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jeudi, 22 février 2018

Hommage

Décédé le 18 février 2018, Didier Lockwood était un très grand violoniste de jazz. Remarqué par Stéphane Grappelli, qui lui propose de l'accompagner dans ses tournées, il a publié une méthode d'improvisation " Cordes et âmes" (prix Sacem 2002) et a créé à Dammarie-les-Lys, son école d'improvisation " Centre des musiques Didier Lockwood".

Quelques jours avant sa mort, il a donné au Duc des Lombards, un magnifique concert avec notamment la légende française de la batterie André Ceccarelli. C'était grandiose tellement il faisait corps avec son violon, le serrant avec sensualité et amour. Son corps en totale harmonie avec son instrument semblait atteindre une véritable jouissance électromagnétique. Quant à son visage, il avait le rictus de quelqu'un se trouvant dans une sorte d'état second et hors du monde réel. Même s'il était là avec son public, il semblait  s'être totalement oublié dans son violon.

La compagnie d'André Ceccarelli jubilant avec sa batterie ne faisait qu'accentuer cette impression d'un " drogué" par le son de son violon. Sans compter la présence d'un pianiste et d'un contrebassiste également excellents. Bref, c'était littéralement fascinant…

Et dire que Didier Lockwood est mort brusquement d'une crise cardiaque, laissant un énorme vide au sein du monde du jazz. Heureusement, il y a ses divers CD pour combler un peu cette douloureuse absence. Parmi eux l'envoûtant ""Apesantar" édité par Frémeaux et Associés avec le tandem Charlier/ Sourisse et Philippe Balatier le beatmaker de Nojazz. Patricia Petit bon fait également une apparition.

C'est un programme électroacoustique que l'on pourrait qualifier de " musique de jazz psychédélique et sensorielle" qui excite l'imagination et fait littéralement planer. On se perd immensément dans cette "forêt musicale", et l'on se réveille enchanté et charmé.
Adieu à Didier Lockwood et à son incontestable talent!...


Agnès Figueras-Lenattier

09:32 Publié dans concert | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : lockwood, ceccarelli, magie

lundi, 19 février 2018

Rendez-vous théâtre avec l'oeil éclairé d'Agnès notre critique du XIVè

Miracle en Alabama

 Helen Adamas Keller décédée le 1er juin 1968 a été victime à l'âge de 2 ans d'une congestion cérébrale, ce qui l'a rendue sourde et aveugle. Elle aura comme éducatrice malvoyante Annie Sullivan qui fera tout sauf s'apitoyer sur son sort, et aura le mérite de développer son intelligence grâce à une grande patience et un énorme travail.

Si bien qu'Helen deviendra la 1ère personne handicapée à obtenir un diplôme universitaire. Auteur notamment de 12 livres, son autobiographie " Sourde, muette, aveugle" a inspiré la pièce, puis le film " Miracle en Alabama".

En ce moment, se joue la pièce de William Gibson au théâtre la Bruyère. Emotion, humour font partie de ce spectacle touchant, bien interprété, particulièrement par celle qui joue Helen ( Lilas Mekki, Clara Brice en alternance).

Les jeudi 22 fevrier, 22 mars, les samedis 17 mars, et 31 mars, le théâtre proposera un surtitrage adapté en français en salle à l'intention des personnes sourdes et malentendantes…

Agnès Figueras-Lenattier

Plus d'infos :

Théâtre La Bruyère 5 rue La Bruyère 75009 Paris

Métro : Saint-Georges

mercredi, 07 février 2018

Rendez-vous théâtre avec l'oeil éclairé d'Agnès notre critique du XIVè

Trahisons

 

Une pièce subtile et profonde d'Harold Pinter englobant neuf tableaux. Tout commence lors de la rencontre entre Jerry ( Yannick Laurent) et la charmante Emma (Gaëlle Billaut-Danno) qui ne se sont pas vus depuis leur rupture deux ans auparavant. Ils sont mariés avec chacun deux enfants. Un troisième personnage Robert (François feroleto) le mari d'Emma et meilleur ami de Jerry va venir se mêler à l'intrigue.

