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jeudi, 18 juin 2015

Rendez-vous théâtre avec l'oeil éclairé d'Agnès notre critique du XIVè

Dali, conférences imaginaires

 Excellente performance de Philippe Kieffer dans le rôle de Dali. Que ce soit côté aspect physique ou côté verve spirituelle et humoristique. D'après un texte brillant et une mise en scène astucieuse de Christophe Gauzeran, ce comédien incarne un Dali provocateur, attiré par le sens de l'exagération et par la subversion. 

On apprend sa profonde admiration pour Raphaël et Vermeer, et on l'écoute faire une introduction de la laideur au sein de l'art moderne. Se faisant appeler " Divin Dali" par celui qui l'interroge, il reconnaît volontiers sa mauvaise foi. Et fait l'éloge de Picasso qu'il estime être le plus grand génie du monde contemporain après lui. " Le surréalisme c'est moi" affirme t-il en toute modestie.

Sa mésentente avec André Breton et son amitié avec Paul Eluard sont également retranscrites sur scène. Pendant presque deux heures, on est happé par ce flot de paroles et ce délire verbal. En revanche, sa femme Gala n'est pas évoquée ce que le Dali imaginaire regrette. L'occasion peut-être un jour d'une nouvelle pièce..

Ce spectacle enchantera aussi bien les admirateurs de Dali, que ceux qui ne le connaissent que superficiellement. En effet, que l'on aime ou pas ce peintre, sa personnalité quelque peu extravagante vaut le coup d'être évoquée.. C'est ce qui ressort de cette soirée où l'art pictural est bien mis en valeur..

Agnès Figueras-Lenattier

Plus d'infos : Studio Hebertot 78 bis bd des Batignolles

Métro : Villiers ou Rome

jeudi, 28 mai 2015

Rendez-vous théâtre avec l'oeil éclairé d'Agnès notre critique du XIVè

Coiffure et confidences

 "Coiffure et confidences"  est l'adaptation de "Steel Magnolias", pièce à l'origine du film  "Potins de femmes" avec Julia Roberts, Sally Field et Shirley Maclaine. C'est Robert Harling originaire de Louisiane qui a écrit" Steel Magnolias", après la mort tragique de sa jeune sœur diabétique.

Pour "Coiffure et confidences" le lieu un salon de coiffure à Paimpol, les personnages six femmes d'âges différents toutes aussi pimpantes et souriantes les unes que les autres. La grande diversité de leur habillement et de leur style se dessine bien sur scène, et leur énergie fait plaisir à voir.

Thérèse la patronne dont la devise est " La beauté est à la portée de n'importe quelle tête" partage des confidences avec quelques fidèles clientèles. La plaisanterie est de mise, mais l'épreuve que traversent Jeanne et sa fille Magalie est là pour tempérer cette bonne humeur.  C'est une comédie dramatique où l'on ne rie pas à gorge déployée, mais qui laisse un agréable souvenir malgré une fin douloureuse. L'ombre de la solidarité féminine est là pour amoindrir les peines, et l'interprétation des comédiennes forme un ensemble harmonieux. Ce n'est pas un moment impérissable, mais ça se laisse voir. Et ça dure tout l'été..

Agnès Figueras-Lenattier

Plus d'infos

Théâtre Michel 38 rue des Mathurins

Métro : Havre Caumartin

12:08 Publié dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0)

mardi, 12 mai 2015

Rendez-vous théâtre avec l'oeil éclairé d'Agnès notre critique du XIVè

Du domaine des murmures

 

Nous sommes en 1187 au domaine des Murmures en Franche-Comté. Le châtelain a une fille de 15 ans, qu'il oblige à se marier avec " Lothaire-Le-brutal". Mais celle-ci s'élève contre la volonté de son père, et le jour de la noce, se tranche l'oreille. Choisissant d'épouser le christ et sous la protection de l'église, elle est emmurée vivante. Neuf mois plus tard, naît son fils qui porte les stigmates du christ. Elle est prête à tout pour le sauver..

