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dimanche, 12 juillet 2020

La Fontaine et moi

J'aimerais me promener tranquillement dans une forêt et contempler la nature. N'avoir aucune pression et discuter avec une personne de philosophie, d'art ou autre. Voilà la journée dont je rêve aujourd'hui mais ce ne sera pas le cas. Mais c'est dimanche et Paris devrait être plus calme. J'ai envie de calme, de sérénité et de paix. Après de telles journées, il faut couper et se ressourcer.  Je viens de boire du lait de soja, c'est délicieux et rafraîchissant. Je n'aime pas le lait de vache, d'ailleurs ce n'est pas très bon pour la santé, surtout à l'heure actuelle.  Du calme, du calme et encore du calme. L'euphorie du sport je connais bien, mais quand cela devient une addiction sans limite, elle devient dangereuse. On en veut encore et encore et le malsain s'émancipe. C'est comme l'euphorie de l'écriture si l'on va trop loin l'on se dirige également vers un monde malsain. Il faut s'évader mais ensuite revenir à la réalité et garder les pieds sur terre. Donc aujourd'hui, tranquillité, équanimité...

Une autre euphorie celle du sexe c'est la même chose, elle finit par devenir toxique. Mais c'est la même chose pour le jeu, les écrans vidéo ou autres. Il faut stopper à un moment donné.  Même la musique je ne la supporte pas. Elle me fait mal aux oreilles. C'est pour cette raison que j'aimerais être à la campagne et me nourrir du silence de la nature ou du bruit des cigales. Voir des animaux et être connecté avec eux. Je pense au cheval de ma fille, je n'en ai pas beaucoup profité hier c'est dommage mais je n'avais pas la tête à ça. Il faudra que je retourne voir ma fille en Bourgogne pour discuter avec sa pouliche d'une autre manière.

En face de chez moi, s'érige un square, j'imagine plein d'animaux là en train de s'amuser, de parler ensemble. Ils me font signe de venir et de parler avec eux. C'est une belle image que j'ai là et je veux la garder longtemps. C'est pur, c'est beau, c'est naturel. Et cela ne fait de mal à personne. Au contraire aucune violence et de la joie, de la joie de voir tout le monde branché sur la même longueur d'onde. Des poètes pourraient se joindre à la fête, et des musiciens pourraient faire chanter tous ces animaux.  Je vois une belette traverser soudain la rue, un renard me sourire. Ce serait si magnifique, si joli. La paix règnerait sur terre, plus de guerre, plus aucune violence. La sérénité partout dans le monde. Plus de chasse, plus de corrida, plus de pêche avec comme nourriture uniquement des plantes, et tout ce qui se trouve dans la nature. Plus de tueries d'animaux, plus d'exploitations animales.

A quoi rêvent les animaux? Je me demande bien ce qu'ils pensent de nous, s'ils nous aiment ou au contraire nous détestent car nous les mangeons. Ils pourraient se rebeller d'être mangés, et torturés sans merci.  Je les encourage à le faire, à manifester comme les gilets jaunes et à faire la révolution. Mai 68 chez les animaux pourquoi pas? Je pense aux fables de la Fontaine, j'aimerais en écrire de pareilles en dialoguant avec les animaux.  Ou leur apprendre à faire du sport, à faire un beau revers, un service gagnant. Voir une équipe de chiens ou de chats faire du volley-ball ou du rugby. Je m'amuse toute seule de mes idées, et j'imagine le fou rire que tout le monde piquerait en voyant ce spectacle.  On prendrait des rides c'est sûr mais au moins on se détendrait et on rirait, rirait... Une autre société, toute neuve, toute belle.  

Tout d'un coup l'idée me vient : Maître corbeau sur un arbre perché tenait en son bec une raquette de ping-pong.  Maître renard alléché par la beauté de la raquette le pria de descendre. Maître corbeau prit une balle et commença à lui apprendre la technique du ping-pong et tous deux s'amusèrent comme des petits fous.  

Je me sens vraiment proche de La Fontaine et imagine très bien ce qu'il a pu ressentir en écrivant ces fables. Sur le moment c'est mon ami et je discute avec lui. Tous deux nous sommes les porte-paroles des animaux et nous rions ensemble. 

Je me sens toute guillerette, comme porteuse de quelque chose de nouveau que Dieu m'a dictée. Tennessee la jument de ma fille me remercie de lui avoir rendu visite même si elle a bien compris que je n'étais pas dans mon assiette. Elle me souhaite bon courage et me dit à une prochaine fois. Les animaux de tous mes amis se réunissent pour me dire merci de chanter leurs louanges et de les défendre dans cet univers de violence, de guerre et de corruption. Voilà, je crois que j'ai épuisé ce que j'avais à dire sur le sujet, du moins pour l'instant. Peut-être y reviendrais-je plus tard mais je dois m'extirper de ce monde.

Agnès Figueras-Lenattier

 

02:32 Publié dans Humour | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : la fontaine, rêverie, sports

vendredi, 10 juillet 2020

Jacobo Machover

Jacobo Machover est né à La Havane en 1954. Universitaire, journaliste, écrivain, il est arrivé en France avec sa famille en 1963. Après avoir été partisan de la révolution, il a vite déchanté. Il alors décidé de se servir du pouvoir de l'écriture, pour critiquer violemment les frères Castro et Che Guevara. Il a traité ce dernier de " bourreau fanatique" dans un livre intitulé " La face cachée du Che". Auteur de " Cuba l'aveuglement coupable", et de " Cuba une utopie cauchemardesque", son dernier livre " Mon oncle David" est un récit personnel où l'auteur en profite pour parler de lui, de ses amours, de sa famille, de la révolution, de la Shoah.

 

Votre dernier livre s'intitule " Mon oncle David". Quel était votre but en l'écrivant?

C'était une nécessité absolue. J'avais déjà abordé la figure de mon oncle David dans de précédents ouvrages, et là j'ai eu l'opportunité de creuser un peu plus. Cet oncle que je n'ai pas connu est mort à l'âge de 22 ans après avoir été déporté à Maïdanek dans l'Est de la Pologne un des plus grands camps d'extermination. Parler de lui est aussi une façon de rendre hommage à d'autres membres de ma famille particulièrement mon grand-père maternel qui a été déporté la même année vers Auschwitz et qui n'en est pas revenu. D'autres membres de ma famille que je cite aussi un peu dans ce livre n'ont pas survécu non plus à la déportation. Ce sont toutes des personnes que je n'ai pas eu l'occasion de connaître mais qui sont présentes depuis toujours dans ma vie. Mes recherches personnelles entrecoupées de diverses aides extérieures m'ont permis d'en savoir davantage sur mon oncle David. Certaines personnes, devenues des amis faisaient déjà des enquêtes sur d'autres juifs et des résistants se trouvant dans la région où il a été pris par les gendarmes français, la Creuse, et mon oncle est devenu quelqu'un de très proche pour eux. Là-bas près de Guéret il revit, ainsi que dans mon livre…

 

Dans ce livre, vous parlez aussi beaucoup de vous!

Oui et ce livre aurait pu s'intituler " Mon oncle David et moi". Ce n'est pas seulement un travail de mémoire, c'est plus un chant à la vie qu'un hymne à la mort. Mon père, ma mère et d'autres ont aussi leur place et c'est davantage raconté comme un héritage. Je ne voulais pas uniquement laisser des traces un petit peu partout comme le font actuellement un certain nombre d'américains juifs ou pas en allant fouiller en Ukraine, Pologne, Lituanie, et même en Russie, Bulgarie, Roumanie, République Tchèque, Slovaquie. Je ne voulais pas écrire quelque chose qui puisse ressembler à une épitaphe. Ce n'était pas mon but et j'ai pensé qu'il existait une continuité entre cette vie tronquée (on ne meurt pas normalement naturellement à 22 ans) et différentes formes de pression et de répression qui s'étendaient ainsi jusqu'à moi. Ainsi n'y a t-il pas dans ce livre uniquement le nazisme et la collaboration en France, mais aussi le communisme dans sa version castriste. Tous ces régimes ont détruit des êtres humains dans leur chair ou dans leur esprit et parfois les deux. Ce sont les raisons pour lesquelles ce livre a été écrit.