Au fur et à mesure de la soirée, l'on va remonter le temps, en se laissant charmer par ce trio élégamment habillé. Trois histoires d'amour vont alors surgir.

Les flash-back défilent sous nos yeux, et les répliques mordantes, parfois drôles, résonnent joliment sur scène grâce à une belle symbiose théâtrale des trois comédiens. L'interprétation est excellente, très vivante, et la mise en scène de Christophe Gand enlevée et astucieuse. Quant aux changements de décor qui s'effectuent sous nos yeux, avec naturel et panache, ils ajoutent du charme au spectacle.

Les sentiments amoureux, pas toujours simples, sont analysés au scalpel au moyen d'un style brillant, et d'un humour parfois grinçant. On pourrait presque se hasarder à dire que c'est parfait. Mais sans aller jusque là, disons que c'est vraiment un pur délice dans tous les domaines.

Agnès Figueras-Lenattier

Plus d'infos :

Théâtre du Lucernaire 53 rue Notre-Dame-des-Champs

Métro : Notre-Dame-des-Champs, Vavin

samedi, 03 février 2018

Lecture à l'Entrepôt

Va avoir lieu le 13 février à 19h15 une animation intitulée " Il va y avoir du sport, quand la littérature épouse le sport". Une lecture proposant des portraits sanglants ou tendres et des images d'efforts magnifiques. Auteurs : Henry de Montherlant, Philippe Delerm, Paul Fournel, Jean Echenoz. 

Cet événement crée par la compagnie Lire autrement a lieu dans le cadre des JO paris 2024

Participation libre

7 rue Françis de Pressensé  : 01-45-40-07-50

Métro : Pernety

20:05 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

mardi, 30 janvier 2018

Rendez-vous théâtre avec l'oeil éclairé d'Agnès notre critique du XIVè

David Stone passe à table

 

La magie est là, à portée de main au café-théâtre le "Double fond" avec plusieurs artistes pratiquant cet art. Parmi eux, David Stone et ses numéros qui vont se révéler très spectaculaires tout au long du show. . Dans un premier temps, le voilà courant vers la salle où il doit se produire. Il s'était endormi. Mais il apparaît soudain et à l'heure!...

A la fois comédien et magicien, jouant avec le détournement d'attention; il s'y connaît bien dans la manière de mettre de l'ambiance et de faire preuve d'humour et de séduction auprès d'un public ravi. Tout en faisant comme tout magicien qui se respecte, participer le public à certains moments, il déploie ses tours avec vivacité et maestria. On sent qu'il s'éclate sur scène, et le cheveu qu'il a sur la langue est parfois exploité avec subtilité. Il existe un vrai travail d'écriture, et fait positif, il évolue dans une petite salle, tout près des spectateurs ce qui donne encore plus de piquant à sa prestation.

Que ce soit avec des vêtements, des cartes, des cigarettes, des pièces, rien ne se voit dans sa façon d'exercer la magie. Il se change en un clic, déchire ses habits en un tournemain et les répare aussi vite, fait disparaître et réapparaître des objets avec un naturel déconcertant.

Mieux vaut ne pas réfléchir à la façon dont il opère, car rien ne dit en plus que l'on y arriverait tellement c'est bien fait. Se laisser emporter par l'atmosphère savoureuse que laisse planer cet artiste est la solution pour apprécier à sa juste valeur la manière dont il étudie ses mots, ses phrases et les conjugue avec la magie. . La mise en scène est enlevée, à la fois simple et sophistiquée, et David Stone a parfois l'air d'improviser. Mais il semblerait d'après ses dires que ce ne soit pas le cas et que tout soit minutieusement préparé. Plutôt assez beau garçon, David Stone, a l'art de nous étonner avec ses facéties, et avec la vraie agilité dont il fait preuve.