Ce spectacle est tiré du roman de Carol Martinez qui a obtenu le prix Goncourt des lycéens en 2011. Finement adapté et mis en scène par José Pliya, superbement joué par Valentine Krasnochok, c'est un pur moment de poésie et de mysticisme. Le texte plein de force, imagé, allié à la puissance de l'interprétation traduit bien l'amour hors du commun qu'éprouve la jeune fille pour son fils. Et son immense douleur devant ce qu'il subit. Ses mots pour son père sont également terribles, et le chant de Hildegarde de Bingen accompagne agréablement tous ces instants nantis d'une intense spiritualité. Au sol du gravier. Par moment la comédienne tout en interprétant son rôle, frappe deux cailloux l'un contre l'autre. Deux éléments qui donnent du piquant à son jeu.

Une initiative en revanche pouvant se révéler un peu dommage, une amplification sonore de temps à autre à l'aide d'un micro. Cela ne semblait pas forcément nécessaire, la voix de la mère étant assez forte pour créer une belle atmosphère sur scène. Et faire résonner les diverses sensations qui l'habitent. C'est le seul reproche que l'on peut faire à propos de ce beau monologue et de cette jolie soirée..

Agnès Figueras-Lenattier

Plus d'infos : Théâtre de Poche 75 bd du Montparnasse

Métro : Montparnasse bienvenüe

08:00 Publié dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : révolte, fils, christ, douleur

lundi, 04 mai 2015

Rendez-vous théâtre avec l'oeil éclairé d'Agnès notre critique du XIVè

ADN Alexandra David Néel

 

Alexandra David Néel d'abord cantatrice, puis exploratrice du Tibet et de l'Asie, journaliste, écrivain, est morte centenaire le 8 septembre 1969. 1ère femme d'origine européenne à séjourner à Lhassa au Tibet, elle a appris le sanskrit et le tibétain ancien. C'est elle qui a importé le bouddhisme en Europe.

Marianne Zahar a choisi de la représenter dans un spectacle qui est loin de laisser indifférent. Au moyen d'un texte astucieux et instructif qui mêle spiritualité et science, elle nous révèle quelques-uns des secrets de cette grande dame qui quelque part a contribué à la libération de la femme. Ainsi entrons-nous d'un côté dans une explication du monde de la physique quantique avec de sérieux personnages comme Max Planck et Albert Einstein. Et de l'autre dans les sphères de la méditation profonde où réside le secret d'abandonner toute pensée imaginative et les semences qui les engendrent.

Marianne Zahar qui joue adroitement avec sa voix et son corps nous guide vers  le chemin de l'amour absolu sans l'existence du bien ni du mal. La vibration d'amour résonne sur scène, et l'on est profondément touché. Cette actrice également metteur en scène a ressenti cette création comme un besoin, une nécessité. " J'ai juste eu l'impression d'avoir été à l'écoute du plus profond de moi-même, en y cherchant sinon une réponse, du moins une ouverture. Et l'on peut dire que cette recherche de quête intérieure se révèle contagieuse. On n'a qu'une envie se plonger dans les arcanes de la pensée d'Alexandra David Neel pour mieux entrer en nous-même..

Agnès Figueras-Lenattier

Plus d'infos : Théâtre du Gymnase 38 bd Bonne-Nouvelle

Métro : Bonne Nouvelle, Strasbourg Saint-Denis

08:24 Publié dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0)

dimanche, 05 avril 2015

Rendez-vous théâtre avec l'oeil éclairé d'Agnès notre critique du XIVè

Le jardin du prophète

 

Bonne initiative de la part de Nordine Marouf d'avoir adapté et interprété pour la première fois au théâtre " Le jardin du prophète" (tiré de la trilogie " Le prophète, le jardin du prophète, la mort du prophète) de Khali Gibran poète libanais mort en 1931.

