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mardi, 10 décembre 2019

L'idiot " DVD

Editions Doriane Films

Adapter au cinéma " L'idiot" de Dostoievski œuvre de 900 pages était un défi de grande ampleur. Georges Lampin d'abord assistant réalisateur puis producteur a osé ce pari. C'était ambitieux, et le résultat s'avère mitigé. D'ailleurs, les critiques de l'époque lui ont reproché et c'est assez vrai de ne pas avoir su ou pu exprimer toute la profondeur du roman. Il a fallu que ce cinéaste coupe, coupe, et pas évident donc de sélectionner les passages à garder et à éliminer…

Ceci dit, les acteurs sont convaincants notamment la belle et élégante Edwige Feuillère et Gérard Philippe qui après ce rôle continuera dans la même direction : tourner dans des films en costume adaptés de chefs-d'œuvre de la littérature romanesque. Il est ici brillant, incarnant un homme plein de naïveté, de douceur, d'aménité et sans grande consistance. La scène où il donne rendez-vous à Aglaé une des filles du général Epantchine est pleine d'esthétisme et de romantisme. Les costumes sont beaux ainsi que les décors qui permettent d'avoir un aperçu de la ville de Saint-Pétersbourg pendant une fête russe.

Un reproche cependant à adresser à Gérard Philippe qui n'est pas encore tout à fait au sommet de son art : une diction pas toujours parfaite, et une voix trop faible à certains moments. C'est d'ailleurs ce que lui a fait remarquer l'ingénieur du son qui lui a demandé lors d'une séquence de parler plus fort. Et Gérard Philippe de lui rétorquer qu'il ne suivrait pas ce conseil pas car c'est ainsi qu'il le sentait... Le lendemain, l'ingénieur du son fera amende honorable reconnaissant que Gérard Philippe avait raison. Or, ce n'est pas si évident. Il aurait sûrement semblé plus judicieux qu'il élève un peu la voix. Cela semble en effet manquer un peu de professionnalisme.. Ce n'est qu'un argument qui peut bien sûr être contredit…

Avec ce DVD est joint un petit carnet très intéressant sur Gérard Philippe, éclairant sur sa personnalité d'après des témoignages de personnes l'ayant côtoyé, sur sa préparation pour le rôle et le contexte de l'époque…  L'ensemble est enrichissant et historique quant à la carrière de Gérard Philippe…

Agnès Figueras-Lenattier

 

 

lundi, 02 décembre 2019

Rendez-vous théâtre avec l'oeil éclairé d'Agnès notre critique du 14ème

Je m'appelle Erik Satie comme tout le monde

En ce moment et encore tout le mois de décembre, a lieu au théâtre de la Contrescarpe une fiction originale et surprenante sur Erik Satie dont on connaît la relation amoureuse avec la peintre Suzanne Valadon. Celui qui l'incarne est un ancien pensionnaire de la Comédie Française Elliot Jenicot qui fait preuve d'aisance et d'agilité, et le représente bien avec sa singularité, sa folle fantaisie. On le voit, toujours en quête de son parapluie, évoquer ses moments passés au " Chat noir", sa relation avec Debussy, Ravel, Picasso et son duo avec la jeune Anaïs Yazit, infirmière, est convaincant. En fond sonore, quelques airs du compositeur, et durant la pièce, sur écran, des illustrations amusantes de Suki. Un mélange intéressant, où expression corporelle, nostalgie et affectivité s'entremêlent laissant découvrir quelques aspects peu connus de la vie du musicien. Le texte de Laetitia Gonzalbes également metteur en scène de ce spectacle a de l'attrait et la mise en scène bien que laissant planer sur le plateau une histoire pas toujours très gaie, emporte le spectateur vers une certaine légèreté… Habile et singulier!...

