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samedi, 06 octobre 2012

Rendez-vous théâtre avec l'oeil éclairé d'Agnès notre critique du XIVè

Cher menteur
12 avril 1889: Bernard Shaw auteur dramatique irlandais et prix Nobel de littérature en 1925 vient de rencontrer Mrs Patrick Campbell actrice célèbre. En un rien de temps, il tombe amoureux. Va naître alors entre eux une fascination réciproque et un échange épistolaire qui va durer 40 ans. Lui deviendra " Joey the clown", elle " Stella stellarum" ou " Beatricissima". Celle longue complicité s'achèvera en avril 1940 avec la mort de la comédienne.
Bernard Shaw termine sa pièce " Pygmalion" en 1911 qu'il rêvait d'écrire pour Stella alors en pleine gloire. Le soir du 14  avril 1914, tout se joue sur scène et l'on assiste au triomphe de " Pygmalion". C'est le succès de la saison..Pacifiste, Bernard Shaw écrira ensuite des articles contre la guerre, et Stella se mariera avec un baron. Son prestige diminuant avec les années, elle en viendra à faire des conférences sur la diction dans l'art dramatique.
Le texte français est de Jean Cocteau et l'adaptation de Jérôme Kilty. Bernard Shaw (Marcel Maréchal) de par son style alerte et incisif se montre romantique, chaleureux, exubérant, tendre. Ses yeux pleins de malice respirent la faconde intellectuelle.Sa langue est belle et fait dire à Stella que "Si elle écrivait ainsi, elle enverrait des lettres à Dieu". Elle (Francine Bergé) est plus froide et un peu hautaine. Elle n'est pas star pour rien!..
Cette pièce contenant à la fois de l'humour et des moments tragiques est profondément réaliste. Les acteurs ne ressemblent pas vraiment physiquement à leur personnage mais pour Jérôme Kilty quelle importance. " Les mots qu'ils nous ont laissés et l'imagination du public ne suffisent-ils pas?". Merci en tout cas à Jean Cocteau pour ce moment bien agréable où comme il le dit " La marche de l'intrigue amoureuse l'emporte même sur l'intérêt historique de l'entreprise"..
Agnès Figueras-Lenattier
Plus d'infos :
Théâtre La Bruyère 5 rue la Bruyère
Métro : Saint-Georges

15:31 Publié dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : joey, stella, lettres

jeudi, 19 juillet 2012

Rendez-vous théâtre avec l'oeil éclairé d'Agnès notre critique du XIVè

Folles noces
Sous nos yeux un drôle de mariage entre Jean-Paul (Jean-Paul Delvor) et Catherine ( Catherine Delourtet). A peine la marche nuptiale terminée de drôles de mots fusent de ci de là. Elle le traite de poisson  pas frais, de pain de mie rassis, de couille molle. Lui la traite de morue, de pétasse, de mal baisée..C'est leur manière de s'aimer..
Leur amour commun des planches et de la musique les fait s'ébaudir sur scène pour notre plus grand plaisir. Ce qui donne un spectacle cocasse alliant théâtre, cabaret et music-hall. Pendant une heure et demi, au son du piano, les voilà in-terprétant avec humour et facétie des chansons des années folles à aujourd'hui. Jean-Paul est parfois très amusant dans sa manière de se mouvoir et de se dandiner avec son corps. Elle, joue avec brio de sa féminité. On a le droit de voir se succéder des couples célèbres comme Bonny and Clyde, Adam et Eve. Ou alors Tarzan chantant du Mike Brant à Jane, ou encore Jules César s'adressant à Cléopâtre par le biais de Michel Polnareff. Des références à Jean-Luc Godard ou à Cyrano de Bergerac sont également présentes.. Bref, c'est entraînant, dynamique, burlesque et l'on entend  de nombreux rires dans la salle. Une soirée où l'on sort de bonne humeur..
Agnès Figueras-Lenattier
Plus d'infos
Théâtre Alambra 21 rue Yves Toudic
Métro: République, Jacques Bonsergent