C'est un très beau texte imagé, source de métaphores qui parle de la relation de l'homme avec l'univers. Sont évoqués le pouvoir de la nuit, la laideur, Dieu, la réalisation de soi, la solitude… On y voit le reflet du soleil dans une goutte de rosée, et l'on imagine le chant des oiseaux et des feuilles. L'acteur a travaillé un an sur ce texte, et les bruits pleins de force qui accompagnent sa mise en scène sont bien choisis. Nordine Marouf avait pour but d'initier le profane et c'est tout à fait réussi. On a qu'une envie approfondir la lecture, et découvrir la musique de ce poète enchanteur.  Un petit défaut cependant : la diction du comédien qui n'est pas toujours parfaite car un peu saccadée... Mais les mots et l'atmosphère générale nous font un peu oublier ce petit inconvénient..

Agnès Figueras-Lenattier

`Plus d'infos :

Guichet Montparnasse 15 rue du Maine

Métro: Montparnasse Bienvenüe, Edgar Quinet

mardi, 31 mars 2015

Rendez-vous théâtre avec l'oeil éclairé d'Agnès notre critique du XIVè

Mémoires d'un vieux tsigane

 

Claquettes, danse, chant et théâtre sont au cœur de ce spectacle frénétique et artistiquement très réussi.  L'âme tsigane est là bien présente devant nos yeux et l'on se régale de la beauté des costumes et de l'agilité des danseurs et danseuses. La chanteuse accompagnée par un guitariste nous ensorcelle par sa puissance et sa virtuosité.  En même temps, le vieux tsigane se remémore ses souvenirs avec émotion et les périodes fastes comme les périodes les plus noires se reflètent sur la scène avec brio.  Bravo à Pétia Iourtchenko qui aidé d'une musique rythmée et entraînante, dirige cette troupe de main de maître. Et nous invite à voyager dans un autre monde. A découvrir absolument. Du 31 mars au 4 avril

Agnès Figueras-Lenattier

Plus d'infos

Théâtre de Ménilmontant 15 rue du retrait

Métro : Gambetta

vendredi, 06 mars 2015

Rendez-vous théâtre avec l'oeil éclairé d'Agnès notre critique du XIVè

C't' à ton tour Laura Cadieux

 

Nous sommes à Montréal au sein de l'univers de Laura, femme suivant depuis 10 ans un traitement pour maigrir. Elle aime tellement manger! Plus on lui dit qu'elle est grosse, plus elle dévore..

La voilà dans le métro, direction la salle d'attente de son génie-coloye. A l'aide d'un parler populaire, elle raconte avec bonhomie ses problèmes quotidiens, ses rencontres, et les nombreuses moqueries dont elle est victime. L'on assiste alors à un monologue empreint d'humour et d'autodérision caustique.  L'actrice Cécile Magnet, naturelle et attachante met de la gaieté, et de l'entrain dans la salle. Les différents personnages dans lesquels elle se glisse sont savamment interprétés. La mise en scène de Christian Bordeleau se prête bien au jeu de la comédienne, et le texte astucieux et grinçant de Michel Tremblay romancier réputé du Québec résonne bien sur scène. Une soirée agréable où dynamisme et drôlerie s'entremêlent de manière plaisante..

Agnès Figueras-Lenattier

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Théâtre de l'Archipel 17 bd de Strasbourg

Métro : Strasbourg Saint-Denis

jeudi, 12 février 2015

Rendez-vous théâtre avec l'oeil éclairé d'Agnès notre critique du XIVè

La solitude du coureur de fond

 

 La course de fond, un prétexte pour raconter l'histoire d'un jeune homme Colin Smith enfermé en maison de correction. Celui-ci est remarqué par le directeur pour ses talents de coureur, et va participer à la Coupe nationale du prix du ruban bleu des maisons de correction. Une histoire tirée d'une nouvelle écrite en 1959 par Allan Sillitoe né à Nottingham..

 Patrick Mons qui joue le rôle de Colin Smith et qui signe également la mise en scène court pendant les trois quarts du spectacle. Sur une musique de  Art Pepper, le saxophoniste EsaIe Cid l'accompagne tout au long de ce rythme effréné , teinté d'un brin de folie.

