Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

mercredi, 22 avril 2009

La vie sinon rien

Rendez-vous théâtre avec l'oeil éclairé d'Agnès notre critique du XIVè

" Je ne peux pas avoir un cancer comme tout le monde" déclare Bruno Abraham-Kramer qui interprète remarquablementun homme de 50 ans apprenant qu'il est atteint d'une maladie rare. Seulement 4 cas en France!.. Cette phrase résume à elle seule l'esprit de cette pièce ponctuée d'humour noir, d'un certain pessimisme, et de laquelle se dégage un regard perspicace sur la réalité de la vie. Pierre plutôt nanti d'un tempérament stressé et rongé par le quotidien en arrive à délaisser ses proches particulièrement sa femme et ses enfants. Il a également arrêté le violoncelle, instrument qu'il semblait avoir apprivoisé. Ironisant sur son âge fatidique et les désagréments qu'il engendre, il est spécialement amusant lorsqu'on le voit passer des radios et se moquer subtilement de la manière dont il faut se comporter. Du reste, sa vision de la médecine n'est pas toujours très tendre. Moment drôle aussi lorsqu'en train de danser d'une façon quelque peu fantaisiste en boîte de nuit, il se fait piéger par une femme qui ne pense qu'à lui soutirer de l'argent. Heureusement d'ailleurs que le comique est de la partie. Cela permet de mieux faire passer toutes les allusions pas toujours très gaies qui règnent dans ce spectacle. Et c'est toute l'habileté de l'auteur Antoine Rault d'être parvenu à jouer avec ce mélange qui aboutit à un texte superbe et très bien écrit. Quant aux rebondissements ils sont bien présents et la fin ne manque pas de nous surprendre agréablement. Comme le dit Antoine Rault quelle chance qu'avec Bruno Abraham-
Kremer qui a également signé une belle mise en scène, leurs chemins se soient croisés un jour d'été. Et quelle chance par la même occasion pour nous, car nous passons une excellente soirée où le one man show est parfaitement mis en valeur..
Agnès Figueras-Lenattier

Plus d'infos
Comédie des Champs Elysées 15 avenue Montaigne
Métro : Alma Marceau

lundi, 23 mars 2009

L'allée du roi

Rendez-vous théâtre avec l'oeil éclairé d'Agnès notre critique du XIVè
L'écrivain Françoise Chandernagor a écrit une biographie romancée sur Françoise d'Aubigné future Madame de Maintenon qui a obtenu un énorme succès. Traduite en plusieurs langues, elle a été adaptée pour le théâtre et la télévision. Et c'est Marie-Christine Barrault qui interprète sur scène et avec excellence Madame de Maintenon femme du poète infirme Scarron  et ensuite épouse de Louis  XIV. Grâce à son jeu alliant la puissance et la tendresse, elle nous entraîne dans l' univers de la marquise qui ne fut pas toujours rose.Née dans une prison de Niort, morte à l'asile de Saint-Cyr, on appelait Madame Scarron la belle indienne. Lorsqu'elle épouse Louis XIV elle joue vite son rôle avec aisance. "La cour dit-elle dans la pièce est la belle comédie du monde, et j'y trouvais  vite mon personnage". Qui aurait dit que cette femme qui à un moment donné a mendié les pieds nus dans les rues de la La Rochelle deviendrait un jour marquise? Et c'est ce qui fait l'intêret de cette femme car elle a connu les deux côtés de la barrière à savoir la pauvreté et le grand luxe. Dans ce spectacle Marie -Christine Barrault incarne une femme passionnée, qui selon ses dires hait les étiquettes, les règles. Adoptant un ton parfois grave, parfois plus jovial Marie-Christine Barrault sait
rendre grâce à cette femme et nous éclaire avec simplicité sur son destin. Jouant avec dextérité diverses facettes du personnage, elle accompagne ces interprétations de changements fréquents de costumes. Dans un décor constitué essentiellement de gros livres et sur une mise en scène de Jean-Claude Idée, elle joue de son talent pour notre plus grand plaisir..
Agnès Figueras-Lenattier