 

Il englobe des informations très fouillées!

Sont présents l'histoire de mon père par le biais d'un dialogue très sincère avec lui pour ne pas dire plus, puis tout d'un coup une histoire d'amour évidemment érotique qui on ne le découvre qu'à la fin possède un lien contemporain dans ma vie avec l'histoire de l'extermination des juifs. En plus d'une histoire de mémoire, c'est une histoire de vie, une histoire d'amour, une ode à l'érotisme, à la liberté dans tous les sens, la liberté sexuelle, politique. Une liberté de vivre tout simplement…

 

Oui, la liberté ce pour quoi vous vous battez depuis toujours!

C'est effectivement le sens de mon combat sous tous ces aspects. Dans un premier temps, j'ai été formé dans la prise de risques contre les dictatures, contre tous les régimes totalitaires. Et puis contre toutes les injustices que je pouvais ressentir. Et il me semble qu'il existe une continuité. Ma motivation a été la défense de la liberté de Cuba en m'opposant à ce régime mais surtout contre ceux qui l'appuient. Ainsi j'ai maille à partir non seulement avec eux, mais en plus avec tous ces intellectuels artistes à la noix, les petits journalistes dans beaucoup de cas et surtout avec les préjugés en faveur de cette tyrannie qui n'en finit pas. Tous ces gens refusent de voir la réalité en face et d'admettre les horreurs que la révolution castriste a mise en place en pratiquant d'innombrables emprisonnements obligeant les gens à partir en exil au péril de leur vie. Sans compter les exécutions massives, les crimes extra judiciaires, l'écrasement de toute liberté d'expression, la misère aussi. On voit des millions de gens défendre l'indéfendable avec leur porte-drapeau. Ce sont plus contre les gens favorables à ce régime que contre les gens au pouvoir que je me bats, car ceux-là je ne peux les abattre à travers mes écrits… Ils tiennent par la répression, la censure, l'élimination de toute voix dissidente. Par contre, ceux qui les défendent, je peux les affronter face à face. En général, ils ne s'en sortent pas très bien car ils n'ont ni arguments, ni sentiments. Ce sont pour la plupart de parfaits ignorants qui répètent ce que leur destine la propagande du régime et qui se basent sur leurs propres convictions si l'on peut appeler cela des convictions. C'est surtout de la bêtise

 

Comment vous définissez-vous politiquement?

Pour la liberté, c'est tout. Je peux prendre des idées à gauche si elles sont plutôt libertaires et de même à droite. On peut enlever droite et gauche et dire simplement libertaire. De toute façon depuis la chute du mur de Berlin ces notions là n'ont plus de sens que pour les esprits rétrogrades. Ca n'a plus aucune valeur.

 

Comment vous situez-vous par rapport à la révolution?

Le terme déjà en soi je ne le trouve pas du tout positif. C'est quelque chose qui entraîne nécessairement ou presque nécessairement des massacres et de la tyrannie défensive. Ce que je propose à la place? Je ne suis pas un homme politique, je n'ai pas de programme mais j'aime bien le terme de démocratie. La démocratie représentative à laquelle je crois beaucoup. Mais je commence à avoir des doutes depuis quelque temps sur la solidité de la démocratie quand on voit que des millions de gens peuvent se livrer à une servitude volontaire sous le coût de la peur panique. Pour Cuba, je crois en une démocratie représentative, pas exaltante, pas comme une révolution ou quelque chose de défini comme tel mais quelque chose de simplement vivable et que l'on ait envie de défendre…

 

Et Batista qui selon les dires était un dictateur cruel!

C'était effectivement un dictateur, mais un enfant de chœur à côté des frères Castro. Il n'est resté au pouvoir de manière inconstitutionnelle que pendant 6 ou7 ans , de 1952 à 1958-son premier mandat, entre 1940 et 1944, était parfaitement démocratique, alors que les frères Castro, je le répète sont de véritables killers au pouvoir depuis 61 ans. Je n'ai pas de sympathie pour le personnage, mais au niveau de la répression, il n'existe aucune commune mesure entre sa présidence et celle des frères Castro. Batista a fait du mal sur le plan démocratique, économique. Mais sous sa présidence, La Havane est devenue une des plus belles villes du monde; c'était une splendeur. Il régnait une répression contre les révolutionnaires qui parfois s'étendait ailleurs mais qui consistait surtout en une lutte entre les révolutionnaires et le régime sans grande force de Batista. Il y avait même des conspirations militaires contre lui. J'ai eu l'occasion de rencontrer l'un de ses fils qui s'appelle Roberto ("Boby"). C'est quelqu'un que j'apprécie beaucoup qui est métis comme l'était son père et qui est en train de rédiger ses mémoires.. C'est un démocrate, citoyen américain qui habite moitié aux Etats-Unis, moitié en Espagne qui a été éduqué en partie en Suisse dans la grande tradition littéraire française et qui adore Racine. De temps en temps d'ailleurs, on se récite des vers de Racine et d'autres auteurs. Je l'ai rencontré en 2017 à Madrid, il est rentré à New York et l'on a commencé à s'écrire. C'était formidable car il cherchait comme moi à terminer la vérité sur son père. Et j'ai sorti un ouvrage en France, " Cuba de Batista à Castro", puis en Espagne. J'ai trouvé un nombre de documents absolument extraordinaires et je m'efforçais de récupérer la vérité historique le plus loin possible du personnage et son fils m'a beaucoup aidé. Mais je le répète, il était inoffensif comparé aux frères Castro. Quelqu'un qui a contribué à le présenter comme un monstre c'est Jean-Paul Sartre qui le traitait de singe. C'était une diatribe absolument raciste et il parlait de ce homme comme quelqu'un d'illettré, alors qu'il possédait une des plus belles bibliothèques du monde et qu'il lisait énormément. Il a même écrit plusieurs livres, ce qui n'est pas le cas de Fidel Castro. Il apprenait des langues et essayait de se cultiver dans les musées. Rien à voir avec l'image que l'on a voulu donner de lui. Ce n'est pas un vulgaire Pinochet, ni un vulgaire militaire, un soudard latino-américain. Pourquoi a t-on voulu lui donner une fausse image? Tout simplement pour pouvoir justifier les crimes des Castro…

 

Vous avez fait un séjour chez les trotskistes. Qu'en avez-vous retenu?

C'était dans ma jeunesse. J'aimais bien le côté anti stalinien et puis le combat contre tout ce qui pouvait ressembler à l'extrême droite, ce qui personnifie le nazisme ou le fascisme. Mais ce n'est pas la peine de penser que l'extrême droite est l'héritière du nazisme, ce sont des simplifications qui avec le temps n'ont plus lieu d'être. Mais dans ma jeunesse, c'était l'idée que je m'en faisais comme beaucoup de gens. Mais petit à petit, je me suis rendue compte que bien qu'ils critiquaient les staliniens, c'était des communistes comme les autres. Ils défendaient le régime castriste ce que je ne pouvais supporter. Les plus grands défenseurs du régime castriste aujourd'hui ce sont des trotskistes comme Janette Habel ou Olivier Besancenot, ou d'anciens trotskistes comme Jean-Luc Mélenchon. Ce sont des gens à critiquer férocement sur le plan des idées et de leur pratique politique souvent influencée par ces régimes. D'ailleurs pas seulement le régime castriste mais aussi le Venezuela d'Hugo Chavez et Nicolas Maduro, ou le Nicaragua sandiniste. Ce sont des défenseurs de dictatures que je combats, et des gens parfaitement intégrés aux instances les plus représentatives d'une société qu'ils prétendent combattre… On les retrouve au plus haut niveau de toutes les instances gouvernementales, médiatiques, universitaires, institutionnelles…

 

Vous avez fait de la prison pendant deux mois. C'est vraiment là qu'est née votre vocation d'écrivain!

