Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

vendredi, 28 janvier 2011

Rendez-vous théâtre avec l'oeil éclairé d'Agnès notre critique du XIVè

Audiard par Audiard

 

C’est une vraie discussion avec Michel Audiard à laquelle on a droit durant ce spectacle. On lui pose de nombreuses questions et il nous répond avec sa faconde habituelle. Et ceci sur des sujets tels que son enfance dans le 14ème arrondissement et ses souvenirs au parc Montsouris, , la guerre, l’occupation, la libération, la perte de son fils, l’amitié, l’alcool, la fête, l’amour, Dieu.. Il faut dire que Michel Audiard possède un registre très varié puisqu’il a à son actif une importante palette de métiers : coursier à vélo, journaliste, dialoguiste, scénariste, réalisateur..

C’est Jean-Pierre Kalfon qui a fait le montage de la pièce et qui lit des extraits du livre «  Audiard par Audiard «  édité par les éditions René Château dans sa collection «  La mémoire du cinéma français ». «  Lorsque Antoine Gros m’a suggéré en juin 2010 de faire pour un soir au «  Café des Beaux Arts », une lecture d’extraits du livre «  Audiard par Audiard » je me suis engouffré dans la proposition avec déjà l’envie de la reprendre plus tard ».. Et pour le plus grand plaisir de nos oreilles, le voilà donc au Lucernaire jusqu’au 25 mars se faisant l’écho des réflexions mordantes de Michel Audiard.. Et il refait vivre avec talent la mémoire de ce dialoguiste qui se définissait comme un « orfèvre en imbécilités » s’inspirant à la fois de sa culture littéraire et de ce qu’il entendait dans les bars.. Audiard disait avec humour qu’il voulait bien être modeste vivant mais qu’une fois mort il désirait  être reconnu comme un génie. Lors de cette soirée, de nombreuses personnalités sont citées, à la fois amis ou ennemis de Michel Audiard et son insolence et son cynisme raisonnent avec netteté sur la scène. On l’écoute nous parler de ses rapports avec les acteurs, les techniciens, de son opinion sur la critique ou la censure et on le sait il ne mâchait pas ses mots. En tout cas, même s’il n’était pas apprécié de tout le monde, il a vraiment marqué les esprits et c’est  ce qui ressort nettement ici. Sa verve incarne ce que disait Oscar Wilde à savoir que « rien n’est pire que l’indifférence ».  De nombreuses références au cinéma sont présentes et Jean-Pierre Kalfon rapporte ici un certain nombre de dialogues de films célèbres ayant  marqué Audiard. Et l’on se remémore ou on l’on découvre avec grand plaisir des citations inspirées de duos de qualité entre comédiens réputés. On voyage  ainsi avec des gens  tels que Jean-Paul Belmondo, Jean Gabin, Jean Carmet et bien d’autres.  Et  le double talent celui de Michel Audiard et  de Jean-Pierre Kalfon nous fait pénétrer dans un univers où  le pouvoir des mots s’infiltre en nous..

Agnès Figueras-Le nattier

Plus d’infos

Théâtre du Lucernaire 53 rue Notre Dame des Champs

Métro : Vavin ou Notre-Dame-des-Champs

 

 

