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lundi, 20 mars 2006

Un entretien avec Pierre Castagnou - Part. II (1/3)

Interviewer Pierre Castagnou, Maire du XIVe. L'idée nous trottait dans la tête depuis belle lurette... A l'occasion du Conseil d'arrondissement du 16 janvier 2006, nous avons donc franchi le pas et sollicité un entretien d'une heure. Pierre Castagnou en a accepté le principe et nous a reçu le 3 février 2006 ...pendant près de 3 heures ! Parcours personnel, premiers pas en politique, dossiers locaux et parisiens...

...Nous vous livrons ci-après la fidèle retranscription de cet entretien (*).

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Un entretien avec Pierre Castagnou

Part II (1/3)


Paris14.info (P14) : En avril 2001, vous êtes élu Maire du XIVe arrondissement. Vous étiez dans l’opposition depuis 1983… Après 18 ans dans l’opposition, quel est votre sentiment au soir de cette victoire ?

Pierre Castagnou (PC) : La joie et la satisfaction. Gagner le 14e était nécessaire pour conquérir la mairie de Paris. Mon objectif a toujours été la mairie du 14e. Depuis 95, la gauche progressait continuellement dans cet arrondissement réputé sociologiquement et électoralement conservateur. C'était donc pour moi une grande satisfaction. Mais cette victoire était d’abord une victoire collective.

P14 : Justement, une victoire collective ça commence par un travail d’équipe. Mais pour l’emporter, il faut parfois faire des concessions, notamment entre le 1er et le second tour… Il y a les fusions de listes et il faut parfois faire des choix douloureux pour son équipe. Ces négociations font parfois fi d’un travail de terrain de longue haleine… Quel souvenir avez-vous de ces négociations ?

PC : Les négociations furent difficiles, mais cela fait partie de la vie politique aussi...

P14 : La semaine du Maire ? A quoi ressemble-t-elle ? Combien d’heures de travail par semaine ?

PC : Je vais vous répondre par une banalité… La semaine du Maire, c’est une semaine de 7 jours. C’est une semaine bien remplie. De plus en plus remplie. Les exigences de nos concitoyens sont de plus en plus fortes. La vie démocratique parisienne s'est considérablement développée. La vie locale et associative est très riche.

…Ce n’était absolument pas le cas jusqu’au milieu des années 90. Il n’y avait pas la même vitalité démocratique. Le maire d'arrondissement représentait le Maire de Paris, il inaugurait les chrysanthèmes, il n'y avait pas de vraie vie dans cette mairie d'arrondissement. D’ailleurs, lors de la campagne municipale en 2001, je parlais de « réveiller la Belle au bois dormant » qu’était la Mairie du XIVe.

P14 : La mairie d'arrondissement n'est pourtant toujours pas une mairie de plein exercice : quelles seraient pour vous les compétences à récupérer ? Quel serait votre premier choix ?

PC : Difficile question. Le choix est à effectuer en fonction de l’intérêt pour les habitants et non pas en fonction de considérations ou de centres d’intérêt personnels. Allez, je chercherais la difficulté ...probablement la propreté.

P14 : Qu'est-ce qui vous plaît le plus au quotidien dans votre mission de Maire du 14e ?

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PC : J’aime bien le terme de mission. Je considère que Maire, ce n’est pas exercer une profession. C’est une mission ou une fonction. Mais c’est un tout. Si on a voulu être maire, et on vous force rarement à l’être, c'est parce qu'on s'intéresse à ses concitoyens, à l'intérêt général et que l’on veut améliorer la vie des habitants… Cela veut dire que j’éprouve un réel plaisir à rencontrer les habitants, les responsables associatifs, les animateurs de conseils de quartier… J'ai besoin de ce contact.

P14 : Il y a tout de même des servitudes… Qu’est-ce qui vous déplaît le plus dans cette fonction ?

PC : Rien ne me déplaît même si c’est une fonction lourde.

P14 : Allons, il y a des temps forts de l’action municipale qui reviennent chaque année… Il n’y a pas une corvée ? Des discours qui se répètent ? Des occasions où l’on se dit, tiens, je vais encore raconter le même truc que l’année dernière… [ rires ]

PC : Mais j'ai complètement oublié ce que j’ai dit l’année précédente ! [ rires ]

Vous allez douter de ma sincérité. Mais non. C’est peut être plus satisfaisant de travailler à la réalisation d’un équipement sportif, d’une crèche, de logements, d’une école, à l’aménagement d’un quartier que d’entendre parler de crottes de chiens ou de trous dans les trottoirs, oui ! Mais l’un ne va pas sans l’autre. Vraiment.

Parfois, des habitants viennent me voir et me disent « Excusez-moi de vous parler de ceci… ». Je leur réponds toujours : « Mais vous n’avez pas à vous excuser. Mon rôle et mon devoir, c’est d’abord de vous écouter. » Il n’y a pas de petits problèmes. Un Maire qui croit qu’il y a des petits problèmes, qui par conséquent ne sont pas de son niveau, et de gros problèmes, qui sont de sa compétence exclusive, n’est pas, selon moi, un bon maire.

P14 : Quelles qualités faut-il pour être maire ?