J'étais déserteur de l'armée française car d'une part, je ne voulais pas porter l'uniforme et d'autre part, je vivais une histoire d'amour. Je ne suis pas resté dans cette entreprise d'abêtissement généralisé où il fallait passer 1 an avec les cheveux à ras que l'on m'avait coupés car je les avais très longs. C'était une tentative d'humiliation donc j'ai quitté la France immédiatement, je me suis barré de l'armée. Au bout de 5 ans, je me suis fait prendre à une frontière entre l'Espagne et la France et j'ai passé environ 2 mois en prison du côté de Bordeaux à Gradignan. C'était plus agréable que ce que l'on a appelé le confinement car ce n'était pas volontaire. J'écrivais déjà quelques petites choses avant, mais là j'avais le temps et j'ai découvert ma vocation. D'abord en écrivant des lettres destinées aux petites amies de prisonniers, ou à leur ex qui étaient en train de les abandonner. Ou bien aux avocats, aux juges, à tout le monde. En général ça marchait, et de nombreux prisonniers récupéraient leur copine grâce à ce que j'avais écrit. C'est le pouvoir de la parole écrite que je peux avoir sur des choses très concrètes et c'était passionnant. Cela m'a permis de réfléchir au passé, et j'ai beaucoup lu. Il y avait une bibliothèque dans la prison qui était assez fournie, avec à la fois des classiques et des livres d'un tout autre genre. Des ouvrages que l'on choisissait dans une liste et que l'on nous mettait dans les cellules. Un des plus beaux textes que j'ai lu là-bas, c'était un petit récit d'Henry Miller en édition bilingue " Le sourire au pied de l'échelle"…

 

Vous parlez de votre mère comme d'une femme très humaine!

Ma mère était quelqu'un qui agissait spontanément. Elle était certainement résistante, mais elle était très discrète sur le sujet. Je le sais par les autres membres de la famille qui lui portaient une véritable vénération. A un moment donné, elle se trouvait à Lyon où agissaient les principaux mouvements de résistance. Ayant appris qu'il allait y avoir une rafle en zone libre, elle était partie très vite prévenir son petit frère qu'elle adorait. Mais elle n'a rien pu faire. Elle a aussi sauvé mes cousines, ses nièces et a accompli tout un tas d'actions mais probablement pas au sein de réseaux organisés. Elle avait un sens inné de la révolte, qu'elle m'a transmis. Lorsque j'étais dans le pétrin, elle m'aidait systématiquement mais sans accorder trop d'importance à mes problèmes. Elle en avait vu d'autres. Ce fut un bel exemple avec des hauts et des bas évidemment. Je veux bien en faire une héroïne mais pas une déesse…

 

Votre père a écrit un manuscrit. Que pouvez-vous en dire?

Ma mère m'a emmené à la cave où elle avait conservé ce manuscrit. Il se trouvait dans une pochette bleue, je l'ai toujours en ma possession. Je lis de temps en temps quelques passages, et je découvre des choses différentes. Ce n'est pas toujours reluisant, mais certains passages sont touchants. J'ai eu un dialogue parfois très dur avec mon père décédé mais je dis à la fin que la critique peut aussi signifier une déclaration d'amour. Il est mort lorsque j'avais 14 ans et je n'ai pas pu vraiment parler avec lui. Il me racontait quelques petites histoires mais il n'était pas toujours très présent.

 

Lorsque vous repensez à tout cela que vous dites-vous avec le recul?

J'ai fait ce que j'avais à faire avec un certain nombre de contradictions, des allers-retours, beaucoup de voyages partout, beaucoup de voyages intérieurs. Je me sens assez content de ce que j'ai pu faire. Dernièrement, j'ai rétabli la mémoire de ma famille, mais j'ai aussi œuvré pour la mémoire des victimes de la tyrannie castriste et pour déboulonner non des statues mais des mythes comme Fidel ou le Che. Je pense que cela sert à éclairer à la fois l'histoire et l'image que l'on peut avoir de ces personnages. Grâce au travail que j'ai pu effectuer, ils ne sont plus considérés comme des héros mais comme de vulgaires tueurs. Aujourd'hui, l'on ne parle plus du Che comme on en parlait avant. C'est impossible. Parfois, les écrits du Che ne pouvaient être publiés tel quels. Il fallait absolument qu'une voix discordante intervienne et cette voix discordante c'était la mienne. Et puis dans n'importe quelle émission de télévision, ou de radio en France et à l'étranger lorsque l'on parle de ce régime on ne fait plus appel aux défenseurs ou très peu et l'on écoute la voix des dissidents. Et je suis très fier de porter un peu partout dans le monde la voix d'un certain nombre de dissidents de l'exil et de l'intérieur morts ou vivants. Je suis une voix de plus, mais qui porte…

Agnès Figueras-Lenattier

 

 

 

      

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lundi, 11 mai 2020

Boris Cyrulnik, Edgar Morin et le sport

Les éditions du Cherche Midi ont sorti récemment dans la collection " Homo Ludens" deux livres traitant de manière spécifique de sport. L'un " J'aime le sport de petit niveau" du psychiatre Boris Cyrulnik, l'autre " Le sport porte en lui tout le poids de la société" du philosophe Edgar Morin. Les deux bouquins contiennent un avant-propos bien formulé et ensuite pour chaque livre une interview de l'auteur avec des questions judicieuses et souvent assez pointues.

Boris Cyrulnik y répond en se servant de sa spécialité l'éthologie et Edgar Morin par le biais de " la philosophie complexe" ,ne voulant pas aborder le sport uniquement de par son côté négatif.

Pour le premier, dès que la technologie a structuré notre culture, le sport a été utilisé comme un argument idéologique : " Le nazisme en est une illustration magique, autant que le communisme ou le libéralisme. Le sportif de l'Allemagne des années 90 a pour enjeu la démonstration de sa qualité raciale, le Soviétique doit gagner pour prouver que la société communiste produit des sportifs de haut niveau, et le libéral achète une star pour la mettre dans son équipe universitaire afin d'augmenter le nombre d'inscriptions payantes"… En ce qui concerne les animaux  Boris Cyrulnik pense qu'ils sont aussi d'une certaine manière des sportifs car ils ont des rituels et jouent notamment les mammifères. " Un animal respecte des codes comportementaux, non verbaux mais qui signifient quelque chose pour se courtiser jusqu'à danser, s'entraîner, s'entraider". Il parle de fonction proto-sportive…

Ayant pratiqué le rugby, il évoque quelques souvenirs et en profite pour faire une vraie distinction entre le sport de bas niveau impliquant bien-être et plaisir et le sport de haut niveau impliquant souffrance et isolement affectif. Et il termine ainsi : " S'il s'agit d'apprendre à être ensemble et à mieux être, vive le sport. En revanche, si la signification dont on l'investit c'est " Je suis plus fort que vous", je vous domine parce que mon pays a une idéologie supérieure à la vôtre, malheur au sport! …

Edgar Morin qui aime le foot et le rugby, était jusqu'à la guerre, un fanatique de toutes les grandes courses de vélo. Il raconte ses souvenirs du Mondial lors de la victoire de la France. Pour lui, la compétition est une bonne chose si elle est régulée, et qu'elle est dotée en complément, de la communauté et de la solidarité. Il donne son avis sur le dopage, sur la vision qui fait du sport une aliénation, sur les salaires mirobolants des joueurs. " Des joueurs professionnels sont achetés très cher. Ce qui à priori peut sembler scandaleux ne l'est pas tant que ça à priori : de même que la rareté d'un Picasso ou d'un Derain qui justifie leurs prix très élevés, c'est la rareté de la qualité d'un grand joueur qui fait sa valeur marchande…"

Il est intéressant de lire ces deux livres à la suite et de comparer les deux opinions car les deux hommes n'ont pas forcément la même idée du sport. Notamment en ce qui concerne la violence dans le milieu sportif... Que l'on soit d'un avis ou d'un autre; il y a de quoi faire naître un beau débat philosophique…

Agnès Figueras-Lenattier

 

 

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lundi, 27 avril 2020

Végétarisme, végétalisme, véganisme

De plus en plus d'êtres humains pratiquent soit le végétarisme (régime sans viande ni poisson), soit le végétalisme (régime sans nourriture du tout à base animale), soit le véganisme ( en plus de la nourriture végétalienne, vivre sans rien provenant de l'animal, notamment en ce qui concerne les vêtements). Philippe Starck créateur de renommée internationale est végétarien. Céline Iannucci auteur, comédienne et metteur en scène est végane. Tous deux s'expliquent sur leur mode de vie

 

Philippe Stark

Nanti d'un esprit grandement éclectique et fortement imaginatif, Philippe Stark n'a cessé toute sa vie de repousser les limites et les critères du désign. Pour lui, il est essentiel que la création quelle que soit la forme qu'elle prenne rende la vie meilleure au plus grand nombre.

