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vendredi, 11 août 2017

JARDINS

Paradis des artistes (DVD)

Arte Editions

 Suite à l'exposition au Grand Palais, voici un DVD en rapport avec cet événement. Le film relate les relations qu'entretiennent les artistes avec les jardins et la façon dont ils s'en inspirent. Pour commencer, on remonte à l'Antiquité qui déjà s'intéressait à ce sujet. Puis on passe à Tim Burton, Fragonard, Murakami ou autres…

Pour agrémenter ce thème, des artistes (paysagiste, cinéaste, sculpteur, dessinateur) donnent leur avis, et évoquent par exemple leur vision des arbres ou des fleurs… Il semblerait d'ailleurs que la frontière entre l'artiste et le jardinier soit réduite à presque rien. Ainsi Le Nôtre aurait voulu être peintre.
La conservatrice Coline Zellal parle avec précision du jardin impressionniste, notamment celui de Claude Monet à Giverny. Ce dernier refusera d'ailleurs les fleurs sur sa tombe, les préférant vivantes et resplendissantes. Coline Zellal parle également du problème que constitue la représentation figée du jardin, alors que celui-ci évolue constamment. En tout cas, on se rend bien compte que les artistes peuvent laisser totalement libre cours à leur imagination…

En plus du film, quatre entretiens (Peter Greenway cinéaste, Arnaud Maurières paysagiste, Guiseppe Penone sculpteur, François Schuiten dessinateur ) sont réalisés avec des artistes déjà présents dans le film, et c'est intéressant d'avoir un point de vue plus détaillé. Chaque témoignage possède ses richesses, mais l''opinion d'Arnaud Maurières paysagiste est peut-être la plus touchante. Il raconte que le jardinier n'appartient pas au domaine artistique tel que l'on peut le concevoir, mais explique avec émotion tout le côté créatif du métier.

Ce DVD bien conçu constitue un bon complément à l'exposition, et pour qui veut garder une trace, c'est un bon moyen d'en avoir une…

Agnès Figueras-Lenattier

17:53 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

JARDINS

 (DVD)

 

mardi, 01 août 2017

Paul Delvaux " Maître du rêve"

Somogy Editions d'Art

Quel beau catalogue édité à l'occasion de l'exposition sur le peintre belge Paul Delvaux (1897-1994) au Palais Lumière d'Evian. Avant que l'on découvre les somptueuses peintures laissant planer tout l'univers poétique de Paul Delvaux, quelques personnalités évoquent les diverses facettes de l'artiste. Parmi eux, Pierre Ghêne collectionneur des tableaux du peintre et qui dit avoir été atteint de Delvaux-pathie.

Il faut dire que l'univers de Delvaux est fantasmagorique, et même si on n'a pas vu l'exposition, il est tout à fait possible grâce à ce livre, de se faire une nette idée du splendide travail de Paul Delvaux.

Ce dernier qui a notamment inspiré le poète Paul Eluard ne différencie pas sa vie de son œuvre, et ses thèmes personnels de prédilection de toujours s'y retrouvent : ruines gréco-romaines, tramways, trains, squelettes, femmes nues avec notamment l'univers lesbien. Le gris est la couleur prédominante de l'ensemble de ses toiles. " J'aimais les gris comme les hommes du Nord."

Influencé par Raphaël dans son approche du corps humain, celui qui l'a le plus marqué picturalement est Giorgio de Chirico. Tous deux étaient fascinés par l'agora grec, et après la découverte de De Chirico, il n'aura qu'un seul but " faire de la poésie en peinture".

Deux femmes ont particulièrement compté dans sa vie : Suzanne Purnal qui partagera sa vie entre 1937 et 1952. Ce sera un mariage non consommé, mais la période de production la plus riche de Paul Delvaux. L'autre femme s'appelle Tram. Il l'a connaîtra jeune, mais ses parents l'obligeront à renoncer à elle. Il la retrouvera 25 ans plus tard, et ne la quittera plus. Très peu d'hommes peuplent son univers, et Otto Lindenbrock héros du roman de Jules Verne (qu'il affectionne tout particulièrement) est l'une des rares créatures masculines présentes dans son œuvre.

