Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

jeudi, 09 juillet 2009

Journal à quatre mains

Rendez-vous théâtre avec l'oeil éclairé d'Agnès notre critique du XIVè

Deux soeurs issues d'une " bourgeoisie éclairée" l'une blonde Flora, l'autre brune Benoîte tiennent un journal évoquant la période du 6 mai 1940 au 18 janvier 1945. Cinq années de guerre jusqu'à la Libération et l'arrivée des Américains à Paris. Agées respectivement de 15 et 19 ans, elles  vont nous faire vivre au moyen d'un texte pétillant, drôle et riche cette époque sombre et délicate qui les conduira à devenir des femmes au caractère bien trempé. Très différentes côté tempérament, l'une intellectuelle et possédant les pieds sur terre, l'autre plus artiste et rêveuse, elles nous éclairent sur cette période grâce à des références historiques entremêlées de leurs sensations et opinions personnelles. Toutes deux féministes, elles ne mâchent pas leurs mots quant à leur vision des hommes. C'est le moment où l'unique salut pour une jeune fille reste le mariage avec interdiction de divorcer et les répliques teintées de rébellion face à cette situation ne manquent pas. Par exemple les voilà bien attristées que les hommes s'étonnent quand les filles pensent. Amusant aussi l'image accordée au sexe de l'homme à savoir une "molesse fripée au niveau de l'entre-jambes". On reconnaît bien là le style de Benoîte Groult qui un jour a déclaré : Les testicules ce n'est pas beau et si on avait ça à la place des seins qu'est-ce qu'on entendrait!..Malgré leur féminisme, ces deux soeurs sont à les entendre plutôt des croqueuses d'hommes.. Flora Groult décédée en 2001 et Benoîte Grout qui porte à merveille ses 89 ans ont écrit ensemble ce roman finement adapté pour le théâtre par Lisa Schuster. La mise en scène de Panchika Velezest est alerte, vivante et les deux comédiennes Sophie de la Rochefoucault et Aude Briant amusantes, lyriques et pleines de dynamisme. Une belle soirée avec d'ailleurs phlétore de spectateurs!..
Agnès Figueras-Lenattier

Plus d'infos :
Poche Montparnasse 75 bd du Montparnasse
Métro : Montparnasse-Bienvenüe

lundi, 22 juin 2009

Festival Climats

Pour la troisième année consécutive, a lieu au théâtre de la Cité Internationalle Festivals Climats qui explore à chaque fois une destination musicale. Après l'Inde et le Liban, voici le Maroc. Dimanche 21 juin ont été présentés " Les Folies berbères" un conte musical évoquant l'épopée des exilés. S'est également produite pour la première fois en France une troupe Les Aissaoua de Meknès qui englobe des musiciens de tous âges et de toutes conditions. Ces deux spectacles étaient plaisants à voir et à entendre, et c'était également l'occasion lors d'un goûter de déguster les bonnes pâtisseries marocaines et de boire du thé à la menthe. Et ce n'est pas fini puisque pendant deux autres weeks-end le 27 et 28 juin et le 4 et 5 juillet la fête continue avec un programme varié comprenant performing arts, musique et arts visuels. Une bonne occasion de passer un agréable week-end en famille..
Agnès Figueras-Lenattier

Théâtre de la Cité internationale
17 boulevard Jourdan
Métro : Cité Universitaire

 

dimanche, 14 juin 2009

Hard Copy

Rendez-vous théâtre avec l'oeil éclairé d'Agnès notre critique du XIVè

Hard Copy qui dénonce le harcèlement moral est une pièce de la romancière Isabelle Sorente mise en scène par la comédienne Babetida Sadjo qui fait ses débuts dans ce registre. Quatre femmes Douce, Belle, Blanche et Rose (Elise Harou, Julie Quiriny Charlotte Von Dongen, Laura Vossen )  se retrouvent le lundi matin au bureau et se racontent leur week-end. Petit à petit, Rose " la nouvelle" va devenir la cible des trois autres jeunes femmes, ce qui va entraîner de la violence verbale puis physique. Pauvre Rose que l'on va accuser de dégager des odeurs nauséabondes, de n'avoir aucun goût côté vestimentaire, ou d'avoir des péllicules dans les cheveux. Et plus celle-ci va essayer de se faire pardonner ou de faire preuve de bonnes résolutions, plus elle va être accusée de se laisser marcher sur les pieds. N'en pouvant plus, elle finira par exploser au téléphone lorsqu'un de ses supérieurs la sollicitera, et en viendra même aux mains avec l'une de ses collègues..Quant aux trois autres jeunes femmes, tout en se défoulant sur Rose, elles évoquent en même temps leur vie intime et notamment leurs problèmes sexuels. Et même si elles n'ont pas toujours le coeur à rire, elles racontent  leurs difficultés de telle manière que l'humour est vraiment de la partie. Et on peut dire que ce spectacle résume bien le   proverbe de Charles Baudelaire qui disait qu'il " est doux d'être à la fois victime et bourreau"..
Agnès Figueras-Lenattier