 

Lorsque vous avez commencé un régime végétarien, qu'est-ce que cela a changé pour vous?

J'ai toujours été plus ou moins végétarien, possédant un dégoût instinctif pour la viande. Et à la naissance d'un de mes enfants, j'ai réalisé que je n'aimerais pas que l'on mange cet enfant et que dorénavant, je ne mangerais pas les enfants des autres. C'est une idée simple à avoir mais qui fait sens. En dehors de tout ce que l'on connaît de néfaste pour la terre du à la production de viande, la principale raison pour laquelle je suis végétarien c'est que je ne veux pas que ma vie engendre la mort. Ceci à n'importe quel stade. Je ne peux supporter que l'on tue des êtres vivants sous prétexte d'en nourrir d'autres. Ma culpabilité est telle que lorsque j'écrase une fourmi, je m'excuse auprès d'elle même si hélas, cela n'arrange pas vraiment son cas. C'est donc une raison strictement philosophique…

 

A une époque, les repas en avion n'étaient pas du tout faits pour les végétariens. Lors de vos voyages vous faisiez donc des écarts. Est-ce toujours le cas?

Même si la nourriture en général s'est améliorée dans les avions, la section végétarienne est effectivement assez médiocre. J'en profite donc pour faire des jeûnes, et quelquefois par désespoir, je dîne liquide.

 

Votre femme est végétarienne. Avez-vous élevé vos enfants dans cette philosophie du végétarisme? Si oui quel a été le résultat?

En effet, la question s'est posée pour l'alimentation de notre fille car nous aurions aimé être cohérents. Les médecins ont été unanimes et nous l'ont totalement déconseillé mettant en évidence des arguments difficilement discutables. J'ai eu moi-même l'exemple d'une famille composée de cinq enfants élevés à Formentera dans un strict végétarisme, et avec des résultats qui se sont révélés étranges. Mais évidemment, nous poussons à un niveau élevé la proportion du végétarisme au sein de notre famille. C'est d'autant plus facile, que ma plus jeune fille, pour des raisons morales, a décidé très tôt de ne manger ni viande ni poisson. Il faut donc plutôt la forcer que le contraire…

 

Que mangez-vous pour remplacer la viande et le poisson? Quelques exemples de plats végétariens que vous appréciez particulièrement? Et au niveau du lait? Lait de vache, soja, amende?

En général, ma part protéinée est constituée d'un régime quasiment religieux voué au quinoa, ce qui implique un bol de quinoa matin, midi, et soir. Cela fonctionne extrêmement bien, mais hélas ne fait pas maigrir. Nous buvons essentiellement du lait de soja et maintenant du lait d'amende que nous faisons nous-mêmes.

 

Vous ne mangez que bio, le vin aussi? Vous affirmez aimer manger souvent la même chose? Quoi par exemple? Faites-vous des cures?

Oui plus par hasard que par volonté, l'écologie et tout ce qu'elle comporte m'ayant été révélé à l'âge de 16 ans. Depuis, plus aucun produit non organique n'est entré dans ma maison que ce soit de la nourriture, de la lessive, des savons, du tissu etc… C'est une règle très ferme et régulièrement, je passe dans mes placards des produits d'entretien pour voir si une dérogation s'est produite. Si c'est le cas le cas, je mets moi-même tout à la poubelle. Le vin bio est une évidence comme le reste : pourquoi boire des produits chimiques inutiles? J'en bois régulièrement depuis trente ans et la qualité s'est énormément améliorée. Maintenant mon combat se situe ailleurs : militer pour les vins sans sulfites ajoutés car il est vraiment incroyable que des vins dits bio et labellisés puissent contenir des sulfites ajoutés, un poison immédiatement identifiable. J'adore manger la même chose, c'est une aventure personnelle, étrange et passionnante. J'ai des crises de divers monothéismes mais le plus permanent reste le quinoa. Je fais aussi trois à quatre jeûnes intégraux par an, à l'eau. C'est un exercice redouté à tort, qui engendre une certaine estime de moi-même due au fait que je sais le faire. Je travaille énormément, ce qui me permet d'avoir un esprit plus clair, et de me reconstruire physiquement après mes excès de voyage et un travail intense. Si j'avais le temps, je ferais des marches de plus de 100 km à jeun. Ce serait l'exercice idéal pour moi…

 

 Que pensez-vous de la viande cellulaire?
Je ne vois pas l'intérêt de produire de la fausse viande. Tout ce qui est faux est fondé sur une corruption qui forcément ne peut être sain. Si l'on veut des protéines, on peut les trouver dans les végétaux. Si la personne a réellement besoin de voir dans son assiette un steak frites ruisselant de graisse, elle appartient à une époque révolue et elle tirera les conséquences de ses erreurs.

 

 

Vous avez été ou êtes propriétaire de restaurants. Quelle place a la nourriture végétarienne au sein de ces restaurants?

Dans les années 2000, j'ai créé une des premières compagnies modernes de nourriture biologique qui s'appelait OAO. Nous avons été un des premiers à distribuer sérieusement les vins et les champagnes biologiques, et d'autres produitsL'imagerie électronique est déjà et sera encore davantage une des solutions fondamentales pour la guérison de presque tous les maux incluant la maladie mentale. La nourriture végétarienne a évidemment une influence sur le mental- sur la maladie je ne sais pas-car un foi foie chargé conduit en général à un état dépressif. Le végétarisme constitue aussi un enrichissement personnel. Il engendre une fierté personnelle et une cohérence envers soi-même formidables. Mais je pense hélas avoir été un peu trop en avance. Au même moment, je me suis dit que c'était bien d'inciter à consomme bio. A apprendre comment faire cuire le riz etc… mais qu'il serait plus efficace d'offrir une expérience directe. J'ai donc crée la chaîne des restaurants BON, 1000% biologique avec une carte incitant très clairement et fermement à aller vers le végétarisme-mon associé à l'époque ne voulant plus un végétarien uniquement. Il existait déjà des restaurants végétariens bien sûr, mais souvent réputés pour être tristes. L'idée derrière BON était qu'un restaurant biologique et végétarien puisse être beau, amusant et sexy. Là encore, j'ai compris que j'étais un peu en avance : des clients m'ont dit qu'ils ne comprenaient pas, qu'ils mangeaient tous les jours bio dans mon restaurant et qu'ils ne maigrissaient pas. Un autre se prétendait végétarien comme moi car il ne mangeait que du poulet. J'ai alors eu un grand moment de solitude qui m'a poussé à m'éloigner de mes restaurants, dont le dernier existe encore étrangement à Moscou. Mais je le crains sous une forme bien dégénérée. Ce serait le moment aujourd'hui de refaire strictement OAO et BON, mais il me semble que d'autres s'en occuperont mieux que moi.

 

Dans une interview au journal " Le Point", vous avez jugé la psychanalyse quelque peu désuète et avez parlé de l'importance de l'imagerie électronique pour les malades avec l'observation de la cartographie de leur cerveau. La nourriture végétarienne peut-elle selon vous avoir une petite influence sur la maladie mentale?
L'imagerie électronique est déjà et sera encore davantage une des solutions fondamentales pour la guérison de presque tous les maux incluant la maladie mentale. La nourriture végétarienne a évidemment une influence sur le mental- sur la maladie je ne sais pas-car un foi foie chargé conduit en général à un état dépressif. Le végétarisme constitue aussi un enrichissement personnel. Il engendre une fierté personnelle et une cohérence envers soi-même…

 

 Vous affirmez que manger végétarien vous aide pour votre travail. En quoi?

