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lundi, 11 avril 2022

Lautrec/Valadon

lautrec,valadon,livreMontmartre Belle Epoque

Editions de la Bisquine

Un livre bien écrit, très documenté où l’on voit distinctement la relation mouvementée entre Suzanne Valadon et Toulouse Lautrec, et l’atmosphère qui règne à cette époque. En particulier à Montmartre avec des renseignements détaillés sur les personnalités du moment et les dates importantes…

Valadon et Lautrec même s’ils partagent la même sensualité ne cessent de se disputer. Elle est jolie, infidèle et ne cesse de mentir. Lui, infirme, laid, amoureux des femmes s’auto-détruit dans l’alcool et le sexe. « Je creuse ma tombe avec ma queue » ironise t-il… Cela lui vaudra d’ailleurs de mourir de la syphilis à 37 ans…  Elle a une haute opinion d’elle-même, lui a plutôt tendance à se dénigrer…

Suzanne Valadon dont le prénom est en fait Marie-Clémentine ( il semblerait que ce soit Lautrec qui l’ai appelée Suzanne… ), terriblement indisciplinée quitte l’école à 11 ans et commence très tôt le dessin : «  Ca m’a pris jeune, à 8 ans ça y était. «  Lui fait deux chutes en début de puberté avec comme conséquences des jambes qui ne grandiront plus alors qu’il est en pleine croissance.

Suzanne Valadon qui aura une histoire de 6 mois avec EriK Satie, aura sûrement choqué son fils Maurice Utrillo car elle se mariera avec un de ses amis  à lui, André Utter de 25 ans son cadet, après avoir demandé le divorce à Paul Mousis en 1896… Son fils converti tardivement au catholicisme deviendra aussi pieux qu’alcoolique et sera interné plusieurs fois pour alcoolisme. D’ailleurs, elle ira souvent le récupérer ivre dans les cafés, commissariats, hôpitaux, et elle le forcera à peindre comme substitut à l’alcool. Contrairement à son fils, elle peindra beaucoup de portraits, et grâce à la protection de Degas jusqu’à la mort de celui-ci, elle sera la première femme à exposer à la Société des Beaux Arts en 1894.  Elle peindra aussi beaucoup de natures mortes, de bouquets fleuris dans des vases, et n’aura pas peur de montrer des pubis féminins. En revanche, elle couvrira les sexes masculins d’une feuille de vigne… Possédant comme devise « "Donner, aimer, peindre », elle ralentira sa production à partir de 1930 minée par l’urémie et le diabète.  Elle mourra d’une hémorragie cérébrale le 7 avril 1938.

Fervent admirateur de Manet, et possédant un penchant pour la femme rousse, Toulouse-Lautrec n’est jamais mieux que dans les bordels : « Nulle part, je me sens plus chez moi. »   Gros travailleur, il est très cultivé et tous les sports l’intéressent. Mais c’est le sport hippique qui a sa préférence. Il possède même un appareil permettant de faire du galop en chambre. Il a comme professeur d’anglais Stéphane Mallarmé et attache beaucoup d’importance à l’amitié et à la famille. Quand il peint à l’intérieur, il garde son chapeau de feutre ou d’osier, et lors de fêtes entre amis, aime se déguiser. Il permet à ses modèles de bouger si elles en ont envie, et leur demande non pas de poser mais d’être naturelles.

Après sa rupture avec Suzanne, il connaîtra une descente aux enfers physique et mentale mais excellera dans la lithographie.

Valadon et Lautrec se sont sûrement beaucoup aimés malgré leur mésentente continuelle et se sont stimulés artistiquement, cela se ressent bien dans ce livre de Yonnick Flot enseignant, journaliste et auteur de plusieurs scénarii, de pièces et d’essais sur l’Education et l’Audiovisuel. C’est un précieux témoignage car apparemment, il n’existe pas la moindre trace d’une correspondance entre ces deux peintres…

Agnès Figueras-Lenattier

09:43 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : lautrec, valadon, livre

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