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vendredi, 10 juillet 2020

Jacobo Machover

Jacobo Machover est né à La Havane en 1954. Universitaire, journaliste, écrivain, il est arrivé en France avec sa famille en 1963. Après avoir été partisan de la révolution, il a vite déchanté. Il alors décidé de se servir du pouvoir de l'écriture, pour critiquer violemment les frères Castro et Che Guevara. Il a traité ce dernier de " bourreau fanatique" dans un livre intitulé " La face cachée du Che". Auteur de " Cuba l'aveuglement coupable", et de " Cuba une utopie cauchemardesque", son dernier livre " Mon oncle David" est un récit personnel où l'auteur en profite pour parler de lui, de ses amours, de sa famille, de la révolution, de la Shoah.

 

Votre dernier livre s'intitule " Mon oncle David". Quel était votre but en l'écrivant?

C'était une nécessité absolue. J'avais déjà abordé la figure de mon oncle David dans de précédents ouvrages, et là j'ai eu l'opportunité de creuser un peu plus. Cet oncle que je n'ai pas connu est mort à l'âge de 22 ans après avoir été déporté à Maïdanek dans l'Est de la Pologne un des plus grands camps d'extermination. Parler de lui est aussi une façon de rendre hommage à d'autres membres de ma famille particulièrement mon grand-père maternel qui a été déporté la même année vers Auschwitz et qui n'en est pas revenu. D'autres membres de ma famille que je cite aussi un peu dans ce livre n'ont pas survécu non plus à la déportation. Ce sont toutes des personnes que je n'ai pas eu l'occasion de connaître mais qui sont présentes depuis toujours dans ma vie. Mes recherches personnelles entrecoupées de diverses aides extérieures m'ont permis d'en savoir davantage sur mon oncle David. Certaines personnes, devenues des amis faisaient déjà des enquêtes sur d'autres juifs et des résistants se trouvant dans la région où il a été pris par les gendarmes français, la Creuse, et mon oncle est devenu quelqu'un de très proche pour eux. Là-bas près de Guéret il revit, ainsi que dans mon livre…

 

Dans ce livre, vous parlez aussi beaucoup de vous!

Oui et ce livre aurait pu s'intituler " Mon oncle David et moi". Ce n'est pas seulement un travail de mémoire, c'est plus un chant à la vie qu'un hymne à la mort. Mon père, ma mère et d'autres ont aussi leur place et c'est davantage raconté comme un héritage. Je ne voulais pas uniquement laisser des traces un petit peu partout comme le font actuellement un certain nombre d'américains juifs ou pas en allant fouiller en Ukraine, Pologne, Lituanie, et même en Russie, Bulgarie, Roumanie, République Tchèque, Slovaquie. Je ne voulais pas écrire quelque chose qui puisse ressembler à une épitaphe. Ce n'était pas mon but et j'ai pensé qu'il existait une continuité entre cette vie tronquée (on ne meurt pas normalement naturellement à 22 ans) et différentes formes de pression et de répression qui s'étendaient ainsi jusqu'à moi. Ainsi n'y a t-il pas dans ce livre uniquement le nazisme et la collaboration en France, mais aussi le communisme dans sa version castriste. Tous ces régimes ont détruit des êtres humains dans leur chair ou dans leur esprit et parfois les deux. Ce sont les raisons pour lesquelles ce livre a été écrit.

 

Il englobe des informations très fouillées!

Sont présents l'histoire de mon père par le biais d'un dialogue très sincère avec lui pour ne pas dire plus, puis tout d'un coup une histoire d'amour évidemment érotique qui on ne le découvre qu'à la fin possède un lien contemporain dans ma vie avec l'histoire de l'extermination des juifs. En plus d'une histoire de mémoire, c'est une histoire de vie, une histoire d'amour, une ode à l'érotisme, à la liberté dans tous les sens, la liberté sexuelle, politique. Une liberté de vivre tout simplement…

 

Oui, la liberté ce pour quoi vous vous battez depuis toujours!

C'est effectivement le sens de mon combat sous tous ces aspects. Dans un premier temps, j'ai été formé dans la prise de risques contre les dictatures, contre tous les régimes totalitaires. Et puis contre toutes les injustices que je pouvais ressentir. Et il me semble qu'il existe une continuité. Ma motivation a été la défense de la liberté de Cuba en m'opposant à ce régime mais surtout contre ceux qui l'appuient. Ainsi j'ai maille à partir non seulement avec eux, mais en plus avec tous ces intellectuels artistes à la noix, les petits journalistes dans beaucoup de cas et surtout avec les préjugés en faveur de cette tyrannie qui n'en finit pas. Tous ces gens refusent de voir la réalité en face et d'admettre les horreurs que la révolution castriste a mise en place en pratiquant d'innombrables emprisonnements obligeant les gens à partir en exil au péril de leur vie. Sans compter les exécutions massives, les crimes extra judiciaires, l'écrasement de toute liberté d'expression, la misère aussi. On voit des millions de gens défendre l'indéfendable avec leur porte-drapeau. Ce sont plus contre les gens favorables à ce régime que contre les gens au pouvoir que je me bats, car ceux-là je ne peux les abattre à travers mes écrits… Ils tiennent par la répression, la censure, l'élimination de toute voix dissidente. Par contre, ceux qui les défendent, je peux les affronter face à face. En général, ils ne s'en sortent pas très bien car ils n'ont ni arguments, ni sentiments. Ce sont pour la plupart de parfaits ignorants qui répètent ce que leur destine la propagande du régime et qui se basent sur leurs propres convictions si l'on peut appeler cela des convictions. C'est surtout de la bêtise

 

Comment vous définissez-vous politiquement?

Pour la liberté, c'est tout. Je peux prendre des idées à gauche si elles sont plutôt libertaires et de même à droite. On peut enlever droite et gauche et dire simplement libertaire. De toute façon depuis la chute du mur de Berlin ces notions là n'ont plus de sens que pour les esprits rétrogrades. Ca n'a plus aucune valeur.

 

Comment vous situez-vous par rapport à la révolution?

Le terme déjà en soi je ne le trouve pas du tout positif. C'est quelque chose qui entraîne nécessairement ou presque nécessairement des massacres et de la tyrannie défensive. Ce que je propose à la place? Je ne suis pas un homme politique, je n'ai pas de programme mais j'aime bien le terme de démocratie. La démocratie représentative à laquelle je crois beaucoup. Mais je commence à avoir des doutes depuis quelque temps sur la solidité de la démocratie quand on voit que des millions de gens peuvent se livrer à une servitude volontaire sous le coût de la peur panique. Pour Cuba, je crois en une démocratie représentative, pas exaltante, pas comme une révolution ou quelque chose de défini comme tel mais quelque chose de simplement vivable et que l'on ait envie de défendre…

 

Et Batista qui selon les dires était un dictateur cruel!