Etre végétarien aide pour la création car le corps et donc le cerveau sont totalement détoxifiés et circulent évidemment mieux. Aucune lourdeur dans le processus ne se fait sentir avec un fonctionnement plus rapide, une fatigue moindre; tout ce qui importe pour bien créer…

 

 

Céline Iannucci

 

Passionnée par l'écriture, la chanson française et la comédie, Céline Iannucci est comédienne, auteur et metteur en scène. Elle a fait plusieurs one man show, a montré un trio avec Florence Foresti et Céline Giroud " Les Taupes Models" a et a écrit une pièce "Donne-moi ta chance ". " V pour végane" est son dernier spectacle. Il raconte de manière humoristique le parcours autobiographique d'une végane et son combat de tous les jours. Comme elle le dit elle-même " Etre végane n'est pas un long fleuve tranquille". …

 

Vous êtes végane depuis 2014. Est-ce l'aboutissement d'un long processus ou cela s'est-il produit tout d'un coup?

Je dirais que globalement j'ai toujours été anti spéciste mais je ne savais pas que l'on pouvait se passer de manger des animaux. On entendait beaucoup de choses sur les végétaliens; qu'ils ne vivaient pas longtemps, ce qui était sûrement le cas avant l'invention de la vitamine B12. Depuis toute petite, je n'ai jamais pu tuer la moindre bête, que ce soit les insectes ou autres, et j'ai toujours très mal vécu les dîners autour d'une table en été lorsque les guêpes ou les abeilles étaient supprimées. De même quand mon père ramenait des poissons de la pêche, je les remettais dans un sceau salé pour les rejeter à la mer.   J'ai toujours mangé bio avec de la viande " bien traitée" à ce que l'on me disait. J'avais cette conscience là sans savoir que l'on tuait la viande jeune et ce sont des questions que je ne posais pas systématiquement. Après j'ai supprimé les petits animaux, puis je suis devenue pratiquement végétarienne. Ce qui m'a totalement fait réagir c'est la vidéo très controversée de Gary Yourofsky. C'est lui qui m'a fait prendre conscience que l'on pouvait vivre autrement, et c'était alors logique que je devienne végane.

 

Comment à présent vous nourrissez-vous?

Je mange le moins transformé possible à part peut-être le tofu puisqu'il a été fermenté. Je mange du tofu bio puisque je sais qu'il a été cultivé en France et que ce n'est pas du soja qui vient d'Amazonie et importé. Je ne suis absolument pas d'accord avec ce que l'on dit sur cet aliment, que c'est mauvais pour la santé, qu'il donne le cancer du sein. Pour moi, c'est bon pour la santé et c'est bien plus sain que les protéines animales… J'ai échangé sur Facebook avec Hervé Berbille fin connaisseur du soja qui pense qu'il existe une controverse venant des lobbies, ce qui lui donne mauvaise presse.. Sinon, je mange beaucoup de graines; de graines de courge, des super aliments et évidemment beaucoup de légumes, de légumineuses.

 

Vous dites " Etre végane n'est pas un long fleuve tranquille"!

C'est un peu ce dont je parle de manière assez risible dans mon spectacle dans toute la première partie. Les rapports que l'on entretient avec les gens en général, et les questions que l'on nous pose à peu près 10 fois par jour. Et des blagues que les gens pensent être les premiers à faire. Tout cela est un petit peu agaçant au bout d'un moment. Là je ne parle plus de mon spectacle mais de la vie privée où il faut constamment argumenter sur les mêmes choses. Cela prend beaucoup d'énergie, mais je me dois de le faire si je veux faire passer un message. La conversation peut parfois être un peu virulente, car même si je n'ai aucun ton agressif, certaines personnes se sentent agressées par le fait même du sujet, et en rapport avec leur conscience. Ces mêmes personnes d'ailleurs quand je les revois plus tard, généralement, ont déjà évolué. Il ne faut donc pas s'en priver, même si parfois c'est épuisant. Quand on est végane, on y pense tout le temps, même la nuit. En outre, je fais un spectacle sur le sujet et je baigne vraiment dedans. Je regarde les argumentaires, je vais voir des associations montrant des images, je souffre tout le temps en fait. C'est compliqué au sein de cette société, d'avoir cet état d'esprit, je ne dis pas démesuré car cela serait un pléonasme, mais tout simplement de l'empathie pour des êtres sentients et sensibles…

 

Quand vous allez chez des amis, y a t-il toujours ce qu'il vous faut?

En principe, oui. Ils font des efforts et me cuisinent des choses. Je les vois satisfaits d'essayer de faire des plats qui s'approchent du végétalisme et de me faire plaisir. C'est donc important pour moi de ne jamais faire d'écart et de montrer l'exemple. Ce qui est dommage c'est que ce n'est pas destiné à toute la tablée. Certains de mes amis sont véganes dans l'air mais n'osent pas faire le pas. En tout cas lorsque c'est moi qui invite, tout le monde se plie à mon régime. C'est toujours très bon, car j'essaye de faire des plats originaux et tout se passe toujours très bien. J'ai de la chance de connaître des gens qui se transforment pour moi. Mais comme cela doit les contraindre quelque peu, peut-être ne suis-je pas invitée à toutes les réunions…

 

Est-ce pour vous un sacrifice dans le sens où vous aimez la viande et autres?

Oui effectivement, mais ça ne l'est plus si je réfléchis. C'est vrai qu'au niveau du goût, je ne fais partie de ceux qui en sont dégoûtés. Quand on fait des barbecues et que je sens l'odeur, cela me donne toujours envie, en tout cas gustative. Mais dans ma vie courante, cela ne me manque pas du tout. C'est vraiment une conviction, et c'est d'ailleurs d'autant plus blessant lorsque l'on me dit " C'est ton choix". Oui, mais cela devrait l'être pour tout le monde.

 

Vous prenez de la vitamine B12 que l'on ne trouve que dans la nourriture provenant des animaux!

Oui, et je ne me risquerais pas à ne pas en prendre. Beaucoup de gens après mon spectacle, me disent ne pas en absorber et je les encourage vivement à le faire. C'est dommage de jouer avec sa santé. On dirait qu'il existe quelque chose de faux à en prendre. C'est juste une culture bactérie et il existe des produits beaucoup plus chimiques qu'ingèrent les omnivores. On peut prendre cette petite pilule différemment selon le dosage. Je prends celle qui s'absorbe quotidiennement et cela ne me semble pas anti naturel.

 

Votre compagnon vous suit-il dans votre démarche?

Oui, en tout cas lorsque nous sommes chez nous. Mais il lui arrive de manger autrement à l'extérieur. Il ne veut pas s'embêter et prétend qu'il n'y avait que cette solution là ce qui n'est pas vrai. Ce sont des moments où il s'octroie ce plaisir là et cela doit un peu lui manquer, même s'il ne l'avoue pas. Mais il essaye de plus en plus de résister. Par exemple, il ne va jamais prendre de viande au restaurant devant moi. Il pense que le poisson me gêne moins, mais c'est pareil. On a toujours le sentiment que la viande sensibilise davantage mais je trouve horrible la façon dont les poissons meurent. Quant au lait, il va en prendre avec un peu moins de culpabilité, alors que c'est une industrie aussi meurtrière que celle de la viande si ce n'est pire.

 

Mangez-vous du fromage végane?

Oui notamment une sorte de camembert dont je raffole. Un magasin en vend à Lyon mais c'est 10 euros le petit camembert. J'y vais mollo mais quand j'en achète, je le déguste réellement. Sinon quelquefois des pâtes à tartiner, mais là encore je peux arriver à m'en passer. En fait, il suffit de reconditionner son cerveau. Personne n'aurait pensé que je puisse me priver de fromage. J'en mangeais tout le temps, j'adorais ça, mais à présent je ne finis pas forcément mon repas par cet aliment.

 

Que pensez-vous de la viande cellulaire?

C'est un sujet très controversé et certains disent que ce serait bien que le goût soit totalement supprimé. Mais selon moi la viande cellulaire peut constituer un bon intermédiaire, car notre planète est quand même en danger. Il existe des personnes pas du tout capables de penser au végétal pur. J'espère même si ce n'est pas évident, qu'ils seraient assez intelligents s'ils retrouvent le même goût, la même consistance pour avoir recours à cette viande là en pensant au fait que les animaux sont en sécurité. Je ne suis pas contre pour convaincre les irréductibles…

 

Souvent, on accuse les véganes d'être moralistes et de chercher à embrigader tout le monde!