Agnès Figueras-Lenattier

Théâtre de la Contrescarpe 5 rue Blainville

Métro : Cardinal Lemoine, Monge

jeudi, 28 novembre 2019

Un arbitre, juge-arbitre international de tennis et ses livres

" La balle est faute " fait partie des 7 livres édités à compte d'auteur qu'a écrits Patrick Flodrops ancien ingénieur chimiste spécialisé dans le traitement de l'eau et célèbre arbitre et juge-arbitre international de tennis de 1977 à 2000. Dans cet ouvrage, il raconte sa vie sur le circuit et des anecdotes plus que croustillantes, il en a à revendre. Imaginez par exemple Mac Enroe dans un hôtel à Lyon commandant à minuit un steak plein de frites. Or jugeant ce plat peu à son gôut, le voilà balançant tout dans sa chambre !..." On m'a appelé explique Patrick Flodrops et une fois sur place, j'ai dit au maître d'hôtel de le renvoyer à New York et que je m'arrangerai pour qu'il soit remboursé des dégâts causés par Mac Enroe"… Une autre fois voilà Patrick Flodrops lors d'une Coupe Davis au Mexique à moitié en pyjama en proie à 15 individus barbus voulant le persuader en échange d'un séjour gratuit d'un mois dans ce pays avec femme et enfants de ne pas valider le certificat médical d'un joueur américain…

Il arrivait à cet arbitre qui admirait énormément Borg de le regarder faire du mur pendant une heure assis sur un tabouret, action que ce joueur répétait systématiquement après chaque match… Ou encore comment il a remis dans le droit chemin Guy Forget, qui voulait volontairement perdre un match le plus rapidement possible histoire d'avoir le temps de prendre un avion pour disputer un match exhibition lui rapportant  un gros cachet!... Et je ne parle pas de l' histoire plus que stupéfiante avec Noah lorsque celui-ci découvrit le premier livre de Patrick Flodrops sur Napoléon dont il est un spécialiste… Il lui arrive d'ailleurs de faire des conférences sur cet illustre personnage.

Excellent joueur de bridge, ceinture noire de karaté, pilote d'ULM, 4/6 au tennis, Patrick Flodrops a eu un jour l'occasion de rencontrer toujours par le biais du tennis, Rudolph Steiner un ancien WaffenSS. Il a sauté sur l'occasion et après lui avoir demandé la permission en échange d'un deal équitable de l'interviewer longuement, il en a fait un livre " Les blés d'or".

Auteur d'un ouvrage sur les tribus primitives, il a également parlé dans "Les femmes du troisième Reich" des femmes gravitant autour d'Hitler". De celles très amoureuses de lui comme Leni Riefenstahl la grande cinéaste qui a filmé les Jeux Olympiques de 1936 et qui n'a pas eu peur de déclarer sa flamme au dictateur. Ce dernier lui a alors répondu que sa femme, sa maîtresse c'était l'Allemagne… D'autres au contraire ne pouvaient le saquer comme la courageuse Contesse Henriette Von Schirach qui lors d'un dîner au Berghof dans la résidence d'été d'Hitler a osé lui parler à table de politique alors qu'il avait défendu qu'on le fasse… Elle aurait pu être fusillée pour cette audace…

Son dernier livre paru en mai 2019, est une biographie d'Einstein où il montre la grande indépendance d'esprit de cet homme qui ne faisait que ce qu'il voulait et qui s'impliquait beaucoup dans la société de son époque. " C'est un homme à la dégaine tellement particulière avec ses cheveux longs, pas de chaussettes. déclare l'auteur Il était très cool, plein d'humour et a découvert des choses tellement inouïes… La physique quantique c'est très difficile et la seule chose que l'on sait, c'est que cela fonctionne. Mais personne au monde même les grands physiciens ne sont capables de dire pourquoi et comment… C'est incroyable de penser que sa femme qui était constamment à ses côtés ne savait pas au bout de 10 ans de mariage ce qu'il faisait dans la vie. Pas une fois, elle ne l'a interrogé à ce sujet. Parfois, il y a avait 100.000 personnes sur les quais pour le voir, et jamais elle 'a eu la curiosité de lui demander pourquoi ces gens se trouvaient là. Très curieux qu'il ne lui ai pas dit " mais au fait est-ce que tu sais ce que je fais, pourquoi j'ai eu un prix Nobel…

Einstein était très intéressé par le racisme, la démocratie. C'était un personnage très actif, et par exemple il donnait des cours gratuits aux jeunes noirs des Etats-Unis. Et si on leur interdisait de monter dans un bus, il montait dans le bus avec eux.. Quand les Indiens d'Amérique ont été spoliés, il passait sa vie dans les camps indiens pour essayer de rétablir leurs droits. Parfois il a réussi, parfois non.

