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jeudi, 16 janvier 2014

Rendez-vous théâtre avec l'oeil éclairé d'Agnès notre critique du XIVè

Dramuscules de Thomas Bernhard

  

 

Thomas Bernhard écrivain autrichien né en 1931 et mort en 1989 (poèmes, récits , romans, pièces de théâtre) profondément marqué par l’annexion de l’Autriche par l’Allemagne nazie  a écrit ce recueil de courtes pièces en 1988.  Catherine Hiégel sociétaire de la comédie française en 1976, puis sociétaire honoraire en 2010 et également metteur en scène de ce  spectacle « Dramuscules » (contraction des mots drames et minuscules) a choisi les trois premiers textes. Ceux-ci mettent en scène le dialogue piquant de deux femmes (Judith Magre et Catherine Salviat) et la présence cachée d’un homme (Antony Cochin) qui joue le rôle d’un fossoyeur et d’un mari. Le premier texte raconte l’histoire de ces deux dames qui ayant assisté au rosaire du soir, découvrent ensuite un mort enroulé dans du papier d’emballage.  Dans le deuxième,  elles discutent de choses et d’autres, et commentent la disparition de Mr Geissrathner écrasé par un turc. Le troisième tableau décrit comme  personnages Marie mariée au policier  Kroll. Marie essaye d’attirer l’attention de son mari. Mais celui-ci en train de regarder un match de foot l’envoie balader..   La  dénonciation virulente du racisme est profondément présente ici.  C’est acide et drôle grâce à la bonne interprétation des comédiens. Judith Magre et Catherine Salviat sont pétillantes et font bien ressortir l’esprit corrosif et vif de l’écrivain. Catherine Hiegel pour rajouter encore du piquant à la soirée a réservé une petite surprise aux spectateurs qui entre deux pièces doivent répondre à quelques questions ayant trait à la race noire et aux juifs. Les propos sont souvent assez monstrueux, mais on ne peut s’empêcher de rire.

«  Je suis l’artiste de l’hyperbole, et ma tâche a déclaré Thomas Bernhard est de choquer, de secouer les gens dans leur confort moral ».  Et c’est effectivement ce qui ressort dans ce spectacle où la bêtise humaine et l'étroitesse d'esprit sont fortement dépeintes. Un moment intéressant où l’on ne s’ennuie pas une seconde..

Agnès Figueras-Lenattier

`Plus d’infos :

Théâtre Poche Montparnasse 75 bd du Montparnasse

Métro : Montparnasse-Bienvenüe

 

 

mercredi, 08 janvier 2014

Rendez-vous théâtre avec l'oeil éclairé d'Agnès notre critique du XIVè

Lettre d’une inconnue d’après Stefan Zweig

 

Stefan Zweig né à Vienne en 1881 et infatigable voyageur est décédé en 1942 à Rio de Janeiro. Il s’est empoisonné en compagnie de sa seconde femme Elisabeth, une jeune secrétaire épousée en Angleterre. Il a écrit de nombreuses et magnifiques nouvelles, et dans ce spectacle voici sa «  Lettre d’une inconnue », mise en scène par William Malatrat qui joue également le rôle de l'écrivain. Et c’est une création intéressante avec une « inconnue » pleine de passion qui traduit bien son amour pour cet écrivain qu’elle a connu à 13 ans. Il en avait alors 25, et tout de suite elle a été séduite par cet homme dont les nombreuses et riches relations la faisaient rêver. C’était aussi un séducteur impénitent qui ramenait beaucoup de femmes chez lui..

Elle eut le cœur brisé le jour où sa mère lui annonça son remariage et le fait qu’elles allaient devoir déménager.. Mais plus tard n’y tenant plus, elle retourna à Vienne pour revoir cet homme. Ils se connurent intimement pendant quelques jours, et devant partir en voyage, il lui promit de la rappeler à son retour. Mais plus de nouvelles… Elle aura l’occasion de le rencontrer à nouveau quelque temps plus tard, mais il ne la reconnaîtra pas.  Elle se retrouvera enceinte, mais l’enfant ne survivra pas.. Et c’est à travers une  lettre très touchante qu’elle lui confie son histoire.