Un artiste qui mérite vraiment d'être davantage connu du grand public

Agnès Figueras-Lenattier

Plus d'infos

Au double fond

1 place du marché Sainte-Catherine

01-42-71-40-20

vendredi, 26 janvier 2018

Violon et batterie au Duc des Lombards

Didier Lockwood violoniste virtuose et grand nom du jazz sur la scène internationale présentera au Duc des Lombards 41 rue des Lombards son Quartet-All Stars avec notamment la légende française de la batterie André Ceccarelli. Cet événement aura lieu lundi 29 et mardi 30 janvier soit à 19h30, soit à 21h45.

Rendez-vous théâtre avec l'oeil éclairé d'Agnès notre critique du XIVè

Les virtuoses 

Même si au tout début, le spectacle semble s'orienter vers un peu trop de facéties burlesques, il monte en puissance et en qualité. On assiste alors à une magnifique prestation, avec des numéros étonnants et nantis d'une véritable énergie physique.
Deux frères ( Mathias et Julien Cadez), pianistes avertis, élégamment habillés (costume noir, chemise blanche, nœud papillon) et aux cheveux quelque peu hirsutes se disputent la primeur au piano.

Leur agilité manuelle fait plaisir à voir, et leur attitude souvent clownesque donne de la gaîté et de la ferveur à la soirée. Ils jouent au piano dans toutes les positions, avec même une tête en bas sur les touches du piano.

Faisant par moment littéralement les "fous" et laissant libre cours à leur créativité, les voilà aussi magiciens. Leur père est d'ailleurs prestidigitateur, et cela se voit, ils ont du être élevés en compagnie de cet art, car ils le pratiquent avec un naturel déconcertant.

On a même le droit à un numéro de claquettes, et le répertoire musical est grandiose. On passe de " Love Story" à " La danse hongroise" de Brahms jusqu'aux compositions de Mozart ou de Debussy. Deux hommes en tenue de groom (Clément Goblet; Loïc Marles) complètent agréablement le tableau…

Bref, c'est un enchantement que de voir ces deux jeunes artistes se donner à fond devant nos yeux avec humour et vivacité. C'est varié, imaginatif, poétique, et l'on sort de là revigoré et d'une humeur joyeuse. Un vrai délice!...

Agnès Figueras-Lenattier

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Théâtre Fontaine 10 rue Pierre Fontaine

Métro : Blanche, Saint-Georges

 

Les virtuoses

 

 

10:03 Publié dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0)

mercredi, 17 janvier 2018

L'antiquité grecque

Une idée philosophique expliquée

Luc Ferry

CD Fremeaux et associés

 

Quatre CD composent ce coffret dédié à l'antiquité grecque. C'est Luc Ferry qui avec sa voix limpide et son langage clair et précis nous parle de Platon, d'Aristote, du stoïcisme, et d'Epicure.

Pour Platon, il évoque les trois axes de sa philosophie, et les principales caractéristiques de ses dialogues. Il parle de son art de la maïeutique, c'est à dire une méthode consistant à faire découvrir une idée, et non pas à l'apporter. Il explique que dans " La République", Platon démontre que quand l'un n'est pas à sa place, c'est la catastrophe absolue. La cité va vers le déclin et cette pensée est valable jusqu'à la révolution française. Le christianisme va théologiser Platon distinguant deux mondes : le monde des idées d'un côté et le monde sensible de l'autre. On découvre dans cette première conférence comment Nietzche va s'opposer à Platon.