" Je rêve lorsque je peins déclare t-il. Tout est tangible, les éléments existent mais sont placés dans un autre contexte, le domaine de la poésie"…

A nous maintenant de rêver en compagnie de cet artiste surnommé " le peintre des gares" grâce à ce magnifique livre d'art…

Agnès Figueras-Lenattier

 

14:08 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : delvaux, poésie, rêve

vendredi, 14 juillet 2017

Entretien avec Tahar Ben Jelloun

Collection " Ecrivain" chez Audiolib

A travers cette interview bien menée par Jean-Luc Hesse, on découvre un Tahar Ben Jelloun bien ancré dans la réalité, et qui ne se prend pas au sérieux. Observateur, doué d'empathie, il avoue être constamment en train de tourner tout en dérision. Admirateur de Shakespeare, Cervantès, Borges, Nietzche, il se reconnaît tout à fait en Spinoza. Notamment lorsque ce philosophe parle de "l'être voué à persévérer dans son être."

En écriture, Tahar Ben Jelloun aime traduire la douleur du monde, alors qu'en peinture qu'il pratique de manière professionnelle depuis quelques années, il évoque la lumière du monde. Les deux côtés de son caractère… Partisan d'enseigner la philosophie dès la 6ème, cet écrivain intéressé par Turner et Matisse travaille beaucoup en collaboration avec son éditeur. " Je lui demande d'être très sévère"…

Cet entretien d'une heure où Tahar Ben Jelloun se confie sans détour, permet de mieux cerner sa personnalité, et de faire un peu le tour de sa vie : Son pays le Maroc et les souffrances qu'il lui a causées, sa rencontre avec l'écriture, son jugement sur l'amitié, ses enfants.

Les fans de Tahar Ben Jelloun y trouveront leur compte, et ceux qui le connaissent peu ou pas découvriront un personnage intuitif, sensible, et tourné vers les autres. Une belle confession, digne d'intérêt…

Agnès Figueras-Lenattier

 

mardi, 11 juillet 2017

Rendez-vous théâtre avec l'oeil éclairé d'Agnès notre critique du XIVè

La petite fille de Monsieur Linh

 

Sylvie Dorliat a été subjuguée lorsqu'elle a lu " La petite fille de Monsieur Linh", roman de Philippe Claudel. Très vite, l'idée de l'adapter pour la scène et de l'interpréter s'est imposée à elle. " Le travail présomptueux et déchirant de l'adaptation" explique t-elle " et des " satanées coupes", sans trahir, sans mutiler, tout en préservant la grâce et la pudeur de l'écriture de l'auteur"…

Cette histoire évoque l'arrivée de Monsieur Linh en Occident qui a fui son pays détruit par la guerre. Il porte dans ses bras sa petite fille nommée Sand Diu. Il va faire la connaissance de Monsieur Bark avec qui une amitié très forte va se nouer.

Pour qui n'a pas lu ce roman, cela donne vraiment envie de le lire. Pour celui qui l'a déjà lu, c'est sûrement un vrai plaisir de le voir interprété et mis en scène de cette aussi belle manière. En compagnie de jeux d'ombres et de lumières, parfois de silences et d'un fond musical, Sylvie Dorlat se donne à fond, et joue de manière subtile avec son corps et sa voix. On sent qu'elle a vraiment adoré ce livre, et elle se transforme en une conteuse puissante et attendrissante.

Grâce à sa collaboration avec Célia Nogues la metteur en scène, cette histoire d'exil se révèle très poétique, et les paroles imagées de Philippe Claudel font réfléchir sur le sort des réfugiés. Vraiment magnifique…

Agnès Figueras-Lenattier

Rencontre avec l'équipe artistique le 28 juillet 2017 à l'issue de la représentation

Plus d'infos :

Le Lucernaire 53 rue Notre-Dame-Des-Champs

Métro : Vavin, Notre-Dame-Des-Champs

 

vendredi, 07 juillet 2017

"La Musée"

Début 2017, le Musée Camille Claudel a enfin ouvert ses portes à Nogent sur Seine. Vraiment une belle initiative puisqu'il y a 50 ans, cette grande dame n'était absolument pas connue du grand public. Ce qui est quand même incroyable vu son talent… Et d'autres injustices de ce style concernant les artistes femmes ne manquent pas. Prenons par exemple la muse de Guillaume Apollinaire Marie Laurencin dont les œuvres à de rares exceptions près se trouvent uniquement au Japon. Ou encore la peintre mexicaine Frida Kahlo. On connaissait son mari Diego Riveira, et cela fait également peu de temps que ses tableaux sont apparus au grand jour. Depuis, sa côte n'a cessé de monter.