Plus d'infos :
Théâtre Daunou 7 rue Daunou
Métro : Opéra
 

lundi, 16 mars 2009

Accroche-toi aux étourneaux

Rendez-vous théâtre avec l'oeil éclairé d'Agnès notre critique du XIVè

Lea Léruch professeur agrégé de philosophie a abandonné l'enseignement en 2002 pour se consacrer à l'écriture principalement dramatique .Elle a écrit plusieurs textes dont " Accroche-toi aux étourneaux" qui se joue en ce moment dans un petit théâtre où résonnent des phrases parfois cruelles. Cette pièce raconte l'histoire d'une femme au passé glorieux qui est maintenant sur le déclin. Elle a été comdienne et a notamment interprété Hedda Gabler la pièce d'Henrik Ibsen avec grand succès. Elle a connu l'amour, la guerre, les rafles.Femme perdue, au bord de l'abïme, elle ne sait plus très bien qui elle est, ni où elle est. Maladie  d'Alzheimer? Peut-être.. Assise sur un fauteuil bancal comme l'est son état mental, Mademoiselle Mandelbaum veuve Stern nous raconte ses souvenirs s'étant déroulés dans de multiples lieux, ses craintes, ses désirs, ses moments de bonheur.Nantie d'une personnalité bien affirmée, elle évolue dans une salle où traînent divers objets familiers.Tout d'un coup lui revient en tête la terrible histoire de cette chinoise qui s'est jetée  par la fenêtre car on venait l'arrêter faute de papiers. C'est un cri profond et complexe qu'elle pousse, et le public entend sa confession avec un certain recueillement. L'actrice Violaine Malglaive possède
une très belle voix que beaucoup de comédiennes lui envieraient.Elle interprète son rôle de manière puissante et envoûtante, et elle n'a qu'une envie qu'on l'entende. Ce spectacle où alternent l'ombre et la lumière évoque ce qui nous menace tous à savoir la mémoire qui défaille. Mais en attendant, on n'oublie pas cette voix pleine de force qui s'imprègne en notre for intérieur..
Agnès Figueras-Lenattier

Plus d'infos
Théâtre Proscenium,2 passage du Bureau
Métro : Alexandre Dumas
 

dimanche, 08 mars 2009

bartelby

Rendez-vous théâtre avec l'oeil éclairé d'Agnès notre critique du XIVè"

Toute ma vie, j'ai lu à voix haute (à voix autre) explique l'écrivain Daniel Pennac. Il fallait bien que ça finisse sur la scène d'un théâtre. Et c'est ainsi qu'on le découvre tous les soirs lisant la nouvelle de l'américain Herman Melville " Bartelby" qui le hante  depuis des années et qu'il a adapté d'après la traduction de Pierre Leyris.  Et il y a de quoi être effectivement hanté car ce conte est  captivant de par l'atmosphère qu'il dégage. L'histoire est la suivante : Bartelby est employé comme scribe chez un notaire de Wall Street. Mystérieux, il oppose au monde une résistance passive et étrange déclenchant autour de lui  des dégradations de plus en plus importantes. Seul et enfermé dans son monde, il finira par se laisser mourir de faim. Sur une  jolie musique du compositeur britannique Benjamin Britten, Daniel Pennac lit ce texte comme un vrai comédien. D'une voix bien distincte, aux tonalités variées, il ressuscite la magie du texte et restitue bien le rapport entre ces deux personnages tous les deux isolés. Bartelby qui refuse sans cesse de rentrer dans le jeu des hommes ne serait-ce qu'en employant sa fameuse phrase énigmatique " Je préfererais pas" et son employeur qui tente par tous les moyens de briser le refus de son interlocuteur. Il règne  dans cette nouvelle une ambiance que Daniel Pennac arrive à rendre amusante. C'est beau, touchant et plein de profondeur.
Agnès Figueras-Lenattier

Plus d'infos:
Pépinière Théatre 7 rue Louis Le Grand
Métro : Opéra
 

mardi, 24 février 2009

Le journal de Jules Renard

Rendez-vous théâtre avec l'oeil éclairé d'Agnès notre critique du XIVè

Beau travail que celui de Patrice Fay adaptateur et interprète du Journal de Jules Renard. Trois ans et la lecture de toute l'oeuve de cet écrivain lui ont été indispensables pour réaliser ce poignant spectacle. En plus du journal que Jules Renard a rédigé pendant 22 ans, Patrice Fay s'est inspiré notamment de la " Correspondance", des " Histoires naturelles", de " La bigotte" de " Poil de Carotte". " Ecrire c'est une façon de parler sans être interrompu"  disait l'auteur. Et le comédien lui rend vraiment bien hommage en mettant magnifiquement en valeur ses écrits dans ce petit théâtre propice à l'intimité. Ce qui ressort de cette pièce, c'est que Jules Renard était dur non seulement avec les autres mais également avec lui-même. Et encore sa dureté a été atténuée par sa femme qui a expurgé certaines de ses paroles. N'a t-il  d'ailleurs pas lui-même déclaré qu'un auteur qui a le moindre scrupule est perdu!..Dans ce spectacle, toute son ironie est rendue avec finesse. De même que ses piques envers les femmes, son avis sur les politiciens, et ses pensées sur divers thèmes. Sont évoqués le suicide de son père, sa mère qu'il juge femme flasque et grasse et qui qualifiait son fils de " chieur d'encre". Marinette sa femme et leurs enfants ont aussi leur mot à dire. C'est réellement un privilège d'avoir Jules Renard à nos côtés pendant une heure, et cette présence donne envie d'approfondir davantage en relisant cet auteur plein d'humour et d'esprit..
Agnès Figueras-Lenattier