Oui, c'est un peu vrai en ce qui me concerne. En faisant mon spectacle, même si j'essaye de ne pas faire de propagande, à partir du moment où j'évoque le sujet, je mets les gens face à leur conscience. Ce sujet concerne tout le monde, et évidemment je vais avoir envie d'essayer de convaincre. Après, est-ce que c'est de la morale? Nous sommes quand même une espèce humaine dotée de cette conscience là et qui tâche d'être le plus morale possible. On se veut comme tel et l'on fait l'inverse. C'est une guerre que l'on entreprend contre les animaux, et ce n'est pas du tout en adéquation, avec tous les systèmes de valeur que l'on tente de nous faire avaler. Effectivement, je ne me cache pas d'être un peu moralisatrice sans penser pour autant que je détiens la vérité, mais je suis certaine de mon efficacité. Je me remets en question tout le temps, j'ai essayé de trouver des anti-arguments pour de temps à autre faire un petit écart, mais ceux-ci ne valaient rien par rapport à une vie et à une souffrance que je combats. J'ai vraiment le sentiment d'être dans le juste et je veux faire valoir mes arguments… Je suis toujours touchée quand les gens font un chemin et qu'ils commencent à moins manger de viande ou qu'ils deviennent végétariens. Même si bien sûr j'aimerais que ce soit global. Mais chacun n'a pas la même empathie d'emblée et de nombreux critères rentrent en ligne de compte comme par exemple l'éducation. Mais si une personne est ouverte et qu'un débat argumenté et intelligent se met en place, c'est bénéfique.

 

Pourriez-vous nous parler de votre spectacle

Il n'est pas que drôle. Je prends tout à la dérision mais à la fin par exemple je parle des gens qui travaillent dans les abattoirs et je les incarne. Par exemple celui qui est censé endormir, et j'explique les techniques d'étourdissement avec des instruments auquel il a recours. Je fais des personnages très hauts en couleur pour exagérer la situation et faire un peu rire. Toute la première partie, je parle de mes relations avec les gens, et de ma vie de végane. J'essaye d'étaler tous les thèmes du véganisme, toutes les raisons de l'être et toutes les contraintes d'une végane. Dans la deuxième partie, même s'il n'y a pas d'entracte, je vais davantage en profondeur en expliquant pourquoi je suis végane. J'explique toujours sous forme d'humour pourquoi l'on prend soin de certains animaux et que l'on en tue d'autres. Qu'on est condamné parce que l'on torture un animal de compagnie alors que l'on en tue trois millions par an dans le monde. Et puis je parle un peu des lobbies et de ma mère qui a toujours peur pour moi et ma santé. Elle pense qu'il va peut-être m'arriver quelque chose..

 

Après votre spectacle, des spectateurs vous disent-ils que vous les avez convaincus de faire des efforts?
Oui. J'ai même été très émue spécialement deux fois. Un jour, une jeune femme s'est dirigée vers moi les larmes aux yeux en me disant : " Je tenais à vous remercier, depuis 1 an je suis végétarienne. Je suis rentrée chez moi, j'avais du veau dans mon frigidaire et je l'ai mis à la poubelle et je n'en ai plus jamais mangé. Même des amis m'ont affirmée après avoir vu mon spectacle, que cela faisait dix jours qu'ils n'avaient pas mangé de viande. C'est peut-être une passade mais cela veut dire que ça interpelle. Mon spectacle, plus autre chose et encore autre chose, finit par semer quelques graines et c'est ce que je souhaite. Mais il y a aussi des gens qui ne sont pas du tout convaincus qui prennent le sujet au second degré. Ils veulent bien se marrer sans changer, mais je pense malgré tout qu'une réflexion se met en place. Par rapport à mes autres spectacles, il règne ce plaisir de voir les gens discuter du sujet. Certains viennent me voir et l'on en parle.

 

Vous avez travaillé avec Forence Foresti. Est-elle sensible à la cause des animaux?
Non, elle a été végane quelque temps mais c'était plus pour des questions de santé. Puis elle a craqué pour une raclette!...

 

Pour finir, avez-vous des animaux?
J'ai 3 chats. Un âgé et deux petits chatons. Quelqu'un les mis ces chatons dans un jardin voisin et les a laissés là. La voisine leur a donné un peu à manger mais elle ne pouvait les garder et voulait les placer à la SPA… Et je les ai donc recueillis… Dès qu'il existe un véritable échange entre l'animal et l'humain, je ne vois pas en théorie pourquoi on ne devrait pas en avoir. Pour moi, ce n'est pas de l'exploitation. C'est comme une personne qui a un cheval et qui le monte. Certains disent qu'ils ne sont pas faits pour cela, que ça leur fait mal au dos etc.. J'ai une amie qui a plusieurs chevaux. Ceux-ci représentent la prunelle de ses yeux et un vrai amour les unit. De temps à autre, elle part en balade avec eux. Personnellement je ne suis pas contre tant qu'on ne leur fait pas faire des choses qui les épuisent…

 

Agnès Figueras-Lenattier

 

 

 

mercredi, 22 avril 2020

Beethoven par lui-même

Présenté et commenté par Nathalie Krafft

Nathalie Krafft ancienne rédactrice du " Monde de la Musique" signe ici une séduisante biographie. Laquelle englobe de nombreuses lettres du compositeur, allant de la 1ère où à 11 ans il crie son amour de la musique jusqu'aux dernières où avant de mourir, il réclame notamment des subsides pour se nourrir.. " Dès ma quatrième année, la musique devient peu à peu la première des occupations de mon âge… Dès lors que j'entrai dans ma 11ème année, ma muse souvent me murmura dans les heures de consécration : " Essaie, écris et note les harmonies de ton âme."

Beethoven apparaît comme un homme humain, changeant, généreux, et grâce à ses écrits, l'on pénètre dans la profondeur de sa personnalité. Maltraité par un près brutal et alcoolique, il aimera plus tard taquiner ses collègues musiciens et faire des blagues.

Son caractère généreux et qui ne calcule pas, se devine particulièrement dans ses lettres avec les femmes; toutes ses amours se révélant d'ailleurs contrariées.

Habité toute sa vie par des problèmes de santé, son ouïe commence à lui jouer des tours dès l'âge de 27 ans. Il aura du reste des envies de suicide, mais l'art le retiendra : " L'art seul me retint de mettre un terme à ma vie." Le 6 octobre 1809, il écrit à ses deux frères :

" Il me semble impossible de quitter le monde trop tôt avant d'avoir engendré tout ce à quoi je me sentais disposé."

C'était non seulement un grand compositeur, mais il savait aussi être habile avec les mots. On le voit bien au sein de cet ouvrage où Nathalie Krafft qui connaît bien son sujet puisqu'elle est également l'auteur de la nouvelle édition des " Cahiers de conversation de Beethoven" donne du relief à son côté complexe et ambivalent. Un Beethoven également de talent dans sa correspondance qui déclarait "aimer rien tant que le royaume de l'esprit…"
Agnès Figueras-Lenattier

 

09:53 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : beethoven, lettres, biographie

mercredi, 15 avril 2020

Eugène Fromentin "Le roman d'une vie" par Patrick Tudoret

Editions Les Belles LEttres

Belle biographie d'Eugène Fromentin, peintre écrivain, né à la Rochelle en 1820; elle se lit facilement et avec agrément. Un style à la fois simple et travaillé avec des témoignages précis de personnalités l'ayant bien connu. Ce qui donne un bon aperçu de sa personnalité et montre son caractère mesuré, modeste, à la limite du syndrome de Lord Chandos, personnage de Hugo Von Hoffmann Stahl qui possédait un doute prononcé de ses capacités. Mais contrairement à cet homme, Fromentin n'a jamais renoncé à écrire.

