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jeudi, 24 février 2022

Gabriele Münter peintre

Gabriele Munter 3D.jpgNée en 1877 à Berlin, dont elle aime l’atmosphère, Gabriele Münter peintre fut également la compagne de Kandinsky. Bien évidemment comme beaucoup de ces femmes qui croisent le chemin d’artistes  masculins très célèbres, elle n’est pas très connue. C’est très bien qu’un DVD lui soit consacrée car elle ne manque pas de talent et en a autant que son amant… D’ailleurs dans son almanach concocté avec plusieurs autres artistes, Kandinsky ne la mentionne même pas… C’est tout dire…

En revanche, ayant très bien compris son travail, il n’essaiera jamais de l’influencer. Artiste plus libre que Kandinsky, tous deux peignent côté à côte les mêmes motifs.  Ils veulent se libérer du carcan de la société et de l’académisme et n’ont pas d’atelier. Toutes leurs œuvres voient le jour en plein air et ils emportent tout leur matériel sur le dos. Le vélo est leur moyen de locomotion ce qui à l’époque est presque scandaleux pour une femme. S’inspirant mutuellement tout au long de leur relation, ils renoncent à la perspective utilisant de grands aplats de couleurs pour d’une part augmenter l’expression de la composition et d’autre part dépasser la réalité. Kandiinsky étant marié, ils voyagent afin d’échapper à la notion de couple illégitime et pour vivre leur union en toute tranquiillité.

En 1909 le couple emménage à Murnau au sud de la Bavière et chacun arrangent la maison à sa manière. Un potager prend place.  Le couple collectionne les objets d’art populaire, des dessins d’enfants avec l’idée que les enfants comme les artisans d’art populaire créent d’une manière naturelle, sans avoir subi d’influence. . Une création authentique s’effectuant à partir de soi qu’ils veulent essayer de refaire.  Kandinsky après avoir divorcé et malgré ses promesses de mariage épousera une autre femme.  Il enseignera en Allemagne mais ne donnera plus aucune nouvelle à Gabrielle si ce n’est pour récupérer ses tableaux…

A 20ans, Gabriele Münter commence le dessin et part aux Etats-Unis avec sa sœur. Elle a beaucoup photographié avant de peindre et cela va l’influencer dans toute son œuvre. Présente l’idée de l’instantané que l’on retrouve dans ses portraits où la personne porte son regard en dehors du cadre. La pureté de la couleur lui importe beaucoup.

A 29 ans, elle arrive à Paris, loue un atelier rue Madame, et loge dans le même immeuble que les Stein, grands collectionneurs. Elle s’intéresse à la critique d’art et notamment à Huysmans dont elle parle dans ses carnets. De 1917 à 1919 elle expose avec succès à  Stockolm et Copenhague ((estampes et peintures sur verre). . Elle  retrouve  Berlin en 1925 et expose dans toute l’Allemagne et à New York.  Ce qui l’attire le plus, ce sont les êtres humains qu’elle peindra de plus en plus avec le temps. «Mon truc c’est de peindre, voir, dessiner, pas de parler. Elle dessine sans arrêt, découvre le fauvisme et pratique la gravure à l’Académie des dames…

Revenue à Paris, elle va beaucoup au cinéma voir les films de Germaine Aulac. A partir des années 30, des motifs de fleurs seront bien plus présentes dans ses œuvres avec aussi  le temps s’écoulant, moins de couleurs et des formats plus grands. L’’abstraction ne l’a jamais vraiment séduite préférant l’expression et la forme.  La manière dont elle a traversé la période nazie n’est pas très claire.  Elle influencera Paul Klee dans la manière d’agencer les couleurs.

A 72 ans, on la photographie comme le témoin de l’époque du mouvement du Blaue Reiter réhabilité après la guerre.

Décédée à 85 ans, elle est fascinante sur le plan esthétique et quelle harmonie dans la manière d’assembler les couleurs et les motifs. Ce DVD est un régal pour les yeux… Félicitations à la réalisatrice Florence Moraud

Agnès Figueras-Lenattier

10:14 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

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