Plus d'infos
Tallia Théatre 40 rue de la Colonie
Métro : Corvisart ou Tolbiac

lundi, 16 février 2009

Le joueur d'échecs

Rendez-vous théâtre avec l'oeil éclairé d'Agnès notre critique du XIVè
Lire du Stefan Zweig ou assister à une  pièce inspirée d'une de ses nouvelles constitue toujours un grand plaisir. Et ceci est d'autant plus vrai lorsque l'acteur est digne de représenter l'écrivain ce qui est le cas dans ce spectacle. Quant à l'histoire, elle est très bien retranscrite ce qui était d'ailleurs le but du metteur en scène Yves Kerboul à savoir laisser parler le texte de lui-même. Qui ne serait pas séduit par ce beau récit évoquant ce prisonnier passionné par les échecs au point d'en arriver à la folie ?.. La mise en scène est sobre, et tout repose sur le comédien André Salzet habillé élégamment. Celui-ci déclame pendant une heure et avec verve les belles phrases de Stefan Zweig. Il a de la voix, il articule bien, et nous fait partager avec lyrisme les sentiments du héros isolé dans sa cellule et obsédé par ses parties d'échec contre lui-même. Sa folie est dépeinte avec brio et le spectateur est emporté dans ce tourbillon . Il faut saluer la performance d'André Salzet qui interprète ce rôle en alternance avec la pièce " Effroyables Jardins" où il est également excellent...
Agnès Figuers-Lenattier

Plus d'infos
Théâtre du Petit Saint-Martin
17 rue René Boulanger
Métro: République ou Strasbourg Saint-Denis

15:34 Publié dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : jeu, échecs, stefan zweig

mardi, 10 février 2009

Fanny, Marius, César

Rendez-vous théâtre avec l'oeil  éclairé d'Agnès notre critique du XIVè

La célèbre trilogie marseillaise de Marcel Pagnol est superbement adaptée et mise en scène par Françis Huster. Labelle histoire d'amour entre Marius fils de César le cafetier du bar de la marine et Fanny fille d'Honorine la marchande de poisson du vieux est retranscrite avec tendresse et véracité. C'est touchant et charmant, et les répliques sont savoureuses. Le spectacle dure trois heures et on ne s'ennuie pas une minute. Au contraire, on est happé par la pièce et les comédiens sont si bons qu'on en redemanderait presque..Dans un décor superbe, avec une lumière tout à fait adaptée aux circonstances, chaque personnage joue avec maëstria. Certaines scènes sont drôles, d'autres plus empreintes de sentimentalisme et traduisent bien l'univers marin. L'affection entre Marius (Stanley Weber) et son père (Jacques Weber) est nantie de profondeur, et Fanny (Hafsia Herzi) est une amoureuse émouvante et pleine de sincérité. Panisse (Françis Huster) homme mûr de 50 ans et riche maître voilier du port qui courtise la jeune et jolie Fanny a des allures de vieux beau encore un brin dandy. Avec toujours à la main une cigarette qu'il n'allume pour ainsi dire jamais, il a l'art de convaincre son entourage.Tous les comédiens ont de la voix en particulier Jacques Weber excellent dans son interprétation d'homme coléreux et goguenard. Et c'est l'apothéose à la fin lors de la scène d'explication entre Jacques Weber et Françis Huster. Amis de trente ans dans la pièce, c'est un véritable plaisir de les voir jouer ensemble et de monter d'un ton. C'est du grand art!
Agnès Figueras-Lenattier

Plus d'infos
Théâtre Antoine-Simone Berriau
14 boulevard de Strasbourg
métro : Strasbourg-Saint Denis
 