samedi, 16 juin 2012

Rendez-vous théâtre avec l'oeil éclairé d'Agnès notre critique du XIVè

Peggy Guggenheim femme face à son miroir

Dans ce spectacle interessant, Stephanie Bataille ancienne étudiante en histoire de l'art incarne brillamment Peggy Guggenheim mécène décédée en 1979. Héritant d'une fortune colossale à la mort de son père, elle utilisera l'essentiel de se fortune pour se constituer une collection d'oeuvres d'art représentant l'ensemble des courants avant-gardistes : cubisme, futurisme, constructivisme, dadaïsme, surréalisme, art abstrait. En 1938, elle ouvre une galerie à Londres et en 1948 achète le Palazzo Venier deil Léoni à Venise. Elle y installe son musée personnel, aujourd'hui le grand musée d'art moderne de la cité des doges." Ce n'est pas seulement la plus grande collection d'art moderne au monde explique
l'auteur de cette pièce, c'est la plus grande collection privée de tous les temps."
Stéphanie Bataille fait revivre la mémoire de cette femme au moyen d'un monologue en quatre tableaux. Elle est drôle, et nous présente une femme plutôt excentrique, qui n'hésite pas à sortir des vacheries. Ayant connu des dizaines d'hommes, elle aura deux maris dont Max Ernst. On apprend qu'elle est mère de deux enfants. Un fils Sinbad qui a hérité de l'affreux nez Guggenheim, et une fille peintre Pegeen sa fierté. Evoluant parmi ses toilettes venant de Chanel, Balenciaga elle évoque ses aventures. Et parle d'une robe Dior parfaite pour faire une pipe.. Picasso n'a jamais voulu lui vendre un de ses tableaux, elle ne les méritait pas soi-disant.. Une soirée où l'humour et la passion de l'art s'entremêlent..
Agnès Figueras-Lenattier
Plus d'infos :
Théâtre du Petit Montparnasse
31 rue de la Gaité Métro Gaité ou Edgar Quinet

mardi, 27 mars 2012

Rendez-vous théâtre avec l'oeil éclairé d'Agnès notre critique du XIVè

Amphitryon 38

Principe du théâtre du Nord Ouest : choisir un auteur et réaliser tout un cycle autour de l'intégrale
de ses oeuvres. En ce moment jusqu'à fin juin c'est Jean Giraudoux qui est à l'honneur. Et parmi les spectacles présentés Amphytrion 38. Inspirée de la comédie latine de Plaute, cette pièce raconte comment Alcmène reine de Thèbes épouse d'Amphitryon est désirée et trompée par Jupiter.
Celui-ci est fasciné par la fidélité à toute épreuve qu'elle porte à son mari. Elle dit elle-même qu'elle préfèrerait se tuer plutôt que de tromper son mari. Troublé par cette honnêteté, il veut lui faire un enfant Hercule. Avec son complice Mercure, il envoie Amphitryon à la guerre et prend la forme humaine d'Amphitryon. Mercure fait croire à Alcmène que son mari va revenir le soir pour passer la nuit avec elle. Alcmène couchera en fait avec Jupiter sans se douter de quoi que ce soit.
C'est un beau spectacle dans une salle idéale pour de belles mises en scène avec un superbe escalier d'où débouchent les acteurs. Et où le public peut choisir de regarder la pièce de face ou sur le côté. Le texte est magnifique bien que Paul Claudel ait dit qu'il n'avait pu le lire jusqu'au bout à cause de son "ton égrillard et polisson". Les acteurs dans l'ensemble sont convaincants. Seul Amphitryon fait preuve d'un peu de fadeur et manque de présence.

Théâtre du Nord-Ouest 13 rue du Fbg-Montmartre
Agnès Figueras-Lenattier

vendredi, 04 novembre 2011

La compagnie Le Vent d'Est présente "Rue Ines Armand, Moscou. Chronique d'une adolescence ordinaire"

http://www.lentrepot.fr/

Ado Affiche Dates WEB.JPG

Rue Inès Armand, Moscou. Chronique d'une adolescence ordinaire
Authentiques correspondances d’adolescents russes du début des années 90

Lecture

Comme un fil rouge, les empreintes des douces pattes invisibles traversent la chronique documentaire de l’adolescence.

Les affrontements de la mafia ou la perestroïka gouvernementale avaient-ils de l’importance? Non, car c’était sur une autre planète, celle d’adultes. Quant à nous, remplis de rêves, et en dépit de tous les malheurs, on découvrait la vie en observant la beauté du ciel étoilé. La complicité avec les amis et les premiers amours étaient oh combien plus
importants que la fin du monde !

On riaient devant les films indiens, pleuraient en écoutant la musique du film « Professionnel », et se moquaient de la crise économique qui rendait la vie encore plus drôle par ses incohérences.

Les guerres éclataient, le système s’écroulait, les bombes tombaient, et nous on s’en foutait, car nous avions le coucher de soleil et un chat super héros !