C'était effectivement un dictateur, mais un enfant de chœur à côté des frères Castro. Il n'est resté au pouvoir de manière inconstitutionnelle que pendant 6 ou7 ans , de 1952 à 1958-son premier mandat, entre 1940 et 1944, était parfaitement démocratique, alors que les frères Castro, je le répète sont de véritables killers au pouvoir depuis 61 ans. Je n'ai pas de sympathie pour le personnage, mais au niveau de la répression, il n'existe aucune commune mesure entre sa présidence et celle des frères Castro. Batista a fait du mal sur le plan démocratique, économique. Mais sous sa présidence, La Havane est devenue une des plus belles villes du monde; c'était une splendeur. Il régnait une répression contre les révolutionnaires qui parfois s'étendait ailleurs mais qui consistait surtout en une lutte entre les révolutionnaires et le régime sans grande force de Batista. Il y avait même des conspirations militaires contre lui. J'ai eu l'occasion de rencontrer l'un de ses fils qui s'appelle Roberto ("Boby"). C'est quelqu'un que j'apprécie beaucoup qui est métis comme l'était son père et qui est en train de rédiger ses mémoires.. C'est un démocrate, citoyen américain qui habite moitié aux Etats-Unis, moitié en Espagne qui a été éduqué en partie en Suisse dans la grande tradition littéraire française et qui adore Racine. De temps en temps d'ailleurs, on se récite des vers de Racine et d'autres auteurs. Je l'ai rencontré en 2017 à Madrid, il est rentré à New York et l'on a commencé à s'écrire. C'était formidable car il cherchait comme moi à terminer la vérité sur son père. Et j'ai sorti un ouvrage en France, " Cuba de Batista à Castro", puis en Espagne. J'ai trouvé un nombre de documents absolument extraordinaires et je m'efforçais de récupérer la vérité historique le plus loin possible du personnage et son fils m'a beaucoup aidé. Mais je le répète, il était inoffensif comparé aux frères Castro. Quelqu'un qui a contribué à le présenter comme un monstre c'est Jean-Paul Sartre qui le traitait de singe. C'était une diatribe absolument raciste et il parlait de ce homme comme quelqu'un d'illettré, alors qu'il possédait une des plus belles bibliothèques du monde et qu'il lisait énormément. Il a même écrit plusieurs livres, ce qui n'est pas le cas de Fidel Castro. Il apprenait des langues et essayait de se cultiver dans les musées. Rien à voir avec l'image que l'on a voulu donner de lui. Ce n'est pas un vulgaire Pinochet, ni un vulgaire militaire, un soudard latino-américain. Pourquoi a t-on voulu lui donner une fausse image? Tout simplement pour pouvoir justifier les crimes des Castro…

 

Vous avez fait un séjour chez les trotskistes. Qu'en avez-vous retenu?

C'était dans ma jeunesse. J'aimais bien le côté anti stalinien et puis le combat contre tout ce qui pouvait ressembler à l'extrême droite, ce qui personnifie le nazisme ou le fascisme. Mais ce n'est pas la peine de penser que l'extrême droite est l'héritière du nazisme, ce sont des simplifications qui avec le temps n'ont plus lieu d'être. Mais dans ma jeunesse, c'était l'idée que je m'en faisais comme beaucoup de gens. Mais petit à petit, je me suis rendue compte que bien qu'ils critiquaient les staliniens, c'était des communistes comme les autres. Ils défendaient le régime castriste ce que je ne pouvais supporter. Les plus grands défenseurs du régime castriste aujourd'hui ce sont des trotskistes comme Janette Habel ou Olivier Besancenot, ou d'anciens trotskistes comme Jean-Luc Mélenchon. Ce sont des gens à critiquer férocement sur le plan des idées et de leur pratique politique souvent influencée par ces régimes. D'ailleurs pas seulement le régime castriste mais aussi le Venezuela d'Hugo Chavez et Nicolas Maduro, ou le Nicaragua sandiniste. Ce sont des défenseurs de dictatures que je combats, et des gens parfaitement intégrés aux instances les plus représentatives d'une société qu'ils prétendent combattre… On les retrouve au plus haut niveau de toutes les instances gouvernementales, médiatiques, universitaires, institutionnelles…

 

Vous avez fait de la prison pendant deux mois. C'est vraiment là qu'est née votre vocation d'écrivain!

J'étais déserteur de l'armée française car d'une part, je ne voulais pas porter l'uniforme et d'autre part, je vivais une histoire d'amour. Je ne suis pas resté dans cette entreprise d'abêtissement généralisé où il fallait passer 1 an avec les cheveux à ras que l'on m'avait coupés car je les avais très longs. C'était une tentative d'humiliation donc j'ai quitté la France immédiatement, je me suis barré de l'armée. Au bout de 5 ans, je me suis fait prendre à une frontière entre l'Espagne et la France et j'ai passé environ 2 mois en prison du côté de Bordeaux à Gradignan. C'était plus agréable que ce que l'on a appelé le confinement car ce n'était pas volontaire. J'écrivais déjà quelques petites choses avant, mais là j'avais le temps et j'ai découvert ma vocation. D'abord en écrivant des lettres destinées aux petites amies de prisonniers, ou à leur ex qui étaient en train de les abandonner. Ou bien aux avocats, aux juges, à tout le monde. En général ça marchait, et de nombreux prisonniers récupéraient leur copine grâce à ce que j'avais écrit. C'est le pouvoir de la parole écrite que je peux avoir sur des choses très concrètes et c'était passionnant. Cela m'a permis de réfléchir au passé, et j'ai beaucoup lu. Il y avait une bibliothèque dans la prison qui était assez fournie, avec à la fois des classiques et des livres d'un tout autre genre. Des ouvrages que l'on choisissait dans une liste et que l'on nous mettait dans les cellules. Un des plus beaux textes que j'ai lu là-bas, c'était un petit récit d'Henry Miller en édition bilingue " Le sourire au pied de l'échelle"…

 

Vous parlez de votre mère comme d'une femme très humaine!

Ma mère était quelqu'un qui agissait spontanément. Elle était certainement résistante, mais elle était très discrète sur le sujet. Je le sais par les autres membres de la famille qui lui portaient une véritable vénération. A un moment donné, elle se trouvait à Lyon où agissaient les principaux mouvements de résistance. Ayant appris qu'il allait y avoir une rafle en zone libre, elle était partie très vite prévenir son petit frère qu'elle adorait. Mais elle n'a rien pu faire. Elle a aussi sauvé mes cousines, ses nièces et a accompli tout un tas d'actions mais probablement pas au sein de réseaux organisés. Elle avait un sens inné de la révolte, qu'elle m'a transmis. Lorsque j'étais dans le pétrin, elle m'aidait systématiquement mais sans accorder trop d'importance à mes problèmes. Elle en avait vu d'autres. Ce fut un bel exemple avec des hauts et des bas évidemment. Je veux bien en faire une héroïne mais pas une déesse…

 

Votre père a écrit un manuscrit. Que pouvez-vous en dire?

Ma mère m'a emmené à la cave où elle avait conservé ce manuscrit. Il se trouvait dans une pochette bleue, je l'ai toujours en ma possession. Je lis de temps en temps quelques passages, et je découvre des choses différentes. Ce n'est pas toujours reluisant, mais certains passages sont touchants. J'ai eu un dialogue parfois très dur avec mon père décédé mais je dis à la fin que la critique peut aussi signifier une déclaration d'amour. Il est mort lorsque j'avais 14 ans et je n'ai pas pu vraiment parler avec lui. Il me racontait quelques petites histoires mais il n'était pas toujours très présent.

 

Lorsque vous repensez à tout cela que vous dites-vous avec le recul?

J'ai fait ce que j'avais à faire avec un certain nombre de contradictions, des allers-retours, beaucoup de voyages partout, beaucoup de voyages intérieurs. Je me sens assez content de ce que j'ai pu faire. Dernièrement, j'ai rétabli la mémoire de ma famille, mais j'ai aussi œuvré pour la mémoire des victimes de la tyrannie castriste et pour déboulonner non des statues mais des mythes comme Fidel ou le Che. Je pense que cela sert à éclairer à la fois l'histoire et l'image que l'on peut avoir de ces personnages. Grâce au travail que j'ai pu effectuer, ils ne sont plus considérés comme des héros mais comme de vulgaires tueurs. Aujourd'hui, l'on ne parle plus du Che comme on en parlait avant. C'est impossible. Parfois, les écrits du Che ne pouvaient être publiés tel quels. Il fallait absolument qu'une voix discordante intervienne et cette voix discordante c'était la mienne. Et puis dans n'importe quelle émission de télévision, ou de radio en France et à l'étranger lorsque l'on parle de ce régime on ne fait plus appel aux défenseurs ou très peu et l'on écoute la voix des dissidents. Et je suis très fier de porter un peu partout dans le monde la voix d'un certain nombre de dissidents de l'exil et de l'intérieur morts ou vivants. Je suis une voix de plus, mais qui porte…

Agnès Figueras-Lenattier

 

 

 

      

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lundi, 27 avril 2020

Végétarisme, végétalisme, véganisme

De plus en plus d'êtres humains pratiquent soit le végétarisme (régime sans viande ni poisson), soit le végétalisme (régime sans nourriture du tout à base animale), soit le véganisme ( en plus de la nourriture végétalienne, vivre sans rien provenant de l'animal, notamment en ce qui concerne les vêtements). Philippe Starck créateur de renommée internationale est végétarien. Céline Iannucci auteur, comédienne et metteur en scène est végane. Tous deux s'expliquent sur leur mode de vie

 

Philippe Stark

Nanti d'un esprit grandement éclectique et fortement imaginatif, Philippe Stark n'a cessé toute sa vie de repousser les limites et les critères du désign. Pour lui, il est essentiel que la création quelle que soit la forme qu'elle prenne rende la vie meilleure au plus grand nombre.