Passionné par l'Algérie et considéré comme un représentant de l'orientalisme, il avait la faveur du grand Sainte-Beuve qui pourtant de manière générale avait plutôt la dent dure!... Même principe avec les Frères Goncourt. Quant à Georges Sand, elle ne tarissait pas d'éloges non plus. Elle évoque notamment sa figure saisissante d'expression, ses yeux magnifiques et ses dons d'orateur…

Eugène Fromentin fils d'un médecin reconnu et d'une mère pleine de compassion, était un élève brillant, doté d'une sensibilité maladive et d'une remarquable mémoire. Auteur de deux récits de voyage " Un été dans le Sahara" et "Une année dans le Sahel", une de ses forces consistait en une grande exigence vis à vis de lui-même et le mot facilité lui faisait horreur…

De santé fragile, auteur d'un seul roman mais quel roman! (" Dominique"), il vouait une grande admiration à des peintres comme Delacroix, Géricault, Corot. D'ailleurs quel enchantement pour lui lorsque Delacroix lui écrivit ces quelques phrases : " Après avoir lu votre " Eté dans le Sahara", qui m'a ravi, je désirais fort vous connaître : j'irai vous dire en même temps ce que j'en pense ainsi que du Sahel que je n'ai point encore lu. On m'a dit que vous m'y gâtez beaucoup… "

Dans ce livre, l'auteur démontre combien l'amitié constitua une des grandes réussites d'Eugène Fromentin, et combien nombre de ses amis étaient prêts à lui rendre service. Une des ses amitiés les plus fortes? Armand du Mesnil surnuméraire au Ministère de l'instruction publique et plus tard directeur de l'Enseignement supérieur.

Marié à Marie Cavellet de Beaumont après avoir aimé une certaine Léocadie inspiratrice de son roman, il connut également la joie d'être père.

A la fin de sa vie, il écrira un ouvrage sur les grands peintres flamands et hollandais " Les maîtres d'autrefois" dont Claudel, Proust, Van Gogh et bien d'autres en feront un livre de chevet… D'après Armand du Mesnil, il aurait souhaité avant de mourir, écrire un livre démontrant comment se fait la production d'un cerveau.

Qualifié de " peintre en deux langues" par Sainte-Beuve, il n'avait d'après Patrick Tudoret, rien de médiocre en lui. En tout cas, il était aussi doué en peinture qu'en écriture, ce qui est avéré, puisqu'il est à la fois un artiste représenté dans le monde entier et un écrivain honoré figurant dans la Pléaïde…

Patrick Tudoret nous séduit de par sa maîtrise technique de la biographie et par sa qualité d'écriture. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard s'il a obtenu en 2009 le Grand Prix de la Critique, et le Prix Claude Farrère et le Prix des Grands Espaces pour son roman ""L'homme qui fuyait le Nobel" en 2015…

Agnès Figueras-Lenattier

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14:35 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : fromentin, biographie

mercredi, 11 mars 2020

Concert piano peinture

Au Centre Culturel du Vieux Montmartre 12 rue Cortot Paris 18ème , aura lieu le 2 avril à 18h30 une performance piano peinture " Souffles de flamme" réalisée par la peintre et pianiste Frédérique Nalpas. Alors que ses peintures seront projetées en vidéo, elle interprètera des œuvres de compositrices de génie avant-gardistes les sœurs Boulanger.

Frédérique Nalpas est une artiste d'exception admiratrice de Degas dès sa plus tendre enfance dont la démarche picturale est entièrement liée à la musique (danse, sensualité, amour). Son univers est très coloré, et représente avec brio tout ce qui se rapporte au mouvement. Très à l'aise avec les touches de son piano, et laissant passer beaucoup d'émotions, elle rêvait petite d'être pianiste… Ce n'est pas toujours évident de réaliser ses rêves d'enfant, et sa motivation nantie d'une bonne dose de volonté lui ont permis de le faire. Bravo à cette artiste, petite nièce d'Antonin Artaud poète, écrivain, metteur en scène atypique et reconnu. Elle a donc de qui tenir quant à ses capacités  picturales et musicales.

Un mélange des deux arts qui promet de faire naître une belle soirée dont la thématique se situe autour de la femme…

A.F.L

10:27 Publié dans concert | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : piano peinture, duo

lundi, 09 mars 2020

Exposition " Le surréalisme au féminin"

Du 7 au 11 mars 2020, aura lieu l'exposition consacrée à 8 femmes artistes du surréalisme des années 1930 aux années 1990, organisée par les Beaux Yeux dans l'atelier de la peintre Eugénie Dubreuil , 5 rue Barrault dans le 13ème arrondissement.

"Le but explique Eugénie Dubreuil est de montrer le processus de création du surréalisme à partir de collages comme le faisait Max Ernst… "

Ce sera l'occasion de découvrir les premières gravures de la peintre et illustratrice Valentine Hugo maîtresse de Paul Eluard et d'André Breton. De mieux se familiariser avec Marie-Laure de Noailles femme du fils d'Anna de Noailles. Tous deux ont financé les surréalistes en particulier " L'âge d'or" film de Dali et de Bunuel tourné aux Baléares… Ou encore d'admirer l'art de Dar Maar l'une des amantes et muses de Picasso...

Ce n'est pas tous les jours que la femme artiste est célébrée, et cette belle initiative d'Eugénie Dubreuil mérite qu'elle soit honorée…

Ouvert tous les jours de 15h à 19h

A.F.L

samedi, 29 février 2020

L'UCPA s'investit dans la ville avec la création de "L'UCPA SPORT STATION".

Il se lance dans l'aménagement sportif de la ville afin d'y créer des espaces grandeur nature ouverts à tous. C'est une nouvelle manière de vivre le sport au quotidien, avec de multiples parcours différents de ceux que l'on connaît … Huit UCPA SPORT STATION sont déjà lancés et d'autres sont à l'étude…

L'UCPA, groupe associatif à but non lucratif est né en 1965 de l'initiative du Général de Gaulle qui souhaitait développer une politique dynamique et ambitieuse. Reconnu d'utilité sociale, il est composé de deux associations dédiées à deux secteurs d'activité : L'UCPA Sport Vacances et L'UCPA Sport Loisirs. Depuis plus de 50 ans, il oeuvre en faveur d'un sport ouvert à tous, non compétitif, et vecteur de vivre-ensemble, de mixité et de bien-être. Il veut rendre accessible à tous sans discrimination une expérience sportive, source de partage et de coopération destinés à des projets communs. Grâce à l'UCPA, 3 à 4 millions de personnes ont accédé à des séjours où à des loisirs sportifs facteurs de cohésions sociales. En 2018, 75.000 jeunes en ont bénéficié. Les chiffres révèlent, que 86% des jeunes sont plus autonomes après un stage sportif, que 92% des jeunes ont tissé des liens pendant leur séjour, et que 95% des jeunes déclarent avoir amélioré leur bien-être.

L'UCPA, agréé ESUS, (entreprise solidaire d'utilité publique) depuis 2012 englobe 80 activités sportives, crée du lien social et permet à chacun de progresser tout en profitant des valeurs et des bénéfices qu'apporte le sport. C'est le 1er employeur et formateur dans les métiers du sport en France. Implanté dans 200 lieux de France, il emploie 125.000 collaborateurs et 63% des personnes recrutées ont moins de 25 ans.

Il faut savoir que le prix des stages sportifs (hébergement collectif, pension complète, matériel et encadrement sportif) sont inférieurs à ceux du marché de 30 à 40% l'hiver et de 10 à 20% l'été… En outre, 58% des publics accueillis bénéficient de diverses aides financières.