jeudi, 13 janvier 2011

Rendez-vous théâtre avec l'oeil éclairé d'Agnès notre critique du XIVè

Dialogue avec mon jardinier

Ce texte du peintre et auteur Henri Cueco (editions Points ) qui raconte une amitié entre un peintre et un jardinier avait déja été adapté de manière tout à fait charmante au cinéma par Jean Becker. Et voici qu'il est maintenant adapté au théâtre par Didier Marin et Philippe Ouzouninan qui interprètent également les deux personnages. L'accent est mis sur les relations amicales et confidentielles entre les deux hommes et la mise en scène est appréciable car simple, sans prétention mais malgré tout assez poétique et attachante. Le décor est presque inexistant, un moyen de faire ressortir davantage la fraîcheur des mots, de l'atmosphère et la complicité de plus en plus profonde qui unit ces deux hommes. Et pourtant ils évoluent dans un univers totalement différent. Mais c'est justement cette différence qui fait l'intérêt du dialogue car leur ouverture d'esprit et leurs interrogations réciproques leur permettent d'engager une discussion destinée à mieux connaître leur interlocuteur. Possédant une certaine admiration l'un pour l'autre, ils en arrivent d'une certaine manière à philosopher et à se poser de nombreuses questions. " Une peinture s'exclame le jardinier c'est plus beau qu'une salade même si on ne sait pas pourquoi".. Et quand son ami lui avoue que lorsqu il peint il ne sait pas où il va il lui rétorque que c'est un drôle de métier et qu'il ne pourrait pas le faire.. Le peintre pour sa part essaye de donner à son acolyte le goût des beaux paysages,l lui parle avec un certain raffinement des plaisirs que procure la mer. Modeste,il lui propose de lui donner un tableau en échange de quelques salades. Mais le jardinier est quand même conscient que cette proposition n'est pas équitable...C'est bien joué, on sent bien la tendresse entre les deux protagonistes et on passe une agréable soirée. Le seul petit défaut vient du jardinier qui est un peu trop caricatural. On aurait aimé le voir un peu moins benêt côté expression et sans doute plus naturel..
Agnès Figueras-Lenattier
Plus d'infos
Akteon Théâtre 11 rue du général Blaise
Métro : Saint-Ambroise
 

samedi, 04 décembre 2010

Rendez-vous théâtre avec l'oeil éclairé d'Agnès notre critique du XIVè

Les peintres au charbon

Belle pièce que cette comédie de Lee Hall  né en 1966 à Nexcastle-upon-Tyne (UK) et auteur de Billy Elliot. Adaptée et  mise en scène de très belle manière Marion Bierry nominée en 2007 au Molière du meilleur metteur en scène, elle raconte l’histoire d’un groupe de mineurs qui suivent des cours d’histoire de l’art. La plupart ont quitté l’école très tôt et n’ont jamais vu de tableaux. Peu attirés par la théorie, ils vont vite en venir à la pratique et plusieurs d’entre eux vont se révéler plutôt doués. Leur profeseur qui leur apprend avec finesse à ne pas confondre la technique avec la qualité  d'expression les encourage à continuer. Et leurs peintures vont êtres remarquées par une collectionneuse d'art. Prenant confiance en eux,ils vont réaliser des expositions à succès. Mais plus que la gloire, c'est le processus de création et leur rapport à l'art qui les attire. Ces ouvriers quelque part touchés par la grâce nous amènent habilement et avec simplicité et humour à des réflexions profondes sur le rôle de l'art. Un débat commence sur scène et peut facilement se prolonger après le spectacle. L'auteur qui s'est inspiré d'un livre de William Feaver tiré de faits authentiques a su montrer avec intelligence comment des êtres humains peu instruits et ignorant ce qu'est la quintescence de l'art arrivent finalement à créer des oeuvres intéressantes et remarquées. Le charme de l'art c'est justement qu'il peut toucher n'importe qui, n'importe quand. Et c'est tout le talent de Lee Hall que d'avoir su le démontrer. Quant aux acteurs ils sont tous bons, touchants, et la mise en scène est forte, créative, artistique, variée et entraînante. Bref c'est une charmante soirée en compagnie d'une belle discipline qu'est la peinture et l'on ressort de là enchanté par l'ensemble.
Agnès Figueras-Lenattier