C'était aussi un violoniste exceptionnel qui jouait du Mozart. Mais qui ne jouait que pour des actions caritatives, pour que les gens l'aident dans son combat contre le racisme, le nationalisme. C'était un personnage extraordinaire et en 3 ans d'enquête je ne me suis pas ennuyé une seule seconde…"

patrickflodrops@sfr.fr ou 06 13 27 30 22

 

Agnès Figueras-Lenattier

 

 

mercredi, 27 novembre 2019

Rendez-vous théâtre avec l'oeil éclairé d'Agnès notre critique du 14ème

Deux spectacles musicaux, l'un " Looking for Beethoven", l'autre " Wilde Chopin" se jouent actuellement au Ranelagh, coquet théâtre situé dans le 16ème arrondissement. Les deux valent le détour, mais sont un peu gâchés par la présence d'un ennemi juré du théâtre : le micro…

C'est bien dommage et que ce soit Pascal Amoyel, interprète de Beethoven, ou Michel Voletti qui lit " De Profundis" la très belle lettre d'amour d'Oscar Wilde écrite en 1897 à son ami Lord Alfred Douglas , aucun des deux artistes n'aurait du y recourir.

Pascal Amoyel notamment Chevalier de l'ordre des Arts et des Lettres qui évoque avec passion et lyrisme Beethoven, est un excellent pianiste et écouter des extraits des 32 sonates est un vrai plaisir. Qu'aurait donné sa voix si elle n'avait pas été sonorisée, il aurait été intéressant de le découvrir!...

Quant à Michel Voletti, sa voix apparemment assez puissante aurait sûrement laissé place à un résultat moins artificiel et plus agréable à entendre sans ce fameux micro… Il est accompagné par Mickaël Lipari-Mayer également très bon pianiste, qui nous régale avec Chopin et quelques autres musiciens comme Schubert, Schuman, Ravel, Bach…

Bref sans cet "objet de malheur", on aurait pu parler d'un véritable enchantement…

Agnès Figueras-Lenattier

Plus d'infos

Théâtre du Ranelagh 5 rue des Vignes

Métro : Passy, La Muette

 

 

02:14 Publié dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : beethoven, wilde, chopin

jeudi, 14 novembre 2019

Rendez-vous théâtre avec l'oeil éclairé d'Agnès notre critique du 14ème

Adieu Monsieur Haffmann

4 molières en 2018 rien que cela pour cette pièce écrite et mise en scène par Jean-Philippe Daguerre!…

A la vue de ce spectacle, l'on peut dire que ces récompenses sont bien méritées. Tout est judicieux, que ce soit côté écriture, mise en scène ou interprétation…

L'histoire est celle de Joseph Haffmann juif bijoutier qui en plein nazisme propose à son employé de s'occuper de son magasin s'il consent à le cacher jusqu'à ce qu'une époque plus favorable survienne…

Un arrangement des plus singuliers va se mettre en place entre eux. Que résultera t-il de cet accord, c'est un des enjeux de la pièce.

Le jeu des comédiens authentique, sobre, harmonieux et sonnant juste, nous happe jusqu'à la dernière minute. La mise en scène accompagnée d'un éclairage fait pour la circonstance et d'une musique assez douce est bien rythmée.  Avec parfois de brefs moments de jeu habilement ponctués par des noirs. L'absurdité de la situation qui règne en ces temps de persécution et d'étoile jaune bien décrite dans ce texte ressort ici avec panache, et l'humour qui en découle est fin est astucieux. Vraiment poignant…

 

Agnès Figueras-Lenattier

Plus d'infos :