Plus d'infos
Lucernaire 53 rue Notre-Dame-des-Champs
Métro : Notre-Dame-des-Champs ou Vavin

mercredi, 03 juin 2009

Nuit blanche chez Françis

Rendez-vous théâtre avec l'oeil éclairé d'Agnès notre critique du XIVè

A travers ce spectacle se dégage bien toute la verve et l'humour de Françis Blanche inventeur du canular téléphonique et auteur de pas moins de 673 chansons. Des accessoires divers et amusants comme par exemple de très grosses seringues sont là pour mettre davantage en valeur saynètes, poèmes, calembourgs et aphorismes. Sur un rythme endiablé quatre très bons acteurs enchaînent les sketches, chantent et s'aident d'instruments comme le piano, la guitare, la flûte.. Les dialogues sont drôles et les idées ingénieuses. Comment en effet ne pas sourire en entendant Monsieur Tarapompon à l'écoute des gens désireux d'accorder les participes. Ou encore l'histoire du tigre se retrouvant au milieu d'un poulailler avec une poule mettant au monde un oeuf brouillé. Vous avez la santé et bien pour Françis Blanche ce n'est pas grave si vous êtes malade.. Bref, tous ces textes ne manquent pas de saveur et c'est un bel hommage rendu ici à ce poète plein d'esprit..
Agnès Figueras-Lenattier

Plus d'infos :
Lucernaire 53 rue Notre-Dame-des Champs
Métro : Vavin ou Notre-Dame-des-Champs

mardi, 19 mai 2009

La compagnie des spectres

Rendez-vous théâtre avec l'oeil éclairé d'Agnès notre critique du XIVèCe spectacle tiré d'un roman de Lydie Salvaire a été adapté par la comédienne Florence Hautier. Cette dernière incarne également toute seule tous les personnages de la pièce. L'histoire est la suivante : Un huissier se présente chez Rose pour procéder à un inventaire avant expulsion. Rose a une fille Louisiane qui vit à ses côtés et elle se croit toujours en 1943 année où son frère fut assassiné parla milice. Pour elle, l'huissier est l'envoyé de Darnand et du maréchal Putain. " Rose explique l'auteur est en quelque sorte acculée à la folie, parce que de tous les côtés son discours est dénié. Ce qu'elle a subi, ce qu'elle a souffert n'est reconnu de personne"..Louisiane la fille de Rose va s'approprier le discours délirant de sa mère et évoluer devant nos yeux. Contrairement à sa mère plongée dans sa folie intérieure sans fin. Louisiane prévient d'ailleurs l'huissier avec ses quelques paroles " Monsieur l'huissier ne prenez point ombrage des paroles de ma mère car elle présente comme vous pouvez le constater un léger dérèglement mental". Florence Hautier excellente comédienne interprète les différents personnages avec  brio et le beau texte de Lydie Salvaire est bien mis en valeur. Une soirée interessante sur une musique originale de Martin Béziers.
Agnès Figueras-Lenattier
Plus d'infos :
Lucernaire 53 rue Notre Dame des Champs
Métro : Vavin ou Notre Dame des Champs

08:04 Publié dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : spectres, folie, huissier