Plus d'infos :
Théâtre Artistic Athévains 45 rue Richard Lenoir
Métro : Voltaire

08:38 Publié dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : mineurs, peinture, don

dimanche, 21 novembre 2010

Rendez-vous théâtre avec l'oeil éclairé d'Agnès notre critique du XIVè

La dame au petit chien

Adapté ici par Claude Merle historien et romancier, ce récit d'Anton Tchekov raconte l'histoire de Dimitri et d'Anna qui entament une liaison afin de tromper leur ennui. Lui est banquier à Moscou et aurait aimé être chanteur d'opéra. Marié par arrangement,il est père de trois enfants. Elle, a épousé un membre du conseil gouvernemental  qu'elle qualifie de "valet" . Elle  n'a pas d'enfant mais un grand compagnon son chien Boris. La première scène se passe au restaurant et quand Dimitri aperçoit Anna même s'il la voit pour la première fois il la reconnaît tout de suite. On ne parle que d'elle aux alentours et avec son bérèt impossible de ne pas se douter que c'est " la dame au petit chien"...
Tous deux seuls et en proie  à une vie qui leur pèse et qui les frustre , vont vite se rejoindre et se comprendre. Sur les bords de la mer noire à Yalta, va naître entre eux une véritable passion qui fera resurgir de vieux rêves enfouis. Sur des airs de Pucini, de Ravel et au moyen d'une mise en scène toute en force et en délicatesse,les deux acteurs (Jean-Pierre Bouvier, Gaëlle Merle) ,  habillés en costume  fin 
XIXè interprètent leur rôle de manière bien distincte. Lui est chaleureux, tendre, elle, adopte un jeu plus concentré, plus intériorisé. Leur amour se communique sur scène par des embrassades  et de douces
paroles. Ils sont plaisants à voir ces deux là et la soirée coule paisiblement en leur ompagnie.
Agnès Figueras-Lenattier
Plus d'infos
Théâtre de la Huchette 23 rue de la Huchette
Métro : Saint-Michel

15:15 Publié dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0)

mercredi, 20 octobre 2010

Rendez-vous théâtre avec l'oeil éclairé d'Agnès notre critique du XIVè

Opening knight

Dans cette pièce de John Cromwell Fanny Ellis star déchue doit revenir sur scène après une cure de désintoxication. Son homme à tout faire Hector est présent à ses côtés et il l'écoute revenir sur sa vie passée et se remémorer sa grande époque. La voilà se revoyant en Madame Georges Mercier ce célèbre écrivain qu'elle prenait plaisir à rendre jaloux.Et d'évoquer un amant à l'esprit lent mais vif de la braguette!.. La voilà revenant sur ses rôles d'actrice évoquant Shakespeare , Tchékov, " La dame aux camélias et les metteurs en scène avec qui elle a travaillé. Il faut dire qu'elle crève de trouille à l'idée de rejouer pour cette première et qu'elle a besoin de se défouler. D'autant plus qu'avec sa grande carrière elle connaît tous les pièges et tous les dangers du métier de comédienne. " Les actrices vieilissent deux fois plus vite que les autres" avoue t-elle. On l'appelait la plus mauvaise langue de Paris et c'est vrai qu'elle a du bagoût cette femme quelque peu colérique, nerveuse et très critique dans ses jugements. Elle serait bien restée vautrée dans sa merde si Hector ne l'avait pas poussée à revenir sur les planches. Mais voilà il va lui falloir affronter comme elle le dit ce " putain de couloir" qui mène à la scène.. Et ce n'est pas facile après tant d'années de se retrouver face à ce défi..C'est Marie-Christine Barrault qui après avoir hésité à accepter ce rôle, joue avec énergie et talent cette femme détruite par l'alcool, accroc aux cachets, parfois violente verbalement et physiquement. Ce rôle lui va très bien et sa voix capable de s'adapter à de nombreuses situations met en valeur la personnalité de  cette ancienne vedette  quelque peu singulière et qui a une profonde tendresse pour Hector (Michel Carnoy ). Lui aussi est très attaché à Fanny, il était le seul à la soutenir lorsqu'elle était à l'hôpital. Tous deux font valoir habilement leur complicité ce qui donne un ton attachant à la fois aux personnages et à la pièce.
Agnès Figueras-Lenattier

Plus d'infos:

Théatre Mouffetard 73 rue Mouffetard
Métro : Monge
 

jeudi, 14 octobre 2010

Rendez-vous théâtre avec l'oeil éclairé d'Agnès notre critique du XIVè

Le dernier venu, le coltane

Deux bons spectacles sont à l'affiche en ce moment au théâtre de l'Essaïon. Le premier " Le dernier venu" raconte la rencontre entre un SDF quelque peu dépité et révolté et une petite fille. L'idée est venue à l'auteur Roger Défossez suite à une discussion  avec un SDF un jour où il attendait d'aller jouer " La cantatrice chauve" à la Huchette. Il n'a jamais revu cet homme mais en tout cas son imagination a pris son envol et une jolie pièce de théâtre est née. Alors que le SDF(Bernard Carpentier ) est en train de repriser une de ces chaussettes surgit une gamine (Guylaine Laliberté) sautant à la corde et intrigué par ce monsieur. La conversation s'installe et de là s'amorce une belle amitié. En huit tableaux vont survenir de fortes émotions, et les deux acolytes vont se mettre à gentiment délirer ensemble dans une atmosphère poétique et entraînante. Avec de la partie un humour corrosif et une mise en scène habile de Xavier Lemaire) mettant en relief la notion de rêve et de jeu. On prend plaisir à voir évoluer ces deux êtres l'un incarnant la dérision et l'autre l'innoncence enfantine. Le deuxième spectacle met en scène une joyeuse troupe pleine d'entrain et on nage dans la bonne humeur. C'est l'histoire de Paul Lenoir(Marc Pistolisi) pour qui tout va mal. Il est ruiné, sa femme veut le quitter et il a des problèmes d'entente avec son frère. Quant à sa secrétaire elle est très jolie et attire tous les regards. Un de ses amis géologue va lui annoncer que la maison de son frère contient un minerai très rare le coltane. Quoi de mieux pour remonter la pente financièrement  que de racheter cette maison . Il lui faudra en tout cas faire preuve de beaucoup de ruse. Y parviendra t-il? C'est le mystère que vous éluciderez si vous allez voir cette bande de comédiens qui interprètent tous un rôle bien à eux. Paul est très bon en homme nerveux et cherchant des solutions à tous ses problèmes. Il déploie une energie farouche et doit être bien fatigué après le spectacle. Les autres (Clément Rouault, Isabelle Jeanbrau, Sandra Velocia, Guillaume Destrem, Damien Cimma, Margaux Schramm Decroix,
Jérémy Malkhior) lui donnent tous bien la réplique et c'est une soirée où l'on rit volontiers et où on se détend.
Agnès Figueras-Lenattier
Plus d'infos
Théâtre de l'Essaïon 6 rue Pierre-au-Lard
Métro : Rambuteau ou Hôtel de Ville

jeudi, 23 septembre 2010

Rendez-vous théâtre avec l'oeil éclairé d'Agnès notre critique du XIVè

Les cahiers de Malte Laurids Brigge

Rainer Maria Rilke né à Prague en 1875 a écrit ces deux volumes de notes alors qu'il était devenu le secrétaire de Rodin. Ils ont été publiés en 1910. Dans ce journal intime à travers ce personnage dans lequel il se transfigure,  il raconte ses souvenirs, ses expériences, ses angoisses, ses joies  et songe souvent au passé. Il évoque également la poésie, la peur et analyse la mort sous de multiples formes. Bérengère Dautun qui a adapté l'oeuvre,  qui a mis en scène et qui joue la mère a choisi de mettre l'accent sur les relations qu'entretenait Rilke avec celle qui l'a mis au monde. Ils lisaient des contes ensemble, histoire de se faire une image en société mais avoue Rilke (Guillaume Bienvenu ) dans ce spectacle , ils n'aimaient les contes ni l'un ni l'autre. Ils avaient tous  deux une autre conception du merveilleux. Or cette vision du merveilleux, ils nous la font quelque peu partager à travers leur interprétation qui ne manque ni de charme ni d'élégance.  " Aimer c'est rayonner d'une lumière inépuisable dit la  mère et effectivement ils rayonnent car ils s'aiment ces deux là c'est incontestable. Habillés avec goût, ils nous  confessent leur  amour et se renvoient les phrases de manière rythmée et variée. Sont évoqués notamment la mort de la grand-mère, du chambellan, du chien de Rilke. A un moment donné comme il prend plaisir à le faire, Rilke à la fois lyrique et profond  évoque un personnage inconnu qu'il a croisé, le dépeint avec éloquence et se fond en lui. De temps à autre, une belle musique accentue l'atmosphère paisible et envoûtante de la soirée. Les deux comédiens au début plutôt placides s'animent au fur et à mesure du déroulement de la pièce. Ils adoptent alors un ton plus passionné et plus violent donnant encore plus de vie à l'adaptation. Pour accompagner les descriptions, ils jouent parfois lascivement avec leurs mains accentuant ainsi astucieusement ce qu'ils veulent dire. Bref c'est un duo enchanteur et qu'on écoute avec grand plaisir..
Agnès Figueras-Lenattier
Plus d'infos
Théâtre petit Hébertot 78 bis bd des Batignolles
Métro : Rome ou Villiers