Théâtre rive Gauche rue de la Gaité

Métro : Edgar Quinet, Montparnasse

dimanche, 10 novembre 2019

LA FED CUP

La finale 2019 de la Fed Cup entre la France et l'Australie, a reflété d'une part l'extrême envie de dévorer littéralement son adversaire et de la blesser totalement dans son orgueil ((Ashleigh Barty qui met 6/0 6/0 à la pauvre Caroline Garcia), et d'autre part un magnifique combat tactique et mental entre les deux n°1 de chaque pays (Barty et Mladenovic), digne de ce que peut réellement apporter un match de tennis comme sensations inouïes et rebondissements shakespeariens. Le troisième simple entre Pauline Parmentier et Ajla Tomljanovic à l'évolution plus classique et plus équilibrée a vu la victoire de l'australienne dont le jeu était simplement un peu plus constant. Quant au double décisif disputé par Pauline Garcia et Kristina Mladenovic, contre Barty et Stosur, un vrai hola, puisque la France gagne pour la troisième fois la Fed Cup…

A l'occasion de cet événement très joyeux, est née l'idée d'un débat philosophique et tennistique entre Khristina Mladenovic et la philosophe et politologue Hannah Arendt. Cette joute imaginaire réunissant deux belles disciplines a fait surgir un texte dont voici la teneur :

Débat philosophique : sport de l'esprit éclectique et infini! . De même que l'on fait son jogging le matin pour sculpter son corps, et acquérir une excellente condition physique destinée à combattre avec force sur un court de tennis, de même en philosophie pour muscler son cerveau et lui donner des formes harmonieuses.

Nietzsche a déclaré que le sport était une gymnastique de la volonté et cette maxime est également valable pour la philosophie. Comme la joueuse de tennis fait ses gammes à l'entraînement pour améliorer ses points faibles et consolider ses points forts, celle qui participe aux débats progresse vers la vérité à petits pas au moyen d'exercices spirituels. Quoi de plus roboratif pour la santé du cerveau que de se confronter aux idées des autres, que d'essayer par diverses méthodes de développer ses propres arguments le plus judicieusement possible. Comme sur un court de tennis, on a des adversaires, on juge leur raisonnement, et l'on élabore une tactique la plus judicieuse possible pour les contrer dans une atmosphère conviviale et raffinée même si l'affrontement est parfois teinté d'agressivité.

Parfois, les propos qu'ils soient tennistiques ou philosophiques sont si divers que la pensée ne sait plus très bien où elle en est. On se force alors à tout analyser, à tout décortiquer, et après avoir baigné dans cette pluralité des idées, on en tire une jouissance, celle de la synthèse. Déployer son grand coup droit, faire un lob lifté pour laisser sur place le joueur à la volée, prendre des notes, s'amuser, se révolter, se surpasser ou rêver que des philosophes célèbres sont présents dans la salle font partie des armes utilisées pour savourer le plus possible ces affrontements. Comme à l'approche d'un match de tennis important, l'esprit est en goguette et se réjouit de la griserie qu'il va connaître. Qui a dit que l'on se lassait de tout sauf de comprendre? N'est-ce pas Sainte-Beuve! C'est la raison pour laquelle un débat philosophique n'est jamais ennuyeux, même s'il est parfois inégal, son objectif étant de faire comprendre un peu mieux tout ce qui nous entoure. Détenir les secrets pour accéder aux chemins menant à une meilleure compréhension générale, tel est ce que l'homme détient de plus cher dans sa vie, et sans cette capacité, il n'aurait plus qu'à mourir d'ennui. Un match de tennis quant à lui, nous permet de mieux analyser notre " soi" et de connaître plus profondément nos réactions physiques et psychiques dans diverses situations. Les fortes émotions après une victoire, la déception dure à digérer après une défaite surtout après avoir eu des balles de match, la peur de gagner, la gestion du stress, la domination de ses nerfs, le manque de confiance en soi pouvant faire perdre ses moyens, le fait d'affronter ses bêtes noires, si l'on a des problèmes d'ordre personnel, la capacité à les oublier et à passer au dessus, et bien d'autres sensations encore. Le " connais-toi toi-même" de Socrate se mêle ici intensément aux coups droits gagnants, aux aces, et aux jeux de jambes les plus affûtés possible…

Le débat philosophique est un moyen de combattre un grand fléau, le conditionnement qu'il vienne des médias ou d'un cadre plus personnel. Cette ouverture spirituelle qui règne lors de ces réunions permet comme lors d'un combat sportif, la remise en question permanente de soi-même, et donne toujours à la pensée un outil supplémentaire pour progresser.