 

Lorsque vous avez commencé un régime végétarien, qu'est-ce que cela a changé pour vous?

J'ai toujours été plus ou moins végétarien, possédant un dégoût instinctif pour la viande. Et à la naissance d'un de mes enfants, j'ai réalisé que je n'aimerais pas que l'on mange cet enfant et que dorénavant, je ne mangerais pas les enfants des autres. C'est une idée simple à avoir mais qui fait sens. En dehors de tout ce que l'on connaît de néfaste pour la terre du à la production de viande, la principale raison pour laquelle je suis végétarien c'est que je ne veux pas que ma vie engendre la mort. Ceci à n'importe quel stade. Je ne peux supporter que l'on tue des êtres vivants sous prétexte d'en nourrir d'autres. Ma culpabilité est telle que lorsque j'écrase une fourmi, je m'excuse auprès d'elle même si hélas, cela n'arrange pas vraiment son cas. C'est donc une raison strictement philosophique…

 

A une époque, les repas en avion n'étaient pas du tout faits pour les végétariens. Lors de vos voyages vous faisiez donc des écarts. Est-ce toujours le cas?

Même si la nourriture en général s'est améliorée dans les avions, la section végétarienne est effectivement assez médiocre. J'en profite donc pour faire des jeûnes, et quelquefois par désespoir, je dîne liquide.

 

Votre femme est végétarienne. Avez-vous élevé vos enfants dans cette philosophie du végétarisme? Si oui quel a été le résultat?

En effet, la question s'est posée pour l'alimentation de notre fille car nous aurions aimé être cohérents. Les médecins ont été unanimes et nous l'ont totalement déconseillé mettant en évidence des arguments difficilement discutables. J'ai eu moi-même l'exemple d'une famille composée de cinq enfants élevés à Formentera dans un strict végétarisme, et avec des résultats qui se sont révélés étranges. Mais évidemment, nous poussons à un niveau élevé la proportion du végétarisme au sein de notre famille. C'est d'autant plus facile, que ma plus jeune fille, pour des raisons morales, a décidé très tôt de ne manger ni viande ni poisson. Il faut donc plutôt la forcer que le contraire…

 

Que mangez-vous pour remplacer la viande et le poisson? Quelques exemples de plats végétariens que vous appréciez particulièrement? Et au niveau du lait? Lait de vache, soja, amende?

En général, ma part protéinée est constituée d'un régime quasiment religieux voué au quinoa, ce qui implique un bol de quinoa matin, midi, et soir. Cela fonctionne extrêmement bien, mais hélas ne fait pas maigrir. Nous buvons essentiellement du lait de soja et maintenant du lait d'amende que nous faisons nous-mêmes.

 

Vous ne mangez que bio, le vin aussi? Vous affirmez aimer manger souvent la même chose? Quoi par exemple? Faites-vous des cures?

Oui plus par hasard que par volonté, l'écologie et tout ce qu'elle comporte m'ayant été révélé à l'âge de 16 ans. Depuis, plus aucun produit non organique n'est entré dans ma maison que ce soit de la nourriture, de la lessive, des savons, du tissu etc… C'est une règle très ferme et régulièrement, je passe dans mes placards des produits d'entretien pour voir si une dérogation s'est produite. Si c'est le cas le cas, je mets moi-même tout à la poubelle. Le vin bio est une évidence comme le reste : pourquoi boire des produits chimiques inutiles? J'en bois régulièrement depuis trente ans et la qualité s'est énormément améliorée. Maintenant mon combat se situe ailleurs : militer pour les vins sans sulfites ajoutés car il est vraiment incroyable que des vins dits bio et labellisés puissent contenir des sulfites ajoutés, un poison immédiatement identifiable. J'adore manger la même chose, c'est une aventure personnelle, étrange et passionnante. J'ai des crises de divers monothéismes mais le plus permanent reste le quinoa. Je fais aussi trois à quatre jeûnes intégraux par an, à l'eau. C'est un exercice redouté à tort, qui engendre une certaine estime de moi-même due au fait que je sais le faire. Je travaille énormément, ce qui me permet d'avoir un esprit plus clair, et de me reconstruire physiquement après mes excès de voyage et un travail intense. Si j'avais le temps, je ferais des marches de plus de 100 km à jeun. Ce serait l'exercice idéal pour moi…

 

 Que pensez-vous de la viande cellulaire?
Je ne vois pas l'intérêt de produire de la fausse viande. Tout ce qui est faux est fondé sur une corruption qui forcément ne peut être sain. Si l'on veut des protéines, on peut les trouver dans les végétaux. Si la personne a réellement besoin de voir dans son assiette un steak frites ruisselant de graisse, elle appartient à une époque révolue et elle tirera les conséquences de ses erreurs.

 

 

Vous avez été ou êtes propriétaire de restaurants. Quelle place a la nourriture végétarienne au sein de ces restaurants?

Dans les années 2000, j'ai créé une des premières compagnies modernes de nourriture biologique qui s'appelait OAO. Nous avons été un des premiers à distribuer sérieusement les vins et les champagnes biologiques, et d'autres produitsL'imagerie électronique est déjà et sera encore davantage une des solutions fondamentales pour la guérison de presque tous les maux incluant la maladie mentale. La nourriture végétarienne a évidemment une influence sur le mental- sur la maladie je ne sais pas-car un foi foie chargé conduit en général à un état dépressif. Le végétarisme constitue aussi un enrichissement personnel. Il engendre une fierté personnelle et une cohérence envers soi-même formidables. Mais je pense hélas avoir été un peu trop en avance. Au même moment, je me suis dit que c'était bien d'inciter à consomme bio. A apprendre comment faire cuire le riz etc… mais qu'il serait plus efficace d'offrir une expérience directe. J'ai donc crée la chaîne des restaurants BON, 1000% biologique avec une carte incitant très clairement et fermement à aller vers le végétarisme-mon associé à l'époque ne voulant plus un végétarien uniquement. Il existait déjà des restaurants végétariens bien sûr, mais souvent réputés pour être tristes. L'idée derrière BON était qu'un restaurant biologique et végétarien puisse être beau, amusant et sexy. Là encore, j'ai compris que j'étais un peu en avance : des clients m'ont dit qu'ils ne comprenaient pas, qu'ils mangeaient tous les jours bio dans mon restaurant et qu'ils ne maigrissaient pas. Un autre se prétendait végétarien comme moi car il ne mangeait que du poulet. J'ai alors eu un grand moment de solitude qui m'a poussé à m'éloigner de mes restaurants, dont le dernier existe encore étrangement à Moscou. Mais je le crains sous une forme bien dégénérée. Ce serait le moment aujourd'hui de refaire strictement OAO et BON, mais il me semble que d'autres s'en occuperont mieux que moi.

 

Dans une interview au journal " Le Point", vous avez jugé la psychanalyse quelque peu désuète et avez parlé de l'importance de l'imagerie électronique pour les malades avec l'observation de la cartographie de leur cerveau. La nourriture végétarienne peut-elle selon vous avoir une petite influence sur la maladie mentale?
L'imagerie électronique est déjà et sera encore davantage une des solutions fondamentales pour la guérison de presque tous les maux incluant la maladie mentale. La nourriture végétarienne a évidemment une influence sur le mental- sur la maladie je ne sais pas-car un foi foie chargé conduit en général à un état dépressif. Le végétarisme constitue aussi un enrichissement personnel. Il engendre une fierté personnelle et une cohérence envers soi-même…

 

 Vous affirmez que manger végétarien vous aide pour votre travail. En quoi?