mercredi, 06 mai 2009

Ex-voto

Rendez-vous théâtre avec l'oeil éclairé d'Agnès notre critique du XIVè

Deux jeunes Léa et Gus (Sandrine Molaro et Gilles-Vincent Kapps) se rencontrent à la fin d'un concert. Léa n'a pas de domicile fixe, couche dans les gares et promène avec elle juste un sac et un walkman volé. Elle lit les magazines de mode, et fait des exercices pour avoir les joues bien fermes.. Gus qui rêvait  d'être boxeur et qui manie habilement la  guitare lui propose de l'héberger pour la nuit.Puis tous deux décident finalement de partir à l'aventure direction la mer. Ils aiment la liberté et vivre à fond. C'est leur histoire qui ne manque pas de charme écrite par Xavier Durringer qui est contée ici. Sur un plateau nu, les deux acteurs incarnent leur personnage avec pétulance, vivacité, et leur jeu dynamique et symbolisant la fougue  de la jeunesse nous entraîne dans la joie de vivre. Ils évoluent à l'aide  d'une mise en scène  alerte, légère de Christophe Luthringer et les lumières définissent les espaces. Tous deux aiment  Jeff Balley un chanteur   in et aiment aussi se prendre au jeu de la griserie provoquée par le fait de rouler en voiture  les fenêtres ouvertes.. .On les voit s'éclater comme deux jouvenceaux un peu fous et avides de vivre des moments intenses.  Puis à d'autres moments  les voilà plus calmes, plus posés en fonction des difficultés que leur pose la vie. Pour accompagner leurs étas d'âme la musique qui joue un grand rôle et qui traduit bien soit  les instants de folie, soit les instants plus mélancoliques.. Nos deux héros ont vraiment la pêche, et nous la donnent. Ils s'amusent autant que nous nous amusons  et on ressort de là détendu et de bonne humeur.
Agnès Figueras-Lenattier

Plus d'infos :
Lucernaire 53 rue Notre Dame des Champs
Métro: Vavin ou Notre Dame-Des-Champs

10:44 Publié dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ex-voto, jeunesse, musique

mercredi, 22 avril 2009

La vie sinon rien

Rendez-vous théâtre avec l'oeil éclairé d'Agnès notre critique du XIVè

" Je ne peux pas avoir un cancer comme tout le monde" déclare Bruno Abraham-Kramer qui interprète remarquablementun homme de 50 ans apprenant qu'il est atteint d'une maladie rare. Seulement 4 cas en France!.. Cette phrase résume à elle seule l'esprit de cette pièce ponctuée d'humour noir, d'un certain pessimisme, et de laquelle se dégage un regard perspicace sur la réalité de la vie. Pierre plutôt nanti d'un tempérament stressé et rongé par le quotidien en arrive à délaisser ses proches particulièrement sa femme et ses enfants. Il a également arrêté le violoncelle, instrument qu'il semblait avoir apprivoisé. Ironisant sur son âge fatidique et les désagréments qu'il engendre, il est spécialement amusant lorsqu'on le voit passer des radios et se moquer subtilement de la manière dont il faut se comporter. Du reste, sa vision de la médecine n'est pas toujours très tendre. Moment drôle aussi lorsqu'en train de danser d'une façon quelque peu fantaisiste en boîte de nuit, il se fait piéger par une femme qui ne pense qu'à lui soutirer de l'argent. Heureusement d'ailleurs que le comique est de la partie. Cela permet de mieux faire passer toutes les allusions pas toujours très gaies qui règnent dans ce spectacle. Et c'est toute l'habileté de l'auteur Antoine Rault d'être parvenu à jouer avec ce mélange qui aboutit à un texte superbe et très bien écrit. Quant aux rebondissements ils sont bien présents et la fin ne manque pas de nous surprendre agréablement. Comme le dit Antoine Rault quelle chance qu'avec Bruno Abraham-
Kremer qui a également signé une belle mise en scène, leurs chemins se soient croisés un jour d'été. Et quelle chance par la même occasion pour nous, car nous passons une excellente soirée où le one man show est parfaitement mis en valeur..
Agnès Figueras-Lenattier

Plus d'infos
Comédie des Champs Elysées 15 avenue Montaigne
Métro : Alma Marceau

lundi, 23 mars 2009

L'allée du roi

Rendez-vous théâtre avec l'oeil éclairé d'Agnès notre critique du XIVè
L'écrivain Françoise Chandernagor a écrit une biographie romancée sur Françoise d'Aubigné future Madame de Maintenon qui a obtenu un énorme succès. Traduite en plusieurs langues, elle a été adaptée pour le théâtre et la télévision. Et c'est Marie-Christine Barrault qui interprète sur scène et avec excellence Madame de Maintenon femme du poète infirme Scarron  et ensuite épouse de Louis  XIV. Grâce à son jeu alliant la puissance et la tendresse, elle nous entraîne dans l' univers de la marquise qui ne fut pas toujours rose.Née dans une prison de Niort, morte à l'asile de Saint-Cyr, on appelait Madame Scarron la belle indienne. Lorsqu'elle épouse Louis XIV elle joue vite son rôle avec aisance. "La cour dit-elle dans la pièce est la belle comédie du monde, et j'y trouvais  vite mon personnage". Qui aurait dit que cette femme qui à un moment donné a mendié les pieds nus dans les rues de la La Rochelle deviendrait un jour marquise? Et c'est ce qui fait l'intêret de cette femme car elle a connu les deux côtés de la barrière à savoir la pauvreté et le grand luxe. Dans ce spectacle Marie -Christine Barrault incarne une femme passionnée, qui selon ses dires hait les étiquettes, les règles. Adoptant un ton parfois grave, parfois plus jovial Marie-Christine Barrault sait
rendre grâce à cette femme et nous éclaire avec simplicité sur son destin. Jouant avec dextérité diverses facettes du personnage, elle accompagne ces interprétations de changements fréquents de costumes. Dans un décor constitué essentiellement de gros livres et sur une mise en scène de Jean-Claude Idée, elle joue de son talent pour notre plus grand plaisir..
Agnès Figueras-Lenattier