La jeune Victoria Michaut nous tient en haleine du début à la fin. C’est un peu comme si elle se livrait à une psychothérapie sur scène, et qu’elle se libérait d’un poids grâce à cette confession. Elle est exaltée, émouvante, et s’émerveille avec brio de ce qu’elle peut ressentir. Ses yeux sont pleins d’une expression presque enfantine, et l’on devine toute l’importance qu’a eu cet homme dans sa vie. Et à la fois le bonheur et la souffrance qu’il lui a procuré..

Une superbe nouvelle à lire, et bien mise en valeur au sein de ce petit théâtre intime qu’est le Guichet Montparnasse.

Agnès Figueras-Lenattier 

Plus d’infos :

Guichet Montparnasse 15 avenue du Maine

Métro : Montparnasse bienvenue, Edgar Quinet

dimanche, 08 décembre 2013

Rendez-vous théâtre avec l'oeil éclairé d'Agnès notre critique du XIVè

Calacas de Bartabas

 

«  Ce qui m’interesse avec Calacas l'inventeur du théâtre équestre, explique Bartabas,  c’est la danse macabre. Une danse de mort, c’est aussi une danse de vie. J’installe tout, comme un carnaval, et après, je laisse le laisse le spectateur voyager dans l’image. C’est l’une des caractéristiques de Calacas (squelette au Mexique). » Voici résumé en quelques mots le dernier spectacle de Bartabas inspiré de la tradition mexicaine de la fête des morts.. L’on pourrait par la même occasion évoquer le poème de Baudelaire «  Danse macabre » dont voici une strophe :

Antinoüs flétris, dandys à face glabre,

Cadavres vernissés, lovelaces chenus,

Le branle universel de la danse macabre

Vous entraîne en des lieux qui ne sont pas connus !

La danse macabre de Bartabas et de Baudelaire se rejoignent pour célébrer avec grâce et beauté la mort reliée à la vie, et les 29 chevaux présents sur la scène du théâtre équestre Zingaro nous entraînent dans un monde plein de force et de majesté.  Avec toute la troupe composée de musiciens, cavaliers, techniciens, la représentation de la mort devient une fête somptueuse et inédite. Tout d’abord, des « chinchineros » (hommes orchestres chiliens) par le biais de tambours qu’ils portent dans le dos, annoncent le début du spectacle. .Ils dansent, sautent avec une grande agilité, et produisent une musique pleine de puissance. Puis, on rentre petit à petit dans un univers plein de magie.  Les morts vivants montent à cheval, des squelettes tournoient suspendus à des fils. Un cavalier tout en noir remue la tête de manière humoristique sur son cheval, un pur sang arabe blanc se met à galoper de toutes ses forces autour du théâtre. Tout cela tourne à un rythme d’enfer et l’on en a plein les yeux..  

Comme le dit Bartabas dans ce spectacle, l’être humain n’a plus que la structure, celui qui ici a l’énergie vitale, c’est le cheval, pas l’homme. Et c’est effectivement un bel hommage rendu aux chevaux dont on peut admirer tout le panache..

Agnès Figueras-Lenattier

 

Plus d’infos

Théâtre équestre Zingaro   

  176   Avenue Jean-Jaurès à Aubervilliers

Métro : Fort d’aubervilliers

13:03 Publié dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : danse, mort, vie, chevaux

vendredi, 22 novembre 2013

Rendez-vous théâtre avec l'oeil éclairé d'Agnès notre critique du XIVè

Occupe-toi d’Amélie

 

«  Quand je fais une pièce explique Georges Feydeau, je cherche parmi mes personnages quels sont ceux qui ne doivent pas se rencontrer. Et ce sont ceux-là que je mets aussitôt que possible en présence. » Cette technique théâtrale chère à Feydeau, permet effectivement des rebondissements toujours très amusants, et cette pièce «  Occupe-toi d’Amélie » n’échappe pas à la règle.