Etre végétarien aide pour la création car le corps et donc le cerveau sont totalement détoxifiés et circulent évidemment mieux. Aucune lourdeur dans le processus ne se fait sentir avec un fonctionnement plus rapide, une fatigue moindre; tout ce qui importe pour bien créer…

 

 

Céline Iannucci

 

Passionnée par l'écriture, la chanson française et la comédie, Céline Iannucci est comédienne, auteur et metteur en scène. Elle a fait plusieurs one man show, a montré un trio avec Florence Foresti et Céline Giroud " Les Taupes Models" a et a écrit une pièce "Donne-moi ta chance ". " V pour végane" est son dernier spectacle. Il raconte de manière humoristique le parcours autobiographique d'une végane et son combat de tous les jours. Comme elle le dit elle-même " Etre végane n'est pas un long fleuve tranquille". …

 

Vous êtes végane depuis 2014. Est-ce l'aboutissement d'un long processus ou cela s'est-il produit tout d'un coup?

Je dirais que globalement j'ai toujours été anti spéciste mais je ne savais pas que l'on pouvait se passer de manger des animaux. On entendait beaucoup de choses sur les végétaliens; qu'ils ne vivaient pas longtemps, ce qui était sûrement le cas avant l'invention de la vitamine B12. Depuis toute petite, je n'ai jamais pu tuer la moindre bête, que ce soit les insectes ou autres, et j'ai toujours très mal vécu les dîners autour d'une table en été lorsque les guêpes ou les abeilles étaient supprimées. De même quand mon père ramenait des poissons de la pêche, je les remettais dans un sceau salé pour les rejeter à la mer.   J'ai toujours mangé bio avec de la viande " bien traitée" à ce que l'on me disait. J'avais cette conscience là sans savoir que l'on tuait la viande jeune et ce sont des questions que je ne posais pas systématiquement. Après j'ai supprimé les petits animaux, puis je suis devenue pratiquement végétarienne. Ce qui m'a totalement fait réagir c'est la vidéo très controversée de Gary Yourofsky. C'est lui qui m'a fait prendre conscience que l'on pouvait vivre autrement, et c'était alors logique que je devienne végane.

 

Comment à présent vous nourrissez-vous?

Je mange le moins transformé possible à part peut-être le tofu puisqu'il a été fermenté. Je mange du tofu bio puisque je sais qu'il a été cultivé en France et que ce n'est pas du soja qui vient d'Amazonie et importé. Je ne suis absolument pas d'accord avec ce que l'on dit sur cet aliment, que c'est mauvais pour la santé, qu'il donne le cancer du sein. Pour moi, c'est bon pour la santé et c'est bien plus sain que les protéines animales… J'ai échangé sur Facebook avec Hervé Berbille fin connaisseur du soja qui pense qu'il existe une controverse venant des lobbies, ce qui lui donne mauvaise presse.. Sinon, je mange beaucoup de graines; de graines de courge, des super aliments et évidemment beaucoup de légumes, de légumineuses.

 

Vous dites " Etre végane n'est pas un long fleuve tranquille"!

C'est un peu ce dont je parle de manière assez risible dans mon spectacle dans toute la première partie. Les rapports que l'on entretient avec les gens en général, et les questions que l'on nous pose à peu près 10 fois par jour. Et des blagues que les gens pensent être les premiers à faire. Tout cela est un petit peu agaçant au bout d'un moment. Là je ne parle plus de mon spectacle mais de la vie privée où il faut constamment argumenter sur les mêmes choses. Cela prend beaucoup d'énergie, mais je me dois de le faire si je veux faire passer un message. La conversation peut parfois être un peu virulente, car même si je n'ai aucun ton agressif, certaines personnes se sentent agressées par le fait même du sujet, et en rapport avec leur conscience. Ces mêmes personnes d'ailleurs quand je les revois plus tard, généralement, ont déjà évolué. Il ne faut donc pas s'en priver, même si parfois c'est épuisant. Quand on est végane, on y pense tout le temps, même la nuit. En outre, je fais un spectacle sur le sujet et je baigne vraiment dedans. Je regarde les argumentaires, je vais voir des associations montrant des images, je souffre tout le temps en fait. C'est compliqué au sein de cette société, d'avoir cet état d'esprit, je ne dis pas démesuré car cela serait un pléonasme, mais tout simplement de l'empathie pour des êtres sentients et sensibles…

 

Quand vous allez chez des amis, y a t-il toujours ce qu'il vous faut?

En principe, oui. Ils font des efforts et me cuisinent des choses. Je les vois satisfaits d'essayer de faire des plats qui s'approchent du végétalisme et de me faire plaisir. C'est donc important pour moi de ne jamais faire d'écart et de montrer l'exemple. Ce qui est dommage c'est que ce n'est pas destiné à toute la tablée. Certains de mes amis sont véganes dans l'air mais n'osent pas faire le pas. En tout cas lorsque c'est moi qui invite, tout le monde se plie à mon régime. C'est toujours très bon, car j'essaye de faire des plats originaux et tout se passe toujours très bien. J'ai de la chance de connaître des gens qui se transforment pour moi. Mais comme cela doit les contraindre quelque peu, peut-être ne suis-je pas invitée à toutes les réunions…

 

Est-ce pour vous un sacrifice dans le sens où vous aimez la viande et autres?

Oui effectivement, mais ça ne l'est plus si je réfléchis. C'est vrai qu'au niveau du goût, je ne fais partie de ceux qui en sont dégoûtés. Quand on fait des barbecues et que je sens l'odeur, cela me donne toujours envie, en tout cas gustative. Mais dans ma vie courante, cela ne me manque pas du tout. C'est vraiment une conviction, et c'est d'ailleurs d'autant plus blessant lorsque l'on me dit " C'est ton choix". Oui, mais cela devrait l'être pour tout le monde.

 

Vous prenez de la vitamine B12 que l'on ne trouve que dans la nourriture provenant des animaux!

Oui, et je ne me risquerais pas à ne pas en prendre. Beaucoup de gens après mon spectacle, me disent ne pas en absorber et je les encourage vivement à le faire. C'est dommage de jouer avec sa santé. On dirait qu'il existe quelque chose de faux à en prendre. C'est juste une culture bactérie et il existe des produits beaucoup plus chimiques qu'ingèrent les omnivores. On peut prendre cette petite pilule différemment selon le dosage. Je prends celle qui s'absorbe quotidiennement et cela ne me semble pas anti naturel.

 

Votre compagnon vous suit-il dans votre démarche?

Oui, en tout cas lorsque nous sommes chez nous. Mais il lui arrive de manger autrement à l'extérieur. Il ne veut pas s'embêter et prétend qu'il n'y avait que cette solution là ce qui n'est pas vrai. Ce sont des moments où il s'octroie ce plaisir là et cela doit un peu lui manquer, même s'il ne l'avoue pas. Mais il essaye de plus en plus de résister. Par exemple, il ne va jamais prendre de viande au restaurant devant moi. Il pense que le poisson me gêne moins, mais c'est pareil. On a toujours le sentiment que la viande sensibilise davantage mais je trouve horrible la façon dont les poissons meurent. Quant au lait, il va en prendre avec un peu moins de culpabilité, alors que c'est une industrie aussi meurtrière que celle de la viande si ce n'est pire.

 

Mangez-vous du fromage végane?

Oui notamment une sorte de camembert dont je raffole. Un magasin en vend à Lyon mais c'est 10 euros le petit camembert. J'y vais mollo mais quand j'en achète, je le déguste réellement. Sinon quelquefois des pâtes à tartiner, mais là encore je peux arriver à m'en passer. En fait, il suffit de reconditionner son cerveau. Personne n'aurait pensé que je puisse me priver de fromage. J'en mangeais tout le temps, j'adorais ça, mais à présent je ne finis pas forcément mon repas par cet aliment.

 

Que pensez-vous de la viande cellulaire?