 

jeudi, 16 septembre 2010

Rendez-vous théâtre avec l'oeil éclairé d'Agnès notre critique du XIVè

Solness le constructeur

Henrik Ibsen a écrit cette pièce en 1892 dont voici le sujet. Haivard Solness est un constructeur très célèbre qui a
peur de se faire détrôner par des plus jeunes. Un jour au cours d'une réception, il promet à Hilde une jeune enfant de 12 ans en admiration devant lui de la choisir pour princesse et de lui donner un royaume. Quelques années plus tard ils se rencontrent à nouveau, et Solness se confie à elle. En fait, sa fortune a commencé le jour où un incendie a détruit la maison natale de sa femme tuant leurs deux enfants. Or Solness désirant que cette vieille maison brûle pour pouvoir en construire une nouvelle n'avait pas réparé une fente de la cheminée. Mais en réalité l'incendie provient d'une autre cause ce qui remet en question l'importance de sa responsabilité. Est-elle atténuée ou pas? En tout cas il se sent coupable. Quoi qu'il en soit Hilde aura t-elle son château? Adapté  par Martine Dolleans, ce spectacle est mis en scène par Hans Peter Cloos assisté de Camille Pawlotsky qui contrairement à la majorité considère cette pièce comme une comédie. " Toutes les étiquettes que l'on a pu attribuer par le passé à l'oeuvre d'Ibsen telles que désespérée, sombre, pessimiste, sont à mon sens, erronées. En réalité, Ibsen plonge son regard dans les profondeurs de l'existence humaine avec humour et c'est cet humour même qui le sauve, et nous sauve. On peut lire la pièce, bien sûr comme la tragédie d'un homme, en pleine maturité, au faîte de sa carrière, mais sur le point de tout perdre et  qui s'isole dans une paranoïa autodestructrice. Je préfère la voir plutôt comme une comédie : un homme en pleine crise de la cinquantaine effrayé par l'énergie et la beauté des jeunes qu'il entraîne dans son sillage, perdu entre ses maîtresses et l'exigence de sa femme et qui en plus, tombe raide amoureux d'une femme très jeune, vraiment très jeune"..Hans Peter Cloos a insisté sur le concept du désir, et sa vision de la pièce donne un Jacques Weber à la fois autoritaire, fragile,  séducteur et une Mélanie Doutey (Hilde ) charmeuse et déterminée. Pour sa deuxième apparition  sur les planches, elle ne déçoit pas et donne aisément la réplique à Jacques Weber qui comme à son habitude en impose  par sa présence et sa forte personnalité. Quant aux  autres acteurs( Edith Scob, Jacques Marchand, Thibault Lacroix, Nathalie Niel,
Sava Lolov ),ils sont bien dans la lignée de l'esprit du spectacle. Une soirée intéressante où l'on se laisse charmer par les représentants d'Ibsen ..
Agnès Figueras-Lenattier
Théâtre Hebertot 78 bis Bd des Batignolles
Métro : Rome, Villiers