PC : Etre à l'écoute ; être tenace et persévérant ; être capable d'animer des équipes, c'est-à-dire d’être– le terme surprendra peut-être – une sorte de manager. Tout en sachant que c’est plus difficile, quand la Mairie n’est pas une mairie de plein exercice…

P14 : Et si un homme comme moi [ndlr : Pierre Vallet] devenait maire, que penseriez-vous ? ;-)

PC : Ecoutez, si c'est dans quelques années, c'est-à-dire si vous devenez Maire quand j’ai décidé de ne plus l’être, grand bien vous fasse !!! ;-)

P14 : Tous les élus du 14ème ont une permanence où l’on peut venir les rencontrer sans prendre de rendez-vous. Vous n’avez pas fait ce choix, pourquoi ?

PC : Non. Je sais que certains Maires tiennent une permanence. Mais je ne sais pas très bien dans quelles conditions ils la font. Parce que je sais très bien que si je tennais une permanence comme mes adjoints…

P14 : …Ce serait l’émeute…

PC : … Je me mets à la place des habitants. Je n’irais pas voir les adjoints, j’irais voir le Maire. Ma permanence ne durerait pas 3 mais 6 h et je serais obligé de dire aux habitants que je n’ai pas pu recevoir « Revenez la semaine prochaine ». C’est frustrant et ce n’est pas satisfaisant. Et pourtant, j'ai fait des permanences hebdomadaires de 1983 à 2001… J'ai l'expérience de la permanence…

En revanche, je reçois !

P14 : Eh… Nous sommes là… :-)

PC : …Je reçois des habitants, des responsables d’associations, les présidents des Conseils de quartier...

Mais je fais très attention parce que les gens prêtent au Maire des pouvoirs qu'il n'a pas, notamment pour l’attribution de logement. Donc, quand quelqu’un demande à me voir pour un logement, je réponds que ce n’est pas utile – contrairement à ce que l’on peut penser - mais qu’en revanche, il faut rencontrer notamment mon adjoint au logement, Jean Paul Millet. Les gens pensent que c’est moi qui attribue les logements. Pas du tout. Nous avons créé une commission de transparence pour cela.

Il m’arrive d’intervenir auprès du Préfet, de tel ou tel bailleur, de Jean Yves Mano, adjoint au maire de Paris chargé du logement, pour attirer leur attention sur les difficultés d’un demandeur. Mais le fait de recevoir un demandeur de logement ne fait pas avancer son dossier.

C’est la même chose pour les demandes de place en crèche. Au début j’ai parfois eu du mal à le faire comprendre. Beaucoup de gens l’admettent aujourd’hui.

(...suite de notre entretien après-demain...)

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(*) Propos recueillis par Pierre Vallet et Dan Krajcman. Merci à MRV pour son aide dans le travail de retranscription.

Plus d'info :
+ Un entretien avec Pierre Castagnou - Part. I / épisodes 1, 2 et 3.

vendredi, 17 mars 2006

Un ordre du jour et une question

Le prochain Conseil d'arrondissement aura lieu lundi prochain à partir de 19h à la Mairie du XIVe arrondissement. Voici les différents thèmes qui y seront abordés par nos élus.

- Signature d'une convention d’équipement et de fonctionnement avec l’association « La Planète des enfants » pour l’établissement d’accueil collectif non permanent, type multi-accueil de 20 berceaux sis 6, Villa Moderne – Paris 14ème ...Et attribution d’une subvention d’équipement de 46 422 euros et d’une subvention de fonctionnement de 36 445 euros pour l’année 2006 pour la structure multi-accueil. Rapporteur : Madame Marianne AUFFRET
- Opérations de couverture du boulevard périphérique substituant la société SRM – GFI à la société Ingénierie et Développement Local. Rapporteur : Madame Geneviève BELLENGER
- Réalisation des travaux de modernisation des cages d’escaliers sur les deux ailes de la Mairie et de la fermeture du péristyle à la Mairie du 14ème arrondissement 2, place Ferdinand Brunot (14ème). Rapporteur : Monsieur Michel-Roland CHARVOT
- Subvention de 1500 euros à l’association « Métro Philatélie »  domiciliée 18, rue Saint-Gothard à Paris 14ème. Rapporteur : Madame Marie-Louise PADOVANI
- Signature d’une convention de délégation de service public pour la gestion du marché aux puces et du square aux artistes de la Porte de Vanves - Paris 14ème. Rapporteur : Madame Marie-Louise PADOVANI
- Réalisation des travaux de ravalement du centre sportif Guilleminot 18, avenue Marc Sangnier (14ème). Rapporteur : Madame Carine PETIT
- Subvention à l’association Loisirs Résidentiels des Mariniers (14e) d’un montant de 5 000 euros. Rapporteur : Madame Carine PETIT
- Convention entre la Ville de Paris et l’Office du Mouvement Sportif du 14ème arrondissement pour l’attribution d’une subvention de 15 200 €. Rapporteur : Madame Carine PETIT
- Convention entre la Ville de Paris et la Mission Locale Pari d’Avenir concernant le partenariat entre les Antennes Jeunes du 14ème et 15ème  arrondissements et la Mission Locale Pari d’Avenir. Rapporteur : Madame Carine PETIT
- Couverture du roller parc du CS Jules Noël, 3 avenue Maurice d’Ocagne Paris 14ème. Rapporteur : Madame Carine PETIT
- Convention relative à l’attribution d’une subvention d’investissement d’un montant de 40. 000 € à la SA Société d’exploitation du théâtre Denfert Rochereau – Cinéma Le Denfert située 24 place Denfert Rochereau– 75014 Paris pour la rénovation et la modernisation du cinéma Le Denfert. Rapporteur : Madame Danièle POURTAUD
- Convention relative à l’attribution d’une subvention de fonctionnement et d’une subvention d’équipement d’un montant de 10.000 € à la S.A « l’Entrepôt», 7/9 rue Francis de Pressensé, 75014 Paris. Rapporteur : Madame Danièle POURTAUD
- Signature avec l'association cultuelle dénommée « Eglise réformée de Paris Plaisance » et le lycée Léonard de Vinci (14ème), d'une convention définissant les conditions d’utilisation d’une issue de secours du Temple de Plaisance (14ème), débouchant dans la cour du lycée Léonard de Vinci. Rapporteur : Madame Danièle POURTAUD