C'est un sujet très controversé et certains disent que ce serait bien que le goût soit totalement supprimé. Mais selon moi la viande cellulaire peut constituer un bon intermédiaire, car notre planète est quand même en danger. Il existe des personnes pas du tout capables de penser au végétal pur. J'espère même si ce n'est pas évident, qu'ils seraient assez intelligents s'ils retrouvent le même goût, la même consistance pour avoir recours à cette viande là en pensant au fait que les animaux sont en sécurité. Je ne suis pas contre pour convaincre les irréductibles…

 

Souvent, on accuse les véganes d'être moralistes et de chercher à embrigader tout le monde!

Oui, c'est un peu vrai en ce qui me concerne. En faisant mon spectacle, même si j'essaye de ne pas faire de propagande, à partir du moment où j'évoque le sujet, je mets les gens face à leur conscience. Ce sujet concerne tout le monde, et évidemment je vais avoir envie d'essayer de convaincre. Après, est-ce que c'est de la morale? Nous sommes quand même une espèce humaine dotée de cette conscience là et qui tâche d'être le plus morale possible. On se veut comme tel et l'on fait l'inverse. C'est une guerre que l'on entreprend contre les animaux, et ce n'est pas du tout en adéquation, avec tous les systèmes de valeur que l'on tente de nous faire avaler. Effectivement, je ne me cache pas d'être un peu moralisatrice sans penser pour autant que je détiens la vérité, mais je suis certaine de mon efficacité. Je me remets en question tout le temps, j'ai essayé de trouver des anti-arguments pour de temps à autre faire un petit écart, mais ceux-ci ne valaient rien par rapport à une vie et à une souffrance que je combats. J'ai vraiment le sentiment d'être dans le juste et je veux faire valoir mes arguments… Je suis toujours touchée quand les gens font un chemin et qu'ils commencent à moins manger de viande ou qu'ils deviennent végétariens. Même si bien sûr j'aimerais que ce soit global. Mais chacun n'a pas la même empathie d'emblée et de nombreux critères rentrent en ligne de compte comme par exemple l'éducation. Mais si une personne est ouverte et qu'un débat argumenté et intelligent se met en place, c'est bénéfique.

 

Pourriez-vous nous parler de votre spectacle

Il n'est pas que drôle. Je prends tout à la dérision mais à la fin par exemple je parle des gens qui travaillent dans les abattoirs et je les incarne. Par exemple celui qui est censé endormir, et j'explique les techniques d'étourdissement avec des instruments auquel il a recours. Je fais des personnages très hauts en couleur pour exagérer la situation et faire un peu rire. Toute la première partie, je parle de mes relations avec les gens, et de ma vie de végane. J'essaye d'étaler tous les thèmes du véganisme, toutes les raisons de l'être et toutes les contraintes d'une végane. Dans la deuxième partie, même s'il n'y a pas d'entracte, je vais davantage en profondeur en expliquant pourquoi je suis végane. J'explique toujours sous forme d'humour pourquoi l'on prend soin de certains animaux et que l'on en tue d'autres. Qu'on est condamné parce que l'on torture un animal de compagnie alors que l'on en tue trois millions par an dans le monde. Et puis je parle un peu des lobbies et de ma mère qui a toujours peur pour moi et ma santé. Elle pense qu'il va peut-être m'arriver quelque chose..

 

Après votre spectacle, des spectateurs vous disent-ils que vous les avez convaincus de faire des efforts?
Oui. J'ai même été très émue spécialement deux fois. Un jour, une jeune femme s'est dirigée vers moi les larmes aux yeux en me disant : " Je tenais à vous remercier, depuis 1 an je suis végétarienne. Je suis rentrée chez moi, j'avais du veau dans mon frigidaire et je l'ai mis à la poubelle et je n'en ai plus jamais mangé. Même des amis m'ont affirmée après avoir vu mon spectacle, que cela faisait dix jours qu'ils n'avaient pas mangé de viande. C'est peut-être une passade mais cela veut dire que ça interpelle. Mon spectacle, plus autre chose et encore autre chose, finit par semer quelques graines et c'est ce que je souhaite. Mais il y a aussi des gens qui ne sont pas du tout convaincus qui prennent le sujet au second degré. Ils veulent bien se marrer sans changer, mais je pense malgré tout qu'une réflexion se met en place. Par rapport à mes autres spectacles, il règne ce plaisir de voir les gens discuter du sujet. Certains viennent me voir et l'on en parle.

 

Vous avez travaillé avec Forence Foresti. Est-elle sensible à la cause des animaux?
Non, elle a été végane quelque temps mais c'était plus pour des questions de santé. Puis elle a craqué pour une raclette!...

 

Pour finir, avez-vous des animaux?
J'ai 3 chats. Un âgé et deux petits chatons. Quelqu'un les mis ces chatons dans un jardin voisin et les a laissés là. La voisine leur a donné un peu à manger mais elle ne pouvait les garder et voulait les placer à la SPA… Et je les ai donc recueillis… Dès qu'il existe un véritable échange entre l'animal et l'humain, je ne vois pas en théorie pourquoi on ne devrait pas en avoir. Pour moi, ce n'est pas de l'exploitation. C'est comme une personne qui a un cheval et qui le monte. Certains disent qu'ils ne sont pas faits pour cela, que ça leur fait mal au dos etc.. J'ai une amie qui a plusieurs chevaux. Ceux-ci représentent la prunelle de ses yeux et un vrai amour les unit. De temps à autre, elle part en balade avec eux. Personnellement je ne suis pas contre tant qu'on ne leur fait pas faire des choses qui les épuisent…

 

Agnès Figueras-Lenattier

 

 

 

lundi, 20 janvier 2020

Violaine Arsac

En ce moment au théâtre 13 jardin ( 103 A Bd Auguste Blanqui) se joue la pièce " Les passagers de l'aube", un très bon spectacle qui évoque pour la première fois sur scène le spirituel. Elle s'est jouée trois années de suite au festival d'Avignon remportant un gros succès et se joue pour la première fois à Paris jusqu'au 9 février. Ensuite aura lieu en mars, avril une tournée en province. Violaine Larsac l'auteur et également la metteur en scène s'explique sur son travail. Ancienne comédienne, c'est sa première pièce de théâtre en tant qu'auteur, et sa quatrième mise en scène.

 

" Les passagers de l'aube " est votre première pièce. Quel en est exactement le sujet?

C'est l'histoire de Noé un jeune interne brillant, cartésien, très rationnel en dernière année de neurochirurgie qui est en train de boucler sa thèse sur le cerveau. Or, il va être confronté à un cas d'expérience de mort imminente contredisant quelque peu le sujet de sa thèse. Au départ, il prend cet exemple comme quelque chose d'un peu loufoque, et va éprouver l'envie de s'y intéresser pour démontrer que c'est une imposture. Ainsi pourra t-il avancer tranquillement sur sa thèse. Mais finalement, il va mettre le doigt dans l'engrenage et se rendre compte que ce cas est beaucoup plus complexe qu'il n'y paraît et que l'on ne peut en parler scientifiquement en deux temps trois mouvements. Tout ceci va mettre en péril son avenir professionnel, ses relations et va même provoquer une dispute avec sa femme... L'ensemble de son monde et de ses certitudes va vaciller…

 

Pourquoi traiter de ce thème? C'est un sujet auquel vous êtes sensible?

J'ai lu beaucoup de choses là-dessus, écouté des vidéos, et j'ai trouvé ce domaine étonnant, questionnant. Je me suis dit que c'était un sujet qui n'avait jamais été traité au théâtre, et j'ai eu le souhait de le faire. De manière générale, le spirituel est quelque chose qui m'interpelle.

 

Lorsque vous avez écrit cette pièce aviez-vous déjà toute l'histoire ou est-ce venu progressivement? D'autre part l'intention de la mettre en scène était-elle déjà présente?

J'avais le début et la fin, et j'ai commencé par écrire toute la trame avant de construire les dialogues. J'ai créé toute mon histoire, tous les rebondissements et une fois la grille et toute la structure mises en place, j'ai  rédigé la pièce à proprement parler. Oui, quand j'ai écrit la pièce, j'avais déjà les images de la mise en scène. Peut-être même avant; tout est très mêlé…

 

Ecrire une pièce de théâtre a t-il été difficile?