mercredi, 04 février 2009

Feu sacré

Rendez-vous théâtre avec l'oeil éclairé d'Agnès, notre critique du XIVème

Une rencontre interessante entre deux arts : la musique et l'écriture. Bruno Villien le metteur en scène a monté une pièce-concert où sont réunis Frédéric Chopin et Georges Sand.Pour lui, leur histoire d'amour est un événement unique dans l'histoire artistique du XIXè siècle. Mais ce n'était pas facile de le faire revivre car Georges Sand a brûlé ses lettres et celles de Chopin n'en épargnant qu'une. Restent malgré tout ses écrits intimes et sa correspondance avec ses proches. Et c'est là-dessus que s'est basé Bruno Villien pour créer ce spectacle où la romancière s'exprime avec sa voix et le pianiste par la musique. Il semblerait qu'au départ, Chopin n'ait pas éprouvé de sympathie pour Georges Sand. Voici ce qu'il déclare par le biais d'un micro : " J'ai fait la connaissance d'une grande célébrité Madame Dudevant, connue sous le nom de Georges Sand. Mais son visage ne m'est pas sympathique et ne m'a pas plu du tout. Il y a même en elle quelque chose qui m'éloigne".L'écrivain au contraire avoue s'être sentie tout de suite conquise. Tout au long de la pièce, Georges Sand va se confier à nous évoquant sa passion pour le compositeur et décrivant son génie créatif. Elle parle aussi de sa fille Solange, de ses tourments en tant qu'écrivain, de son caractère. " J'ai dit-elle connu plusieurs sortes d'amour : amour d'artiste, amour de femme, amour de soeur, amour de mère, amour de religieuse, amour de poète, que sais_je"?.

Macha Méril qui interprète ce rôle avoue s'être éprise de ce qu'elle appelle une grande figure féminine. Elle se dit fière de redire ses paroles et de partager ses pensées.. Dans son jeu, elle décompose beaucoup ses mouvements. Gracieuse, assez féline, son corps est en symbiose avec son romantisme.Son attitude rêveuse et flirtant avec l'inspiration nous entraîne dans un univers où règnent les délices de la création. Quand elle écoute Chopin, elle semble totalement dans un autre monde. En sa compagnie, on a plaisir à écouter cet excellent pianiste qu'est Marc Laforet. Pour qui aime Chopin c'est un régal. La mise en scène est astucieuse et les jeux de rideaux accentuent l'atmosphère de la pièce teintée d'un certain mystère. La peinture du peintre américain Paul Jenkins qui sert de décor est magnifique. Bref, c'est un bon spectacle. On regrette cependant que Macha Méril n'ait pas une voix qui porte davantage...

Agnès Figueras-Lenattier

Plus d'infos:
+ Théâtre de la Porte Saint-Martin - 18 Bd Saint-Martin - Métro : Strasbourg-Saint-Denis

jeudi, 29 janvier 2009

L'oeil éclairé de notre critique de théâtre du XIVè

Vie de poche

"Télé 7 jours c'est sacré, faut pas toucher". Une phrase prononcée par un père de deux enfants et qui en dit long sur la tournure que va prendre la pièce.Tout va commencer lorsque ce papa fervent lecteur de ce magazine de télévision va découvrir un journal concurrent dans sa boîte aux lettres. Va alors s'ensuivre une histoire quelque peu abracadabrante mais plutôt amusante déclenchée par un voisin un brin espiègle.De ce fait, les habitudes de cette famille picarde vont être totalement bouleversées Tout ce petit monde va être sens dessus dessous et inciter les spectateurs à se prendre volontiers au jeu. Les acteurs ( Estelle Bertin, Jean-Christophe Clément, Sébastien l'Arvor, Isabelle Péan, Taïeb Rahmani ) sont tous très bons, et la mise en scène de Pascal Daubias qui joue également avec verve le rôle du père tyrannique est alerte et entraînante. On nage dans le burlesque mais on rit de bon coeur. Un bon moment de détente.
Agnès Figueras-Lenattier

Plus d'infos :
Les Blancs-Manteaux, 15 rue des Blancs-Manteaux
Métro : Hôtel de Ville

mardi, 23 décembre 2008

L'oeil éclairé de notre critique de théatre :

Orphéon et Célesta

Allez vite à la Nouvelle Eve cabaret de music-hall parisien. Non seulement vous découvrirez un bel endroit avec possibilité de déguster un bon champagne mais en plus vous assisterez à un spectacle très plaisant plein d'humour et d'effets musicaux originaux.Par exemple "Just a gigolo" détourné en "Juste un beau gigot". Les trois protagonistes (Emmanuel Hussenot, Christian Ponnard, Patrick Perrin) jazzmen, également comédiens talentueux ressortent les grands morceaux du jazz, et font revivre le répertoire classique et populaire. Comme Amstrong, Boby Lapointe, Tex Avery.Enchaînant gags et parodies, ce trio s'amuse de manière enjouée avec ses divers instruments : cornet, saxophone, flûte, clarinette, banjo, tuba. Et pour agrémenter le tout, ils jouent aussi avec leur voix. La mise en scène de Nicolas Lormeau est enlevée, dynamique et pendant une heure, on se divertit, on se détend, et on oublie tous les problèmes. A entendre absolument.

Agnès Figueras-Lenattier

Plus d'info :
+ La Nouvelle Eve 25 rue Pierre Fontaine 9ème

Tel : 01-48-65-97-90 Métro : Pigalle ou Blanche

Jusqu'au 28 mars