On rit beaucoup en observant Marcel Courbois  un jeune noceur sans argent, se dépatouiller pour récupérer l’héritage que son père a confié à son parrain. Dans ce but, il doit se marier. Il croit avoir gagné la partie en annonçant à son parrain son mariage, fictif bien évidemment. Mais ce dernier va débarquer à Paris pour voir la fameuse fiancée.. Marcel paniqué va alors obtenir de son ami Etienne que sa maîtresse joue le rôle de fiancée. Or, Etienne doit partir quelque temps, et demande à Marcel de s’occuper d’Amélie. Mais voilà qu’Amélie et Marcel se retrouvent un matin dans le même lit.. Etienne apprenant la vérité, dupera alors son ami Marcel en organisant un vrai mariage.. Mais finalement après une ruse imaginée par Marcel, Amélie sera rendue à Etienne.

Au cours du déroulement de cette histoire, vient s’ajouter la présence d’un maharadjah tombé sous le charme d’Amélie. Et celui qui joue ce rôle est tellement performant qu’on en rit de plus belle.

Toute la troupe s’harmonise bien et  Amélie est une cocotte charmante et coquine. La mécanique de Feydeau est mise en scène avec astuce, et l’audace de l’auteur qui a écrit une pièce quelque peu licencieuse se profile habilement sur scène. Un spectacle qui dure  jusqu’au 31 décembre et qui peut être une bonne idée pour fêter la nouvelle année dans la gaité et la bonne humeur..

Agnès Figueras-Lenattier

 

Plus d’infos :

Théâtre 14 20 avenue Marc Sangnier

Métro : Porte de Vanves

vendredi, 08 novembre 2013

Rendez-vous théâtre avec l'oeil éclairé d'Agnès notre critique du XIVè

Le nazi et le barbier

  

Il a la trempe des grands ce comédien David Nathanson qui adapte  « Le nazi et le barbier », roman de l’écrivain d’origine germanique Edgar Hilsenrath, et qui joue seul en scène les différents personnages de cette histoire  à l’humour noir et violent.  Ce roman qui fut d’abord refusé par un grand nombre d’éditeurs allemands sera publié aux Etats-Unis, et connaîtra finalement un succès mondial. Il faut dire que même si le ton est parfois un peu osé, c’est captivant, joliment raconté. Et plein d’originalité, dans la manière d’évoquer l’histoire de la persécution des juifs par les nazis. C’est l’histoire de Max Schulz fils bâtard, aryen de pure souche, violé par son beau-père qui devient le grand ami de Itzig Finkelstein, un juif fils de barbier. Quelques années après, il s’engage dans la SS, et devient un nazi exemplaire. Puis, une fois la guerre terminée, alors que la dénazification se met en place, il prend l’identité de son ami Itzig dont il fut le bourreau,. Puis, devient juif aux yeux de tous. Enfin, comment il se transforme en israélien et sioniste fanatique..

Sur le plateau, juste un fauteuil de barbier avec en arrière-plan une enseigne lumineuse  

« L’homme du monde » .  Et un David Nathanson bien dirigé par Tatiana Werner la metteur en scène. Un jeu plein de puissance et de magnificence mettant bien en relief la relation constante entre Max et Itzig..  Avec quelle aisance, il passe d’un personnage à un autre, se faisant tantôt victime, tantôt bourreau, et accompagné par une musique qui  accentue habilement sa belle voix. Et sa diction que l’on peut pratiquement qualifier de parfaite. Et que dire de cette force incroyable dont il fait preuve,  lorsqu’il imite Hitler en train de s'adresser à la foule. Et ensuite met en scène sa métamorphose après avoir été séduit par ce discours. C’est une grande découverte que la prestation de ce comédien. Il faut vraiment se précipiter pour aller assister à cette performance de premier ordre. Vraiment grandiose..

Agnès Figueras-Lenattier

Plus d’infos

Petit Hébertot 78 bis bd des Batignolles

Métro : Villiers

mercredi, 09 octobre 2013

Rendez-vous théâtre avec l'oeil éclairé d'Agnès notre critique du XIVè

La campagne

Une merveille que ce spectacle aussi bien côté mise en scène, qu'interprétation des comédiens. Quant au texte, rien à dire non plus. Il est très savoureux.