Vive cette initiation, et gloire au plaisir intense qui règne lors d'un duel tennistique ou intellectuel surtout lorsqu' il procure des émotions telles que celles que l'on a vécues aujourd'hui avec l'équipe de France féminine qu'il faut vraiment féliciter d'autant plus que les filles jouaient en Australie!...

Agnès Figueras-Lenattier

11:25 Publié dans Sport | Lien permanent | Commentaires (0)

jeudi, 07 novembre 2019

Sport et cancer du sein

Voici une interview de Caroline Cuvier oncologue à l'hôpital Saint-Louis. Cet entretien montre que le sport devient de plus en important dans les traitements de certaines maladies. Là, en l'occurrence, il s'agit du cancer du sein. Laissons donc s'exprimer cette femme spécialiste de ce domaine. Etudiante à Poitiers, nommée à l'internat de Paris, elle a tout de suite été totalement absorbée par la sénologie. Elle n'a jamais quitté Saint-Louis depuis 1986 où elle est praticien hospitalier à temps plein. Membre du bureau du Comité de tennis de Paris, elle est présidente du Tennis Club 12 Bercy, et fait partie de plusieurs commissions : Commission tennis féminin, Commission médicale précaire, Commissions sociétale.

 

 

Au sein de l'hôpital Saint-Louis il y a plusieurs ateliers liés à l'activité physique : l'escrime, la marche nordique, le tennis et le yoga.

On a mis en place ces ateliers en septembre, octobre 2012 s'adressant aux patientes qui dans les 6 mois ont eu un diagnostic de cancer du sein localisé et qui ont donc de grandes chances de guérir. On a aussi un cours de gymnastique, de renforcement musculaire destiné aux patientes atteintes d' une maladie plus étendue avec métastases et qui ont des possibilités plus limitées. C'est assez délicat de leur faire faire du sport car il existe des risques osseux. Et puis, elles sont vraiment fatiguées ou ont des anomalies biologiques externes. On a moins de données sur l'efficacité du sport pour ces femmes là, et c'est plus compliqué à obtenir. Mais on a quelques petits renseignements stipulant que le sport serait susceptible d'allonger leur survie, en tout cas d'améliorer leur qualité de vie. Quoi qu'il en soit, ce cours de renforcement musculaire a un succès fou et le fait de se retrouver entre elles leur permet de reprendre confiance en leur corps et de regagner un peu de muscle. Le bénéfice est également psychologique, cela leur donne la pêche et elles s'accrochent…

 

Pourquoi ces sports là?

Je souhaitais des activités physiques un peu diverses et je ne voulais pas 4 sports d'équipe ou 4 sports de balle afin que les patientes puissent se diriger vers ce qui leur plaît le plus. Après, je me suis adaptée aux moyens du bord et aux équipements. Côté yoga, il y avait déjà eu avant un cours pour une autre pathologie. En plus, c'est une activité accessible à tout le monde. Pour l'escrime une expérience avait été tentée à Toulouse pour le cancer du sein. Ce sport me paraissait particulièrement intéressant pour la mobilité des deux bras puisque les patientes sont opérées au niveau du bras. C'est de l'escrime plutôt artistique, ce qui leur permet en plus de stimuler la mémoire car il faut apprendre des enchaînements liés aux combats. Elles n'ont pas de masque et je désirais proposer un sport de combat illustrant ce que l'on appelle " le combat contre la maladie". Concernant la marche nordique, ça permettait aux femmes de prendre l'air et la marche était censée ne rebuter personne et s'adapter à tous les âges et à tous les antécédents sportifs.

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Vous êtes la première à avoir mis en place en 2012 au sein de l'hôpital Saint-Louis un cours de tennis pour les femmes atteintes d'un cancer du sein. Comment l'idée vous est-elle venue?