Bref, il reste encore beaucoup à faire dans ce domaine, et Eugénie Dubreuil diplômée d'un doctorat en art contemporain et qui peint depuis l'enfance se propose de remédier à ce phénomène. Touchant à toutes les techniques (gravure, céramique, dessin, collage), elle a acquis au fil des années entre 300 à 350 œuvres d'artistes féminines. Une collection englobant tous les arts depuis le XVIIè siècle jusqu'à nos jours (peinture, sculpture, dessin, gravure, céramique, broderie, timbres) et venant d'environ 25 pays même si la France est la plus représentée. Elle souhaiterait léguer ses œuvres à l'Etat afin de créer ce qu'elle appelle " La Musée", un musée dédié uniquement aux femmes artistes. Avant d'en arriver là-, elle a commencé par parler de son projet à la ville de Paris. On peut le découvrir sur le site Budget Participatif de la ville de Paris Secteur culture et patrimoine sous le nom de Virtu'elles Muséum... Un vote des parisiens aura lieu au mois de septembre pour savoir si son initiative est retenue et si des subventions pourront lui être accordées. Il s'agirait de numériser ces œuvres et de les exposer virtuellement sur un site internet accessible au plus grand nombre.. Ensuite, le virtuel pourrait devenir réalité… Pour ce faire, une publicité sous forme de flyers, d'affiches se mettra en place dans la capitale, donnant à tous les habitants l'occasion d'exprimer ou non leur approbation quant à cette idée.

En attendant, Eugénie Dubreuil invite la population à venir voir son atelier situé dans le XIIIè arrondissement. Elle organise diverses expositions autour d'un thème bien précis, afin de donner un avant-goût de ce qu'elle possède. " "Mais déclare t-elle, il faut que je trouve une solution car chez moi ce n'est pas grand. De plus, c'est au détriment de mon travail personnel. Mais je suis très mordue par ce projet, et maintenant que c'est en cours, je suis à fond dedans"… N'hésitez pas à contacter Eugénie Dubreuil au 0689338807.

Agnès Figueras-Lenattier

 

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05:35 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : femmes, musée, projet

mardi, 04 juillet 2017

"Histoire comique" d'Anatole France

Editions l'Aube

 Anatole France prix Nobel de littérature en 1921 nous plonge ici dans l'atmosphère du théâtre. Félicie qui finira par entrer à la Comédie française va se heurter à la mort de l'un de ses prétendants. Un décès qui ne cessera de la hanter, la faisant passer par des sensations multiples et parfois difficiles à vivre...

L'auteur qui dans sa jeunesse a aimé en vain une jeune tragédienne connaît bien le milieu. De ce fait, les dialogues sont savoureux, le style vif et rythmé, et les personnages dépeints avec véracité et finesse. Malgré le titre, on ne peut pas vraiment parler d'une histoire comique, même si c'est divertissant par moment. En outre, l'écriture est telle qu'il peut nous arriver de sourire à la lecture de certains passages. C'est vivant, jamais ennuyeux, et l'on partage avec plaisir la vie mouvementée de ces différents artistes…

Agnès Figueras-Lenattier

16:18 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : félicie, mort, réactions

dimanche, 04 juin 2017

Rendez-vous théâtre avec l'oeil éclairé d'Agnès notre critique du XIVè

Chat noir

 Sacrée atmosphère que celle de ce spectacle évoquant l'histoire du " Chat noir", cabaret créé en 1881 sous la houlette de Rodolphe Salis. S'y retrouvent des artistes de tout milieu (interprètes, poètes, musiciens, peintres), et l'éloge de la vie montmartroise fait partie de l'ambiance générale.