Non. J'avais beaucoup travaillé en amont sur la recherche, donc l'écriture en elle-même m'a paru très agréable et j'ai d'ailleurs recommencé depuis car cela m'a beaucoup plu. Cela demande bien sûr beaucoup de travail, mais c'est un exercice que j'ai trouvé jouissif. En outre, j'avais déjà eu l'occasion de me frotter à l'écriture scénique même si je n'avais jamais écrit une pièce en entier. Et puis, il se trouve qu'il y a quelques années j'avais suivi un stage d'écriture de scénario donc de dramaturgie. Et c'est vrai que je me suis un peu replongée là-dedans, pour être vraiment le plus proche possible de ce que l'on doit observer comme règles lors de l'écriture d'une pièce de théâtre…

 

Pourquoi ce titre? L'avez-vous trouvé facilement?
Oh non, j'ai mis beaucoup de temps à le trouver. "Les passagers" car selon moi on est tous des passagers et de plus, cela a également un lien avec un rebondissement présent à la fin de la pièce. Quant à " l'aube", cela fait référence à la lumière…

 

Pour cette mise en scène des " passagers de l'aube" qu'avez-vous voulu dégager comme message?

D'une part quelque chose d'assez suggestif impliquant que le décor fait allusion aux différents lieux plus qu'il ne les représente de façon complètement réaliste. Et puis le deuxième axe du travail a été basé sur le travail physique. J'ai d'ailleurs fait appel à un chorégraphe qui sait très bien faire bouger les comédiens qui ne sont pas danseurs. J'avais vraiment envie que les corps soient présents et qu'ils puissent à un moment donné prendre le relais des mots afin que l'on ne soit pas uniquement dans l'intellect et que l'émotion puisse aussi avoir sa part.

 

Connaissiez-vous déjà les quatre comédiens?

J'en connaissais déjà deux, et les deux autres je les avais remarqués lors d'un spectacle. Les quatre avaient déjà vu mon travail, ce qui était plus facile pour engager une collaboration. Tous les quatre sont assez magiques. Ils s'entendent très bien et cela se ressent beaucoup sur le plateau. Il règne une très belle énergie collective.

 

Comment s'est déroulé le processus de la mise en scène c'est à dire au niveau du décor, des costumes et des répétitions en général?

J'avais déjà en tête une idée très précise de ce que je voulais faire, ce qui a facilité le bon déroulement des répétitions... On a travaillé tout de suite avec les blouses des médecins. On a mis le décor dès la première répétition. Comme les éléments, les accessoires et les costumes circulent, il fallait anticiper dès le départ. Pour les autres tenues, on a travaillé assez tard avec. Lorsque l'on participe au festival d'Avignon, on doit avoir recours à un décor assez léger qui s'installe et s'enlève en 10 minutes. Dans cette pièce, le décor prend quand même de la place, mais les éléments restent faciles à monter et à démonter.

 

Côté spectateurs quelles sont les réflexions qui vous ont fait le plus plaisir?
Le fait que l'on me dise que les quatre comédiens sont vraiment formidables. Après, les compliments sur mon texte. Puis les remarques comme quoi la mise en scène est très fluide.  On a vraiment fait en sorte qu'elle le soit même si c'est un travail qui ne se voit pas forcément. Enfin ce qui est touchant également, c'est l'émotion des gens avec encore les larmes aux yeux à la sortie

 

Le monde scientifique a t-il été beaucoup présent?

Oui, pas mal de médecins, d'infirmiers (ères) ont assisté à la représentation et ont été très contents. C'était intéressant pour nous d'avoir des retours positifs de leur part. J'avais d'ailleurs demandé à un médecin de relire ma pièce car je voulais m'assurer que tous les propos étaient exacts.

 

Votre spectacle s'est joué dans plusieurs pays étrangers. Y a t-il un pays où vous aimeriez qu'il soit à l'affiche?
Le Canada car je pense que les Canadiens sont très ouverts à toutes ces problématiques et qu'ils seraient assez sensibles à cette pièce. Et puis c'est un pays sympathique à mes yeux et j'aimerais beaucoup discuter avec des Canadiens.

 

Vous avez donc écrit une deuxième pièce. Quelle est l'histoire?

C'est une pièce intitulée " La dernière lettre" sur la justice et en particulier sur la justice réparatrice. Sur ces associations qui mettent en rapport les familles des condamnés avec les familles des victimes pour essayer de voir comment l'on peut trouver une solution pour arriver à une résilience. C'est l'histoire d'une femme qui reçoit une lettre du condamné pour le meurtre de son mari avec cette impossible correspondance entre les deux. Cela pose la question de savoir si la justice est uniquement là pour condamner et mettre en prison ou si elle peut aussi faire naître des situations réparatrices… La pièce se jouera au Festival d'Avignon 2020…

Agnès Figueras-Lenattier

 

 

 

 

 

 

 

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jeudi, 07 novembre 2019

Sport et cancer du sein

Caroline Cuvier est oncologue à l'hôpital Saint-Louis. Cet entretien montre que le sport devient de plus en plus important dans les traitements de certaines maladies, notamment  le cancer du sein. Laissons donc s'exprimer cette femme spécialiste de ce domaine. Etudiante à Poitiers, nommée à l'internat de Paris, elle a tout de suite été totalement absorbée par la sénologie. Elle n'a jamais quitté Saint-Louis depuis 1986 où elle est praticien hospitalier à temps plein. Membre du bureau du Comité de tennis de Paris, elle est présidente du Tennis Club 12 Bercy, et fait partie de plusieurs commissions : Commission tennis féminin, Commission médicale précaire, Commissions sociétale.

 

 

Au sein de l'hôpital Saint-Louis il y a plusieurs ateliers liés à l'activité physique : l'escrime, la marche nordique, le tennis et le yoga.

On a mis en place ces ateliers en septembre, octobre 2012 s'adressant aux patientes qui dans les 6 mois ont eu un diagnostic de cancer du sein localisé et qui ont donc de grandes chances de guérir. On a aussi un cours de gymnastique, de renforcement musculaire destiné aux patientes atteintes d' une maladie plus étendue avec métastases et qui ont des possibilités plus limitées. C'est assez délicat de leur faire faire du sport car il existe des risques osseux. Et puis, elles sont vraiment fatiguées ou ont des anomalies biologiques externes. On a moins de données sur l'efficacité du sport pour ces femmes là, et c'est plus compliqué à obtenir. Mais on a quelques petits renseignements stipulant que le sport serait susceptible d'allonger leur survie, en tout cas d'améliorer leur qualité de vie. Quoi qu'il en soit, ce cours de renforcement musculaire a un succès fou et le fait de se retrouver entre elles leur permet de reprendre confiance en leur corps et de regagner un peu de muscle. Le bénéfice est également psychologique, cela leur donne la pêche et elles s'accrochent…

 

Pourquoi ces sports là?

Je souhaitais des activités physiques un peu diverses et je ne voulais pas 4 sports d'équipe ou 4 sports de balle afin que les patientes puissent se diriger vers ce qui leur plaît le plus. Après, je me suis adaptée aux moyens du bord et aux équipements. Côté yoga, il y avait déjà eu avant un cours pour une autre pathologie. En plus, c'est une activité accessible à tout le monde. Pour l'escrime une expérience avait été tentée à Toulouse pour le cancer du sein. Ce sport me paraissait particulièrement intéressant pour la mobilité des deux bras puisque les patientes sont opérées au niveau du bras. C'est de l'escrime plutôt artistique, ce qui leur permet en plus de stimuler la mémoire car il faut apprendre des enchaînements liés aux combats. Elles n'ont pas de masque et je désirais proposer un sport de combat illustrant ce que l'on appelle " le combat contre la maladie". Concernant la marche nordique, ça permettait aux femmes de prendre l'air et la marche était censée ne rebuter personne et s'adapter à tous les âges et à tous les antécédents sportifs.

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Vous êtes la première à avoir mis en place en 2012 au sein de l'hôpital Saint-Louis un cours de tennis pour les femmes atteintes d'un cancer du sein. Comment l'idée vous est-elle venue?