Dans cet hôpital il y a un court de tennis et l'un des enseignants du Tennis club 12 Bercy que je préside m'avait dit que si un jour j'avais besoin d'un professeur à Saint-Louis, il était partant. J'ai donc créé cet atelier en me disant que ce serait une belle expérience et c'était vraiment nouveau dans le cadre du cancer du sein. Je me souviens d'ailleurs de la première fois où le cours a eu lieu. Je me demandais comment cela allait se passer, si c'était une bonne idée et j'y suis allée faire un tour. Vers la fin, j'ai aperçu une algérienne qui n'avait jamais fait de sport pleurer de joie tellement elle était contente de jouer au tennis. Quant au professeur lui aussi il pleurait très ému par la réaction de cette femme. C'est un moment inoubliable…

 

De quelle manière préconisez-vous ce sport?

On le conseille aux patientes, le plus tôt possible, dès le diagnostic de cancer effectué. Il a été démontré que plus on commence tôt l'activité physique, et si l'on continue pendant le traitement et après, c'est plus efficace pour diminuer la douleur et améliorer la qualité de vie. Or beaucoup de personnes même les sportifs diminuent leur activité physique une fois le diagnostic posé. Le sport permet d'amoindrir les effets secondaires en particulier de la chimio et élimine la fatigue ressentie pendant le traitement et qui persiste après. Il y a moins de toxicité digestive, et cela joue sur le psychisme. L'activité physique diminue l'anxiété, améliore le sommeil, diminue les bouffées de chaleur. Les douleurs articulaires pouvant survenir à cause des traitements d'hormono-thérapie que l'on donne par exemple en prévention de la récidive sont également amoindries.

 

Comment se passe un cours?

C'est un peu différent des cours que l'on peut apercevoir généralement où les joueurs s'inscrivent en début d'année et poursuivent l'année entière avec un groupe du même niveau. Là, les patientes s'inscrivent après le diagnostic à n'importe quel moment de l'année. La plupart n'ont jamais joué ou possèdent un tout petit niveau. C'est un peu difficile pour le professeur car leur niveau et leur vie passée différent. Il y en a qui ont 60 ans et qui n'ont jamais fait de sport, d'autres sont plus sportives et ont 28 ans. On essaye de limiter le groupe à 8, et après cela se déroule à peu près comme un cours classique. Il faut savoir que ce ne sont pas des patientes métastatiques. Leurs organes fonctionnent donc normalement et elles n'ont pas de problèmes au niveau osseux ce qui leur permet de faire du sport sans risque.. Mais elles sont fatiguées, anxieuses, ont perdu leurs cheveux, et peuvent avoir des nausées. Certaines sont ménopausées à cause de la chimio, ont été opérées, ont un sein en moins. J'ai recommandé au professeur Polo Léité d'être vigilant, de toujours les observer. Certaines peuvent avoir des coups de blues, de fatigue, sont plus fragiles. . Une fois, une dame a vomi sur le court car elle sortait juste de sa chimio. On a acheté des raquettes légères, et elles jouent avec des balles intermédiaires. Souvent, Polo termine par des petits matches et elles adorent cela. Il est important de signaler que certaines mutuelles commencent à rembourser ces séances sous forme de forfait...

 

Au début comment Polo a t-il fait puisqu'à l'époque, il n'y avait pas de formation?

Je lui ai expliqué le fonctionnement du cancer du sein tout en mentionnant bien que ce ne sont pas des patientes métastatiques. Il m'a dit que c'était rassurant que cela se passe à Saint-Louis, pas loin. Pour lui surtout au début, et aussi pour les patientes, c'était important que ce soit en milieu hospitalier protégé. Je lui ai conseillé de faire un cours le plus normal possible en essayant de convaincre ces femmes que le sport, en particulier le tennis, c'était sympa. Je l'ai un peu formé au début, et après il a suivi les formations officielles qui existent maintenant avec la Federation française de tennis.

 

Quels sont les avantages du tennis?

