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samedi, 13 octobre 2018

Vagues de renouveau

Estampes japonaises modernes 1900-1960

 La Fondation Custodia a toujours l'art de réaliser des expositions avec goût et raffinement. Cette fois-ci, ce sont les estampes japonaises de 1900 à 1960 qui sont présentées ici afin de fêter l'année du Japon en France. Les deux principaux courants artistiques mis en valeur sont le shin hanga inspiré par Watanabe et le sosaku hanga dont Onchi Kashiro est une figure de proue.

L'on peut admirer une cinquantaine d'artistes et plus de deux cents œuvres assez différentes de l'art japonais en général. C'est surtout la femme qui est à l'honneur à travers cette exposition où l'esthétisme et la beauté féminine dominent. Notamment au début et dans la salle intitulé " Beautés d'aujourd'hui" avec les belles danseuses de Kosayakawa Kiyoshi et les femmes de Itô Shinsui se coupant les ongles, se noircissant les sourcils ou se regardant dans le miroir. Plus loin, dix types de nus féminins de Toraji d'Isikawa sont à voir également.

Les quelques portraits d'hommes montrent la symbolique du kabuki, forme épique du théâtre japonais traditionnel, avec en particulier des visages d'acteurs en pleine interprétation théâtrale. Défilent aussi des vues citadines, et des gravures de Tokyo. Les salles du sous-sol comprennent tout d'abord un petit film bien fait sur la technique de l'estampe japonaise traditionnelle. Suivent entres autres des dialogues post-impressionnistes, des artistes voyageurs, des spectacles de la vie moderne (troisième et quatrième acte de l'opéra Carmen, cirque, acrobaties), quelques visages masculins.…

C'est une collection très variée, et cela donne un véritable aperçu de l'estampe japonaise qui après avoir connu une crise sans précédent fin XIXè, connaîtra un grand essor après l'ouverture du Japon au monde occidental en 1853.

Quant au catalogue de cette rétrospective, c'est un véritable enchantement pour les yeux. Il complète de manière riche et rigoureuse l'histoire de la gravure japonaise au début du XXè siècle. La maison d'édition Watanabe fondée en 1909 qui continue de publier et de commercialiser des estampes se détache avec une longue interview de Watanabe Shoichiro expliquant son travail d'éditeur. Des textes retraçant la biographie des artistes, complètent le tout. Sans compter les superbes images d'estampes qui comme dit précédemment régalent notre sens visuel et l'aiguisent . On voyage dans l'univers japonais avec délice…

Agnès Figueras-Lenattier

Plus d'infos :

Fondation Custodia 121 rue de Lille

A 100 m du métro Assemblée Nationale

03:03 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : japo, estampes, xxè siècle

samedi, 06 octobre 2018

Rendez-vous théâtre avec l'oeil éclairé d'Agnès notre critique du XIVè

Oscar et la dame rose

 L'histoire est plutôt triste, mais que ce soit le comédien âgé de 35 ans qui l'interprète (Pierre Matras) ou l'auteur de la pièce Eric-Emmanuel Schmitt, tous deux ont su y apporter de l'humour et de la poésie, et faire oublier le côté dramatique.

Oscar 10 ans souffre d'une leucémie et vit quotidiennement à l'hôpital. Marie, une ancienne catcheuse victorieuse de 160 combats sur 165 dont beaucoup par ko est là pour égayer sa vie et l'encourager à faire de Dieu son confident. Oscar ne croit pas à son existence, mais joue le jeu et lui écrit régulièrement. Ainsi, la vie entourée de Marie-Rose et de Dieu paraît moins morose.
Oscar surnommé " Crâne d'œuf" a pour voisins Pop Corn, Einstein, Bacon et Peguy Blue pour qui il a un faible. Cela s'écoute comme un conte où l'auteur glisse subrepticement des idées philosophiques. Pierre Matras grâce à son excellente interprétation met bien en relief le texte et ce duo nous enchante. Par moment l'on sourit allègrement, l'on peut même rire, et l'on est happé par l'atmosphère touchante qui se reflète sur scène.

Eric-Emmanuel Schmitt a l'art de raconter des histoires, c'est incontestable, et celui qui le représente joue l'enfant avec brio, délicatesse, empathie en le rendant attendrissant et jamais mièvre. Fort dans sa maladie, Oscar irradie et sa vie ne semble pas si laide qu'on pourrait le penser.
C'est tout le talent de ces deux hommes de rendre plus positive l'image de cette affreuse maladie qu'est le cancer et de donner du courage à ceux qui en souffrent. Une belle leçon de vie…
Agnès Figueras-Lenattier

 

Plus d'infos :

Comédie Bastille

5 rue Nicolas Appert

75011 Paris

lundi, 01 octobre 2018

Rendez-vous théâtre avec l'oeil éclairé d'Agnès notre critique du XIVè

Sonate à Kreuzer

Un spectacle monté d'après la très belle nouvelle de Léon Tolstoï et des extraits du journal de Sofia Tolstoï. Dans cette nouvelle " Sonate à Kreuzer", Pozdnyshev confesse avoir tué son épouse par jalousie. La complicité que sa femme avait avec son professeur de musique lorsqu'ils interprétaient ensemble la musique de Beethoven dite " Sonate à Kreuzer" lui a fait perdre la raison.

Lorsque Tolstoï entendit lors d'un concert en sa résidence de campagne cette musique de Beethoven, il en fut littéralement bouleversé. Inspiré par cette sonate, il créa cette histoire quelque peu autobiographique publiée en 1890. Le texte est beau, puissant et dépeint avec acuité les relations homme femme et les violences qu'elles peuvent susciter.

Les trois comédiens sur scène dont une talentueuse violoniste (Tijana Milosevic) forment un ensemble harmonieux où se mêlent joliment la musique et la relation entre Tolstoï et sa femme. Le mari déchiré (Jean-Marc Barr) est bien représenté et Sonia (Irina Decermic) dotée d'un charmant petit accent traduit avec une réelle sincérité ses sentiments. Un moment très agréable à voir jusqu'au 7 octobre.

Agnès Figueras-Lenattier

Plus d'infos :

Studio Hebertot

Métro : Rome ou Villiers