Traduction et adaptation : Tatiana Karmanova
Avec : Amandine Barbotte, Lévy Blancard, Tatiana Karmanova, Paul-Émilien Rivière

 

GRATUIT

lundi, 13 juin 2011

Rendez-vous théâtre avec l'oeil éclairé d'Agnès notre critique du XIVè

Love Letters 

 

A l’heure où Internet a mis presque fin à «  l’épistolaire », il était intéressant d’aller voir ce spectacle. Il raconte une correspondance entre Alexa et Thomas qui a commencé alors qu’ils avaient 8 ans. Et par la suite, ils n’ont jamais cessé de s’écrire. Et les voilà sur scène âgés d’une soixantaine d’années relisant pour nous les milliers de phrases qu’ils se sont adressées. Paroles d’écoliers, d’adolescents amoureux, d’adultes évoquant leur vie de famille, leur métier. Lui qui est tombé sous le charme d’Alexa alors qu’elle portait un affreux costume marin est devenu un républicain libéral se battant pour le droit des femmes. Elle qui petit dessinait tout le temps, notamment un kangourou sautant au-dessus d’un verre de jus d’orange ou un pot de chambre est devenue peintre. Que d’années ont passé et la complicité qui les unit, les sentiments qu’ils éprouvent l’un pour l’autre sont dépeints avec charme, tendresse, humour, et authentique simplicité. Tous deux font preuve d’une personnalité bien à eux. Elle est très nature, parfois un peu provocante et incisive verbalement. Lui est plus posé, plus doux. Cette pièce qui comporte à la fin un petit coup de théâtre a été traduite en plus de trente langues. Elle a valu à son auteur A.R. Gurney habitant à New York une renommée internationale. Et c’est vrai que dans un monde où le virtuel détient un pouvoir important l’idée est séduisante. On retourne à une ère antérieure où les êtres humains avaient  beaucoup plus recours au papier à lettre pour communiquer et confier leurs états d’âme. Autre époque qui peut en laisser certains nostalgiques et que A.R. Gurney a su faire ressurgir avec talent. Rien n’empêche d’ailleurs les quelques nostalgiques de rêver encore qu’ils reçoivent de belles lettres d’amour. C’est un peu habité par cette douce mélancolie que l’on ressort de cette attrayante soirée.. Le spectacle se joue jusqu’au 2 juillet et sera repris au Festival off d’Avignon du 8 au 31 juillet..

Agnès Figueras-Lenattier

Plus d’infos

Théâtre du Lucernaire 53 rue Notre Dame des Champs

Métro : Vavin ou Notre-Dame-des-Champs

lundi, 18 avril 2011

Rendez-vous théâtre avec l'oeil éclairé d'Agnès notre critique du XIVè

Le gorille

 

Ce spectacle est tiré d’une nouvelle de Kafka «  Compte rendu à une académie ». C’est l’histoire d’un gorille qui se retrouve enfermé dans une caisse à bord d’un navire en direction de Hambourg. Il doit être exposé au zoo. Mais refusant cette situation, il va finalement trouver la solution pour y échapper : devenir un homme. Après de multiples efforts, il se mettra à parler et se distinguera dans le milieu du music-hall. Puis après avoir obtenu son statut d’homme, il deviendra un riche industriel. Dénigré en tant que singe, il finira à son tour par mépriser les autres. Alexandre Jodorowsky écrivain chilien venu s’installer en France à l’âge de 24 ans, a découvert ce récit lorsqu’il était jeune. Pour lui ce gorille kafkaïen n’est qu’une victime. Il s’explique : «  Il m’a semblé que Kafka ne donnait pas à son singe l’opportunité de s’exprimer, de se révolter, de se réaliser dans la prise de conscience que le bonheur consiste à être ce que l’on est non ce que les autres nous imposent d’être ».. S’inspirant d’un texte selon lui inachevé, il a pourvu le gorille d’un esprit qui finira par s’accomplir et par se rapprocher d’une certaine authenticité. Puisant dans ses souvenirs d’enfant d’émigrés russo-juifs résidant au Chili et rejeté par la société il dépeint un gorille se battant dans un monde qui le méprise à cause de sa différence. Et il en parle de belle manière avec humour et causticité.