Sur scène, sept comédiens ayant gardé le prénom du personnage qu'ils interprètent. Tous jouent d'un instrument, chantent, et prennent plaisir dans le mépris des convenances à faire la fête. Diverses situations se succèdent : chansons, danses, rixes, lectures de textes, moments orchestraux, revendications, évocation du journal du cabaret.

Ce lieu de divertissement met en scène des personnages gais, pleins d'ardeur, et quelque peu débauchés. Le décor est constitué d'objets anodins, d'instruments notamment des percussions, et il règne un certain esthétisme côté habillement.

Dans cette grande et belle salle du théâtre 13, se profile la fantaisie, l'humour, la légèreté, l'éclectisme, et l'on ressent bien la complicité entre les différents personnages. Un bon moment même si le spectacle aurait pu peut-être duré un petit peu moins longtemps…

Agnès Figueras-Lenattier

Plus d'infos :

Théâtre 13/jardin 103 bd Auguste Blanqui

Métro : Glacière

 

mardi, 16 mai 2017

Workshop : Atelier rencontre avec Peter Brook

Editions l'Harmattan

 Un beau voyage théâtral avec Peter Brook et ses élèves pendant presque une heure et demie. Divisé en cinq parties, ce DVD permet grâce à la mise en place de divers exercices et improvisations de mieux connaître la technique de ce grand metteur en scène réputé mondialement.

Aidé du musicien Tosni Tsuchitori, Peter Brook insiste sur le rôle de l'imagination, et sur le fait de penser ensemble en même temps. Un des chapitres s'intitule d'ailleurs "L'esprit partagé"…

On comprend bien à travers la netteté de ses propos, la différence entre un acteur et un non acteur, et on se rend compte de la simplicité et du naturel qu'il dégage et qu'il inculque à ses élèves. Important aussi à ses yeux la présence de la vie. "Que la vie passe à travers tout ce que nous faisons" explique t-il.

C'est bien instructif de voir Peter Brook se dévoiler quelque peu, et d'imaginer que l'on se trouve dans la salle en train de participer à un atelier avec lui…

Agnès Figueras-Lenattier

 

16:26 Publié dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : brook, élèves, atelier

lundi, 08 mai 2017

Rendez-vous théâtre avec l'oeil éclairé d'Agnès notre critique du XIVè

Messieurs les Ronds-de Cuir

 

Courteline auteur dramatique et romancier français décédé en 1929 fut élu à l'Académie Goncourt le 24 novembre 1946. Il est rare qu'il soit joué dans les théâtres parisiens, et c'est tout à l'honneur de Caroline Cadrieu metteur en scène et de ses comédiens d'avoir pris cette initiative.

Employé dans l'administration des Cultes, Courteline a pu observer bon nombre de ses collègues, et en a tiré un roman amusant " Messieurs les-Ronds de Cuir" paru en 1893. Dans ce livre englobant une collection de caricatures, il évoque le laxisme et le manque de professionnalisme des fonctionnaires. A l'aide d'une suite de courts tableaux, il fait naître des personnages farfelus et dont rien que les noms prêtent à rire : Monsieur Nègre, Monsieur Soupe, Le Tondu…

Dans ce spectacle, l'histoire se passe en 1969 au Ministère des dons et des legs, avec Georges Pompidou comme président de la République. Le nombre des personnages est moins important que dans le roman, mais tout l'esprit caustique de l'auteur est présent. Le côté caricatural des personnages ressort bien grâce à une belle harmonie entre les comédiens et une bonne interprétation. La musique de Jérémie Taglia ajoute au spectacle une légèreté sympathique. Les costumes sont élégants, et les fantaisies de chacun bien traduites. Voir par exemple le directeur du Ministère jouer au yoyo ou Monsieur Soupe un des employés se laver les pieds dans une cuvette en plein travail n'est-ce pas cocasse!.. Les deux femmes (une seule dans le roman) marquent par leur féminité et leur comportement fait également sourire.

C'est donc distrayant, enlevé, et le rire est de la partie.

Agnès Figueras-Lenattier

Plus d'infos :

Le Guichet Montparnasse 15 rue du Maine

Métro : Montparnasse, Edgar Quinet, Gaîté