Plus d'infos :
Théâtre Daunou 7 rue Daunou
Métro : Opéra
 

lundi, 16 mars 2009

Accroche-toi aux étourneaux

Rendez-vous théâtre avec l'oeil éclairé d'Agnès notre critique du XIVè

Lea Léruch professeur agrégé de philosophie a abandonné l'enseignement en 2002 pour se consacrer à l'écriture principalement dramatique .Elle a écrit plusieurs textes dont " Accroche-toi aux étourneaux" qui se joue en ce moment dans un petit théâtre où résonnent des phrases parfois cruelles. Cette pièce raconte l'histoire d'une femme au passé glorieux qui est maintenant sur le déclin. Elle a été comdienne et a notamment interprété Hedda Gabler la pièce d'Henrik Ibsen avec grand succès. Elle a connu l'amour, la guerre, les rafles.Femme perdue, au bord de l'abïme, elle ne sait plus très bien qui elle est, ni où elle est. Maladie  d'Alzheimer? Peut-être.. Assise sur un fauteuil bancal comme l'est son état mental, Mademoiselle Mandelbaum veuve Stern nous raconte ses souvenirs s'étant déroulés dans de multiples lieux, ses craintes, ses désirs, ses moments de bonheur.Nantie d'une personnalité bien affirmée, elle évolue dans une salle où traînent divers objets familiers.Tout d'un coup lui revient en tête la terrible histoire de cette chinoise qui s'est jetée  par la fenêtre car on venait l'arrêter faute de papiers. C'est un cri profond et complexe qu'elle pousse, et le public entend sa confession avec un certain recueillement. L'actrice Violaine Malglaive possède
une très belle voix que beaucoup de comédiennes lui envieraient.Elle interprète son rôle de manière puissante et envoûtante, et elle n'a qu'une envie qu'on l'entende. Ce spectacle où alternent l'ombre et la lumière évoque ce qui nous menace tous à savoir la mémoire qui défaille. Mais en attendant, on n'oublie pas cette voix pleine de force qui s'imprègne en notre for intérieur..
Agnès Figueras-Lenattier

Plus d'infos
Théâtre Proscenium,2 passage du Bureau
Métro : Alexandre Dumas
 

dimanche, 08 mars 2009

bartelby

Rendez-vous théâtre avec l'oeil éclairé d'Agnès notre critique du XIVè"

Toute ma vie, j'ai lu à voix haute (à voix autre) explique l'écrivain Daniel Pennac. Il fallait bien que ça finisse sur la scène d'un théâtre. Et c'est ainsi qu'on le découvre tous les soirs lisant la nouvelle de l'américain Herman Melville " Bartelby" qui le hante  depuis des années et qu'il a adapté d'après la traduction de Pierre Leyris.  Et il y a de quoi être effectivement hanté car ce conte est  captivant de par l'atmosphère qu'il dégage. L'histoire est la suivante : Bartelby est employé comme scribe chez un notaire de Wall Street. Mystérieux, il oppose au monde une résistance passive et étrange déclenchant autour de lui  des dégradations de plus en plus importantes. Seul et enfermé dans son monde, il finira par se laisser mourir de faim. Sur une  jolie musique du compositeur britannique Benjamin Britten, Daniel Pennac lit ce texte comme un vrai comédien. D'une voix bien distincte, aux tonalités variées, il ressuscite la magie du texte et restitue bien le rapport entre ces deux personnages tous les deux isolés. Bartelby qui refuse sans cesse de rentrer dans le jeu des hommes ne serait-ce qu'en employant sa fameuse phrase énigmatique " Je préfererais pas" et son employeur qui tente par tous les moyens de briser le refus de son interlocuteur. Il règne  dans cette nouvelle une ambiance que Daniel Pennac arrive à rendre amusante. C'est beau, touchant et plein de profondeur.
Agnès Figueras-Lenattier

Plus d'infos:
Pépinière Théatre 7 rue Louis Le Grand
Métro : Opéra