Un médecin marié et père de deux enfants amène chez lui en pleine nuit, une jeune femme qu'il a trouvée sur le bas-côté de la route. Elle était incohérente. Va s'en suivre une histoire mystérieuse et envoûtante où l'imagination navigue à plein tube. La progression de l'intrigue et la tension qui règnent entre les trois personnages sont habilement reflétées par la belle performance des comédiens. Tantôt doux, tantôt plus violent est le ton, et le rythme du jeu agréable. La musique qui sépare les différents tableaux, et la variation des jeux de lumière accentuent l'atmosphère vaporeuse de la pièce. C'est très théâtral, et l'ensemble de la troupe mérite une belle ovation..

Agnès Figueras-Lenattier

Plus d'infos

Théâtre du Lucernaire 53 rue Notre-dame-des-Champs

Métro : Vavin, Notre-dame-des-champs

lundi, 30 septembre 2013

Rendez-vous théâtre avec l'oeil éclairé d'Agnès notre critique du XIVè

Zelda, Scott

Zelda, Scott Fitzgerald, un couple mythique de l’Amérique des années 20. C’est leur aventure qui est racontée ici, accompagnée par la troupe du Manhattan Jazz Band. Zelda devient l’héroïne des livres de Scott, et leurs frasques sont relatées partout. Sur une belle musique trépidante et rythmée, on les voit s’aimer, faire la fête, puis se déchirer et se laisser progressivement couler vers la déchéance. Scott, dépressif, en manque d’inspiration se perd dans l’alcool, tandis que Zelda est atteinte de schizophrénie sous l’œil d’Ernest Hemingway, qui malgré toute sa bonne volonté, ne peut rien faire. C’est très bien joué, et les trois personnages ( Sara Giraudeau (Zelda) , Julien Boisselier (Fitzgerald), Jean-Paul Bordes (Hemingway ), nous plongent dans une atmosphère envoûtante et pleine de puissance théâtrale. Le duo de fin entre Scott Fitzgerald et Ernest Hemingway est magnifique et la grâce et la sensualité de Sara Giraudeau raisonnent fortement sur le plateau. La diction des comédiens, qui aujourd’hui laisse souvent à désirer fait plaisir à entendre, et la mise en scène met bien en valeur les différents tableaux du spectacle. Le texte, le décor et les costumes forment un ensemble harmonieux. Bref, c’est un très beau spectacle, et le but du théâtre qui est de nous transporter hors du temps et de la réalité laisse filtrer ici son pouvoir magique et ensorceleur.

Agnès Figueras-Lenattier

 

Plus d’infos :

Théâtre La Bruyère 5 rue la Bruyère

Métro : Saint-Georges

samedi, 27 avril 2013

Rendez-vous théâtre avec l'oeil éclairé d'Agnès notre critique du XIVè

 

Pierre et Jean

 

 

 

« Pierre et Jean » quatrième roman de Guy de Maupassant est paru en 1888. C’est l’histoire de Monsieur Roland ancien bijoutier parisien, maniaque de la pêche, qui se retire avec sa femme et ses deux fils au Havre. Les deux frères sont forts différents physiquement et moralement. Jean l’aîné, brun, sec et nerveux est médecin, Pierre plutôt enveloppé et blond est avocat. Un soir, la vie tranquille de la famille va être bouleversée par une nouvelle : Jean hérite. C’est un certain Monsieur Maréchal ami de la famille et mort à Paris qui lui lègue toute sa fortune.. Pierre assailli par la jalousie se pose des questions. Et si Jean était le fils de ce Monsieur Maréchal..

La Compagnie Guépard Echappée a eu l’idée d’adapter ce roman pour la scène avec six comédiens jouant dans un décor simple, avec une mise en scène variée, inventive et drôle. Le spectacle se déroule sous forme de nombreux tableaux et respecte assez bien l’histoire du roman tout en possédant une liberté de forme et d’expression. La musique est constamment présente et les acteurs laissent filtrer une belle et plaisante harmonie. Des jeux avec les vêtements, des ralentis corporels, une scène avec des masques enjolivent l’atmosphère vivifiante de la soirée.  Présent également un narrateur qui avec habileté accentue le côté émotionnel de la pièce.  Le tout est astucieusement mis en branle, ce qui donne un spectacle très agréable à voir.