Qui pouvait jouer sous sa direction le rôle du singe et faire vivre sur scène une histoire qui le touche de près ? Bien évidemment son fils qu’il a trimbalé d’un pays à l’autre dans son enfance. Et ce duo familial est une véritable réussite. Alexandre le père a appris le mime auprès d’Etienne Decroux et Marcel Marceau. Et cela se voit clairement dans l’interprétation de Brontis le fils qui joue avec son corps et ses gestes de manière remarquable. Son regard aussi est terrible et lorsqu’il expose le déroulement de sa vie, comment il a soudain appris le langage humain, ses difficultés pour serrer une main, son apprentissage du métier du music-hall, c’est vraiment un régal.. Le voilà se racontant déambulant dans les rues, léchant les vitrines, regardant la télévision..Et franchissant avec succès le dernier obstacle : l’amour. Brontis est plein de vivacité et ses gesticulations, son aisance générale se rapprochent quelque peu de la clownerie. Il est drôle et pour ne rien gâcher sa diction est très bonne. De ce fait, le texte de son père en devient encore plus savoureux et piquant. «  Quand dans les derniers jours de répétition explique Alexandre nous avons crée la scène où le singe se révolte enfin, nous nous sommes pris dans les bras pour pleurer en pensant à nos ancêtres, cette longue lignée de tristes mais vaillants gorilles ». Cette confession n’a rien d’étonnant et «  la patte » Jodorowsky ressort ici avec brio et éclat. Un spectacle d’une grande qualité..

Agnès Figueras-Le nattier

Plus d’infos :

 Théâtre Petit Montparnasse 31 rue de la Gaîté

 Métro : Gaité ou Edgar Quinet

vendredi, 25 février 2011

Rendez-vous théâtre avec l'oeil éclairé d'Agnès notre critique du XIVè

La naïve

La naïveté joue souvent de mauvais tours à ceux qui en sont pourvus. Dans ce spectacle, Anna " la naïve" n'échappe pas à la règle. Mariée depuis longtemps à Frédérico (Fabio Marra) elle l'aime profondément et a une confiance aveugle en lui. Sa meilleure amie Caterina (Selin Oktay) l'incite pourtant à se méfier, mais elle ne veut rien entendre..Vivent dans la maison en plus du couple, le père d'Anna Monsieur Gennaro (Georges d'Audignon ), le frère d'Anna (Aurélien Gomis)  et sa femme (Claire Boyé )tous deux expulsés de leur maison et sans emploi. Monsieur Gennaro rend la vie impossible à Frédérico et fait tout pour l'humilier. Frederico pour sa part est au chômage. Il traîne et n'a guère d'ambition. C'est donc Anna (Sonia Palau) qui grâce à son travail de couturière entretient tout ce petit monde. Charmante, généreuse, elle n'a en fait aucune conscience de ce qui l'attend. Et il faut avouer d'ailleurs que ce n'est guère réjouissant... Cette pièce inspirée de la commedia dell'arte et écrite par Fabio Marra oscille  entre le comique et le tragique. Habilement mise en scène par l'auteur aidé de Sonia Palau, elle met en relief la crédulité et la gentillesse d'Anna en proie à la cruauté et l'hypocrisie de Frédérico. Chaque personnage incarne un type bien particulier et grâce à un jeu souvent drôle arrive à nous faire rire d'un drame. Ce n'est pas tellement l'émotion qui prime mais plutôt les gestes, les mimiques, les regards. Les dialogues sont simples, et à la portée de tous. Ils se marient bien avec l'atmosphère à la fois loufoque et grinçante qui règne sur scène. C'est une soirée sympathique et qui détend..
Agnès Figueras-Lenattier

Plus d'infos :
Le funambule Montmartre 53 rue des Saules
Métro : Lamarck-Caulaincourt

 