Dans le deuxième CD, Luc Ferry démontre l'importance de l'œuvre d'Aristote dans l'histoire de la philosophie grecque et son influence au sein de l'église chrétienne. Avec notamment son disciple Saint-Thomas d'Aquin. " La nature est le principe du mouvement", telle est la phrase qui représente le cœur de sa physique. Aristote rompt avec la "théorie des idées de Platon et distingue dans tout objet, dans tout être la forme et la matière. La forme représente ce qui est commun à l'espèce, la matière ce qui la caractérise…

Le stoïcisme (CD n°3) est relaté dans ses grandes périodes. Sénèque précepteur de Néron, Epictète esclave grec, Marc-Aurèle empereur de Rome sont de célèbres stoïciens. La grande thèse stoïcienne est que non seulement le cosmos est divin, mais qu'en plus il est parfaitement compréhensible pour la raison humaine. Rien n'arrive sans raison, c'est le déterminisme. Pour être heureux, il faut pratiquer à très haute dose la connaissance, et bien distinguer ce qui dépend de nous et ce qui n'en dépend pas. Dans les écoles stoïciennes on pratique quantité d'exercices de sagesse, d'exercices d'éthique, de morale. Par exemple, vivre le moment présent, repousser l'espérance, ne s'attacher à rien.

Reste Epicure et son école : le jardin. Pour lui, le but de la vie c'est le plaisir qui relève de la sensation et le bonheur guide toutes nos actions. Mais sa doctrine est surtout porté vers l'ascétisme et la frugalité. " Il faut se méfier des désirs immenses et creux " déclare t-il et il est un des premiers à critiquer le consumérisme. Il faut se limiter aux désires naturels tels que boire et manger. Le minimum de sexe est requis et l'on pense à Spinoza exemple de chasteté absolue. Les désirs telle que la richesse, le pouvoir, les honneurs.. sont à bannir car ils nous rendent malheureux. Il faut pratiquer la sagesse et comme chez les stoïciens, Epicure prône les exercices. Ainsi, devient-on heureux grâce à un travail sur soi.

Luc Ferry se contente surtout d'expliquer, et se permet peu de donner son avis. Mais on sait malgré tout qu'il ne partage pas les idées d'Epicure. Il préfère les philosophes qui se tournent vers la liberté plutôt que vers le bonheur. Ce sont quatre conférences instructives et agréables à écouter...

Agnès Figueras-Lenattier

jeudi, 11 janvier 2018

Rendez-vous théâtre avec l'oeil éclairé d'Agnès notre critique du XIVè

Moi, Diane Fossey

Quel témoignage criant de vérité que celui de Stéphanie Lanier qui interprète le rôle de l'éthologue Diane Fossey assassinée le 26 décembre 1985. Celle-ci s'est consacrée 18 ans à l'étude des gorilles de montagne au Rwanda et n'a cessé de lutter contre les braconniers. Grâce à elle, le regard sur ces animaux a changé, les méthodes de sauvegarde se sont améliorées, et la menace d'extinction s'est dissipée.

Lors de ce spectacle, on voit une Dian Fossey qui après avoir parlé quelque peu de l'Afrique, de son père et de son poisson rouge, se révèle totalement sous le charme de ses singes.   Quelle passion se dégage de son regard notamment lorsque l'on assiste à la description de son favori Digit avec qui elle joue et s'amuse…

La prestation de la comédienne est magnifique. Sa diction est excellente, son regard plein d'expression et de malice lorsqu'elle évoque ses chers gorilles. S'aidant beaucoup de ses mains pour mieux les décrire, elle raconte les heures passées avec eux, les jours entiers consacrés à les observer, les échanges de rots de complicité. Surnommée "Fossile Fossey", elle évoque comment à l'aide de patience, d'amour, et d'imitation, elle a réussi à se faire accepter. Changeant de ton et d'expression, lorsqu'il s'agit de raconter l'inévitable commerce de ces bêtes, elle n'a qu'une idée se faire enterrer près de ses gorilles.

Bravo à Stéphanie Lanier qui sans décor du tout, ce qui augmente la difficulté d'interprétation, réussit pendant une heure à nous captiver avec juste sa belle présence et son aura. Sans oublier le beau texte de Pierre Tré-Hardy. A voir absolument.

Agnès Figueras-Lenattier

Plus d'infos :

Théâtre14 20 avenue Marc Sangnier

Métro Porte de Vanves

16:45 Publié dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0)