Enfin, nos élus débattront de deux propositions de voeux, l'une relative à l’attribution des places de crèches, (présentée par Marianne AUFFRET, René DUTREY, Romain PARIS et l’ensemble des élu(e)s Vert(e)s), et l'autre relative à l’entretien de la petite ceinture (présentée par Pierre CASTAGNOU, Jean-Paul MILLET et les élu(e)s Socialistes et Radical de Gauche).

Un ordre du jour (résumé) qui inspire une question : sur quels critères objectifs intangibles nos élus fondent-ils leur décision d'accorder (ou non) une subvention à une association ou à une entreprise ? Existe-t-il un document type, une "grille d'analyse", permettant en fonction d'éléments prédéfinis (exister depuis plus d'un an, être domiciliée dans le XIVe, avoir X dizaines d'adhérents, avoir des statuts démocratiques, etc.) de demander une aide ou une subvention ? En l'absence d'un tel document, opposable à toutes et à tous, où s'arrête la décision politique souveraine et responsable ? Où commence le clientélisme ?

Pierre

Plus d'info :
+ La séance du Conseil d'arrondissement est ouverte au public. Elle commence à 19h et dure en règle générale au minimum jusqu'à 21h30 - mais parfois bien au-delà... Pour vous y rendre : Mairie du XIVe, salle des mariages - 2, place Ferdinand Brunot - Métro Mouton-Duvernet - Bus 28 et 58 (arrêt Mairie du XIVe).

mercredi, 15 mars 2006

Une pétition pour les lanceurs d'alertes

Où l'on reparle de la dangerosité des antennes relais, de la réaction des opérateurs télécom, de lanceurs d'alertes, et d'un habitant du XIVe arrondissement, Etienne Cendrier, porte-parole de l'association Robin des Toits, qui vient de passer devant la 17e chambre du Tribunal correctionnel de Paris...

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René Dutrey, 1er adjoint (Vert) auprès du Maire du XIVe lui apporte son soutien. Et vous ?

Pierre

Plus d'info :
+ Le site officiel de l'association Robin des Toits.
+ La pétition pour les lanceurs d'alertes.
+ Notre fil d'actu Antennes relais.

lundi, 13 mars 2006

L'Express 14 : sous pression

L'Express 14 (73 rue Daguerre - voir le plan du quartier) bar de nuit discothèque insonorisé s'est vu interrompre sèchement sa deuxième partie de concert par la police à minuit. Raison invoquée : la plainte d'un (seul) voisin de l'immeuble.

medium_73_rue_daguerre_75014.jpgIl est à noter qu’il n’y a jamais eu aucune plainte sur ce lieu, qui fait face à La bélière, autre lieu de musique avec une longue histoire de plaintes et de combats pour sa sauvegarde. La police aurait au passage inspecté la propreté du bar (?!) et dressé un procès verbal ...pour tapage nocturne ?! Vu que c’était un concert acoustique, c’est dur à croire. Quand on connaît l'endroit, on sait qu'on n'entend rien au dehors... Et je précise que j'habite en face et que pendant des années, je ne savais pas qu'ils organisaient des concerts !

Ca fait deux fois que l’Express 14 est dans le collimateur du commissariat. La dernière fois c’était les affiches.

Il y a un concert prévu le week-end prochain YO AND COW à 22 heures le vendredi et samedi. Je crois qu’il est bon que vous informe et de se tenir mobilisé. Nous allons essayer une médiation. Et nous demandons à toute personne qui le peut de nous aider à le faire.

Une fois de plus on éradiquerait la musique dans la ville sur claquement de doigts suite à une plainte ultra minoritaire.
Quand les gens du quartier font bon ménage. L’intérêt  d’une seule personne contre une activité artistique et une économie. En attendant des éclaircissements...

Morg
Président de MUSI14

Plus d'info :
+ Le site de internet de l'Express 14 : www.express14.com
+ MUSI14 est une association de musiciens du 14e et de défense des lieux culturels de proximité.

samedi, 11 mars 2006

Un entretien avec Pierre Castagnou - Part. I (3/3)

...Suite et fin de la 1ère partie de notre entretien...

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Paris14.info (P14) : En 83, vous êtes Conseiller de Paris du 14e. Avez-vous une anecdote à nous raconter sur cette première campagne?

