlesque, et un brin de merveilleux et de magie.

Dans un décor constitué d'une porte et de quatre meubles, tout ce qu'il trouve est l'occasion pour lui de donner libre cours à ses fantaisies. Et ce n'est pas l'imagination qui lui manque! Vêtu d'un ample costume couleur claire, et évoluant sur un sol rempli de chaussettes jaunes, il a aussi l'art de faire participer le public et d'installer une belle complicité avec lui. Aussi bien enfants qu'adultes d'ailleurs.

Une musique parfois douce, parfois plus rythmée accompagne ses facéties et les jeux de lumière complètent agréablement ce spectacle gai, amusant et adroitement mis en scène. Bref, petits et grands y trouveront leur compte…

Agnès Figueras-Lenattier

Plus d'infos :

Du 15 au 20 mai

Théâtre du 13ème art Centre commercial Italie

Métro : Place d'Italie

 

10:58 Publié dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0)