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mercredi, 17 janvier 2018

L'antiquité grecque

Une idée philosophique expliquée

Luc Ferry

CD Fremeaux et associés

 

Quatre CD composent ce coffret dédié à l'antiquité grecque. C'est Luc Ferry qui avec sa voix limpide et son langage clair et précis nous parle de Platon, d'Aristote, du stoïcisme, et d'Epicure.

Pour Platon, il évoque les trois axes de sa philosophie, et les principales caractéristiques de ses dialogues. Il parle de son art de la maïeutique, c'est à dire une méthode consistant à faire découvrir une idée, et non pas à l'apporter. Il explique que dans " La République", Platon démontre que quand l'un n'est pas à sa place, c'est la catastrophe absolue. La cité va vers le déclin et cette pensée est valable jusqu'à la révolution française. Le christianisme va théologiser Platon distinguant deux mondes : le monde des idées d'un côté et le monde sensible de l'autre. On découvre dans cette première conférence comment Nietzche va s'opposer à Platon.

Dans le deuxième CD, Luc Ferry démontre l'importance de l'œuvre d'Aristote dans l'histoire de la philosophie grecque et son influence au sein de l'église chrétienne. Avec notamment son disciple Saint-Thomas d'Aquin. " La nature est le principe du mouvement", telle est la phrase qui représente le cœur de sa physique. Aristote rompt avec la "théorie des idées de Platon et distingue dans tout objet, dans tout être la forme et la matière. La forme représente ce qui est commun à l'espèce, la matière ce qui la caractérise…

Le stoïcisme (CD n°3) est relaté dans ses grandes périodes. Sénèque précepteur de Néron, Epictète esclave grec, Marc-Aurèle empereur de Rome sont de célèbres stoïciens. La grande thèse stoïcienne est que non seulement le cosmos est divin, mais qu'en plus il est parfaitement compréhensible pour la raison humaine. Rien n'arrive sans raison, c'est le déterminisme. Pour être heureux, il faut pratiquer à très haute dose la connaissance, et bien distinguer ce qui dépend de nous et ce qui n'en dépend pas. Dans les écoles stoïciennes on pratique quantité d'exercices de sagesse, d'exercices d'éthique, de morale. Par exemple, vivre le moment présent, repousser l'espérance, ne s'attacher à rien.

Reste Epicure et son école : le jardin. Pour lui, le but de la vie c'est le plaisir qui relève de la sensation et le bonheur guide toutes nos actions. Mais sa doctrine est surtout porté vers l'ascétisme et la frugalité. " Il faut se méfier des désirs immenses et creux " déclare t-il et il est un des premiers à critiquer le consumérisme. Il faut se limiter aux désires naturels tels que boire et manger. Le minimum de sexe est requis et l'on pense à Spinoza exemple de chasteté absolue. Les désirs telle que la richesse, le pouvoir, les honneurs.. sont à bannir car ils nous rendent malheureux. Il faut pratiquer la sagesse et comme chez les stoïciens, Epicure prône les exercices. Ainsi, devient-on heureux grâce à un travail sur soi.

Luc Ferry se contente surtout d'expliquer, et se permet peu de donner son avis. Mais on sait malgré tout qu'il ne partage pas les idées d'Epicure. Il préfère les philosophes qui se tournent vers la liberté plutôt que vers le bonheur. Ce sont quatre conférences instructives et agréables à écouter...

Agnès Figueras-Lenattier

jeudi, 11 janvier 2018

Moi, Dian Fossey

Quel témoignage criant de vérité que celui de Stéphanie Lanier qui interprète le rôle de l'éthologue Diane Fossey assassinée le 26 décembre 1985. Celle-ci s'est consacrée 18 ans à l'étude des gorilles de montagne au Rwanda et n'a cessé de lutter contre les braconniers. Grâce à elle, le regard sur ces animaux a changé, les méthodes de sauvegarde se sont améliorées, et la menace d'extinction s'est dissipée.

Lors de ce spectacle, on voit une Dian Fossey qui après avoir parlé quelque peu de l'Afrique, de son père et de son poisson rouge, se révèle totalement sous le charme de ses singes.   Quelle passion se dégage de son regard notamment lorsque l'on assiste à la description de son favori Digit avec qui elle joue et s'amuse…

La prestation de la comédienne est magnifique. Sa diction est excellente, son regard plein d'expression et de malice lorsqu'elle évoque ses chers gorilles. S'aidant beaucoup de ses mains pour mieux les décrire, elle raconte les heures passées avec eux, les jours entiers consacrés à les observer, les échanges de rots de complicité. Surnommée "Fossile Fossey", elle évoque comment à l'aide de patience, d'amour, et d'imitation, elle a réussi à se faire accepter. Changeant de ton et d'expression, lorsqu'il s'agit de raconter l'inévitable commerce de ces bêtes, elle n'a qu'une idée se faire enterrer près de ses gorilles.

Bravo à Stéphanie Lanier qui sans décor du tout, ce qui augmente la difficulté d'interprétation, réussit pendant une heure à nous captiver avec juste sa belle présence et son aura. Sans oublier le beau texte de Pierre Tré-Hardy. A voir absolument.

Agnès Figueras-Lenattier

Plus d'infos :

Théâtre14 20 avenue Marc Sangnier

Métro Porte de Vanves

16:45 Publié dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0)

lundi, 08 janvier 2018

Cirque Romanès

"Les nomades tracent les chemins du ciel"

 

"Etre tsigane,

c'est ajouter une difficulté

à la difficulté."

Ceci est un extrait du 4ème recueil de poésie intitulé " Le luth noir" d'Alexandre Romanès ancien équilibriste sur échelle et dompteur de fauves, fondateur en 1994 du cirque Romanès, premier cirque tsigane du continent européen. Alexandre Romanès a également écrit une autobiographie " Les corbeaux sont les gitans du ciel" qui montre en écho à l'extrait cité ci-dessus qu'être tsigane n'est pas toujours une partie de plaisir. Préjugés et racisme oblige…

En tout cas, le cirque Romanès qui a lieu tous les hivers près de la Porte Maillot est un pur délice. Les numéros défilent sans discontinuer en compagnie d'un orchestre jouant de la musique tsigane. Et c'est beau, très beau!... Notamment les danses flamenco et tsiganes représentées par de jolies jeunes femmes aux formes harmonieuses et pouvant se faire les muses de nombreux peintres. Habillées avec des tenues des plus chatoyantes, elles font tourner leur jupe avec grâce et se meuvent avec une élégance rare. Et ce n'est qu'une petite partie du spectacle.

L'on peut voir contorsions, cerceaux, ruban, funambule, jonglage, et un numéro de trapèze inédit et très attachant. Le numéro de la funambule est un des plus longs, avec diverses postures notamment un grand écart sur le fil. Les cerceaux sont exploités avec dextérité, et il peut y en avoir jusqu'à cinq tournant sur la même silhouette. De petites séquences humoristiques avec animaux de compagnies complètent agréablement le tableau. C'est une véritable école familiale d'esthétisme et d'harmonie dans le mouvement. Toute la chaleur humaine tsigane est là pour nous envoûter et nous faire rêver…

Agnès Figueras-Lenattier

Plus d'infos

Cirsrque Romanès Sq. Parodi Bd de l'Amiral Bruix

Métro : Porte Maillot