Pierre Castagnou (PC) : Oui, J'avais l'intention de me présenter dans le 14e, mais étant collaborateur du Président de la République, je devais avoir son accord. Je lui ai demandé le feu vert. Il m’a répondu : « Oui si vous êtes élu ». Si j'avais été battu je ne serais pas resté à l'Elysée. Si un de ses collaborateurs était battu aux élections, il devait démissionner. C’est une règle qui ne souffrait d’aucune dérogation.

P14 : Dans le 14e arrondissement, quelles relations aviez-vous avec le Maire d’alors ?

PC : Lionel Assouad a été élu en 83. Chirac réalise alors le Grand Chelem à Paris. C’était un climat national très dur. La droite relevait la tête. En 82-83, les élections furent mauvaises pour la gauche ! Au plan local, Lionel Assouad était un homme courtois, mais nous étions politiquement adversaires.

P14 : Dans votre travail d'opposant d'alors qu'est-ce qui vous a marqué ? Quel regard jetez-vous sur le Pierre Castagnou opposant ?

PC : L’opposition était très minoritaire. C’était dur car Chirac dirigeait la mairie de manière très centralisée et autocratique. Il était très peu présent lors des débats du Conseil de Paris… C’était l'administration préfectorale d'avant transposée au niveau d'un maire élu. Cela n’a rien à voir avec la période d'aujourd'hui. Les séances ne duraient pas 2 jours ou 2 jours ½ et le Conseil d’Arrondissement était une simple chambre d’enregistrement. Il n’y avait pas lieu de débattre.

P14 : Au regard de votre travail d’opposant d’alors, comment jugez-vous le travail de l’opposition d’aujourd’hui au Conseil d’arrondissement ?

PC : No comment. Ce n’est pas à moi de juger son travail. En revanche, je crois que quand on est un élu local, il faut être très présent sur le terrain. Je crois l'avoir été dès le début.

P14 : En 86, vous intégrez la fonction publique et vous rencontrez Laurent Fabius.

PC : Non, Laurent Fabius, c’était bien avant, même si nous n’avions pas de lien particulier.

P14 : …Et depuis 86, le site officiel de la Mairie du XIVe arrondissement nous apprend que vous êtes Inspecteur Général de l'Industrie et du Commerce

PC : J'ai été nommé effectivement début 86. Cela m’a permis de découvrir, de l’intérieur, la fonction publique, le service de l’Etat… Je suis fils de fonctionnaire. Mon père était Ingénieur général du génie rural des eaux et forêts.

P14 : Vous exercez toujours une activité professionnelle ?

PC : Oui, j’ai été un temps chef de l'inspection générale de l'industrie et du commerce, et j’ai demandé à être déchargé de mes fonctions quand je suis devenu Maire. Aujourd’hui je suis Contrôleur général économique et financier au Ministère des Finances, de l’Economie et de l’Industrie… Mais je vais bientôt prendre ma retraite professionnelle...

P14 : Nous allons peut-être ouvrir une parenthèse personnelle… Parce que nous n’avons pas abordé ce sujet. Etes-vous marié ?

PC : Je suis marié. Je n’ai pas d'enfant. Mais je veux préciser une chose : je me suis engagé en politique assez tard. Vous ferez le calcul… Mais j’ai toujours tenu à exercer parallèlement à mes engagements politiques une activité professionnelle parce que j'ai toujours voulu être indépendant ; garder totalement ma liberté. Je ne suis pas un homme d’appareil, je ne suis pas un apparatchik. Cela n'a pas que des avantages sur le plan d'une carrière politique.

P14 : Il est vrai que dans l’univers politique, certaines questions anodines perdent leur sens commun. Est-ce qu'on peut lui faire confiance peut parfois être traduit par « est-il libre ? ». On peut donc comprendre votre analyse… Vous avez des hobbies ?

PC : Oui, pendant quelque temps, j’ai dirigé une rubrique consacrée au cinéma et au théâtre dans un journal. J’ai ainsi rédigé un grand nombre de critiques cinématographiques. Evidemment, aujourd’hui, c’est plus difficile pour des raisons de disponibilité…

J'aime aussi le sport. Je pratique le tennis au stade Elisabeth dans un club du XIVe, Femina Sport. Je fais du ski. J'aime voyager mais ce n’est pas toujours compatible avec ma fonction de maire.

P14 : Et le vélo alors ?

PC : J'ai fait beaucoup de vélo pendant mon adolescence. J'ai un vélo que j’utilise trop rarement.

P14 : 89-93 : Délégué interministériel aux professions libérales auprès du Premier Ministre : Michel Rocard, puis Edith Cresson et Pierre Bérégovoy.

PC : …Mais avant, j’ai été quelque temps au Cabinet de Laurent Fabius, Président de l’Assemblée Nationale.

P14 : Donc… Une anecdote relative à chacun d’entre eux ? Michel Rocard habitait le 14e…

PC : Il n’habite plus le 14e. Il est toujours adhérent au Parti Socialiste dans le 14e, mais il me semble qu’il est retourné à Conflans-Sainte-Honorine…

Non, je n'ai pas d'anecdote particulière parce que j’étais assez indépendant comme délégué interministériel aux professions libérales et n’étais pas membre du gouvernement. J’ai été nommé à ce poste par François Mitterrand. Il a fallu un certain temps pour convaincre Michel Rocard de remplacer mon prédécesseur qui avait été nommé par Chirac… Mais il a fini par accepter l’idée de voir ce poste repris par un fidèle de François Mitterrand.