Actuellement l'UCPA a mis en place un nouveau concept : L'UCPA SPORT STATION qui consiste à aménager le sport en ville. Guillaume Legaut directeur général de L'UCA s'en explique : " L'idée c'est de réfléchir à la manière de faire vivre le sport en ville afin qu'il soit davantage connecté aux attentes et aux manières de vivre des citadins d'aujourd'hui.. Les gens sont davantage connectés au digital, et ont envie de pratiquer différentes activités physiques qui doivent être plus accessibles à tous. Les gens éprouvent le besoin d'être un peu plus nomades, de pouvoir entrer, sortir, venir avec des amis et partager des moments conviviaux.. Sport Station c'est tout d'abord une aventure humaine donnant aux pratiquants la possibilité de vivre une expérience saisissante et différente. Ensuite, il faut que le plus de monde possible en profite avec de grandes amplitudes horaires adaptées aussi bien aux lève-tôt qu'aux couche-tard. Les mères de famille pourront aussi en profiter avec par exemple à Meudon un espace où garder leurs enfants. Le troisième aspect est de faire vivre le multi sport en décloisonnant ce qui va être imaginé dans ces lieux là. Que l'on puisse passer d'une activité à une autre avec l'aide des éducateurs sportifs qui accompagneront chaque personne afin qu'elle puisse progresser dans le domaine où elle pratique. Enfin, le but est de créer des lieux suffisamment spacieux pour respirer et oublier un peu la vie stressante des villes. "

Tout le monde pourra participer avec l'instauration d'une proximité et d'un accès facile. Déployée également une politique d'accessibilité tarifaire destinée aux publics défavorisés. Les disciplines proposées sont très diversifiées (fitness, escalade, glisse, sports de raquette, bien-être avec par exemple séance de yoga ou de spa) avec des parcours adaptés à chacun. Le design des espaces, les animations, événements indoor et outdoor, favorisent les possibilités d'aventures sportives individuelles ou collectives. De nombreux services (restauration, bar, espace bien-être, ateliers éducatifs et créatifs pour les enfants, coaching…) complètent cette multitude.

Huit SPORT STATION sont prévus d'ici 2024 : Meudon, Reims, Bordeaux Brazza, Bordeaux Belcier, Paris 19ème, Nantes, Bercy Charenton et Asnières.

Les quatre SPORT STATION mis en place d'ici 2022 :

UCPA SPORT STATION MEUDON : Ouverture septembre 2020

UCPA Sport Station I Meudon englobe au sein d'un lieu unique 5 espaces sportifs : Un terrain de football rétrocédé à la ville, une patinoire sportive, un espace forme et fitness, une zone de squash et de padel, et un parcours accrobranche ouvert 7 jours sur 7.

Le programme immobilier du multiplex sportif s'étend sur 75.000 m2 avec un réaménagement du quartier de la pointe de Trivaux à Meudon-la-Forêt. Chaque semaine, 90 séances encadrées seront proposées avec une large amplitude d'ouverture 7 jours sur 7 et des tarifs accessibles. La patinoire, les clubs de hockey sur glace, de patinage artistique et de vitesse sont conçus pour accueillir le grand public et un véritable club house sportif est prévu. L'été et l'hiver, sur le parvis de l'équipement auront lieu des événements : patinoire pour les enfants l'hiver et de possibles modules de glisse et de pumptrack…

 

UCPA SPORT STATIONI GRAND REIMS: ouverture septembre 2020

Il a trois objectifs prioritaires : la création d'un centre aquatique d'envergure nationale; le développement et l'aménagement d'un nouveau quartier pour étendre le centre-ville de Reims et la réhabilitation de la friche industrielle, SERNAM.

Le multiplexe rassemble dix espaces ouverts à tous. On trouve un centre aquatique, une patinoire intérieure et extérieure, un espace forme, un pôle dédié au bien-être, un autre dédié aux sports de raquette (squash et padel-tennis), un espace événementiel modulable au gré des saisons, des lieux de co-working et un snack-restaurant. Le tout a nécessité un investissement de plus de 49, 6 millions d'euros…

 

UCPA SPORT STATION I PARIS 19 : ouverture en 2022

L'UCPA SPORT STATION I Paris 19 est situé à proximité de la gare du Nord et des voies d'accès desservant la Belgique, le Luxembourg et l'Angleterre. C'est un équipement privé indoor tourné vers l'outdoor et destiné à tous les publics. L'objectif est de favoriser la pratique sportive dans les jardins de l'îlot fertile, et plus largement dans le parc de la Villette. . Sont prévus circuits courts, produits locaux pour la restauration, efficacité énergétique, production d'électricité renouvelable avec des expérimentations sur le thème de l'écologie urbaine. Il est prévu aussi de faire découvrir Paris aux touristes de façon originale par le biais d'une pratique sportive locale (circuit running, roller). Le projet d'écoquartier de 1,3 ha baptisé " îlot fertile conjugue qualité de vie et démarche environnementale.. Composé d'un grand jardin ouvert de 6500 m2, il est entouré de 440 logements dont 50 logements sociaux. Des sports encore peu répandus dans la capitale comme le padel, le badminton , le squash ou l'escalade seront à la disposition des riverains.

 

UCPA SPORT STATION I BORDEAUX BRAZZIA : ouverture en 2022

Le but premier de ce multiplexe est de créer une dynamique nouvelle au sein d'un quartier en plein essor et de proposer au cœur de Bordeaux et sur la rive droite des activités sportives attractives. Il a été imaginé un univers escalade de 1000 m2, un univers fitness composé de plusieurs plateaux et salles, un espace raquettes ( terrains de squash et de padel) et un parcours golf avec practice en rooftop rassemblés dans un même lieu. Avec en complément bar et restauration, espace événement, location et vente d'équipement sportifs, escape game, saunas, espace enfants. Ces pratiques  proposées en libre accès, encadrées, surveillées, coachées, en compétition vont créer des passerelles et du lien entre les activités et les pratiquants. 

Agnès Figueras-Lenattier

 

 

 

01:39 Publié dans Sport | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : l'ucpa, ville, aménagement

mercredi, 12 février 2020

Rendez-vous théâtre avec l'oeil éclairé d'Agnès notre critique du 14ème

Le K

Belle présence du comédien Grégori Baquet ( Molière 2014 de la " Révélation"et nommé comme meilleur comédien aux Molières 2018-2019) qui interprète ici 13 histoires du célèbre recueil de nouvelles " Le K" de l'écrivain et journaliste italien Dino Buzzati. Celles-ci sont adaptées et co-mises en scène par Xavier Jaillard (Molière 2008 de "L'adaptation" pour " La vie devant soi").

Bref, un duo de choc et ce n'est donc pas étonnant si l'on se régale à l'écoute et à la vue de ce spectacle. Dino Buzzati qui a également écrit le roman très connu " Le désert des tartares" aime recourir au fantastique et à l'humour. Dans la nouvelle la plus connue "Le K", il imagine l'histoire d'un petit garçon Stefano poursuivi par un monstre marin qu'il fuira toute sa vie. Jusqu'au moment où ce squale lui annoncera qu'il ne voulait pas le dévorer mais lui remettre une petite " Perle de la Mer" procurant à son propriétaire fortune, puissance, amour et paix de l'âme. Mais trop tard, c'est le destin… Cette fatalité présente dans la condition de l'humain fait partie des thèmes chers à Buzzati. Parmi les autres sujets de prédilection de cet auteur mis ici en avant : la création et son amie la solitude..

L'imagination fertile et drôle de Buzzati résonne ici avec brio grâce au beau travail de Grégori Baquet et Xavier Jaillard. Grégori Baquet semble totalement en accord avec les personnages de Buzzati et la joie qu'il ressent à les jouer fait plaisir à voir. Il a d'ailleurs avoué un jour à Xavier Jaillard qu'il avait l'impression de ne pas jouer mais de vivre Buzzati,." Cette confession a fait dire au metteur en scène qu'ils pouvaient peut-être présenter la pièce au public"…

Et c'est vraiment une réussite. Grégori Baquet dont la diction est excellente, est agile, et vraiment à l'aise quant à la maîtrise de ses mimiques, de ses mouvements et déplacements. Son regard est très expressif, et sa mine joviale et ses rictus correspondent bien à la verve humoristique de l'auteur. Le décor consistant en une grosse lettre le K est fort bien exploité par le comédien qui l'utilise à bon escient en fonction des histoires.

Bravo à ce duo qui nous enchante pendant une heure et dont la belle complicité sous-jacente retentit à merveille sur scène….

Plus d'infos :

Théâtre Rive Gauche 6 rue de la Gaité

Métro: Edgar Quinet, Gaité, Montparnasse Bienvenüe

 

Autre spectacle dans la même rue qui m'a laissée sans voix tellement c'est magnifique " Marie des Poules" spectacle sur la gouvernante de Georges Sand. C'est au Petit Montparnasse et tout est splendide : texte, mise en scène, interprétation... 

Agnès Figueras-Lenattier

 

 

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