Les souvenirs défilent, et se noient dans le souffle du coureur. Tout un univers de sensations physiques dictées par la mécanique et le tonus de Colin Smith déferle sous nos yeux. Des jeux de lumière variés et attractifs font partie du spectacle, et de temps à autre un écran cinématographique noir et blanc accentue  la performance de l'acteur.

Un mélange artistique bien conçu où la notion d'espace est savamment représentée, même si la musique semble parfois un peu décalée par rapport aux efforts physiques de Colin Smith. Mais ce n'est malgré tout qu'un détail, et l'on se laisse volontiers porter par la belle esthétique du spectacle.

Agnès Figueras-Lenattier

Plus d'infos :

Le Petit Hébertot 78bis Bd des Batignolles

Métro : Villiers ou Rome

dimanche, 25 janvier 2015

Rendez-vous théâtre avec l'oeil éclairé d'Agnès notre critique du XIVè

Blind Date

 

Un célèbre écrivain aveugle au charisme certain est assis sur un banc de la place San Martin à Buenos Aires. Un directeur de banque un peu paumé s'assoit à côté de lui, et commence à se confier. Une rencontre qui va amorcer le début d'une très belle pièce bien construite écrite par l'argentin Mario Diament. L'originalité est de mise, et le suspens bat son plein tout au long du spectacle.

Cinq personnages joués par d'excellents comédiens vont nous faire pénétrer dans le monde mystérieux des coïncidences.

L'ombre de Jorge Luis Borges à qui rend hommage l'auteur et la référence à " L'éducation sentimentale" de Flaubert résonnent constamment sur scène au moyen d'une mise en scène rythmée. La musique est là présente, et l'humour et la lucidité de cet écrivain devenu aveugle nous font prendre conscience qu'il ne suffit pas de " voir". Il faut aussi comprendre.

Cette pièce a obtenu plusieurs prix en Floride et en Amérique Latine et c'est amplement mérité. Bravo à l'auteur et à toute l'équipe qui a contribué à la réalisation de ce spectacle envoûtant et enchanteur..

Agnès Figueras-Lenattier

Plus d'infos

Théâtre de la Huchette 23 rue de la Huchette

Métro : Saint-Michel

dimanche, 11 janvier 2015

Rendez-vous théâtre avec l'oeil éclairé d'Agnès notre critique du XIVè

Feu la mère de Madame, un mariage, des flingues, des poissons

 

Le rire est de la partie en ce moment au Funambule Montmartre. D'abord avec " Feu la mère de Madame", une pièce écrite par Feydeau en 1908. Il est 4h10 en pleine nuit, Yvonne dort à poings fermés. Lucien son mari peintre s'aperçoit qu'il a oublié ses clés, et va être obligé de réveiller sa femme. Vont alors s'ensuivre de drôles de circonstances dont Lucien se souviendra longtemps. Les 4 acteurs se démènent agréablement, et ça bouge dans tous les sens. Musique, agitation nocturne s'entremêlent au sein d'une atmosphère mouvementée et au rythme infernal. Et comme toujours chez Feydeau, des rebondissements sont au rendez-vous..

Autre pièce comique " Un mariage, des flingues, des poissons 1ère création de la compagnie Papa Chicco. Et le moins que l'on puisse dire c'est que l'on ne s'ennuie pas !.. On assiste à un mariage où juste après les consentements, Serge le marié décide de fuir. Un geste qui va déclencher la colère extrême de sa femme Catherine qui incapable de se contrôler va employer les grands moyens. Un coup de feu sera le prétexte au déroulement endiablé du spectacle. Un cocktail explosif se met alors en place, et pas le temps de respirer pour les comédiens qui s'en donnent à cœur joie au milieu des poissons et des armes à feu.  De la bonne humeur assurée, et une mise en scène enlevée et pleine de dynamisme.

Agnès Figueras-Lenattier

 

Plus d'infos :

Le Funambule Montmartre 53 rue des Saules

Métro : Lamarck Caulaincourt

 

 

12:50 Publié dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0)