Je connaissais mieux Edith Cresson et Pierre Bérégovoy, moins bien Michel Rocard. Ils m’ont laissé très libre. J'ai apprécié cette grande autonomie qui m'a permis de mettre sur les rails des projets de réformes importants.

P14 : Justement, dans le cadre de ces fonctions, y-a-t-il une ou plusieurs réformes dont vous revendiquez la paternité « technique » ? C’est souvent un travail de l’ombre…

PC : Il y a trois réformes très importantes qui ont été réalisées à ce moment-là : l'une fusionnant les professions d'avocat et de conseil juridique, l’autre introduisant le salariat dans les professions libérales, la dernière permettant aux professionnels libéraux de se regrouper sous la forme de sociétés d’exercice libéral.

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Propos recueillis par Pierre Vallet et Dan Krajcman.
Merci à MRV pour son aide dans le travail de retranscription.

Plus d'info :
+ Un entretien avec Pierre Castagnou - Part. I / épisodes 1 et 2.

vendredi, 10 mars 2006

Quartier Vert : le débat se poursuit...

Les "Chroniques du Quartier Vert" que nous avons récemment diffusées et que nous avait adressé Laurent, un habitant de la rue du Père Corentin, continuent à faire couler beaucoup d'encre. Aujourd'hui, Ariane lui répond...

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Tramway, travaux et pollution : et si on élevait le débat ?

Le quartier vert a été l’objet d’une attention plus que soutenue sur ce blog : pas moins de cinq articles nous ont conté, dans les moindres détails, les désagréments rencontrés par un habitant du 14ème, suite à cet aménagement dont la réussite semble effectivement contestable.

Plusieurs des arguments avancés dans ce témoignage sont assez d’une portée discutable : certes, il est très pénible d’habiter près d’un dépôt de bus RATP… On attend les témoignages des habitants des immeubles situés Porte de Vanves, en bordure du périphérique, ou de la rue Vercingétorix, le long de la voie ferrée, pour une comparaison des nuisances respectives de ces différents modes de transport urbains.

En outre, si les travaux du tramway font beaucoup de bruits et créent des nuisances, c’est une réalité terriblement difficile à vivre pour les riverains, mais malheureusement assez inévitables… Même la précédente équipe municipale, qui a voté la mise en place du tramway, n’aurait pu apporter de réponse miracle à ce problème.

Ces arguments, couplés aux difficultés de circulation qu'occasionnent ces travaux, sont d’une portée assez limitée : toutes les villes qui se sont dotés d'un réseau de tramway (je pense, pour les connaître particulièrement bien, à Grenoble ou Strasbourg, ce fût aussi le cas à Bordeaux sans doute..), ont connu ce genre de polémiques, avant qu’une fois en service le tramway ne soit plébiscité par tous…

L'instrumentation politicienne de ce débat est par ailleurs assez gênante : faire croire que les embouteillages parisiens datent du tramway fait sourire, quand on passe depuis 25 ans par le carrefour de la Porte d’Orléans... Au delà de ces aspects « temporaires », se pose en filigrane la question plus fondamentale de la place que l’automobile prend, et doit continuer à prendre, dans les modes de transport urbains.

Paris, comme toutes les grandes villes, est confronté à un problème d’engorgement des axes de circulations automobiles, et d’augmentation de la pollution, qui est un vrai problème de santé publique. Toutes les grandes villes sont confrontées à ce problème, et tentent de prendre des mesures pour en limiter les conséquences. Cela peut prendre la forme de péage à l'entrée (comme à Londres), de limitations des places de stationnement (Amsterdam , Zurich…), de circulation alternée permanente (Athènes), d’incitation au covoiturage ou de droits à polluer pour les employeurs (Californie…).

Faire donc croire que cette question n'est que le fait d'"ayatollas verts", ou de bobos parisiens est une pure escroquerie. Une constante de ces mesures, dont l’efficacité est variable, est cependant leur impopularité.
Dans toutes ces villes, comme à Paris, l'objectif est d'inciter les gens à NE PAS prendre leur voiture. Ce n'est effectivement pas de faciliter la vie des automobilistes : comme le rappelle Laurent D., il est plus difficile d’atteindre son garage quand de multiples sens interdits complexifient les trajets. La question qui se pose est : est-il vraiment impossible de se passer de sa voiture, quand on habite à 5mn d’une station de métro (et de multiples lignes de bus : après tout, ces derniers n’ont pas comme unique vocation de gâcher la tranquillité des riverains…).

La réussite de ces politiques ne peut en effet, et heureusement, venir uniquement d’en haut ou de la politique municipale: elle relève avant tout des aptitudes individuelles à se prendre un peu en main, et à dépasser ses réflexes individualistes.

En conclusion, s’il semble intéressant et nécessaire, de discuter des modalités des politiques les plus efficaces, il est impossible de faire l’économie de cette réflexion sur la place de la voiture, en gardant à l’esprit que la somme des intérêts collectifs ne conduit pas forcément à l’optimum collectif (et inversement…).

Ariane

Plus d'info :
+ Notre fil d'actu "Quartier Vert".

 

jeudi, 09 mars 2006

Un entretien avec Pierre Castagnou - Part. I (2/3)

...Suite et fin de la 1ère partie de notre entretien...