Dans cet hôpital il y a un court de tennis et l'un des enseignants du Tennis club 12 Bercy que je préside m'avait dit que si un jour j'avais besoin d'un professeur à Saint-Louis, il était partant. J'ai donc créé cet atelier en me disant que ce serait une belle expérience et c'était vraiment nouveau dans le cadre du cancer du sein. Je me souviens d'ailleurs de la première fois où le cours a eu lieu. Je me demandais comment cela allait se passer, si c'était une bonne idée et j'y suis allée faire un tour. Vers la fin, j'ai aperçu une algérienne qui n'avait jamais fait de sport pleurer de joie tellement elle était contente de jouer au tennis. Quant au professeur lui aussi il pleurait très ému par la réaction de cette femme. C'est un moment inoubliable…

 

De quelle manière préconisez-vous ce sport?

On le conseille aux patientes, le plus tôt possible, dès le diagnostic de cancer effectué. Il a été démontré que plus on commence tôt l'activité physique, et si l'on continue pendant le traitement et après, c'est plus efficace pour diminuer la douleur et améliorer la qualité de vie. Or beaucoup de personnes même les sportifs diminuent leur activité physique une fois le diagnostic posé. Le sport permet d'amoindrir les effets secondaires en particulier de la chimio et élimine la fatigue ressentie pendant le traitement et qui persiste après. Il y a moins de toxicité digestive, et cela joue sur le psychisme. L'activité physique diminue l'anxiété, améliore le sommeil, diminue les bouffées de chaleur. Les douleurs articulaires pouvant survenir à cause des traitements d'hormono-thérapie que l'on donne par exemple en prévention de la récidive sont également amoindries.

 

Comment se passe un cours?

C'est un peu différent des cours que l'on peut apercevoir généralement où les joueurs s'inscrivent en début d'année et poursuivent l'année entière avec un groupe du même niveau. Là, les patientes s'inscrivent après le diagnostic à n'importe quel moment de l'année. La plupart n'ont jamais joué ou possèdent un tout petit niveau. C'est un peu difficile pour le professeur car leur niveau et leur vie passée différent. Il y en a qui ont 60 ans et qui n'ont jamais fait de sport, d'autres sont plus sportives et ont 28 ans. On essaye de limiter le groupe à 8, et après cela se déroule à peu près comme un cours classique. Il faut savoir que ce ne sont pas des patientes métastatiques. Leurs organes fonctionnent donc normalement et elles n'ont pas de problèmes au niveau osseux ce qui leur permet de faire du sport sans risque.. Mais elles sont fatiguées, anxieuses, ont perdu leurs cheveux, et peuvent avoir des nausées. Certaines sont ménopausées à cause de la chimio, ont été opérées, ont un sein en moins. J'ai recommandé au professeur Polo Léité d'être vigilant, de toujours les observer. Certaines peuvent avoir des coups de blues, de fatigue, sont plus fragiles. . Une fois, une dame a vomi sur le court car elle sortait juste de sa chimio. On a acheté des raquettes légères, et elles jouent avec des balles intermédiaires. Souvent, Polo termine par des petits matches et elles adorent cela. Il est important de signaler que certaines mutuelles commencent à rembourser ces séances sous forme de forfait...

 

Au début comment Polo a t-il fait puisqu'à l'époque, il n'y avait pas de formation?

Je lui ai expliqué le fonctionnement du cancer du sein tout en mentionnant bien que ce ne sont pas des patientes métastatiques. Il m'a dit que c'était rassurant que cela se passe à Saint-Louis, pas loin. Pour lui surtout au début, et aussi pour les patientes, c'était important que ce soit en milieu hospitalier protégé. Je lui ai conseillé de faire un cours le plus normal possible en essayant de convaincre ces femmes que le sport, en particulier le tennis, c'était sympa. Je l'ai un peu formé au début, et après il a suivi les formations officielles qui existent maintenant avec la Federation française de tennis.

 

Quels sont les avantages du tennis?

La dépense énergétique est correcte et puis il existe le côté ludique et convivial qui est fantastique. L'échange avec les autres est très bénéfique. Les patientes sont en dehors de chez elle, encadrées par un prof et c'est mieux que de faire seule son vélo chez soi. Entre malades elles échangent et se soutiennent. Quand il m'arrive d'assister à un cours je les entends rigoler. Polo me l'a dit tout de suite : " Je ressens une solidarité qui n'existe pas dans les autres cours. A la fin, elles aiment bien s'affronter avec des points. " J'ai gagné, je suis la plus forte"… C'est le sport de la vraie vie, elles le pratiquent comme tout le monde. Beaucoup d'entre elles d'ailleurs continuent à jouer après, et parfois s'inscrivent dans le club que je préside. Certaines ont des problèmes financiers, et nous leur proposons un tarif privilégié. Il m'arrive de jouer avec elles, et l'une est devenue une amie…

 

 

Au niveau de la récidive pourquoi le sport la prévient-il?

Le mécanisme essentiel c'est que cela diminue le taux d'insuline qui n'est pas bon du tout au niveau apparition des cancers. Cela joue aussi sur les pics de glycémie, l'inflammation diminue, ainsi que les taux d'œstrogène pouvant être impliqués dans la genèse des cancers.

 

 

Le fait de se servir d'une raquette a t-il une incidence?
Cela participe à la rééducation du bras opéré, si le bras qui tient la raquette est le même qui celui qui a subi la chirurgie. Au début, il y a des adhérences, les patientes sont un peu limitées à cause de la cicatrice qui tire. Elles disent que leur paroi est plus souple, qu'il y a moins d'adhérences …

 

Le sport est également préventif dans le cancer du sein! Et la dose est-elle importante?
Oui, plus on fait de sport, moins on a de risques de faire un cancer du sein. Il existe ce que l'on appelle un effet dose réponse. Ce qui est recommandé c'est au moins 1 heure et demi par semaine d'activité physique d'intensité modérée ce qui équivaut à une marche assez rapide. Cela diminue le risque d'environ 15%, et comme il y a beaucoup de cancers du sein, au total ç'est pas mal… Cela dit, on peut avoir une activité physique et être sédentaire. Vous pouvez jouer au tennis 4 fois par semaine, si tout le reste de la journée vous ne bougez pas de votre fauteuil, vous êtes sédentaire quand même ce qui augmente le risque de cancer du sein.. Il est recommandé de bouger toutes les deux heures, par exemple de monter trois escaliers…

 

Vous occupez-vous d'autres sports à l'extérieur de l'établissement?

Une fois que les patientes reprennent leur travail, j'ai essayé de les aider à trouver un sport en ville. Je me suis arrangée avec la ville de Paris et maintenant nous avons plusieurs créneaux. Depuis 3 ans, nous avons des places réservées avec des enseignants pour de l'aviron au bassin de la Villette. Depuis peu, nous avons des places pour un cours de badminton, un cours de gym adapté et du karaté pour les plus de 60 ans. En 2018, on est allées 3 jours à Venise avec 9 patientes à la Vogalonga une randonnée de bateaux à aviron. Nous avons fait 39 km de courses plus 8 km pour ranger le bateau après dans la lagune. Ce fut un moment fantastique pour elles et pour moi. Cela a vraiment créé des liens et changé nos relations. Nous les médecins, en dehors de nos consultations on n'est pas forcément à l'aise lorsque l'on rencontre les patients dans un autre contexte. Et le fait de les côtoyer autrement, d'observer leurs émotions, d'entendre leur témoignage ajoute au bonheur de faire ce métier qui est déjà extraordinaire en lui-même. L'une d'entre elles m'a carrément dit qu'elle n'était plus la même…

Agnès Figueras-Lenattier

 

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mercredi, 04 juillet 2012

Rejoignez le Club des Supporters Handisport !

La vie d'un consultant est riche de rencontres. Fondateur de ce blog (en 2004...), j'accompagne ainsi le groupe Malakoff Médéric qui, dans la continuité d'un partenariat de longue date (4 ans) avec la Fédération Française Handisport, a lancé il y a quelques semaines un "Club des Supporters Handisport" (à découvrir ici : http://www.facebook.com/clubdessupportershandisport/). Objectif : changer le regard sur le handicap en donnant plus de visibilité dans les médias à la performance de ces athlètes.