La dépense énergétique est correcte et puis il existe le côté ludique et convivial qui est fantastique. L'échange avec les autres est très bénéfique. Les patientes sont en dehors de chez elle, encadrées par un prof et c'est mieux que de faire seule son vélo chez soi. Entre malades elles échangent et se soutiennent. Quand il m'arrive d'assister à un cours je les entends rigoler. Polo me l'a dit tout de suite : " Je ressens une solidarité qui n'existe pas dans les autres cours. A la fin, elles aiment bien s'affronter avec des points. " J'ai gagné, je suis la plus forte"… C'est le sport de la vraie vie, elles le pratiquent comme tout le monde. Beaucoup d'entre elles d'ailleurs continuent à jouer après, et parfois s'inscrivent dans le club que je préside. Certaines ont des problèmes financiers, et nous leur proposons un tarif privilégié. Il m'arrive de jouer avec elles, et l'une est devenue une amie…

 

 

Au niveau de la récidive pourquoi le sport la prévient-il?

Le mécanisme essentiel c'est que cela diminue le taux d'insuline qui n'est pas bon du tout au niveau apparition des cancers. Cela joue aussi sur les pics de glycémie, l'inflammation diminue, ainsi que les taux d'œstrogène pouvant être impliqués dans la genèse des cancers.

 

 

Le fait de se servir d'une raquette a t-il une incidence?
Cela participe à la rééducation du bras opéré, si le bras qui tient la raquette est le même qui celui qui a subi la chirurgie. Au début, il y a des adhérences, les patientes sont un peu limitées à cause de la cicatrice qui tire. Elles disent que leur paroi est plus souple, qu'il y a moins d'adhérences …

 

Le sport est également préventif dans le cancer du sein! Et la dose est-elle importante?
Oui, plus on fait de sport, moins on a de risques de faire un cancer du sein. Il existe ce que l'on appelle un effet dose réponse. Ce qui est recommandé c'est au moins 1 heure et demi par semaine d'activité physique d'intensité modérée ce qui équivaut à une marche assez rapide. Cela diminue le risque d'environ 15%, et comme il y a beaucoup de cancers du sein, au total ç'est pas mal… Cela dit, on peut avoir une activité physique et être sédentaire. Vous pouvez jouer au tennis 4 fois par semaine, si tout le reste de la journée vous ne bougez pas de votre fauteuil, vous êtes sédentaire quand même ce qui augmente le risque de cancer du sein.. Il est recommandé de bouger toutes les deux heures, par exemple de monter trois escaliers…

 

Vous occupez-vous d'autres sports à l'extérieur de l'établissement?

Une fois que les patientes reprennent leur travail, j'ai essayé de les aider à trouver un sport en ville. Je me suis arrangée avec la ville de Paris et maintenant nous avons plusieurs créneaux. Depuis 3 ans, nous avons des places réservées avec des enseignants pour de l'aviron au bassin de la Villette. Depuis peu, nous avons des places pour un cours de badminton, un cours de gym adapté et du karaté pour les plus de 60 ans. En 2018, on est allées 3 jours à Venise avec 9 patientes à la Vogalonga une randonnée de bateaux à aviron. Nous avons fait 39 km de courses plus 8 km pour ranger le bateau après dans la lagune. Ce fut un moment fantastique pour elles et pour moi. Cela a vraiment créé des liens et changé nos relations. Nous les médecins, en dehors de nos consultations on n'est pas forcément à l'aise lorsque l'on rencontre les patients dans un autre contexte. Et le fait de les côtoyer autrement, d'observer leurs émotions, d'entendre leur témoignage ajoute au bonheur de faire ce métier qui est déjà extraordinaire en lui-même. L'une d'entre elles m'a carrément dit qu'elle n'était plus la même…

Agnès Figueras-Lenattier

 

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dimanche, 03 novembre 2019

"Les 7 vies de Colette"

Editions Flammarion

La lecture de ce livre est littéralement délicieuse! Entre un style épuré, fluide, gracieux de Frédéric Maget et la femme écrivain dont il est question ici, une Colette étonnamment éclectique, pleine d'esprit et d'anticonformisme, l'on a de quoi se régaler. L'auteur président de la Société des amis de Colette et directeur de la maison Colette connaît visiblement parfaitement son sujet. Il épluche la carrière de cet auteur avec authenticité, forte richesse dans les détails, les anecdotes, les citations, et le milieu qu'elle fréquente. Les très belles photos où l'on voit l'artiste dans diverses situations (au théâtre, avec ses animaux, avec sa fille, ses proches... ) ne font qu'ajouter au charme de la description et de l'image très détaillée que fait Frederic Maget de cette grande figure de la littérature du XXè siècle. Vraiment savoureux.