Paris14.info (P14) : Vous avez donc travaillé dans le privé… Dans quelle entreprise ?

Pierre Castagnou (PC) : Oui. Parallèlement, de 75 à 81, j'ai travaillé chez Sodexho – qui s’appelle aujourd’hui Sodexho Alliance – une grande entreprise française de dimension mondiale. Je suis entré dans cette entreprise comme Directeur de la communication interne et externe du groupe. Mes opinions et mon engagement politiques étaient connus du Président de l’entreprise. Et à cette période, j'ai pris des responsabilités nationales au sein du Parti Socialiste comme Délégué national aux Cadres. Mais pas des cadres du Parti…

P14 : Dans la droite ligne de vos fonctions au sein du Centre national des jeunes dirigeants d'entreprise.

PC : Oui. Le Parti Socialiste avait besoin à l’époque de pénétrer le milieu de l’entreprise et des cadres. Donc j’avais un profil qui intéressait le 1er Secrétaire du Parti Socialiste qui était François Mitterrand.

P14 : Dans ces fonctions, vous le rencontriez régulièrement ?

PC : Oui. Je le rencontrais… Mais vous savez, c’était un homme qui avait un mode de fonctionnement particulier. Il ne tenait pas de réunions. Les rencontres se passaient très rapidement. Je lui adressais des notes. Et puis le PS est une organisation politique très structurée, avec des instances dirigeantes, un Secrétariat national, etc.…

P14 : Mais à cette époque, vous étiez avec François Mitterrand ou avec Michel Rocard ?

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PC : J’ai toujours été avec François Mitterrand. Pourquoi ai-je adhéré au Parti Socialiste ? J’ai fait du syndicalisme étudiant à Sciences-Po avec l'UNEF, au moment de la fin de la guerre d'Algérie. C’était assez vif dans le milieu étudiant. Il y avait l’OAS. J'ai adhéré au PS pour des convictions qui tiennent à ma conception de la justice, de la solidarité, de l'organisation de la société… Mais j’ai adhéré à ce moment là parce que je considérais que François Mitterrand était le seul homme politique à gauche capable de faire gagner la gauche, de nous sortir de cette longue période d’opposition et d’arriver enfin au pouvoir… La stratégie d’Union de la Gauche – que ne défendait pas Michel Rocard – était à mes yeux la seule à même de faire gagner la gauche.

P14 : De 81 à 86 vous êtes Conseiller à la Présidence de la République. Comment avez-vous été « embauché » ? Du suivi de quels dossiers étiez-vous en charge ?

PC : Quelques jours après l’arrivée de François Mitterrand à l’Elysée, Pierre Bérégovoy, qui en était le Secrétaire Général, m'appelle et me dit : « Viens me voir. » J'avais déjà travaillé avec Pierre Bérégovoy lorsqu’il était Secrétaire national du parti socialiste... Il m'annonce :  « le Président a décidé de t'engager comme conseiller technique ». Je lui ai dit : « Je suis très honoré. » Je ne m'y attendais pas du tout. Je ne demandais rien. Il me dit : « Tu viens dans 8 jours. ». Je lui ai répondu : « Non. Je dirige un service et je ne peux partir comme ça sous huitaine. » Il m’a répété : « Tu viens dans 8 jours ».

Je suis allé voir le Président de mon entreprise qui m'avait dit : « Si on t'appelle au lendemain de son élection, tu me préviens aussitôt ». Je préviens : « lundi prochain, je ne serai plus là ». C’était tout de même un peu difficile à accepter pour lui… J'ai organisé les choses et je suis arrivé en juillet à l'Elysée.

P14 : Sur quels dossiers donc ?

PC : Mon domaine de compétence n'a cessé d'évoluer : relations avec le parlement, PME, organisations patronales, Conseil Economique et Social au début. Et puis, au fur et à mesure des années, tout en gardant ces attributions, j’ai été chargé de l'artisanat, du commerce, du tourisme et des professions libérales. Quand les collaborateurs du Président quittaient l’Elysée, François Mitterrand répartissait leurs attributions entre les autres collaborateurs.

P14 : Comment interprétez-vous cette méthode de management ? C’est assez étrange ? Elle isolait le Président progressivement…

PC : Il avait appris à nous connaître dans l’exercice de responsabilités totalement différentes de celles que nous avions pu avoir au sein du Parti Socialiste. Très tôt, le Président a fait comprendre à ses collaborateurs qu’ils n’étaient plus là en tant que militants. Il avait demandé très rapidement à tous ses collaborateurs d'abandonner leur fonction au sein du Parti Socialiste. En entrant à l’Elysée, vous étiez au service du Président de la République, au service de la France. Du reste, je me souviens au début, nous préparions des projets de discours qu'il renvoyait régulièrement, en disant « Je ne suis plus premier secrétaire du Parti Socialiste. » On s’est adapté.

Quand on est conseiller à l’Elysée, on n'est pas seul. Il y a les administrations, les ministres et leur cabinet… Lorsqu’ on a à faire une note au Président de la République, on n'a pas à entrer dans le détail technique. Mais, j'ai refusé de m’occuper de l’environnement.  J’ai peut être loupé le coche. C'est Ségolène Royal qui a dit « Moi, je le prends l’environnement »

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Propos recueillis par Pierre Vallet et Dan Krajcman.
Merci à MRV pour son aide dans le travail de retranscription.