jeudi, 09 septembre 2010

Rendez-vous théâtre avec l'oeil éclairé d'Agnès notre critique du XIVè

Les aventures d'Octave


Qui est Octave autour de qui tourne toute l'histoire? Mystère! Un indice cependant: c'est grâce au vendeur du Bricorama d'Argenton sur Creuse qu'on entend parler de lui. En tout cas le père René et son fils Antoine s'en soucient drôlement. Il fera même l'objet d'un livre " Les aventures d'Octave" qui deviendra un succès mondial.. C'est Alain Payen l'auteur et l'interprète du spectacle. Il nous fait revivre par le biais de fréquents jeux de mots, avec un certain humour et au moyen d'objets de toutes sortes sa relation avec son père de son enfance à aujourd'hui. Divers personnages et situations se succèdent alors qu'il tourne en rond 30 minutes par jour autour d'un parc. Il fait douze tours dans le sens inverse des aiguilles d'une montre et passe en revue les différentes personnes qui ont peuplé son existence. Il y a d'abord son père délaissé par sa femme qui fait tout le temps la vaisselle et qui aura ensuite deux femmes dans sa vie. Une banquière aux gros seins et une certaine
Caroline bi-sexuelle plate comme une limande. Une mère mais qu'il décrit très brièvement prof de gym à la belle plastique et sèche comme une trique. Et puis des hollandais, des moines, des éboueurs, un pédiatre, un passionné de botanique, Georges Braque, Robert l'éditeur. Bref, il y a de quoi faire.. Dans ce spectacle, Alain Payen fait preuve d'une certaine imagination et son inventivité nous permet de passer une heure agréable en sa compagnie. On peut même rire ou du moins sourire allègrement...
Agnès Figueras-Lenattier

Plus d'infos:
Le Guichet Montparnasse 15 rue du Maine
Métro: Edgar Quinet

jeudi, 02 septembre 2010

Rendez-vous théâtre avec l'oeil éclairé d'Agnès notre critique du XIVè

La pleurante des rues de Prague

Imaginez une femme sans nom, sans âge, sans visage, à la haute stature , à la démarche claudicante qui tout d'un coup s'engouffre dans un livre à la manière du vent. Cette femme c'est celle avec qui vous avez rendez-vous si vous allez voir ce beau spectacle qui bénéficie du soutien de l'Ambassade de la République tchèque et du Centre tchèque. L'auteur Sylvie Germain docteur ès philosophie qui a vécu 7 années à Prague a reçu de nombreux prix littéraires pour plusieurs de ses romans. Et cela n'a rien d'étonnant vu sa belle plume et la richesse de son vocabulaire et de ses phrases. Avec quelle grâce dans le verbe elle parle de cette géante incorporelle dont elle dit qu'elle est  l'émanation d'une commune douleur errant dans les rues de Prague.. Tout en évoquant l'atmosphère des rues de  cette ville et l'ambiance en fonction du temps qu'il fait, l'auteur imagine cette femme lors de différentes scènes.  Elle passe, disparaît, revient avec son chuchotis de larmes puis repart tout ceci de manière mystérieuse et envoûtante. Qu'il est beau ce passage où elle croise un cygne sur son chemin.. Il faut dire également que 'actrice Claire Ruppli est rayonnante dans son rôle ne faisant qu'accentuer le charme de l'écriture. Sa voix est agréable, forte, et sa diction impeccable. Accompagnée de fréquents jeux de lumière, elle est tantôt pathétique, tantôt plus légère et frêle, et on a le sentiment d'avoir en face de soi une vision fugace et dont les multiples  facettes retiennent toute notre attention. Bref si vous aimez la belle langue, et la belle interprétation vous serez tout sauf déçu par ce spectacle. 
Agnès Figueras-Lenattier

Plus d'infos
Théâtre les Déchargeurs 3 rue des Déchargeurs
Métro : Châtelet

15:23 Publié dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : douleur, vision, fugacité