Agnès Figueras-lenattier

10:45 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : colette, portrait, saveur

jeudi, 17 octobre 2019

Jazz Box Radio International

Tous les mois Agnès Figueras-Lenattier ex sportive de haut niveau (tennis) anime une émission intitulé " Jazz Ace" sur la radio Web " Jazz Box Radio International" qui passe le jeudi et le dimanche à 14h. Elle interroge soit un grand joueur de tennis, soit un musicien, fait un parallèle entre ces deux disciplines. Avec entre les questions, des morceaux de jazz choisis spécialement pour l'occasion par le directeur de la radio Jacques Thévenet. Celui-ci possède une grande culture dans ce domaine et présente d'ailleurs une émission sur cette radio web dédiée au jazz "Jazz box" diffusée tous les jours à 17h. Cette même émission est diffusée sur la bande FM à Radio Aligre depuis Paris tous les samedis à 17h. Et c'est suite à cette aventure sur Radio Aligre que Jacques Thévenet passionné dès sa tendre enfance de radio et de jazz a décidé de prolonger l'aventure en créant cette radio web qui existe depuis 2015. Abyale très connue dans les années 90 dans le disco-funk et d'autres animateurs (trices) de talent y collaborent également….

www.jazzbox-radio.fr

vendredi, 11 octobre 2019

Exposition à l'hôpital Saint-Anne :

Rien à voir

"Quand la création échappe au symptôme"

 

En ce moment et jusqu'au 22 décembre a lieu au Musée d'Art et d'Histoire de l'hôpital Saint-Anne (MAHHSA) une exposition réunissant les tableaux de 13 artistes des années 1960-70 intitulée " Rien à voir quand la création échappe au symptôme". La majorité des œuvres présentées ont été réalisées au sein des ateliers occupationnels et thérapeutiques de l'hôpital et la plupart n'ont encore jamais été exposées.

Cette exposition dont le titre est significatif prolonge le parcours des expositions ayant eu lieu depuis 2017. Il s'agit de contrecarrer la théorie des psychiatres des années 60 qui voyaient à travers ces œuvres des signes expliquant la " pathologie" de l'artiste. Or là, il s'agit justement de se débarrasser de cette interprétation, pour développer une vision plus neutre, faisant appel à ses propres émotions et à ses repères artistiques. Effectivement lorsque l'on regarde ces tableaux avec un œil vierge, l'on peut développer une approche totalement différente qui n'a plus "rien à voir" avec la maladie psychique…

Pour l'occasion est sorti un catalogue en vente notamment à la librairie du Musée sous la direction du docteur Anne-Marie Dubois conservateur du Musée d'Art et d'Histoire de l'hôpital Saint-Anne. Avec la participation de Margaux Pisteur chargée de collection et de Dominique Baliko photographe. Cet ouvrage englobe les œuvres exposées et quelques autres en plus avec un portrait de chaque peintre et une explication de sa technique.

Il explique l'histoire de l'art provenant des personnes ayant traversé un épisode d'ordre psychiatrique avec 3 appellations au cours du temps: art des fous, art brut et art psychopathologique.

C'est à partir de 1950 que les échanges entre psychiatres sur le sujet se sont multipliés avec le premier congrès mondial de psychiatrie à Saint-Anne. En même temps, toujours à Saint-Anne s'est tenue une première exposition internationale d'art psychopathologique  rassemblant des œuvres provenant d'hôpitaux psychiatriques et de collections privées du monde entier. Ce sera le début de la collection Saint-Anne qui regroupe à présent près de 1800 œuvres. Grâce à un long travail, le MAHHSA est maintenant reconnu comme le premier musée hospitalier de France…

Agnès Figueras-Lenattier