Plus d'info :
+ Pour ceux qui l'auraient raté, l'épisode 1 de notre entretien.
+ Après-demain, suite et fin de la première partie de notre entretien.

mercredi, 08 mars 2006

On s’en fou(t) ?

Une faute d’orthographe innocente est venue me prévenir : en omettant le « t » d’« on s’en fout », le fou (la folie) s’incruste ; un danger lointain en apparence, se rapproche de chez nous. Comment vous/nous entendre lorsque des fondations de notre raison d’être, de notre conscience, s’effacent ?

L’Iran, cinq heures d’avion : un grand pays issu d’une grande civilisation. Non content de souhaiter supprimer de la carte un voisin, son président s’en prend à la culture, à celle qui ne lui ressemble pas, action habituelle préfigurant les massacres à venir… On n’a ainsi officiellement plus le droit d’écouter du Mozart ou du Beethoven en Iran, désormais considérés comme issus d’une « musique occidentale dégénérée » (sic), terme déjà employé au temps où les nazis régnaient en Europe. Les médias n’en ont pas fait de bruit ou si peu, ainsi faut-il entendre qu’on se fout d’un fou ?

Moins loin que l’Iran, la Palestine vote pour le Hamas, pour ceux qui revendiquent d’avoir tué des Israéliens. Une députée femme a même envoyé son enfant se kamikazer. Une fois élus, ces gens sont en costume/cravate, devenus respectables, sourires aux caméras. Quelle est la signification pour nous autres occidentaux, du sens de respectable ? De responsable ? Va pour le Hamas, élu démocratiquement ! Qui est fou ?

Toujours moins loin, en Algérie un journaliste est emprisonné pour ses écrits, son opinion : c’est un délit qui ne bénéficie pas de la loi d’amnistie graciant tueurs, éventreurs et massacreurs des groupes armés passés. Le journaliste, c’était peut-être pour nous écrire … Qu’ici tout près cette fois, à Bagneux, quelqu’un a été torturé puis mutilé - à mort : aurions-nous été capables d’entendre les cris de la victime, venant des sous-sols ?

Le périphérique est-il la dernière barrière de notre confortable vie ? Lorsqu’il nous est imposé, à nous autres automobilistes, de faire des détours pour renter chez nous, quel tollé ! « Mais de quel droit, m’oblige-t-on à rallonger mon trajet lorsque je rentre chez moi en voiture ? ». Que de bruits et d’hurlements faits lorsqu’il a fallu intervenir sur notre bien être… « Regardez, je suis dans ma voiture, et maintenant je ne peux plus rouler tranquillement : sens interdits implantés un peu partout, nous vivons sous une dictature (sic !), c’est un scandale, vous allez nous entendre !».

Ouf, pas trop tôt, j’aimerais bien vous/nous entendre un peu, mais au-delà de nos fenêtres ! Allons dire, écrire, hurler, quand personne ne prête assistance, là-bas à un (gendarme) blanc agonisant (sur l’île de St Martin), ici quand une jeune musulmane se fait tabasser par son compagnon pour un délit d’émancipation. Mais pardon, de vous/nous déranger.… Une seule petite question encore, mais brutale : quel prix sommes-nous prêts à payer pour préserver notre confort, notre « je m’en fout » de l’intérieur du périphérique de chacun, qui risque à tout instant de perdre son t ?

Article coécrit par Danielle et Dan

mardi, 07 mars 2006

Un entretien avec Pierre Castagnou - Part. I (1/3)

Interviewer Pierre Castagnou, Maire du XIVe. L'idée nous trottait dans la tête depuis belle lurette... A l'occasion du Conseil d'arrondissement du 16 janvier 2006, nous avons donc franchi le pas et sollicité un entretien d'une heure. Pierre Castagnou en a accepté le principe et nous a reçu le 3 février 2006 ...pendant près de 3 heures ! Parcours personnel, premiers pas en politique, dossiers locaux et parisiens...

...Nous vous livrons ci-après la fidèle retranscription de cet entretien (*).

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Un entretien avec Pierre Castagnou

Part I (1/3)


Paris14.info (P14) :
Monsieur le Maire, bonjour. Tout d’abord, nous vous remercions d’avoir accepté de nous accorder un entretien. Voici très rapidement l'exposé des thèmes que nous allons aborder… Il s’agit donc d’une interview en 3 parties peut-être 4 si nous en avons le temps.

1ère partie : Qui êtes-vous ? Quel est votre parcours ? L’idée est de permettre aux lecteurs de Paris14.info de mieux vous connaître...

2ème partie : Votre rôle et votre fonction de Maire du 14e ? Ici nous souhaitons mieux expliciter la fonction, ce que vous aimez dans cette fonction, etc.

3ème partie : Un point sur tous les dossiers locaux…

…Et 4ème partie, si nous en avons le temps, nous aborderons les dossiers parisiens dépassant le cadre de notre arrondissement.

Mais, abordons tout de suite notre 1ère partie : quelle âge avez-vous ? De quelle région êtes-vous ? D’où venez-vous ?