jeudi, 10 février 2011

Rendez-vous théâtre avec l'oeil éclairé d'Agnès notre critique du XIVè

Entre Ciel et Chair

Ce spectacle s'inspire du livre " Une passion" de Christiane Singer auteur d'une vingtaine de romans et d'essais. Un roman en référence à l'amour débordant qu'ont vécu Abélard le maître philosophe et son élève de 18 ans Héloïse. Nous sommes en 1161, Héloïse (Christelle Willemez ) a maintenant 60 ans et est abbesse au couvent du Paraclet. Avec à ses côtés une violoncelliste (Birgit Yew ) qui va l'accompagner subtilement dans ses souvenirs avec ses propres compositions. Devant nous, dans la pénombre, Héloïse va se rappeler sa passion. Au moyen d'un texte spendide et intense, elle va  nous faire part de ses diverses sensations. .Et nous raconter qu'avec son amant elle pénétrait dans le monde du divin : " Jamais, Abélard et je te le jure devant le ciel et la terre je n'ai été plus près de Dieu que dans nos embrassements".. Tout va défiler sous nos yeux, et Héloïse habillée d'une robe longue et blanche va littéralement transcender son passé. Souvent éveillée la nuit, elle va savourer ces moments de clarté et se remplir d'Abélard avec lyrisme et sensualité. Puis viendront des moments très  douloureux lorsqu'elle évoquera son oncle et tuteur Fulbert qui fera émasculer son amant..Héloïse et Abélard rentrés dans les ordres seront alors séparés avant que le tombeau ne les réunisse. Et c'est alors qu'Héloïse qui s'est confiée à nous et s'est abandonnée avec sincérité laisse tomber sa plume..
 Christelle Willemez dirigée finement par la metteur en scène Clara Ballatore est ici magnifique et se donne avec générosité et grâce. Sa  diction est impeccable,sa voix suave et agréable. Grâce à une aisance dans la manière de faire raisonner ce que ressent son corps, et son âme elle nous transporte dans le monde envoûtant des sens. Et de l'amour porté au paroxysme de sa puissance émane une atmosphère empreinte de beauté et d'extase. Sans compter la création lumière de Franck Vidal qui ajoute du charme au spectacle. Vraiment une belle soirée..
Agnès Figueras-Lenattier
Plus d'infos :
Théâtre du Lucernaire 53 rue Notre Dame des Champs
Métro: Vavin ou Notre-Dame-des-Champs

15:14 Publié dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0)

vendredi, 28 janvier 2011

Rendez-vous théâtre avec l'oeil éclairé d'Agnès notre critique du XIVè

Audiard par Audiard

 

C’est une vraie discussion avec Michel Audiard à laquelle on a droit durant ce spectacle. On lui pose de nombreuses questions et il nous répond avec sa faconde habituelle. Et ceci sur des sujets tels que son enfance dans le 14ème arrondissement et ses souvenirs au parc Montsouris, , la guerre, l’occupation, la libération, la perte de son fils, l’amitié, l’alcool, la fête, l’amour, Dieu.. Il faut dire que Michel Audiard possède un registre très varié puisqu’il a à son actif une importante palette de métiers : coursier à vélo, journaliste, dialoguiste, scénariste, réalisateur..

C’est Jean-Pierre Kalfon qui a fait le montage de la pièce et qui lit des extraits du livre «  Audiard par Audiard «  édité par les éditions René Château dans sa collection «  La mémoire du cinéma français ». «  Lorsque Antoine Gros m’a suggéré en juin 2010 de faire pour un soir au «  Café des Beaux Arts », une lecture d’extraits du livre «  Audiard par Audiard » je me suis engouffré dans la proposition avec déjà l’envie de la reprendre plus tard ».. Et pour le plus grand plaisir de nos oreilles, le voilà donc au Lucernaire jusqu’au 25 mars se faisant l’écho des réflexions mordantes de Michel Audiard.. Et il refait vivre avec talent la mémoire de ce dialoguiste qui se définissait comme un « orfèvre en imbécilités » s’inspirant à la fois de sa culture littéraire et de ce qu’il entendait dans les bars.. Audiard disait avec humour qu’il voulait bien être modeste vivant mais qu’une fois mort il désirait  être reconnu comme un génie. Lors de cette soirée, de nombreuses personnalités sont citées, à la fois amis ou ennemis de Michel Audiard et son insolence et son cynisme raisonnent avec netteté sur la scène. On l’écoute nous parler de ses rapports avec les acteurs, les techniciens, de son opinion sur la critique ou la censure et on le sait il ne mâchait pas ses mots. En tout cas, même s’il n’était pas apprécié de tout le monde, il a vraiment marqué les esprits et c’est  ce qui ressort nettement ici. Sa verve incarne ce que disait Oscar Wilde à savoir que « rien n’est pire que l’indifférence ».  De nombreuses références au cinéma sont présentes et Jean-Pierre Kalfon rapporte ici un certain nombre de dialogues de films célèbres ayant  marqué Audiard. Et l’on se remémore ou on l’on découvre avec grand plaisir des citations inspirées de duos de qualité entre comédiens réputés. On voyage  ainsi avec des gens  tels que Jean-Paul Belmondo, Jean Gabin, Jean Carmet et bien d’autres.  Et  le double talent celui de Michel Audiard et  de Jean-Pierre Kalfon nous fait pénétrer dans un univers où  le pouvoir des mots s’infiltre en nous..

Agnès Figueras-Le nattier

Plus d’infos

Théâtre du Lucernaire 53 rue Notre Dame des Champs

Métro : Vavin ou Notre-Dame-des-Champs