Agnès  Figueras-Lenattier

Plus d’infos :

Théâtre du Lucernaire 53 rue Notre-Dame-des-Champs

Métro : Notre-Dame-des-Champs, Vavin

 

 

 

 

lundi, 01 avril 2013

Rendez-vous théâtre avec l'oeil éclairé d'Agnès notre critique du XIVè

Attention maîtres chanteurs

Depuis 2006, Raphaëlle Farman (école d'art lyrique de l'Opéra Bastille )  et Jacques Gay (premier prix d'art lyrique au Conservatoire supérieur de musique de Paris) auteurs et metteurs en scène de cette comédie musicale créent de nombreux spectacles lyriques. Après notamment "Les aventures de la diva et du toréador" resté trois ans à l'affiche à Paris, voici un nouveau voyage, en compagnie de cinq artistes (quatre chanteurs lyriques et un pianiste comédien).
C'est l'histoire de la famille Dugosier de la Glotte, depuis l'âge des cavernes jusqu'à nos jours. Avec comme compagnons Mozart, Offenbach, Bizet, Verdi, Carl Orff, ou encore Charles Trenet.
Chaque période historique est relaté avec humour et ingéniosité. Tout y passe : les hommes de Cro-Magnon, les gladiateurs, la famille royale, François Hollande.. Les chanteurs et chanteuses s'en donnent à coeur joie, révélant en plus de leur superbe voix des talents de comédiens. Quant aux constumes de Monika Eder, ils sont magnifiques, et l'ensemble plein d'harmonie est un véritable régal pour les yeux et les oreilles. Et puis étant donné que les choristes prévus pour la tournée sont absents.., ce sont les spectateurs qui les remplacent. Et cela donne une atmosphère gaie, où chaque participant, grâce à des paroles écrites sur un écran, se nourrit d'un véritable aphrodisiaque musical. Un moment savoureux dont il faut absolument se délecter.
Agnes Figueras-Lenattier
Plus d'infos :
Théâtre La Bruyère 5 rue la Bruyère
Métro : Saint-Georges

 

20:19 Publié dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0)

lundi, 25 février 2013

Rendez-vous théâtre avec l'oeil éclairé d'Agnes notre critique du XIVè

Dans le regard de Louise
Belle interprétation que celle de Bérengère Dautun dans la peau de Louise Michel, la militante anarchiste née en mai 1830. Le 22 janvier 1888, elle est blessée à la tête par deux coups de pistolet tirés par le chouan Pierre Lucas. L'une des deux balles se loge dans le temporal gauche, et lui provoquera régulièrement de violentes douleurs. Pour y remédier, elle consultera le Docteur Pelletier, le seul qui acceptera de lui rendre visite. En fait, il ignore tout de son identité.. Une amitié va naître entre eux, et c'est l'histoire de cette rencontre qui est racontée ici.
L'auteur Georges Dupuis a écrit cette pièce, d'après la vie et les " Mémoires" de la révolutionnaire. Et l'on suit avec intérêt le parcours de cette femme que Victor Hugo a qualifié " d'ange à travers la méduse". S'étant prononcée contre la peine de mort en janvier 1887, s'étant battue debout sur les barricades lors de la Commune, elle meurt le 9 janvier 1905 à Marseille. Louise Michel qui aimait beaucoup les animaux (il est dit dans la pièce qu'elle en a eu 35) était une femme exaltée, nerveuse. C'est du moins ce qui ressort de l'excellent jeu de Bérengère Dautun qui évolue dans la pénombre avec peu de décor et des bougies comme source de lumière.
Goerges Dupuis joue également le Docteur Pelletier, un médecin conservateur qui met bien en relief l'antagonisme de sa personnalité par rapport à Louise Michel. Comme le dit Yves Pignot le metteur en scène, "cette ballade avec Louise Michel et son partenaire représente un privilège pour le spectateur". Et l'on aurait tort de ne pas en profiter. D'autant plus que ce spectacle se joue au théâtre du Ranelagh dans un environnement enchanteur..
Agnes Figueras-Lenattier
Plus d'infos :
Théâtre du Ranelagh 5 rue des Vignes
Métro : La Muette, Passy