Pierre Castagnou : J'ai 65 ans. J'ai toujours vécu à Paris. J’ai des origines béarnaises du côté de mon père. D’ailleurs, mon nom est très béarnais. Je le précise car il ne se termine pas par un x. Je n’ai donc pas d'origine auvergnate comme on le croit souvent. Et j’ai des origines bourguignonnes du côté de ma mère.

P14 : Où avez-vous fait vos études ?

PC : J'ai fait mes études au lycée Buffon dans le 15e arrondissement. Ensuite j'ai fait hypokhâgne et khâgne à Henri IV mais comme je ne me destinais pas à l'Ecole normale supérieure, j'ai bifurqué pour entrer à Sciences-Po dont je suis diplômé.

Parallèlement j'ai fait des études de lettres et d’histoires à la Sorbonne. J’ai également une licence de droit.

P14 : Khâgne et hypokhâgne, 65 ans, on n’est pas loin de 1968 au moment de votre période étudiante… Où étiez-vous au moment des « événements » ?

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PC : En 1968, je n'étais plus étudiant. Pour terminer ma licence en droit en 4e année, j'ai eu besoin de gagner ma vie. J'ai d’abord enseigné l’histoire et la géographie en classe de 1re. Je sentais déjà le souffle de mai. Quand il y a eu les événements de 1968, je travaillais au « Centre des jeunes dirigeants d'entreprise ». Le jour j'étais au travail, le soir j'allais voir ce qui se passait au Quartier Latin et même à Montparnasse où il y eut quelques échauffourées…  Le Centre des jeunes dirigeants était l'aile gauche du patronat ; le poil à gratter du CNPF de l'époque ; nous considérions que le CNPF ne répondait pas aux problèmes posés par mai 68. C’était donc une période d’affrontement - pacifique -entre le Centre des jeunes dirigeants et le CNPF.

P14 : Côté parcours professionnel, vous avez commencé dans le privé – c’est ce que nous apprend la bio officielle du site de la Mairie du XIVe – mais dans quelles entreprises et dans quel secteur ?

PC : J’ai occupé différentes responsabilités au « Centre des jeunes dirigeants d'entreprise » jusqu'à en devenir le Secrétaire Général. J’y suis resté jusqu’en 1974. J'ai démissionné, non pas par désaccord, mais parce que j'avais à l’époque décidé de m'engager dans la vie politique. Même si mes opinions et mes convictions étaient connues, mes fonctions m’interdisaient de les mettre en avant. Aussi, au bout d’un moment, j’ai dit : « Je me retire pour pouvoir m’engager et m'exprimer librement sans pratiquer la confusion des genres… » J’ai donné ma démission et j'ai été chômeur pendant quelque temps. Je pouvais prendre un tel risque.

P14 : Nous n’étions pas encore dans un contexte de pénurie. Giscard n’était pas encore arrivé… ;-)

PC : …Voilà. Oui, oui… [rires]. Je me suis retiré pour pouvoir m'engager librement. J'ai participé à la campagne de François Mitterrand.

P14 : Justement, votre entrée en politique c’est d’abord une adhésion au parti socialiste ou plutôt une rencontre avec un homme et avec François Mitterrand en particulier ?

PC : A l'époque, en 1974, j'étais encore Secrétaire Général. C'est l'équipe de campagne de François Mitterrand qui a pris contact avec moi, connaissant mes opinions, défendant un certain nombre d'idées notamment concernant la réforme de l'entreprise, l'évolution des relations sociales, la création d’entreprise... On m’a demandé un coup de main, ce que j’ai fait dans le plus grand secret d’ailleurs. J’avais été contacté par Erik Orsenna et Jacques Attali qui faisaient partie de l’équipe.

J'ai adhéré ensuite au Parti Socialiste dans le 14e où j'habitais. J’ai voulu être un adhérent de base. C’est un engagement politique que je voulais compatible avec la poursuite d’une vie professionnelle...

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Propos recueillis par Pierre Vallet et Dan Krajcman.
Merci à MRV pour son aide dans le travail de retranscription.

Plus d'info :
+ Après-demain, la suite de notre entretien...

lundi, 06 mars 2006

L'Hôpital Saint Anne s'ouvre au logement

...Un article de François Lamarre à lire sur le site des Echos. Extrait...

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En réponse à la pénurie foncière à Paris, le centre hospitalier Sainte-Anne amorce sa structuration et ouvre son site à l'habitat social.

Livré au début de cette année, l'ensemble résidentiel du centre hospitalier Sainte-Anne, dans le 14e arrondissement, appelle l'attention sur les potentialités des enclaves hospitalières historiques de Paris. A la différence de la friche de Laennec, livrée à la promotion privée pour l'excellence de sa situation rue de Sèvres, et, demain, de Boucicaut rue de la Convention, Sainte-Anne est un site hospitalier actif dont la modernisation programmée sur quinze ans s'effectue selon un schéma directeur immobilier et architectural établi par Architecture Studio.

L'objectif défini par le directeur du centre, Jean-Luc Chassaniol, est de porter Sainte-Anne à la pointe de la psychiatrie et de la neurochirurgie en restructurant ce site de 13 hectares dont les bâtiments anciens de l'architecte Charles Questel sont inscrits à l'inventaire des monuments historiques et dont les espaces verts intérieurs sont protégés à hauteur de 7 hectares, quitte à les redistribuer par endroits.

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Lire l'intégralité de l'article...

Pierre