J'ai souhaité y adhérer plus personnellement et ouvrir les colonnes de ce blog dédié aux habitants du XIVe pour qu'ils puissent découvrir cette initiative et s'y associer. L'opportunité pour moi d'une rencontre avec Adib El Sarakby à Saumur, dans le cadre prestigieux de l'Ecole Nationale d'Equitation. Ce jeune cavalier - qui découvrait ce jour sa nouvelle monture - portera peut-être les espoirs de la France lors des prochains Jeux Paralympiques de Londres.

Je vous laisse découvrir la vidéo de cette rencontre que je vous invite à partager et diffuser largement.

Nous approchons maintenant des 50 000 membres et nous comptons sur vous... REJOIGNEZ-NOUS !

Pierre Vallet

Plus d'info :
+ Découvrez toutes les vidéos de ces rencontres "Athlète Handisport - Blogueurs" sur la Playlist Youtube... 

mercredi, 15 octobre 2008

Portrait, Marc Gesbert, du jardin partagé à la création d'entreprise

Paris14.info poursuit sa série de portraits des jeunes entrepreneurs du 14e, initiée en 2006.  Aujourd’hui, rencontre avec Marc Gesbert, habitant du 14e, responsable d’un jardin partagé et depuis peu créateur d’entreprise.


Marc_Gesbert.jpgParis14 : Bonjour Marc Gesbert! Est ce que vous pouvez vous présenter à nos lecteurs ?

Marc Gesbert : Bonjour. J’habite dans le quartier de la Porte d'Orléans, où je me suis installé avec ma famille il y a cinq ans maintenant.

P14 : Vous venez de créer une société très originale -  Viamétiers -, dont le siège social est aussi dans le 14e. Pouvez-vous nous expliquer ce qu’est Viamétiers ?

MG : Viamétiers est un organisme de formation qui propose un accompagnement inédit en France, la reconversion professionnelle ou la possibilité de tester le métier de ses rêves. Concrètement, si vous vous ennuyez dans votre travail et voulez en changer, vous allez sur www.viametiers.fr et vous vous inscrivez à l’un des parcours-métiers proposés. Pendant quelques jours, vous vivrez le quotidien d’un professionnel et vous pourrez voir si le métier est fait pour vous. Vous pouvez découvrir des métiers comme agriculteur, décorateur, gérant d’un centre équestre, spa manager, conseiller en relooking, cuisinier, photographe,… C’est l’occasion de réaliser un rêve d’enfant et pourquoi pas de démarrer une nouvelle vie.

P14 : C’est un peu comme dans l’émission de télé « Vis ma vie »…

MG : Oui ! Sauf qu’ici les gens sont déjà attirés par un univers et veulent tester la réalité du métier en se mettant dans la peau d’un professionnel pendant quelques jours.

P14 : Comment avez-vous eu cette idée ?

MG : Je me suis moi-même posé des questions sur ma carrière. J’avais envie de changer de métier et je voulais surtout créer une entreprise. Je me suis aperçu qu’il était difficile de se faire une idée d’un métier sans l’avoir vécu au quotidien. Même si on a une passion pour la cuisine, c’est important de connaitre le côté professionnel avant de devenir restaurateur. Après tout, on essaye sa voiture avant de l’acheter mais on fait rarement la même chose pour son métier. Pourtant le choix d’une carrière est plus important. Et bien souvent, pour changer de vie, il faut changer de métier.

P14 : Vous avez aussi un lien particulier avec le 14e, puisqu’en plus d’y habiter, d’y avoir créé votre société, vous êtes aussi président du jardin partagé Vert-Tige, rue de Coulmiers. Comment vous êtes vous investi dans la création de ce jardin ?

MG : J’habitais en face d’un terrain en friche qui un jour a été rasé par RFF (NDLR: Réseau Ferré de France), le propriétaire des lieux. Les pommiers, cerisiers et rosiers qui étaient là depuis des années n’existaient plus. Comme beaucoup d’habitants du quartier j’ai été révolté et me suis dit qu’il y avait mieux à faire que de laisser ce terrain vide. J’ai donc passé un appel à tous les riverains qui se sentaient concernés et leur ai proposé de venir re-planter symboliquement sur cet espace. Le jour de cette "plantation", nous étions une trentaine sur place, accueillis par la police ferroviaire avec laquelle nous avons du négocier pendant plus de trois heures avant de pouvoir entrer sur le terrain, avec nos pelles et nos plants. Il faut dire que la bordure du terrain surplombe l'ancienne voie ferrée de la petite ceinture cinq mètres plus bas. J’ai continué à organiser des rendez-vous jardinage tous les week-ends. Entre temps, cinq de mes voisins m’ont rejoint pour créer l’association Vert-Tige. Après un an de négociation avec RFF, et avec le soutien de la mairie du 14e, nous avons finalement obtenu la création du jardin partagé à cet endroit. Nous avons ouvert en mai 2008 et avons du refuser des inscriptions tellement les demandes étaient nombreuses. Aujourd’hui, une cinquantaine de familles, une école et l’association des restos du cœur jardinent à Vert-Tige. J'en profite pour rappeler que le jardin est ouvert au public dès qu’un jardinier membre de l’association est présent.

Interview réalisée par Celia B.

Plus d'infos:
+ le site internet de Viamétiers
+ le site internet du jardin partagé Vert-Tige

vendredi, 18 janvier 2008

Regards sur le Grand Paris : Jean-Christophe Lagarde (3)

Interview de Jean-Christophe Lagarde, député Nouveau Centre de la 5e circonscription de Seine-Saint-Denis (Bobigny-Drancy) et maire de Drancy.

Part. 5
Le Grand Paris : problème de gouvernance ou d'urbanisme et d'architecture ?

Part. 6
Que souhaitent apporter les élus du Nouveau Centre au débat sur le Grand Paris ?

Pierre

Plus d'info :
+ Propos recueillis par Pierre Vallet pour www.grandparis2014.com.

mardi, 15 janvier 2008

Regards sur le Grand Paris : Jean-Christophe Lagarde (2)

Interview de Jean-Christophe Lagarde, député Nouveau Centre de la 5e circonscription de Seine-Saint-Denis (Bobigny-Drancy) et maire de Drancy.

Part. 3
Quelle feuille de route vers le Grand Paris ?

Part. 4
Drancy fait-elle partie du Grand Paris ?

Pierre

Plus d'info :
+  Propos recueillis par Pierre Vallet pour le site www.GrandParis2014.com.

vendredi, 11 janvier 2008

Regards sur le Grand Paris : Jean-Christophe Lagarde

Lors de sa conférence de presse de rentrée, le Président de la République a relancé le débat sur le Grand Paris, une réflexion sur la gouvernance et l'urbanisme dans notre Capitale qui n'est pas neutre pour un arrondissement "frontalier" comme le XIVe arrondissement.

Interview de Jean-Christophe Lagarde, député Nouveau Centre de la 5e circonscription de Seine-Saint-Denis et maire de Drancy.

Part. 1

Quelle vision du Grand Paris ?

Part. 2

Quelles nouvelles compétences pour les communes du Grand Paris ?

Pierre

Plus d'info :
+ Participez au débat sur le Grand Paris. Faîtes vos proposition sur le site www.grandparis2014.com.

mercredi, 12 décembre 2007

Yves lion, architecte-urbaniste (6)

6e et dernier épisode de notre entretien avec Yves Lion. Après les tours et les avancées du Grenelle de l'Environnement - où Yves Lion représentait sa profession - nous abordons le passage de la théorie à la pratique... Alors, les acteurs du bâtiment vont-ils jouer le jeu ?

Pierre

Plus d'info :
+ Un entretien avec Yves Lion, épisodes 1 / 2 / 3 / 4...
+ www.atelierslion.com, le site de l'agence d'Yves Lion, située dans notre arrondissement.
+ Yves Lion recevra le 18 décembre prochain des mains de Jean-Louis Borloo le Grand Prix d'Urbanisme 2007.
+ ...Et désolé pour le SMS :-)